L’aviron est une activité physique de plein air qui engage d’importants moyens matériels et humains. Qu’elle soit de loisir ou de compétition, elle n’est pas sans risque, même si les accidents sont extrêmement rares. Dans ce cadre, la discipline sportive s'articule autour de rôles précis au sein de l'équipage. Dans les embarcations en équipage, l’athlète situé en arrière, par rapport au sens de déplacement, assure le rôle de chef de nage. Il a la responsabilité d’imprimer le rythme pour l’ensemble des équipiers, notamment durant les phases cruciales de départ et de sprint final. Le numéro 1 est donc celui qui coupe la ligne d'arrivée le premier. Le dernier rameur est appelé la nage. Cette position stratégique demande une maîtrise technique rigoureuse afin que la cadence, soit le nombre de coups réalisés en une minute, devienne bien régulière pour tout le bateau.
Fondements techniques et responsabilités du chef de nage
Le chef de nage occupe une place centrale dans la dynamique de groupe. Son travail consiste à maintenir une cadence constante, car c'est lui qui dicte la vitesse de rotation des pelles dans l'eau. Dans un huit, il fait face au barreur, un membre de l'équipage qui s'assoit sans bouger à la poupe du bateau faisant face à l'avant. Le barreur peut être allongé à l'avant du bateau. Le principal travail du barreur est de diriger le bateau. Il peut aussi lancer des appels stratégiques pour la course, aider l'entraîneur et motiver l'équipage. Le chef de nage doit donc être en parfaite symbiose avec les directives du barreur, tout en assurant une continuité mécanique pour ses coéquipiers.
La technique repose sur le mouvement de l'aviron, outil également appelé rame ou pelle. Chaque rameur doit veiller à ce que la pelle, l'extrémité de l'aviron peinte aux couleurs du club ou du pays, soit juste recouverte par l'eau. L'attaque, moment où la pelle entre dans l'eau pour créer le point d'appui, doit être synchronisée par le chef de nage pour l'ensemble du groupe. Si les rameurs ne s’arrêtent pas, ils peuvent embarquer de l’eau et couler. Une fausse-pelle, même dans un bateau relativement stable comme un canoë, peut très vite se terminer en chavirage. Pour éviter ces incidents, le chef de nage doit garantir que la pelle plonge dans l'eau de manière uniforme au "coup suivant".
Spécificités dans le para aviron
Le para aviron est un sport qui allie exigence physique, technique et plaisir de la glisse. L’épreuve du 2000m, distance paralympique, sollicite de façon très exigeante les capacités physiques restantes des athlètes. Il existe trois types d’embarcation et d’équipage selon le handicap : la catégorie PR1, réservée aux personnes ne pouvant pas utiliser leurs jambes et leur tronc, pratiquée seul avec deux rames ; la catégorie PR2, en équipage mixte avec deux rames chacun ; et la catégorie PR3, avec 4 rameurs et un barreur, chaque rameur utilisant une seule rame.
Dans ces conditions, le chef de nage joue un rôle de stabilisateur. Des aménagements sont possibles afin d'adapter l’embarcation pour permettre de stabiliser le corps de l’athlète, de faciliter la prise d’appui, de protéger le corps de l’athlète par rapport notamment aux frottements et de faciliter la tenue de la rame. Le chef de nage doit ajuster sa cadence aux capacités spécifiques des athlètes de son équipage, tout en assurant la sécurité de l'embarcation, notamment dans des conditions de navigation variées, comme en eaux calmes.
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Sécurité et gestion de l'équipage
La liberté est une notion indissociable de la pratique de notre activité selon l’AMP, mais elle s'accompagne d'une responsabilité collective. Tout le bon fonctionnement du club s’appuie sur les chef•fes de bord qui sont la clef de voûte du système. Il est important de distinguer le chef de nage, qui imprime la cadence, du chef de bord, responsable de la sécurité de la sortie. Sur la base du volontariat, toute rameuse ou rameur se sentant en son âme et conscience suffisamment mûr•e et expérimenté•e pour prendre en main une sortie de A à Z peut envisager de suivre cette formation.
Le responsable doit juger de la taille et de la forme des vagues, du niveau du pratiquant, de l’embarcation utilisée ainsi que de l’évolution prévisible des conditions météorologiques avant d’autoriser une sortie. Les vagues perturbent énormément la pratique : elles peuvent faire chavirer voire couler les embarcations. Le chef de nage, en liaison avec le barreur, doit rester vigilant face à l'imprévisible, comme un objet flottant ou parfois envasé, et respecter le plan de circulation du bassin. En cas d'urgence, « Scier ! » est l'ordre utilisé par le barreur pour stopper l'avancée et éviter les collisions.
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