Reprise de la plongée après un accident de décompression vestibulaire

Le milieu dans lequel se déroule la plongée sous-marine demande une bonne condition physique. L’organe le plus fréquemment touché par les accidents est l’oreille. Les oreilles, les sinus et les poumons peuvent être affectés lors de la descente. Si cette mesure préventive n'est pas respectée, des douleurs de plus en plus violentes se font sentir au fur et à mesure de la descente. Dans les cas extrêmes, les tympans peuvent se rompre sous la pression de l'eau. La rupture du tympan est ressentie comme un coup de poignard. L'irruption de l'eau froide dans l'oreille interne peut entraîner des vertiges qui empêchent de distinguer le fond de la surface. Enfin, l’oxygène (surtout lors de plongée avec un mélange enrichi en oxygène, comme le Nitrox) peut causer des troubles de la vue, de l’audition et de la respiration, des nausées, des vertiges, des crises épileptiformes. Des problèmes de peau peuvent également être observés en plongée. Les plus fréquents sont dus à l’environnement : rochers acérés ou organismes marins irritants (poissons venimeux, méduses, anémones de mer, etc.).

Physiopathologie de l’accident de décompression

Avec l’accident de décompression, c’est l’un des accidents les plus graves en plongée. Il survient notamment quand un plongeur remonte trop vite en bloquant sa respiration. Lorsque le plongeur se rapproche de la surface, la pression diminue. Les gaz présents dans ses poumons augmentent de volume. Ils font gonfler les poumons comme des ballons. En plongée, du fait de la forte pression, les gaz respirés (et en particulier l’azote) se dissolvent dans l’organisme en quantité supérieure à celle observée à la surface. Lors d’une remontée trop rapide, la pression diminue et les gaz dissous ont tendance à redevenir gazeux. Lorsqu’un plongeur remonte trop vite, les gaz dissous n’ont pas le temps d’être éliminés par les poumons et des bulles se forment. On parle de sursaturation critique lorsqu’il y a une variation de pression trop rapide et importante. Ces noyaux gazeux se situent dans la circulation sanguine, dans les crevasses hydrophobes (de Harvey). Ils vont grossir par coalition avec d’autres noyaux gazeux et former des bulles circulantes. Le premier - et le principal - est l’interruption du flux sanguin artériel par ischémie d’aval. Les bulles d’azote peuvent se former dans les vaisseaux de petit diamètre ou dans les tissus mêmes. Les tissus à forte teneur lipidique (graisse), comme ceux du cerveau et de la moelle épinière, sont particulièrement exposés.

L’atteinte vestibulaire en plongée

Les accidents de décompression de l’oreille interne (OI) se définissent par une atteinte du système cochléo-vestibulaire survenant au décours d’une plongée à l’air. La durée médiane d’apparition des signes est de 25 minutes. L’atteinte vestibulaire est prédominante avec un syndrome vestibulaire harmonieux et un nystagmus horizonto-rotatoire. Les symptômes de l’atteinte de l’oreille interne, tels que des vertiges sévères, un bourdonnement dans les oreilles et une perte auditive, surviennent lorsque les nerfs de l’oreille interne sont affectés. Mitchell et Doolette ont souligné la vulnérabilité sélective de l’oreille interne à l’accident de décompression chez les plongeurs présentant un shunt droite-gauche : le rôle de la sursaturation gazeuse tissulaire est ici déterminant. L’ADD médullaire est l’accident de plongée le plus problématique pour le thérapeute du fait de sa fréquence, des interrogations physio-pathologiques qu’il suscite, d’une symptomatologie clinique parfois trompeuse et d’une évolution imprévisible quel que soit le traitement entrepris.

Diagnostic et évaluation clinique

L’AD se catégorise en deux types : type I et type II. L’accident de type I présente souvent une douleur locale près des articulations. L’accident de type II touche la moelle épinière, donc le système nerveux central. Ce type d’accident est très sérieux et pourrait avoir des conséquences graves s’il n’est pas traité à temps. Quelque 80 % des plongeurs sportifs souffrant d’AD qui sont traités dans un caisson hyperbare présentent des symptômes neurologiques. La victime peut facilement négliger nombre de ces symptômes ou les considérer sans importance. Pour cette raison, il faut chercher à les déceler lors des activités immédiatement après la plongée. Le Centre de médecine de plongée du Québec devrait être contacté s’il y a un doute sur l’origine de la condition d’un plongeur. Les médecins posent le diagnostic d’accident de décompression en fonction de la nature des symptômes et du délai de leur apparition après une plongée. Des examens comme la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance magnétique mettent parfois en évidence des troubles cérébraux ou médullaires mais ils ne sont pas fiables.

Protocoles de traitement et rééducation

La recompression est plus efficace lorsqu’elle est instaurée rapidement. Le traitement en chambre à haute pression (chambre de recompression ou hyperbare) rétablit une circulation sanguine normale et l’apport d’oxygène aux tissus affectés. La recompression peut être efficace jusqu’à 48 heures, voire plus, après la plongée. Dans le cadre d’une rééducation vestibulaire, des techniques spécifiques sont employées. Le fauteuil rotatoire permet au kinésithérapeute de faire tourner le patient afin de faciliter la compensation vestibulaire. Ceci permet une diminution des signes neuro-végétatifs et un retour précoce à l’autonomie. La plateforme de stabilométrie permet, dans un premier temps, de favoriser l’équilibration par les deux entrées sensorielles intactes : la vision et la proprioception. Le tapis de marche est associé à des mouvements cervicaux ou à des distractions extrinsèques afin de cibler une des entrées sensorielles de l’équilibre.

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