Le métier de maître-nageur est une profession passionnante, axée sur la sécurité et l’éducation aquatique. Ce rôle central dans les espaces de baignade allie surveillance attentive, compétences en sauvetage et enseignement de la natation. Le maître-nageur allie passion et professionnalisme pour promouvoir la santé et la pratique sportive. Le sport demeure au cœur de son engagement quotidien, entre enseignement de la natation, sauvetage et collaboration avec des équipes. La connaissance de soi, de ses limites et compétences est essentielle pour que le maître-nageur demeure calme et serein sur le terrain.
Missions principales du maître-nageur
Le maître-nageur est avant tout un éducateur sportif. Ses missions sont multiples et variées :
Sécurité et surveillance : Le maître-nageur assure la prévention, la surveillance et l'intervention dans le parc aquatique. Il surveille les activités de baignades et les alentours des étendues d'eau, en s'assurant que les conditions météorologiques sont sans danger pour les baigneurs.
Sauvetage : La commune exploitant des établissements de bains prend l’engagement, vis-à-vis de ses usagers, d’assurer la surveillance des bassins et de venir à leur secours en cas de noyade.
Enseignement : En tant qu'éducateur sportif, il allie pédagogie et technique pour enseigner la brasse, le crawl, le saut et le plongeon à toute personne désirant s'initier ou se perfectionner dans l'apprentissage de la natation.
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Animation : Le maître-nageur peut animer des cours d'aquagym et des cours particuliers.
Management : En tant que chef de poste, il peut encadrer une équipe de 4 à 15 personnes.
Maintenance : Il a également la charge de vérifier la fonctionnalité des équipements sportifs et de la piscine dont il a la surveillance.
Responsabilités du maître-nageur
L’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 3 juillet 2012 rappelle, en application d’une jurisprudence constante, que les communes exploitant des établissements de bains sont soumises à une responsabilité pour faute. En revanche, elles ne promettent pas à leurs usagers de sortir indemnes de l’établissement.
Responsabilité en cas d'accident
L’exploitant d’un établissement de bains n’est pas responsable du seul fait de la survenance d’un accident. Il est soumis à une responsabilité pour faute et non à une responsabilité de plein droit. Il incombe à la victime d’établir que le personnel de surveillance n’a pas normalement accompli ses fonctions.
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Un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris illustre cette notion de responsabilité pour faute :
- Un usager d’une piscine municipale est victime d’un malaise cardiaque au cours de son bain. Il est retrouvé inanimé au fond du grand bassin, puis décède une heure plus tard après avoir reçu les premiers secours qui lui ont été prodigués sur place.
- Après avoir relevé que le personnel de surveillance avait accompli les diligences normales de sa mission, la cour administrative d’appel confirme le rejet de l’action en réparation par le tribunal administratif.
- Le juge applique ici les règles habituelles de la responsabilité pour faute qui sont propres au fonctionnement du service public. Comme dans tous les régimes de responsabilité, le fait générateur doit être relié au dommage par un lien de causalité. Pas de responsabilité si le fonctionnement défectueux du service n’est pas la cause du dommage !
- L’épouse de la victime n’impute pas directement le décès de son conjoint à une défaillance du service de surveillance, mais le rend responsable d’être à « l’origine d’une perte de chance pour celui-ci d’être réanimé ». Il lui était impossible d’établir avec certitude que son conjoint aurait survécu si le service avait normalement fonctionné.
- Le litige aurait été rapidement tranché si le malheureux était décédé immédiatement après son malaise cardiaque. Dans ce cas, le juge n’aurait même pas eu à s’interroger sur la conduite des personnels de surveillance. En effet, même dans le pire des cas, celui où les maitres nageurs se seraient absentés du bassin -faute lourde par excellence- la responsabilité de la commune n’aurait pas pu être engagée. Il suffit pour l’établir de raisonner comme si le personnel avait été particulièrement vigilant et avait réagi immédiatement après le malaise.
- Le décès n’étant pas survenu immédiatement, mais une heure après que la victime ait été trouvée inanimée au fond du grand bassin, il faut se demander si elle avait une chance de survivre dans le cas où l’intervention aurait été immédiate. L’appelante suppose que son époux ait pu effectivement être réanimé et que le laps de temps qui s’est écoulé entre la survenance du malaise et le moment où il a été repêché a été anormalement long. Or l’instruction n’a fourni aucune indication sur ces deux données. Le rapport d’autopsie révèle que le décès a été causé par un malaise cardiaque dû à une sténose coronarienne et aucun élément en faveur de l’hypothèse d’une noyade par immersion n’a été retrouvé. Le malaise a été soudain et n’a été précédé d’aucun signe de détresse qui aurait pu alerter les maîtres nageurs présents sur les lieux.
- L’appelante considère que le service de surveillance a été défectueux à un double titre : l’alerte n’a pas été donnée par les maîtres nageurs, mais par un usager de l’établissement, et ceux-ci étaient assis à un endroit du bassin éloigné de l’accident.
- Le fait que l’alerte ait été donnée par un usager ne révèle pas nécessairement une défaillance du service de surveillance, s’il est établi que l’accident s’est produit dans un délai très court et que la victime a été rapidement secourue. C’est le scénario qui s’est produit puisque l’accident a été si soudain que la victime a coulé à pic.
- En ce qui concerne la position des maîtres nageurs, l’arrêt se contente de signaler que l’épouse n’a pas rapporté la preuve qu’ils étaient assis en un lieu éloigné de l’accident. Le doute profite donc à l’exploitant.
- Cette présomption est renforcée par l’absence de signes de détresse de la victime.
- S’il y a un certain flou sur les conditions dans lesquelles était organisée la surveillance, il est clairement établi qu’il n’y a eu aucun retard dans l’organisation des secours.
Le juge administratif raisonne ici comme le juge judiciaire pour lequel l’exploitant n’est pas tenu à une obligation de résultat. Ainsi, certains tribunaux de grande instance relèvent que l’obligation de surveillance n’implique pas « de suivre individuellement chaque client qui évolue librement au sein d’un établissement ouvert au public ».
Compétences et qualités requises
Afin d’assurer la surveillance des bassins et des lieux de baignade, le maître-nageur doit posséder une bonne résistance physique et nerveuse. Dynamique, pour motiver ses élèves, qu’ils soient enfants, adolescents ou adultes, ce sportif accompli maîtrise les techniques des activités aquatiques qu’il enseigne. La connaissance de soi, de ses limites et compétences est essentielle pour que le maître-nageur demeure calme et serein sur le terrain.
Formation et diplômes
Si vous souhaitez rejoindre le métier de maître-nageur, il vous faudra obtenir votre bac. Les formations recommandées doivent comprendre l'enseignement et la sécurité des activités sportives en milieu aquatique. Peu importe le cursus que vous suivrez, vous devrez obligatoirement obtenir le Premier Secours en Équipe de niveau 1 ou PSE1 pour exercer. Ce dernier s'effectue chaque année.
Si vous ne souhaitez pas poursuivre un long cursus, préférez le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l'Éducation Populaire et du Sport spécialité mention activités aquatiques et natation. Vous êtes passionné et souhaitez développer vos compétences ? Choisissez alors les filières bacs +2 ou bac +3 des DEJEPS, DEUST, Licence professionnelle AGOAPS, DESJEPS performance sportive.
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Salaire et évolution de carrière
Le salaire moyen d'un maître-nageur est de 2 200 € brut mensuel soit un salaire net de 1716 €. En fonction de l'entreprise pour laquelle il exerce, ce professionnel ne travaillera pas toute l'année. En effet, les maîtres-nageurs sauveteurs qui surveillent nos plages exercent plus particulièrement à la saison estivale. Toutefois, ils peuvent donner des cours de natation dans des piscines couvertes tout au long de l'année. Le maître-nageur débutant est le plus souvent rémunéré au SMIC soit un salaire net de 1 398,69 € soit 11,65 € brut de l'heure. Un maître-nageur sauveteur expérimenté pourra quant à lui avoir une rémunération de 4 734 € brut.
Le maître-nageur sauveteur évolue principalement au sein de divers environnements aquatiques, allant des piscines municipales et des clubs de vacances aux plages publiques, lacs et rivières naturels. Cette variété de lieux exige une grande adaptabilité, car les conditions de travail peuvent considérablement varier, passant des espaces intérieurs, comme les piscines couvertes, aux environnements extérieurs, incluant parcs aquatiques et zones de baignade en plein air. Ces professionnels peuvent également être sollicités dans des contextes variés, tels que des établissements privés, des clubs sportifs et des centres de loisirs.
Le maître-nageur sauveteur est avant tout un éducateur sportif, pouvant ainsi évoluer vers des postes tels qu’éducateur sportif principal ou chef de bassin. Après trois ans d’exercice, il peut postuler au poste d'adjoint-chef d'établissement de bain. Selon les études qu’il aura suivies, le maître-nageur sauveteur, détenteur du DESJEPS et réussissant le concours STAPS, peut envisager une carrière de directeur d'installation nautique. Une formation complémentaire lui ouvrira les portes de l'enseignement général du second degré ou de la gestion d'une structure de loisir ou d'hébergement touristique.