L'Art de la Pavoiserie : Comment Arborer le Grand Pavois sur un Voilier

Le Grand Pavois représente bien plus qu’une simple décoration ; il constitue un pan essentiel de l’étiquette navale, une tradition séculaire qui fait la richesse d’un patrimoine maritime que nous avons tous tendance à oublier. Le Grand Pavois rassemble les 40 drapeaux du code maritime international sous forme de guirlande. Les marins le hissent sur leurs bateaux lors d’occasions spéciales pour marquer des événements importants, comme les fêtes nationales, les célébrations maritimes (régates, fêtes portuaires) ou les cérémonies protocolaires, telles que le lancement d’un navire ou la visite de dignitaires. En navigation, ils le déploient à l’entrée ou au départ d’un port, ainsi que lors de rassemblements nautiques prestigieux.

La pratique de la pavoiserie demande une compréhension fine des usages. Force est de constater que l'étiquette des pavillons n'est pas toujours une science exacte et suivant la nationalité des documents, l'usage n'est pas nécessairement le même. Dans notre atelier bordelais, nous concevons entièrement nos grands pavois en respectant les normes et en assurant une finition impeccable. Ainsi, nous sélectionnons des matériaux robustes et appliquons des techniques de confection de pointe pour garantir une qualité irréprochable. La longueur du Grand Pavois est déterminée par la distance entre l’avant et l’arrière du bateau en passant par le sommet du mât. Depuis plus de 100 ans, Dejean Drapeaux fabrique des pavillons, pavois et grands pavois pour le monde maritime.

Les Fondamentaux du Pavillon National

Le pavillon national, également appelé « Couleurs », sert à identifier la nationalité du navire et éventuellement son statut. Il n'y a aucun « drapeau » à bord dans le sens militaire du terme. En France, c'est plus subtil : si l'apparence est la même que le drapeau tricolore, il est tout de même légèrement différent. La largeur des bandes est progressive : bleu 30%, blanc 33%, rouge 37%. Ceci pour donner l'impression de largeurs identiques lorsque le pavillon flotte au vent. Le pavillon national doit être proportionnel à la taille du navire. Pour un bateau de 15 m, le pavillon fera au maximum 1,5 m de long et 1 m de haut puisque les pavillons sont au format 2/3 (guindant = 2/3 battant). Par respect pour le pays d'enregistrement, le pavillon doit être en bon état, sans usure ou déchirure, et doit être hissé à bloc.

Le pavillon ne peut pas être fixé sur le pataras. Pour un gréement sloop, il se place sur un mâtereau droit (également appelé digon) à la poupe. L'ouvrage 3C du Shom (Signalisation maritime) précise que si le skipper est titulaire d'un brevet de capitaine, le national se porte à tribord, mais s'il ne l'est pas, il se porte à bâbord. Pour un gréement ketch ou yawl, il doit être installé en tête de mât d'artimon ou de tape-cul. Pour tous les gréements, le pavillon doit être à la poupe. Ce qui implique un double système pour les gréements autres que sloop. Le pavillon flottant librement est hissé à bloc, puis descendu lentement à mi-hauteur pour signaler le deuil, le jour de l'annonce du décès, jusqu'au coucher du soleil. Pas plus.

Signalisation et Code International des Signaux

La règle veut que les pavillons soient toujours envoyés seuls sur une drisse, ce qui implique d'installer plusieurs drisses de pavillon. Seuls les pavillons du « Code International des Signaux » peuvent être superposés, pour signifier un message standard. Le pavillon de courtoisie, témoin de respect envers le pays qui accueille le bateau, s'envoie à bloc à tribord, sous le premier étage de barre de flèche du mât le plus en avant. Il est toujours de forme rectangulaire.

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Le pavillon « Q » (tout jaune) s'envoie à bloc à bâbord, sous le premier étage de barres de flèche du mât le plus en avant. Il était traditionnellement le « pavillon de quarantaine » en raison des nombreuses épidémies. Aujourd'hui, il indique que vous demandez la « libre pratique », c'est-à-dire le droit de pénétrer et d'accoster dans les eaux du pays en question. Il est obligatoire de l'arborer dès l'arrivée dans les eaux territoriales de certains pays non européens. Une fois les formalités effectuées, le pavillon « Q » peut être rentré.

Guidons, Fanions et Préséance

Comme vous êtes fier de votre Club, l'étiquette vous oblige à le porter aux nues, c'est-à-dire au point le plus haut du bateau. On l'appelle guidon, car sa forme est triangulaire (battant = 2 guindant). Il peut être rectangulaire ou triangulaire, et doit se hisser sur la drisse de pavillon tribord, sauf dans le cas où un pavillon de courtoisie est requis. Dans ce cas, il s'envoie sous la barre de flèche bâbord. Si vous recevez des invités étrangers à bord, il est de bon goût d'arborer le pavillon national du plus important d'entre eux sur une drisse de pavillon à bâbord. Pour respecter la préséance, vous hisserez toujours dans l'ordre : pavillon national - courtoisie - propriétaire - invité.

L'Europe des régions est en mouvement. Ceux qui se reconnaissent d'une région et qui soutiennent son identité peuvent arborer le fanion de celle-ci sous les barres de flèches bâbord, esprit de pavillon de propriétaire. Par contre, vous pouvez souhaiter honorer cette région si vous êtes de passage dans celle-ci ; il faut alors le hisser à tribord, esprit de pavillon de courtoisie. Le drapeau européen, n'a actuellement pas sa place comme pavillon national, même avec un insert national.

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