Guide complet de la pêche en surfcasting : Saisons, comportements et stratégies

La pêche en surfcasting est une discipline passionnante qui demande une compréhension fine de l'écosystème marin. L'activité biologique des êtres vivants de notre planète est rythmée par le climat et la durée journalière d'ensoleillement (photopériode) qui dépendent tous deux des saisons. Si certains poissons préfèrent les eaux chaudes de l'été, d'autres espèces deviennent actives quand les températures baissent. Tout le monde le sait : les années se suivent et ne se ressemblent pas. D'une année à l'autre les saisons peuvent être un peu décalées. Il faut en effet différencier d'une part les quatre saisons de l'année et d'autre part le climat que l'on associe à ces saisons. Les saisons sont délimitées par les équinoxes (printemps, autonome) et les solstices (été, hiver) qui sont des phénomènes prévisibles, notés sur un calendrier.

Dynamique saisonnière et activité des poissons

Au sortir de l'hiver, le climat est encore froid et incertain jusqu'à la fin du mois d'avril. L'ensoleillement est en constante augmentation, les températures remontent progressivement. Le printemps est une saison de transition à cheval entre la période froide et la période chaude. Les poissons plats sont généralement les premiers à entrer en activité (février-mars), arrivent ensuite les marbrés et les mulets (mars-avril) puis les daurades (avril-mai). Dans le Languedoc, les raies torpilles débarquent également sur les plages au printemps (avril-juin). Gardez bien à l'esprit que le printemps est difficilement prévisible. On n'est jamais à l'abri d'un hiver qui dure, d'un été qui tarde à se présenter ou au contraire qui se présente en avance. Oubliez le calendrier et observez la météo pour organiser vos sorties.

Au début du printemps, l'activité des poissons est au ralenti et le restera tant que l'eau est froide. Ils se tiennent à l'écart des plages et des étangs où la faible profondeur s'accompagne de températures plus basses et moins stables que les secteurs plus profonds. Le comportent alimentaire des poissons est alors plus opportuniste que chasseur. Ils privilégient la nourriture facile à attraper, à ingurgiter et à digérer (essentiellement des invertébrés). Les vers de petite taille comme les vers de sable et les vers américains sont très efficaces. Vos meilleures chances de réaliser une jolie pêche de début de saison se limitent aux phases lunaires les plus favorables et éventuellement aux coups de mer.

La seconde moitié du printemps est caractérisé par la hausse des températures qui accroît l'activité de nombreux organismes vivants, aussi bien prédateurs que proies. Les zones de faible profondeur sont les premières à se réchauffer, ce qui pousse les poissons à venir prospecter les plages en quête de nourriture. Les marbrés fouillent le sable à la recherche de petits invertébrés tandis que les daurades passent à un régime plus consistant composé de gros vers, mollusques et crustacés.

L'été : stratégies pour eaux chaudes

Saison chaude par excellence, l'été présente un ensoleillement maximum et des températures élevées. Un réchauffement important de l'eau à partir du mois d'avril peut être le signe d'une saison estivale précoce. L'eau réchauffée par le soleil a appelé les sparidés à venir parcourir les plages en quête de nourriture. Les bancs de daurades chassent les crustacés et les coquillages (tellines, couteaux). Les vers de sable et les vers américains sont des valeurs sures de l'été. Cependant, les petites daurades se montrent très voraces et se précipitent sur tous les appâts. En leur présence, évitez de pêcher avec de petits vers et préférez des appâts plus gros et plus durs qui opposeront davantage de résistance aux attaques des juvéniles.

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Les belles daurades sont le plus souvent capturées près de zones rocheuses aux heures les plus chaudes de la journée avec des appâts comme le ver de chalut, le crabe vert, le bibi ou le couteau entier. La nuit, celles-ci s'aventurent volontiers dans des eaux de faible profondeur (parfois même très près du bord) et il faut veiller à ne pas pêcher trop loin pour espérer en piquer une. Les bancs de muges dorés parcourent les plages lorsque la mer est calme et que le soleil brille. Les loups sont en revanche peu présents en plage pendant la saison chaude. Ce poisson préfère les eaux plus fraîches pour se mettre à chasser.

En été le climat peut changer rapidement du tout au tout avec l'arrivée du vent du nord ou des orages. Ce changement de climat peut entraîner une chute brutale de la température de l'eau que les poissons apprécient peu. Les poissons ont alors tendance à se rabattre sur les secteurs plus profonds où la température de l'eau est plus stable.

L'apogée automnale et la préparation hivernale

Transition entre la période chaude et la période froide, l'automne est caractérisé par la baisse de l'ensoleillement et la chute des températures. La fin de l'été (septembre) est l'une des meilleures périodes qui soit pour la pêche de la daurade en surfcasting. C'est en effet le moment où l'espèce est la plus active. Pour reconstituer leurs réserves de graisse en prévision de l'hiver, les daurades vont s'alimenter avec frénésie jusqu'au premier coup de froid significatif (qui dure suffisamment pour faire tomber la température de l'eau). Les crabes, couteaux et bibis sont les meilleurs appâts du moment.

Le coup de froid déclenche le départ des daurades qui vont se réfugier dans des eaux plus profondes où la température de la masse d'eau se maintiendra plus longtemps. L’automne est aussi la saison des coups de mer qui, combinés à une eau en train de se refroidir, annoncent l'arrivée des loups et des sars. Le pêcheur en surfcasting n'a que quelques semaines pour en profiter avant que le loup n'entre dans sa phase de reproduction (qui peut démarrer dès le mois de décembre). Les appâts typiques des coups de mer sont les vers de chalut, les coques rouges et les lanières de seiche ou d'encornet. Viennent ensuite les bibis et les couteaux.

La rigueur de l'hiver

L'hiver est la saison du loup. La pêche hivernale en surfcasting se limite généralement à la pêche du loup et à la pêche par coup de mer. On privilégie les gros appâts pour intéresser le loup en limitant la prise des petits spécimens. Le ver de chalut, les gros bibis et les seiches (ou lamelle d'encornet) sont des appâts de choix pour le loup. Les coques rouges et les gros couteaux décortiqués sont aussi de très bons appâts lorsque l'eau est agitée. Contrairement à l'été où la pêche est très active, la pêche d'hiver est une pêche de patience et d'endurance. Outre la rudesse des conditions climatiques, la difficulté de la pêche d'hiver réside dans le choix du poste.

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Optimisation des plages horaires

Aller à la pêche peut se faire à tout moment de la journée, cependant, cibler des plages horaires peut vous permettre d’améliorer vos résultats de façon conséquente. Dans un premier temps, il faut rappeler que le bar est un prédateur, il chasse ses proies pour se nourrir, même s’il ne refuse pas un appât mort lorsqu’il en a l’opportunité. Pour économiser ses forces, il va donc chercher à optimiser ses périodes de chasse. Ce poisson est doté de capteurs sensoriels, dont la ligne latérale, qui lui permettent de chasser dans toutes les conditions, y compris par mauvaise visibilité.

Les transitions lumineuses

Le lever et coucher de soleil sont des moments clés. Ces deux périodes, qui durent chacune entre une demie-heure et une heure, sont les seuls moments de la journée où un changement important de luminosité se produit. L’œil du poisson s’habitue lentement à ces variations de lumière. Par conséquent, durant ces phases d’adaptation, la vue des poissons baisse fortement, y compris celle du bar. Il profite donc de ses atouts de chasseur pour tirer parti de la faiblesse de ses proies qui ne le voient pas arriver. Ces intervalles de temps sont donc à privilégier, surtout dans les zones où le fond est peu important et où les poissons sont habituellement plus méfiants.

Avant une perturbation

L’arrivée d’une dépression se fait toujours ressentir par une baisse de la pression atmosphérique qui peut être plus ou moins rapide suivant la vitesse de déplacement de la perturbation. Les poissons ressentent ces variations de pression et se mettent en activité en prévision du mauvais temps en approche. Ils assimilent cette chute de pression avec une plus grande difficulté pour eux à se nourrir dans les jours à venir. Généralement, cette baisse de pression s’accompagne d’un changement de vent et d’un renforcement de ce dernier. En pêche du bord, il est intéressant de profiter de ce moment qui est souvent de l’ordre de quelques heures.

La pêche nocturne

Pêcher le bar de nuit est tout à fait possible, pour rappel, il n’a aucune difficulté à attaquer ses proies en l’absence de vision. Cependant, même si la pêche de nuit donne des résultats réguliers, c’est lors des périodes de beau temps prolongé et de forte activité nautique sur l’eau que la pêche de nuit sera la plus intéressante à pratiquer. Les bars préférant rester cachés la journée lorsque les bateaux sillonnent la zone côtière, ils se rapprochent des bordures une fois la nuit tombée pour chasser. N’hésitez pas à prospecter les zones de très faible profondeur et concentrant des crevettes ou des crabes, les classiques veines de courant sont également à privilégier.

L'influence majeure des marées

Les marées jouent un rôle très important, voire plus important que la météo, dans l’activité des poissons. Cependant, l’intérêt de pêcher un moment précis de la marée est étroitement lié à l’endroit où l’on pêche puisque très souvent, ce n’est que lorsque la mer est à un certain niveau ou qu’il y a un courant spécifique que les poissons passent sur le coin de pêche ou viennent y chasser.

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Le phénomène de marée est le fait que la mer ou l’océan monte et descende de manière répétée sur le trait de côte, pour atteindre la pleine mer ou la basse mer. Cette action est directement liée à la présence de la lune et du soleil, mais aussi à la force gravitationnelle qui est produite par la rotation de la Terre sur elle-même. Chaque cycle comprenant la montante, la descendante et l’étale durera 12h25, soit un peu plus de 2 cycles par jour.

La marée descendante

Ce n’est pas la période la plus intéressante à pêcher. Les poissons suivant les aliments et éléments apportés par le courant, la descendante propose une échappée de la masse d’eau vers le large par des phénomènes de courants. Malgré cela, quelques espèces de poissons peuvent rester sur place lors des premières heures du descendant. Enfin, certaines structures dans l’eau ou disposition des fonds peuvent être intéressants à pêcher. Vous pourrez en effet compter sur certains étranglements canalisant le courant lors de la descente de l’eau, et ainsi faire passer les petits poissons et autres aliments dans des secteurs bien précis.

La marée montante

C’est sûrement la période la plus intéressante à pêcher. Dans un premier temps, il sera plus facile de lancer loin et de laisser le flot d’eau recouvrir petit à petit votre montage et vos appâts. Cela assure de pouvoir pêcher plus loin que ce que vous auriez pu faire en lançant simplement. Le deuxième point est le sens du courant. Ce dernier pendant la phase montante poussera de l’eau du large vers le bord. Les aliments en suspension suivront de fait cette mécanique des fluides et les petits poissons suivront généralement. On comprend alors aisément que les poissons de plus grosse taille que vous recherchez resteront à proximité de leur garde de manger. Enfin, la marée haute viendra recouvrir petit à petit l’estran. C’est une zone assez atypique qui est profondément riche pour tous les organismes qui vivent.

Stratégies de localisation et matériel

S’il n’est pas toujours aisé de capturer les bars, la principale difficulté, et encore plus aujourd’hui avec la diminution du stock, est de les localiser. Les postes sont nombreux sur un secteur de pêche défini et avec des profils très variés, mais votre réflexion doit naturellement débuter par la question de la saisonnalité. Les zones de tenue, en raison de besoins tout à fait différents, ne sont pas les mêmes en mars ou en août par exemple.

Le taux d'oxygène dissous diminue avec la montée en température de l'eau. Ainsi l'été, les bars auront besoin de trouver des veines d'eau marquées ou des zones où la houle frappe les roches. Vous devrez néanmoins être capable de localiser les bars souvent en mattes en tout début de saison. Les poissons sont bien présents, mais les zones de tenue et l’état d’activité varient au cours de la journée. Les poissons recherchent le calme, donc notamment les zones plus profondes et moins fréquentées et celles favorisant la production d’oxygène, donc les eaux fraîches. Par ailleurs, votre stratégie, notamment si vous pêchez du bord, doit se concentrer sur les coups du soir et du matin où le calme des berges, la luminosité faible et la fraîcheur de la nuit incitent les bars à venir se nourrir dans peu d’eau.

Matériel et montages

Il ne sera pas forcément nécessaire de vouloir pêcher à très longue distance. Il suffit de bien connaître nos lieux de pêche favoris et de lancer au bon endroit, là où le poisson vient chercher sa pitance : au pied d’un petit tombant, d’une belle tâche de sable faite de débris de coquillages, non loin d’un champ de posidonies ou à la pointe d’une digue.

Pêchons simple avec des montages coulissants, un plomb percé, quelques perles pour protéger le nœud de liaison avec l’émerillon et au final un bas de ligne de 1m50 environ. Le montage sera donc le plus simple possible mais sera ainsi le plus efficace. Pour prendre un gros poisson, il faut des gros appâts et des montages adéquats sont donc nécessaires. Un montage à une empile longue munie d’un bel appât est incontournable. Il sera auto ferrant basé sur le point d'appui que crée l'anneau brisé. Optez pour des gros hameçons qui se piqueront en bord de gueule.

Il est plus judicieux de pêcher correctement avec 2 cannes que mal avec 4 cannes. C’est l’erreur que commettent le plus souvent les pêcheurs à vouloir multiplier leurs cannes. La multiplication de fils tendus dans l’eau crée beaucoup de vibrations que les poissons ressentent et au final, les appâts finissent par être complètement mâchouillés et délavés.

Sélection des appâts

La demi-dure (gravette rouge, néréide rouge, carpleuse rouge) se récolte dans la vase à la fourche, on la trouve également plus facilement en boutique. C’est un appât très intéressant qui ne sélectionne pas le poisson. L’arénicole (bocard, vers d’eau) se récolte facilement à la fourche et laisse derrière elle des tourbillons sur le sable quand la mer découvre. Ces vers se localisent généralement sur le haut des plages autour des trous d’eau sur le sable sec. L’arénicole représente l’appât de base qu’on devrait avoir systématiquement lors de nos sorties.

Depuis quelques années, plusieurs sociétés ont vu le jour pour nous proposer des appâts naturels surgelés. Sardines, couteaux, encornets et autres vers marins sont donc disponibles dans les magasins de pêche permettant ainsi de faciliter la tâche fastidieuse de la récolte, mais surtout la conservation parfois difficile. C’est un gain certain pour les pêcheurs qui n’ont pas le temps d’aller chercher quelques appâts frais et une solution de dépannage de dernière minute pour d’autres.

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