La protection des environnements marins est devenue l'un des défis majeurs de notre époque. Si la pollution plastique est une réalité globale, elle prend des formes particulièrement alarmantes sur les côtes norvégiennes et dans les eaux européennes. Face à ce constat, des initiatives citoyennes, utilisant des moyens de mobilité douce comme le stand-up paddle (SUP) ou le canoë, se multiplient pour nettoyer, sensibiliser et analyser l'impact de nos modes de consommation sur la biodiversité marine. Ce mouvement, porté par des associations comme « In the same boat » en Norvège, Watertrek, « Paddle Cleaner » ou encore « GreenKayak », illustre une volonté croissante de passer d'une prise de conscience à une action concrète et transversale.
La lutte contre la pollution plastique en Norvège : l'exemple d'In The Same Boat
La Norvège, malgré son image de nature sauvage et préservée, fait face à une pollution maritime majeure. Pour beaucoup, la réalité de l'état des côtes norvégiennes reste méconnue. L'association « In the same boat » (ITSB) s'est donné pour mission de combattre cette pollution marine due au plastique en alliant action directe, éducation et recherche scientifique.
L'approche d'ITSB se distingue par son professionnalisme et sa logistique. L'association possède du matériel professionnel, notamment des bateaux à moteur, qui permettent d'accéder à des îles et des baies difficiles d'accès. Ces bateaux permettent de rapporter plusieurs tonnes de déchets par jour. La plupart des membres de l'association et des bénévoles vivent sur des bateaux à voile. Cela permet de réduire les coûts, donne de la flexibilité et soude l'équipe. Les bénévoles, sélectionnés et formés comme de vrais professionnels, suivent un cursus d'intégration, car la mission demande une endurance physique réelle.
Il ne s'agit pas seulement de ramasser, mais de comprendre. Les déchets sont principalement issus des industries de la pêche (80 %), incluant filets, bouées et jerrycans. Les bénévoles trient le « bon plastique » du « mauvais plastique », une partie étant envoyée à des partenaires comme Ogoori pour la réutilisation et la recirculation, et l'autre vers des entreprises de recyclage. La troisième mission d'ITSB est d'analyser les déchets trouvés pour comprendre d'où vient la pollution. L'association a un plan de 5 ans pour nettoyer la totalité de la côte norvégienne.
L'importance de la sensibilisation par l'action directe
La mission principale d'ITSB est de nettoyer les côtes, mais son deuxième objectif, peut-être plus important encore, est de sensibiliser les gens. Beaucoup de bénévoles sont choqués par la quantité de plastique trouvée, et de ce choc naît pour beaucoup un réel engagement. L'expérience est immersive : on découvre des îles où l'on entend les bouteilles en plastique craquer sous l'herbe.
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Le témoignage des volontaires souligne un aspect fondamental : il serait plus facile de régler les problèmes environnementaux actuels si chacun vivait une expérience comme celle-là, c'est-à-dire au milieu d'une nature magnifique mais polluée. Cela permet de voir concrètement la relation directe entre ce que l'on fait, notamment nos choix d'achats, et les conséquences que cela a sur la nature.
Au-delà de l'action de terrain, les bénévoles encouragent des changements plus profonds. Cela implique d'influencer les changements de loi en soutenant les études qui serviront de support à des projets de loi contre la pollution par le plastique, et d'initier des changements dans le monde de l'entreprise en organisant des « think tanks » entre plusieurs entreprises faisant face aux mêmes challenges de recyclage.
Le Paddle et le Canoë comme outils de préservation et d'éducation
L'usage de petites embarcations légères, comme le stand-up paddle ou le canoë, s'est imposé comme une méthode agile et efficace pour lutter contre les déchets. Ces pratiques, outre leur aspect sportif, permettent une observation fine des écosystèmes et une intervention directe dans des zones parfois inaccessibles aux gros engins.
L'association Watertrek, par exemple, a multiplié les opérations de collecte en SUP. Le paddle permet d'entreposer les déchets le temps de les rapporter au bord. Que ce soit sur le Sognefjord en Norvège pour tester des filets manta afin d'étudier les microplastiques, ou sur la Marne en France lors du festival de « L'Eau Vive », l'approche reste la même : combiner sport, écologie et éducation. Lors de ces événements, les participants sont munis de gants et de sacs pour ratisser les berges.
La dimension pédagogique est centrale. Le contraste entre le cadre naturel et la présence de déchets est souvent particulièrement choquant, et la démarche s'en trouve d'autant plus instructive. Les participants comprennent qu'ils ont un rôle actif à jouer dans la protection de l'environnement.
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Mobilisations locales : de la Méditerranée aux rivières urbaines
À Nice, l'association « Paddle Cleaner » opère le long de la côte méditerranéenne depuis 2015. Avec des sacs en toile de jute, des épuisettes et des gants, les membres ramassent tout ce qu'ils trouvent à la surface de l'eau, sur les criques et les plages. « Cela peut sembler un travail sans fin mais il faut bien que quelqu'un fasse ce travail », explique une responsable. Ici, la valorisation est un axe fort : des partenariats avec des entreprises comme Recyclop ou Sauvage Méditerranée permettent de transformer certains déchets collectés en bijoux ou objets utiles.
De son côté, « The Canoe Clean-up Movement » se concentre sur les rivières. En canoë, les bénévoles retirent les déchets des berges, les flottants, mais aussi ceux envasés ou enfouis. L'avantage du canoë est multiple : il n'émet aucun gaz à effet de serre, il est respectueux du voisinage humain et animal, et se pratique en contact direct avec la nature.
L'initiative « GreenKayak » propose quant à elle une solution incitative simple et efficace : offrir une sortie en kayak gratuite en échange de la collecte de déchets et du partage de l'expérience sur les réseaux sociaux. Cette méthode permet de rendre l'écologie ludique et accessible au plus grand nombre. En reliant les communautés de rameurs, GreenKayak facilite l'engagement bénévole et sensibilise le public urbain à la propreté des canaux.
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