Stratégies et organisation pour l'avitaillement lors d'une transatlantique en voilier

La traversée de l’Atlantique est une aventure significative pour tout marin passionné. Riche d’enseignements, elle exige une préparation minutieuse, particulièrement en ce qui concerne l'avitaillement, qui constitue la clé d’une navigation réussie. Anticiper ses besoins alimentaires, techniques et énergétiques est impératif, car il est difficile, si ce n’est impossible, de trouver un supermarché dans une crique isolée.

La planification : fondements et méthodologie

L’avitaillement ne se limite pas aux denrées alimentaires ; il englobe également le matériel nécessaire, le carburant et les produits non alimentaires. Pour estimer votre avitaillement, vous aurez besoin dans un premier temps de connaître le nombre de personnes à bord, la durée de la croisière, les équipements fonctionnels du bateau et la taille de ces derniers, notamment le réfrigérateur.

Déléguer l’avitaillement est une option. Très souvent, la base peut la prendre en charge en échange d’une indemnisation. Ainsi, au moment du check-in, vous pouvez arriver sur le bateau l’esprit léger avec toutes les provisions déjà chargées. Cependant, si vous choisissez de le faire vous-même, il est nécessaire d’être toujours vigilant étant donné que vous êtes tout le temps en navigation. L'estimation repose sur le nombre d'équipiers et la durée prévue de la navigation, à laquelle on ajoute toujours une marge de sécurité de 20 à 30 %.

Pour une transat, on prévoit entre 17 et 25 jours de traversée. Il est recommandé de créer, sur votre liste de courses, une colonne qui indiquera où sont rangées les denrées, de les regrouper par thématique dans un même coffre ou bac en plastique transparent ; cela facilitera vos recherches. Lors de vos escales, il est conseillé de ne jamais faire monter à bord les emballages, cartons, etc.

Gestion de l'eau et des ressources liquides

L’eau doit être le premier élément à apparaître sur votre liste. Même si vous disposez d’un dessalinisateur à bord, il vaut mieux prendre des précautions et partir avec une réserve importante. Il faut compter environ 1,5 à 2 litres d’eau par jour et par personne. Pour limiter vos déchets plastiques, vous pouvez prendre des bidons de 5 litres. Il faut également de grandes réserves d’eau pour les besoins du bateau, à savoir pour la douche ou la vaisselle. Pour tout ce qui est liquide, préférez des contenants à vis.

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Alimentation et conservation en haute mer

Manger des pâtes pendant toute une traversée peut rapidement devenir lassant. Pour un avitaillement réussi, nous vous conseillons de prendre en majorité des produits qui se conservent facilement : pâtes, riz ou conserves sont les bienvenus. N’oubliez pas de vérifier au préalable que le réfrigérateur est assez grand pour stocker vos provisions.

L’organisation des produits frais nécessite une surveillance accrue. Les pommes et poires ne doivent pas être trop mûres. Les tomates encore un peu vertes mûriront à bord. Les oignons, l’ail, les pommes de terre et les carottes sont des bases essentielles. Le beurre longue conservation est utile si vous n'avez pas de frigo, sinon privilégiez le beurre classique. Les œufs peuvent être conservés à température ambiante en les enduisant d’un peu de vaseline afin de les rendre étanches à l’air. Les retourner une fois par semaine permet de conserver le jaune intact. Ne pas acheter d’œufs qui auraient été réfrigérés, car ils se conservent moins longtemps et doivent alors rester au frais.

Les épices et condiments sont cruciaux pour varier les plats : noix de muscade, curry, curcuma, gingembre, safran, cumin, cannelle, vanille, poivre, herbes de Provence, fenouil, basilic, persil, coriandre, sel, cornichons, câpres, moutarde, olives et Tabasco. Concernant les viandes et poissons, le confit de canard, le pâté, le bœuf, les sardines et les maquereaux en conserve sont des alliés précieux.

Énergie, autonomie et gestion technique

Dans l’environnement exigeant d’une traversée, la gestion de l’énergie à bord est une tâche cruciale. Le pilote automatique, le radar, le GPS, les systèmes de communication par satellite (Iridium ou Starlink) et la réfrigération consomment une quantité substantielle d’énergie. Il est important de produire et de stocker suffisamment d’énergie pour alimenter tous les systèmes à bord. Cela peut être réalisé en utilisant une combinaison de sources d’énergie telles que des hydrogénérateurs, des panneaux solaires, des éoliennes et des alternateurs de moteur.

La conservation des aliments sans trop consommer d’énergie est un défi majeur. Outre le choix d’un réfrigérateur performant, la littérature spécialisée dans l’« Électricité et énergie à bord » aide à dimensionner ses batteries. Pour un tour du monde, le congélateur devient quasi indispensable pour éviter la monotonie alimentaire.

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Santé, hygiène et sécurité à bord

Un avitaillement complet inclut la pharmacie de bord. Prévoyez des médicaments pour ajuster votre pharmacie à votre propre santé : contre le mal de mer (Stugeron, Primalan), antibiotique à spectre large (amoxicilline), paracétamol pour la douleur, et un stylo-injecteur d’adrénaline (Anapen) en cas d’allergie.

Pour l’hygiène, n’oubliez pas de prendre avec vous quelques produits d’entretien, du savon, et du papier toilette. Le vinaigre de cidre est efficace pour remplacer le shampoing au passage. En ce qui concerne les nuisibles, les cafards peuvent devenir problématiques. Pour mener cette guerre, vous pouvez avoir à bord des produits du type Goliath Gel. Aux Antilles, vous pourrez acheter des « Kaz à ravets », petites maisons en carton qui attirent les blattes.

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