Le Radeau de Survie Maritime : De la Préparation au Déclenchement et à la Survie en Mer

Le radeau de survie est l'équipement de sécurité maritime le plus important à bord d'un navire. Conçu pour protéger les naufragés en cas d'abandon du navire, il représente la dernière ligne de défense entre la vie et la mort en mer. Un radeau de survie, également appelé radeau de sauvetage ou "life raft" en anglais, est un équipement gonflable de sécurité maritime dont le rôle est d'accueillir les naufragés en cas d'abandon du navire. Les premiers radeaux de sauvetage gonflables sont apparus pendant la Seconde Guerre mondiale, marquant une étape cruciale dans la sécurisation des navigations. Ce guide exhaustif explore les aspects fondamentaux des radeaux de survie, depuis leur conception et leur préparation jusqu'à leur déclenchement en situation critique et les pratiques de survie à bord.

I. Conception et Caractéristiques Techniques des Radeaux de Survie

La composition technique des radeaux de survie est primordiale pour garantir leur efficacité dans les conditions les plus extrêmes. Le choix des matériaux et la conception générale sont régis par des normes strictes, visant à assurer une fiabilité maximale.

Le PET enduit PU est le seul matériau capable de répondre aux normes de sécurité maritimes SOLAS et ISO 9650. Ce matériau offre une toile épaisse, généralement entre 0,5 et 0,8 mm, qui est à la fois résistante et rigide. D'autres variantes peuvent également exister, avec des radeaux fabriqués en matière caoutchouc afin de gagner un maximum de poids et de place, ou encore avec une chambre extérieure en PVC pour une résistance accrue à l'abrasion et au ragage, comme c'est le cas pour les radeaux Plastimo qui possèdent une double chambre. La couleur jaune et orange du radeau le rend très visible en mer, un atout majeur pour les opérations de recherche et de sauvetage.

Les radeaux de survie sont des modules flottants gonflables, équipés pour permettre la survie collective en mer dans un espace réduit. Ils peuvent accueillir de 4 à 12 personnes, constituant un des éléments majeurs dédiés à la sécurité en navigation. L'habitacle d'un radeau est généralement petit, ce qui suggère, pour un équipage de quatre personnes, de choisir un modèle à six places, et pour six personnes, un modèle à huit places, afin d'assurer un confort minimal et une marge de sécurité.

Tous les radeaux sont munis d'une tente avec arceau automatique de couleur jaune fluo visible, destinée à protéger les occupants contre les intempéries. Cette tente se met automatiquement en position lorsque le radeau est mis à l'eau et flotte. Elle se ferme facilement grâce à un sandow et des bloqueurs. La tente du canot de survie doit à tout moment laisser passer suffisamment d’air pour les occupants, même si les entrées sont fermées, afin de garantir une ventilation adéquate.

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L'accès par la mer est facilité grâce à des dispositifs spécifiques. Certains modèles proposent une plateforme d’embarquement avec une marche jaune fluo, visible sous l’eau, sanglée et lestée, rendant l'accès très facile. D'autres disposent d'une échelle extérieure en bout pour un accès aisé à bord. Une rampe d’accès semi-rigide est également une caractéristique utile, capable de permettre aux personnes d’accéder au radeau depuis la mer. Ces rampes résistent aux agents atmosphériques, sont imputrescibles et peuvent résister aux huiles et hydrocarbures.

Chaque compartiment du radeau est équipé de soupapes de sûreté permettant de maintenir stable la pression dans les compartiments. Ces clapets de surpression permettent d’évacuer le gaz excédentaire des réserves de flottabilité, dont la fuite se manifeste par un sifflement aigu. Les bouchons des clapets de surpression doivent se refermer après 10 à 15 minutes de gonflage.

II. Réglementation, Types et Stockage

La réglementation encadrant les radeaux de survie est conçue pour garantir que tout navire soit équipé de manière appropriée en fonction de sa zone de navigation et du nombre de personnes à bord. En France, comme dans l'Union Européenne, les radeaux de survie sont obligatoires à bord des bateaux de plaisance qui naviguent à plus de 6 milles d'un abri, cette obligation étant dictée par la nouvelle Division 240 du ministère des Transports. Un "abri" est défini comme un endroit de la côte où tout engin, embarcation ou navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou accostant et en repartir sans assistance, en tenant compte des conditions météorologiques du moment et des caractéristiques de l’engin.

La norme ISO 9650, en vigueur depuis 2005, a harmonisé la conception des radeaux de survie à l'échelle internationale pour les bateaux de plaisance d’une longueur inférieure à 24 mètres. Cette norme distingue principalement deux types de radeaux : les côtiers (ISO 9650-II) et les hauturiers (ISO 9650-I).

Les radeaux ISO 9650 type II, ou "côtiers", sont adaptés pour la navigation côtière, spécifiquement pour une utilisation sur une zone entre 0 et 6 miles d’un abri. Ils sont conçus pour se gonfler à une température comprise entre 0°C et +65°C et ont une autonomie de 24 heures maximum, pouvant contenir jusqu’à 10 personnes. Ils se caractérisent par un fond simple et un armement standard allégé, étant conçus pour une météo clémente.

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Les radeaux ISO 9650 type I, ou "hauturiers", sont conçus pour la navigation hauturière, au-delà de 60 milles d'un abri, et sont adaptés aux risques encourus lors de longs voyages, y compris les vents forts et les vagues hautes. Ils ont une autonomie de plus de 24 heures et peuvent contenir jusqu’à 12 personnes. Cette catégorie se divise en deux classes : la Classe A, plus résistante, peut être gonflée entre -15°C et +65°C et possède un fond double, tandis que la Classe B est conçue pour des températures de gonflage entre 0°C et +65°C avec un fond simple. Tous les radeaux de type 1 peuvent être armés pour une attente des secours inférieure ou supérieure à 24 heures, avec un armement complet comprenant le minimum en eau et en nourriture. À l'inverse des radeaux côtiers, les hauturiers possèdent un double-fond thermique, offrant une meilleure protection contre le froid.

Le choix du radeau de survie doit être fait en fonction des habitudes de navigation et du nombre de personnes à bord. La capacité d'un radeau doit correspondre au nombre de personnes présentes à bord d'un bateau, chef de bord compris. Si vous êtes 3 personnes à bord, il est recommandé d'opter pour un radeau ayant une capacité de 4 personnes.

Concernant le stockage, il est d'abord crucial d'en préserver la durabilité. Un stockage adéquat et une protection appropriée garantissent que votre radeau soit prêt à être utilisé en cas de situation d’urgence. Les radeaux peuvent être conditionnés en sac souple ou en container rigide. Le radeau est stocké dans une valise rigide étanche (ou container) fixée sur le pont du navire ou dans un coffre dédié. Les containers sont plus efficaces pour bien le protéger des intempéries et des agressions mécaniques (frottements, poinçonnage accidentel, etc.) et sont préférables aux sacs textiles, qui sont une alternative meilleur marché. Le sac se range plus facilement, mais le container, bien que pesant généralement autour de 3 kg de plus, est plus résistant aux intempéries. En général, le container ou le sac radeau sont maintenant 20 à 40% plus compacts que les autres radeaux.

Pour une protection maximale, il faut à tout prix éviter que le radeau puisse être exposé à des objets pointus, à des substances corrosives ou des sources de chaleur excessive, car cela endommagerait l’enveloppe extérieure ou les systèmes de gonflage. Le radeau doit également résister aux intempéries, à l’humidité et à la lumière du soleil, qui peuvent causer des dommages. Le choix de l’emplacement du radeau est crucial, même si les bateaux modernes disposent souvent de logements dédiés, ce qui n’est pas toujours le cas sur les modèles plus anciens. Le radeau doit être sur le pont, arrimé au bateau ou sur son support et prêt à être jeté à la mer.

Certains emplacements sont à éviter. En cas d’incendie, l’accès à l’intérieur du bateau peut devenir impossible. Vu le poids d’un radeau, un coffre profond ne permettra pas de l’en extraire facilement et rapidement. Il faut également éviter les emplacements obstrués en cas d’urgence. Il est primordial de s’assurer que votre radeau soit solidement arrimé, mais il faut pouvoir le larguer rapidement. L'utilisation de sangles à velcro résistantes est préconisée, les cordages étant à éviter. Si des cordages sont utilisés, il faut placer et attacher à proximité un couteau de sécurité facilement accessible. En tout état de cause, assurez-vous que tous les membres de l’équipage connaissent l’emplacement du radeau et peuvent y accéder rapidement en cas de besoin.

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III. L'Entretien et la Révision : Garantir la Fiabilité

La révision de votre radeau de survie est une étape essentielle pour assurer votre sécurité en mer, même si elle peut coûter cher. Les radeaux de survie sont des équipements maritimes techniques d'exception, mais après 10 à 15 ans de service, ils sont déclassés pour des raisons de sécurité normatives. Il est important de faire appel à un professionnel qualifié pour l’inspecter, une opération qui a lieu dans une station de révision du radeau. Servaux Survitec, basée à Marseille, est la plus grande station de révision et réparation de radeaux de survie en France.

Votre expert va inspecter, tester, et le cas échéant réparer votre radeau, ce qui peut faire toute la différence en situation de détresse. Lorsque vous confiez la révision de votre radeau à un professionnel, il va vérifier plusieurs aspects clés. Tout d’abord, l’enveloppe extérieure est soigneusement inspectée pour détecter tout signe d’usure, de déchirure ou de dommage potentiel. Ensuite, les compartiments de flottaison sont vérifiés pour s’assurer qu’ils sont bien étanches et qu’il n’y a pas de fuites, car ce sont eux qui assureront la flottabilité du radeau. Si des fuites sont identifiées, la station pourra les réparer pour garantir le bon fonctionnement du radeau. Les systèmes de gonflage et les sangles ou lignes de hissage sont également examinés, afin de s’assurer qu’ils sont en parfait état et prêts à être utilisés en cas de besoin. Enfin, la révision comprend le remplacement de l’armement du radeau qui serait abîmé ou périmé, incluant les feux ou fusées, piles, rations, eau, matériel de pêche, etc.

La fréquence de révision varie selon le type de radeau et le profil de navigation. Les radeaux de survie doivent être révisés tous les 3 ans, et tous les ans après 15 ans. Cependant, une révision annuelle est recommandable après 10 ans. Pour les radeaux en container, la révision est annuelle et obligatoire passé le délai de 3 ans pour les particuliers. La révision est annuelle pour les professionnels ainsi que pour les particuliers naviguant en eaux tropicales, car la longévité des radeaux est susceptible de diminuer dans des conditions de chaleur humide.

Le matériau constitutif, le PET/PU, ne "périme" pas au sens strict et reste résistant pendant 20 à 30 ans. Toutefois, les exigences normatives imposent un déclassement après un certain nombre d'années, conduisant chaque année en France à des dizaines de tonnes de radeaux déclassés qui finissent en décharge, sans aucune valorisation.

IV. Le Mécanisme de Déclenchement : L'Action qui Sauve

Comprendre comment fonctionne le déclenchement du radeau est essentiel pour tout marin. Quand un bateau est en détresse et que le moment est venu de percuter le radeau de sauvetage, stress et panique peuvent surgir. Aussi, mieux vaut savoir ce que l’on doit faire. Le déclenchement du radeau est une procédure relativement simple mais qui exige de la clarté et de la rapidité.

De tous les radeaux, sort une sangle. Cette sangle, également appelée bosse de percussion, doit toujours être fixée au bateau, car c'est elle qui va déclencher le gonflement du radeau. La ligne de déclenchement se trouve sur un côté du radeau et doit être toujours arrimée à un point solide du bateau, la jonction pouvant être réalisée à l’aide d’un mousqueton de métal inoxydable. L'anneau est attaché à une ligne flottante d’au moins 30 mètres, dont l’autre extrémité est reliée au radeau. La ligne permettant la percussion et la mise en œuvre du radeau résiste à la lumière dans la partie hors du contenant.

La procédure de déclenchement se déroule en plusieurs étapes critiques :

  1. Vérification de l'Arrimage : Il faut vérifier si le radeau est attaché au bateau dans un point fixe.
  2. Préparation au Largage : Décrocher les sangles qui maintiennent le radeau.
  3. Mise à l'Eau : Lancer le radeau de survie par-dessus bord, de préférence du côté sous le vent afin d’éviter les chutes accidentelles d’étincelles sur le radeau et ses occupants en cas d'incendie. Le container ou le sac, une fois basculé à l'eau, va flotter le temps que l’amarre se déroule et se tende.
  4. Gonflement Automatique : En tirant vivement sur la sangle ou le cordage, le cordon de déclenchement agit sur la tête de percussion d’une bouteille d’air comprimé qui assure le gonflement automatique du radeau. Le gonflage du canot de survie s’active automatiquement en tirant sur la corde. Une fois cette amarre entièrement sortie, le gonflement du radeau se fera automatiquement, et le radeau se déplie. La tête de percussion brevetée peut rendre le déploiement du radeau accessible même pour les enfants ou les personnes bloquées.

Il est important de noter que le radeau doit flotter à proximité du bateau en difficulté. Il est crucial de le maintenir à distance afin qu’il ne rague pas, ne s’accroche pas ou ne se place pas sous la coque du bateau, jusqu’au moment où il faudra embarquer. Si votre radeau en est équipé, il convient de déployer la capote, qui permettra de rester au sec, le froid étant un grand ennemi en survie.

V. L'Embarquement et les Premiers Gestes à Bord

Le moment de l'embarquement est également critique et doit être exécuté avec méthode pour assurer la sécurité de tous les naufragés.

D'abord, la décision d'embarquer : si votre bateau ne coule pas, il est recommandé de rester à bord et d’y amarrer votre radeau de sauvetage de façon préventive. Le bateau offre un abri relativement stable, dispose de moyens d’alerte (fusées, VHF, AIS) et de survie (gilets, couvertures, nourriture), et est par sa taille plus facilement repérable par les secours. Cependant, lorsque le navire coule, l’équipage doit embarquer à bord du radeau de sauvetage. Un couteau sans pointe est généralement fixé sur le radeau à proximité de l’amarre pour la couper, afin de ne pas être emporté par l’épave. Si votre navire coule, il faudra impérativement couper l’amarre qui est reliée à votre radeau de survie, pour éviter que l’épave ne vous entraîne au fond.

Pour monter à bord du radeau, il est préférable, tant que possible, de ne pas descendre dans l’eau. Pour se hisser à l’intérieur du radeau depuis la mer, il faut utiliser les échelles d’embarquement. L’accès par la mer est très facile grâce à une plateforme d’embarquement avec marche Jaune fluo, visible sous l’eau sanglée et lestée, ou par une échelle extérieure en bout. Une rampe d’accès semi-rigide est aussi un atout. Il est également important de prêter attention aux personnes qui se trouvent déjà dans le radeau. Pour hisser à bord des personnes évanouies, il faut les appuyer au bord du boudin par le dos et ensuite les soulever par les aisselles. Il est recommandé de récupérer, dans la mesure du possible, tout l’armement et l’équipement qui se trouvent à bord du bateau. Pour réaliser cette manœuvre en cas de mer agitée, il est convenable d’approcher le radeau au flanc du bateau.

Une fois à l’intérieur du radeau, des actions immédiates sont nécessaires. Il faut couper à l’aide du couteau la corde de jonction avec le bateau. Ensuite, il est crucial d'aider les naufragés blessés ou contusionnés. En utilisant le lance-amarre, il faut porter secours aux personnes tombées à l’eau et les aider à remonter à bord. Il est également important de vérifier si l’ancre flottante est attachée au radeau de sauvetage, si elle fonctionne et si elle est déployée, puis de s’éloigner du bateau en danger en utilisant les pagaies. Après avoir bien aéré l’intérieur du radeau de survie pour éviter la stagnation des résidus du gaz de gonflage, il faut fermer la tente de façon hermétique.

VI. L'Armement du Radeau et le Sac de Survie (Grab Bag)

L'efficacité d'un radeau de survie ne repose pas uniquement sur sa capacité à flotter et à se gonfler, mais aussi sur l'armement qu'il contient et les équipements supplémentaires préparés pour l'urgence.

Qu’il soit côtier ou hauturier, un radeau de survie contient un armement de sécurité qui comprend un couteau, une ancre flottante, du matériel de signalisation (un miroir, des feux de position, un sifflet), des pagaies, une écope, des comprimés contre le mal de mer, et un kit de réparation en cas de crevaison. Cet armement est conçu pour offrir les moyens de survie de base en attendant les secours.

Au-delà de l'armement standard, il est vivement recommandé de préparer un "grab bag", un sac de survie, qui doit être étanche et de couleur très voyante. Mieux vaut être prévoyant avant l’incident, car quand le bateau est en perdition, il est trop tard pour se constituer un sac de survie. Ce sac est flottant et facilement ouvrable par un naufragé si une poche d'air est laissée à l'intérieur. Dans ce sac, il faut prévoir des effets supplémentaires essentiels : des rations alimentaires, de l’eau potable, des couvertures de survie, une trousse de premiers secours et les dispositifs de signalisation. Ces dispositifs incluent une VHF portable, un miroir, des lampes, des feux à main et/ou des fusées parachutes. Si vous en avez une à bord, il peut être opportun d’y placer votre balise de détresse EPIRB. L’eau potable peut rapidement prendre trop de place pour un équipage nombreux, une astuce est donc d’avoir préparé un jerrycan rempli à 80%. Il est vital que tout cela soit en bon état et prêt à être utilisé.

Pour la navigation hauturière, il est conseillé de préparer un conteneur (sac ou bidon étanche) avec de l’eau, des vivres, des piles électriques, une lampe, des fusées, une VHF, et des médicaments. Ces éléments complètent l'équipement de base du radeau et peuvent significativement augmenter les chances de survie et le confort des naufragés.

VII. Vie à Bord et Stratégies de Survie

Une fois à bord du radeau, la survie dépendra de l'organisation de l'équipage et de la gestion des ressources disponibles. Les problèmes les plus importants sont souvent d’ordre psychologique, et il est crucial de les gérer efficacement.

Organisation et Responsabilités : En l’absence d’un officier du bateau, il faut élire un responsable chargé de s’occuper du bon fonctionnement du radeau, de la distribution des rations alimentaires et des médicaments. Ce responsable doit accroître chez les naufragés la volonté de survivre. Les naufragés doivent collaborer afin que chaque radeau de survie reste uni aux autres radeaux et former un groupe aussi nombreux que possible. La longueur du cordage d’union doit être réglée selon les conditions météo afin d’éviter la rupture.

Gestion des Ressources :* Eau et Rations : Le responsable du radeau de survie est chargé du rationnement des vivres et de l’eau qui se trouvent à bord du radeau. L’eau de pluie peut être récoltée à l’aide du dispositif placé dans la partie externe de la tente, utilisant un sachet adéquat. Il est convenable de jeter la première quantité d’eau récoltée, car elle peut être contaminée par le sel accumulé sur la tente. Le poisson pêché peut être consommé seulement en présence de rations d’eau suffisantes. La ration d’eau correspond à ½ litre, mais cette ration peut varier selon la température extérieure et la taille du naufragé.

  • Hygiène et Confort : Il est préférable de garder le fond du canot de survie sec en permanence à l’aide d’une écope et des éponges placées dans le sac contenant l’équipement. Le sac est fabriqué en matériel isolant pour limiter le froid de l’eau de mer. Lorsque cela est possible, il convient d'éviter les efforts physiques pour réduire au minimum la déshydratation.
  • Protection contre les Éléments : Lorsque c'est nécessaire, et en fonction des conditions de temps et de la mer, il faut fermer les entrées de la tente. Les variations importantes de la température extérieure influencent la pression interne des boudins constituants le corps du radeau, d'où l'importance des clapets de surpression. Si on ne dispose pas de lunettes de soleil, il est judicieux de préparer un masque en tissu avec deux petites fissures pour les yeux pour protéger la vue. Il faut également essayer de prévenir les escarres en utilisant des objets en tissu non synthétiques, comme un coussin, et garder le fond du radeau sec.

Gestion de la Santé :* Soins d'Urgence : S'il n'y a pas de médecin ou autre personnel sanitaire qualifié à bord, il faut s’abstenir de tout soin, car on peut provoquer plus de préjudices que de bénéfices.

  • Gelures : La gelure se caractérise par la couleur de la peau qui tourne au pâle, affectant surtout les doigts, le nez et les oreilles. Il faut appliquer une pommade contre les brûlures et éviter de masser la surface, car les tissus pourraient se déchirer avant que le sang ne reprenne sa circulation.
  • Pieds dans l'Eau : Les pieds restés à l’eau longtemps peuvent provoquer une douleur déchirante. Écoper et éponger en permanence le fond du radeau permet de prévenir cet inconvénient.

Signalisation et Communication :* Visibilité : La couleur jaune et orange du radeau le rend très visible en mer. Les feux flottants à retournement sont alimentés par une pile activée à l’eau de mer ou par une batterie placée à l’extérieur de la tente du radeau. Les lampes sont munies d’un bouton pour les éteindre, et si possible, il faut éteindre les feux pendant le jour pour augmenter leur autonomie.

  • Moyens Sonores et Lumineux : La torche électrique doit être utilisée uniquement pour les signalisations nocturnes ou pour éclairer l’intérieur du radeau de survie. Le sifflet sert à lancer des signaux sonores aux secouristes, même dans une situation d’obscurité ou de brouillard, ce qui s’avère utile pour faciliter les recherches et les repérages des naufragés.
  • Fumigènes et Miroir : Pour l’utilisation des fumigènes, il faut suivre les recommandations imprimées sur l’emballage. Ils sont flottants et une fois allumés, il faut les jeter à l’eau. Il est également nécessaire de suivre les recommandations imprimées sur le dos du miroir de signalisation.
  • Radio : Le Canal 16 (156,800 MHz) est le canal radio de détresse et d'appel maritime international, et il constitue le lien radio qui sauve des vies en mer.

Aspects Psychologiques : Fumer peut représenter une aide psychologique, mais cela provoque une augmentation de la soif et la fumée peut être mal tolérée par les autres occupants. La gestion de l'état mental des naufragés est primordiale pour maintenir l'espoir et la discipline.

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