Ce jour-là, à 17h59, j’étais tout à fait valide et, à 18h00, je ne pouvais plus marcher. Cette phrase, qui résonne comme un couperet, illustre la brutalité avec laquelle le destin peut basculer en une fraction de seconde. Pour plusieurs cavalières passionnées, l’équitation, ce sport de complicité et de liberté, s’est transformée en un instant de tragédie. Une chute de cheval, un choc violent, et le diagnostic tombe : fracture de la colonne vertébrale, bassin brisé ou lésion de la moelle épinière entraînant une paraplégie ou une tétraplégie. Pourtant, face à ce bouleversement complet de leur existence, ces athlètes ont choisi de ne pas abandonner. À force de courage, de choix payants, de talent et de détermination, elles ont tracé de nouvelles voies vers le haut niveau, que ce soit en retournant en selle pour le para dressage et le para-attelage, ou en se reconvertissant avec succès dans des disciplines exigeantes comme le paratriathlon ou la natation.
Le traumatisme de l'accident et l'urgence de la reconstruction physique
L'accident survient souvent de manière totalement imprévisible, parfois causé par un événement extérieur indépendant de la volonté du cavalier. C’est un mercredi. J’étais en selle et j’attendais mon cours lorsqu’un cheval a pris la main à sa cavalière et nous a percutés, moi et ma jument, en plein galop. Avec la puissance du choc, nous avons été projetés trois mètres plus loin dans la barrière et je me suis retrouvée avec le dos encastré dans les demi-rondins de bois avec ma jument, elle, encastrée dans mon bassin. Dans d'autres cas, comme pour Sarah Morinière, l'accident se produit lors d'un entraînement de routine sur les barres d'obstacles. C’était le 9 mai 2021. Dans un centre équestre de Vendée, près de Montaigu. Sarah s’entraîne alors avec Too Nice Lover, son cheval de compétition, sur son temps libre. Depuis toute petite, elle voue une passion sans limite pour les chevaux. Ce jour-là, sa vie bascule. En sautant, il s’est pris les barres. On a trébuché ensemble. Une chute « pas impressionnante » mais fatale, sous les yeux de ses parents Catherine et Olivier. Malgré l’airbag et la bombe (casque sur la tête), Sarah comprend tout de suite une fois tombée. « Je suis consciente et je sais que c’est très grave. J’avais horriblement mal au cou », raconte-t-elle aujourd’hui.
Le verdict médical est sans appel : une vertèbre est « explosée ». Sarah est devenue tétraplégique à la suite d’une chute en cheval survenue en Vendée en mai 2021. Pour Sarah, mais aussi ses parents et ses deux grands frères. La rééducation à l’hôpital Saint-Jacques dure un an. Pour Coline Grabinski, qui a pratiqué le saut d'obstacles et le concours complet de 12 à 18 ans, c'est à l'âge de 25 ans qu'une chute sur une barrière lui brise les vertèbres, signifiant qu'elle ne marchera plus jamais naturellement. 10 ans plus tard, elle se souvient parfaitement de ce moment-là : "Je me vois à terre, consciente, en train de rassurer les personnes autour de moi, tout va bien, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas grave. J’ai découvert depuis, que j’ai une forte capacité à gérer la douleur. " Lors de l’arrivée des pompiers, ils lui demandent si elle peut bouger les orteils, les jambes. Emmenée aux urgences, avant de passer au bloc opératoire, elle pose deux questions au neurochirurgien qui va l’opérer : "Vais-je remarcher ? Vais-je pouvoir à nouveau faire du sport ?" Il a répondu oui. Elle s’est fracturé deux vertèbres lombaires et sa moelle épinière a été fortement comprimée. Ses muscles ont, de ce fait, moins de force et ne se développeront jamais énormément même avec une grosse charge d’entraînement.
La première phase après le drame est caractérisée par une lutte acharnée pour retrouver la moindre parcelle d'autonomie. On s’est très vite rendu compte que je ne pouvais plus me lever ni marcher. J‘ai été hospitalisée dix jours avec des tractions au bout des pieds pour maintenir mon bassin à plat. Par la suite, avec ma famille, nous avons décidé de continuer, mais à la maison. Je voulais absolument remarcher pour pouvoir me remettre à cheval. J’ai eu de très nombreuses séances de kiné en préventif pour remobiliser mes jambes et mes pieds. Je me suis d’abord déplacée en fauteuil roulant et puis j’ai réappris à marcher avec des béquilles, puis par moi-même. Dès que j’ai pu enfin remarcher tranquillement sur mes deux jambes, j’y suis retournée et là, ça a été un autre combat. J’ai commencé par cinq minutes au pas, puis dix et ainsi de suite jusqu’à pouvoir marcher, trotter et galoper comme avant… Enfin comme avant, jusqu’à pouvoir être capable, physiquement, de faire une séance au pas, au trot et au galop. Pour Coline Grabinski, la rééducation s'est déroulée à Berck-sur-Mer, au centre Jacques Calvé. Elle y reste 10 mois (de novembre 2014 à août 2015). Il faut bien comprendre que la marche naturelle, c’est terminé pour Coline. Pour marcher, et à plus forte raison courir, cela nécessitera toute sa vie une concentration de tous les instants pour que son cerveau transmette l’information aux jambes, car Coline est atteinte de paraparésie qui est une forme atténuée de la paraplégie.
La persévérance et le retour à la relation avec l'animal
Malgré la gravité des blessures, le lien unique unissant la cavalière à sa monture demeure souvent le principal moteur de la guérison. J‘t’étais encore à terre quand j’ai dit à ma mère qui était au téléphone avec les pompiers : « Ne t’inquiète pas maman, je sens mes pieds. Je ne peux pas me lever mais je remonterai à cheval. » Je n‘ai jamais appréhendé de remonter à cheval parce que ce n‘était pas mon cheval qui m’avait fait tomber. C‘est un événement extérieur qui a apeuré le cheval qui a causé mon accident et ça, je peux tout à fait le comprendre parce que la fuite est, pour ces animaux, une stratégie de survie. Je me suis trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment, c’est tout. Je n’ai jamais eu peur de mon cheval, mais j’appréhendais de travailler avec d’autres personnes autour parce que je ne suis pas sur le cheval des autres et je ne peux donc pas les contrôler. J‘ai eu la chance d’avoir un entraîneur qui était coach de l’équipe handisport du Brésil pour le paradressage et qui me réservait un bout de manège uniquement pour moi. Oui, j‘ai repris ma vie comme elle était. Avant mon accident, j‘avais l’objectif de concourir en Grand Prix Poneys avec Opale des vents et je l’ai conservé après. Je n’ai eu aucune d’adaptation pour mon handicap à cette époque-là. Les médecins m’avaient dit que j’aurais mal toute ma vie alors je faisais abstraction de mes douleurs.
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Pour Sarah Morinière, l'amour inconditionnel des chevaux a constitué un pilier fondamental pour surmonter l'épreuve. Si ses jambes ne répondent plus, son mental ne faillit pas. « Faire des séances de sport et de kiné tous les jours m’a fait tenir. Mais je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer ». Pour retrouver ses chevaux. Too Nice Lover en premier. Chose faite trois mois après. Je me souviens qu’il était très perturbé quand je me suis approchée de lui. Je ne lui en voulais pas du tout, car il n’avait aucune intention de me faire du mal. « Mes chevaux me donnent de la force pour avancer ». Après l’accident, la question se pose chez elle qui était en Bac pro pour devenir monitrice d’activités équestres. Que faire ? Comment se reconstruire ? Une chose est sûre, ce sera au milieu des équidés qu’elle chérit tant. « J’ai toujours été attirée par les chevaux, alors qu’il n’y en avait pas chez moi, explique Sarah. Ils m’apportent du bonheur. Avec eux, je ne pense à rien et je me sens bien. J’ai vécu des moments très durs, mais ils me donnent de la force pour avancer ».
Cette passion dévorante pousse l'entourage à adapter l'environnement quotidien pour permettre à l'athlète de vivre sa passion en toute sécurité. Sa famille et ses proches ont donc aménagé pour elle, au printemps dernier, une carrière et des paddocks. Chez elle. Au cœur du domaine viticole des Morinière. Sarah Morinière avec sa maman Catherine et son cheval Molly, dans leur carrière familiale à Saint-Julien-de-Concelles. « C’est son projet de vie. Tout est à proximité. On ne pouvait pas rêver mieux pour elle », disent ses parents. Elle vit aux côtés de Too Nice Lover. Ici, Sarah est évidemment entourée de ses chevaux. Dans l’écurie privée des Morinière, comme il est appelé, il y en a cinq. Dont Molly, le petit dernier acheté en juillet pour le para-attelage. Puis Loulou, le doyen, Djana, Ginger et… Too Nice Lover. Depuis l’accident, rien n’a changé entre nous. J’ai la même relation qu’avant. Il ne voit pas du tout le fauteuil et je suis toujours sa cavalière. Sarah lors de son stage fédéral de para-attelage à Lamotte-Beuvron fin novembre 2024. Sa nouvelle voie. Le cavalev permet à Sarah de transférer son fauteuil à l’attelage en toute sécurité. C’est ce qui l’anime aujourd’hui.
De même, Céline Gerny, qui débute l’équitation en septembre 1988, voit sa vie bouleversée le 21 janvier 2001, victime d’une chute de cheval. Les médecins diagnostiquent une fracture de la colonne vertébrale ainsi qu’une lésion de la mœlle épinière ayant pour conséquence une paraplégie complète et définitive. Elle refuse de vendre ses chevaux et se remet en selle cinq mois après son accident. En 2004, elle intègre l’équipe de France de para dressage. En juillet 2005, le CSEM (Centre Sportif d’Equitation Militaire) de Fontainebleau, met un cheval à sa disposition pour participer au Championnat d’Europe en août 2005; compétition où elle remporte deux médailles de bronze pour la France. Céline participe également aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016 et Tokyo en 2021.
Le parcours vers le para dressage et la reconnaissance du handicap
Le choix d'accepter officiellement son handicap et de s'orienter vers les compétitions adaptées marque souvent un tournant décisif dans le parcours sportif, ouvrant la voie vers le très haut niveau mondial. Elle avait 11 ans lorsqu’une chute de cheval lui fracture le bassin. Dix-sept ans plus tard, Lisa Cez s’apprête à prendre part aux Jeux paralympiques de Paris 2024 en para dressage avec son compagnon de longue date, Stallone de Hus. Rencontre avec une cavalière qui n'a pas froid aux yeux. Lorsque j’ai commencé l’équitation, je n‘avais pas de perspectives d’avenir dans ce milieu-là, si ce n’est me faire plaisir en étant sur un cheval. C‘est une succession de rencontres qui m’ont fait aller vers le haut niveau. Avant mon accident, j’avais l’objectif de faire le Grand Prix Poneys et de me qualifier pour les Championnats d’Europe, mais il m’a un peu freinée. Et puis, l’année dernière, avec mon cheval, j’ai eu ma première sélection en équipe de paradressage et le 10 juin, on m’a annoncé que j’étais sélectionnée pour ces Jeux Paralympiques qui seront mes premiers. C’est un très grand honneur, d’autant plus que ça se passe à la maison, en France, et qui plus est dans un lieu extraordinaire, Versailles. Mon objectif est d’être digne de cette confiance qu’on m’a accordée.
Tu as décidé de faire reconnaître ton handicap en 2021. J‘ai grandi et ça n’a pas arrangé mes affaires ! En 2021, ça faisait à peu près deux-trois ans que je sentais un manque de mobilité : j’avais des difficultés à faire des demandes qu’avant je n’avais pas. Je me suis tournée vers le corps médical pour essayer de comprendre ce qui se passait et c’est à ce moment-là que l’on m’a incitée à me diriger vers le para dressage. J‘ai fait reconnaître mon handicap, ce qui m’a permis d’avoir accès à des compétitions plus adaptées à ma situation actuelle. Ça ne m’empêche aucunement de faire quelques concours en valide mais je ne pourrais plus supporter des saisons valides comme je le faisais auparavant. Le para dressage date des années 2000 en France. Mon accident est survenu en 2007. Je pense que le temps que la discipline se développe a joué. Je l’ai tout à fait bien vécu parce que ça ne m’empêche pas de participer à des compétitions valides en national. Et puis, je me suis mis un objectif en tête : les Jeux de Paris 2024 et je me suis focalisée dessus.
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Cette quête de performance demande un investissement total et une préparation rigoureuse, tant sur le plan physique que mental. Nous sommes en stage de préparation avec des journées assez intenses partagées entre le travail des chevaux, de grandes discussions sur la cohésion et des réflexions sur comment créer une équipe, même si on se connaît très bien. Nous avons une préparatrice mentale pour le groupe et nous sommes allés assez loin sur des choses personnelles afin de se connaître au-delà de l’aspect sportif. Pour nous athlètes, c‘est le plus grand rassemblement de la planète. En équitation, c’est la plus prestigieuse compétition à laquelle on puisse concourir. Être sélectionnée pour y participer signifie qu’on a réussi, à force de travail, à avoir la possibilité de concourir pour cet événement majeur. Encore une fois, c’est un honneur même si, pour le moment, je ne me rends pas trop compte de ce que je vais vivre. Certains de mes coéquipiers, qui ont déjà participé aux Jeux, m’ont dit que c’était une compétition qui n’était pas comme les autres. Je me suis préparée avec mon coach mental à vivre cette échéance et à en profiter, tout en restant extrêmement concentrée.
La passion originelle de la relation avec l'animal et la recherche du geste parfait
L'amour de l'équitation naît souvent dès l'enfance, parfois de manière fortuite au sein de familles éloignées du monde équestre. Tu l’évoquais plus haut, rien ne te prédestinait à prendre part à cette compétition-là. Tu n’es issue ni d’une famille de sportifs, ni d’une famille de cavaliers et pourtant, tu vas découvrir l’équitation grâce à ton grand-frère. Tu as alors 5 ans. Je ne viens pas d’une famille avec des sportifs de renom, en revanche, mes deux grands-frères et moi avons des parents qui ont toujours voulu nous éveiller soit par la musique, soit par le sport et nous avons beaucoup pratiqué les deux. Mon grand-frère a commencé l’équitation à l’âge de 13 ans. Un jour alors que je le suivais sur une compétition, je me suis arrêtée à côté des rectangles de dressage et j’ai dit à ma mère que c’était ce que je voulais faire. Elle m’a inscrite en club pour la saison et ça m’a tout de suite plu. J‘avais une certaine aisance avec les chevaux et de plus, j’ai eu, à l’époque, la chance d’avoir une monitrice qui ambitionnait de nous apprendre à monter à cheval et non à nous faire faire des jeux à poneys ou autres.
J’ai commencé les compétitions en équitation à l’âge de 7 ans. Entre la danse et le cheval, ça me prenait beaucoup de temps alors mes parents m’ont demandé de faire un choix et je me suis dirigée vers l’équitation. Pourquoi ? Je ne sais pas, on a plutôt la musique dans la peau dans la famille et on danse bien, mais je crois que c’est la relation avec l’animal qui a fait pencher la balance, relation qui d’ailleurs m‘émerveille toujours autant après vingt-trois ans de pratique ! Personnellement, ce qui m’intéresse plus que tout, c’est le dressage parce que, malgré une base commune, tous les chevaux sont différents et j’aime cette recherche-là. Attendre que le cheval soit prêt pour faire un mouvement donné me passionne, d’autant que c’est un éternel recommencement : on n’a jamais le mouvement parfait, on peut toujours le perfectionner, chercher à l’améliorer même si le cheval est dressé.
La reconversion par d'autres disciplines sportives exigeantes
Pour certaines cavalières accidentées, la reconstruction passe par la découverte de nouvelles disciplines sportives où elles transforment leur handicap en force de compétition. Coline Grabinski, atteinte d'un handicap neurologique invisible à cause d'une chute à cheval il y a 10 ans, s'est reconvertie dans le paratriathlon. Positive, battante, voire combattante, elle a réussi à se reconstruire grâce au sport. Bien sûr, le retour à la maison n’est pas facile. Il faut reprendre sa place dans la vie. Elle se retrouve confrontée au regard des autres. Coline s’accroche, elle travaille dans l’Oise à Beauvais pour la Direction départementale des territoires de l’Oise (DDT Oise) où elle est adjointe au service de l’eau, de l’environnement et des forêts.
Le sport, elle s’y est remise très vite. Elle se met à la natation, sport qu’elle pratiquait un peu, mais qui est le plus facile avec son handicap. Elle le fait en club, avec des valides. Elle fait aussi un peu de vélo, car elle aime bien. Et courir ? Elle se met donc au paratriathlon en 2018. En 2019, elle remporte son premier titre de championne de France (catégorie PTS4 déficience modéré). "Pour moi, c’est le plus beau titre que j’ai remporté, quand je monte sur le podium, je suis la femme la plus heureuse du monde ! Personne n’a autant le sourire que moi à ce moment-là". Elle s’entraîne sans relâche, 20 heures par semaine, avant et après le travail. Elle s’est bien sûr entourée pour y arriver. Son kinésithérapeute, Vincent Beaune, l’a suivie dès sa sortie du centre de rééducation. Il l’a tout de suite considérée comme une sportive et non comme une personne handicapée. Il l’a soutenue, lui a redonné confiance quand elle n’y croyait plus et elle sait qu’elle n’aurait jamais réussi à courir à nouveau sans lui. La personne qui l'inspire le plus ? "Mon coach de course à pied, Jean-Marc Gossart. Il est aussi préparateur physique dans le monde du rugby et fait de l’ultra-trail. Son rôle n’est pas facile, car il doit tout combiner avec moi. Prendre en compte mon travail, mon stress car j’ai de fortes responsabilités dans mon job, la fatigue qui s’accumule plus rapidement.
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Coline n’est pas une athlète comme les autres. Alors, elle se donne à fond, et se donne tous les moyens. Cependant, elle n’en a pas le statut (le nombre de places est limité), d’où ses entraînements matin et soir, d’où la prise en charge financière personnelle pour participer aux compétitions. Elle n’a pas pu participer, faute de moyens, à la World Série de Montréal, dernière épreuve qualificative pour les Jeux paralympiques 2024. "J’ai perdu beaucoup de sponsors, de facilités d’entraînements ces dernières années et les soutiens ont été difficiles à trouver et peu nombreux malheureusement. J’ai pu compter sur le soutien inconditionnel de mon coach, Jean Marc Gossart - Athlète Performance - dans tous les moments difficiles et je lui en suis très reconnaissante. " Les catégories qui permettent de classifier les athlètes en fonction de leurs handicaps sont revues après chaque olympiade.
D'autres sportives partagent ce parcours de résilience où le sport de haut niveau devient un outil d'acceptation de soi. Alexandra Saint-Pierre est arrivée tardivement sur le circuit internationale du tennis de table, seulement en 2019. L'athlète a été accidentée de la route en 2017 alors qu'elle étudiait encore au lycée. Malheureusement, elle devient paraplégique à cette époque et bascule dans la dépression. C'est en 2017 qu'un médecin la pousse à faire du sport pour sortir de cette dépression. "Il me disait que l'activité physique allait m'aider à sortir de chez moi. J'ai toujours aimé ça et enfant, je faisais même de la compétition. La préparation physique m'a aidé à tonifier le haut du corps et à retrouver de l'autonomie. Je me sers du tennis de table comme défouloir. Dès que quelque chose ne va pas, je file à l'entraînement pour me concentrer sur mon jeu et ça me fait un bien fou. Je ne pense à rien et j'oublie tous mes soucis. Le ping me permet de garder un équilibre psychique au quotidien. La Française a été très vite impressionnante en montant rapidement les échelons. A Grenade, en 2022, treize mois après ses premiers pas, elle décroche son premier titre de championne du monde. Elle est vice-championne d'Europe l'année suivante. Favorite pour l'or paralympique, elle est numéro 2 mondiale. "Je travaille beaucoup avec de l'analyse vidéo pour voir quels sont les schémas de jeu récurrents des adversaires. Je suis plus jeune que mes adversaires, elles ont l'expérience mais moi j'ai la progression d'une petite jeune."