Avitailler son voilier est probablement le moment le moins amusant de la préparation d’une croisière, mais c'est une tâche qu'il faut prendre très au sérieux. On a toujours peur d’oublier quelque chose et on n’a qu’une envie devant le rayon des conserves : abandonner son chariot et prendre la mer le plus vite possible ! Et pourtant, le plus organisé des plaisanciers finit toujours par douter lorsqu’il compare le volume des caddies alignés devant son étrave à celui de son bateau. L’avitaillement bateau, c’est l’art de transformer un simple week-end en mer en aventure mémorable… ou en cauchemar ! Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’avitaillement en navigation ne se résume pas à remplir un caddie. C’est l’écosystème complet qui permet à votre équipage de vivre, naviguer et survivre en autonomie. La différence fondamentale avec la vie à terre réside dans l'irréversibilité de certaines situations. À terre, vous oubliez le pain ? Hop, 5 minutes à la boulangerie. En mer, vous oubliez l’eau ? C’est potentiellement dramatique. Cette réalité, j'ai eu l'occasion de la saisir lors de ma première traversée du Golfe de Gascogne en 2004. Parti avec une mentalité « terrestre », j’ai rapidement réalisé que chaque décision d’avitaillement avait des conséquences en chaîne. Pas assez d’eau ? Rationnement et stress. Trop de provisions périssables ? Gaspillage et odeurs. Mauvais arrimage ? La navigation côtière peut sembler plus simple - après tout, la terre n’est jamais loin. Mais c’est un piège ! L’avitaillement est donc un élément important à anticiper pour une croisière réussie, car il est difficile, si ce n'est impossible, de trouver un supermarché dans une crique isolée. Dans cet article, nous verrons comment rédiger une liste d’avitaillement cohérente, puis nous partagerons quelques astuces pour un stockage rationnel de la nourriture à bord, en gardant à l'esprit que bien faire l’avitaillement d’une croisière, c’est savoir estimer les quantités et surtout ne rien oublier !
La Préparation Collaborative : Au Cœur d'un Avitaillement Réussi
L'avitaillement commence bien avant l'arrivée au supermarché. C'est un processus qui gagne à être collectif. La tâche de l'avitaillement, souvent dévolue aux épouses, demande au départ une concertation entre les membres de l'équipage pour connaître les goûts et les souhaits de chacun. Il est important que l’ensemble des équipiers soient présents, surtout s’il s’agit d’une première expérience. Cela permet de se sentir rassuré dans un environnement totalement nouveau. Pour vous organiser, je vous recommande de commencer par faire un tableau avec vos idées de plats sur une feuille. Aussi, ne prévoyez pas forcément tout, laissez quelques cases vides. Seulement après avoir fait les menus, on passe à la liste de courses.
Plus sérieusement, je propose de démarrer le programme convivialité par une séance de brainstorming devant un café et des croissants. Vos équipiers fraîchement embarqués se sentent accueillis et tout de suite impliqués dans l’organisation de la croisière. Le but de la séance est de créer une liste de menus variés pour 4 ou 5 jours, avec des recettes que les uns et les autres se sentent capables de cuisiner à bord. En effet, manger des pâtes pendant toute une traversée peut rapidement devenir lassant. La mer ça creuse : une bonne alimentation est un gage non seulement de bien-être à bord mais aussi de sécurité ! La méthode des menus est fiable, éprouvée et responsabilise immédiatement votre équipage. Une fois l’opération précédente réalisée et testée, cela vaut la peine de garder votre liste et vos menus pour une prochaine croisière. Selon le programme de votre croisière vous serez plus ou moins enclin à cuisiner et vos besoins caloriques ne seront pas les mêmes. Ensuite, si vous louez un voilier loin de chez vous, vous ne trouverez pas vos ingrédients habituels.
Les quantités des ingrédients varient énormément selon la saison, le bassin de navigation, le type de navigation et la durée. Elles varient également selon la température, car on consomme plus lorsqu'il fait froid que lorsqu'il fait chaud. Pour faire simple, si 80g de pâtes sèches par personnes suffisent en plein été en méditerranée par 2-3B, il faudra largement 200g par personne en côte Atlantique en morte saison avec un équipage jeune, d’autant plus si on enchaîne les virements de bord ! Les recettes sont généralement données pour des adultes “à terre” et non pas pour un équipage de 6 à 8 personnes. L'estimation des quantités pour une traversée océanique, par exemple, repose sur le nombre d'équipiers et la durée prévue de la navigation, à laquelle on ajoute toujours une marge de sécurité de 20 à 30 %. En navigation côtière, j’applique cette règle même pour une sortie à la journée. Pourquoi ? Pour toute sortie côtière, je prévois toujours un repas supplémentaire par rapport à la durée prévue. En hauturier, la donne change complètement. L’erreur classique ? Appliquer les mêmes règles qu’en côtier avec juste « un peu plus ». Ma règle absolue pour l'eau est de ne jamais avoir moins de 4L/personne/jour + 50% de marge.
Composer la Liste d'Avitaillement : Un Art Complet
Lorsqu'on pense à “avitaillement”, on pense immédiatement aux denrées alimentaires. Mais il n’y a pas que ça ! Il faut aussi prendre en compte le matériel nécessaire, le carburant, les produits non alimentaires, les équipements fonctionnels du bateau, et la taille de ces équipements, notamment le réfrigérateur. Pour estimer votre avitaillement, vous aurez besoin du nombre de personnes à bord et de la durée de la croisière.
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L'Eau : Priorité Absolue à Bord
On a tendance à prioriser la nourriture, mais l’eau doit être le premier élément à apparaître sur votre liste ! Même si vous disposez d’un dessalinisateur à bord, il vaut mieux prendre des précautions et partir avec une réserve importante. Il faut compter environ 1,5 à 2 litres d’eau par jour et par personne pour la boisson. Pour limiter vos déchets plastiques, vous pouvez prendre des bidons de 5 litres par exemple ! Il faut également de grandes réserves d’eau pour les besoins du bateau, à savoir pour la douche ou la vaisselle par exemple. C’est un point crucial à bien prendre en compte !
La Nourriture : Un Équilibre entre Fraîcheur et Longue Conservation
Pour un avitaillement réussi, nous vous conseillons de prendre en majorité des produits qui se conservent facilement : pâtes, riz ou conserves sont les bienvenus, surtout si vous voulez des plats rapides et faciles à cuisiner ! Cependant, l'alimentation à bord, c’est là où la plupart des navigateurs se plantent.
- Produits Secs et Base Alimentaire : Pour l'approvisionnement des bases, on pense notamment au café (2 kg), au thé et aux infusions (une centaine), aux soupes déshydratées en sachets ou en pots (une trentaine, très pratiques pour conserver d'autres choses par la suite), au lait en poudre (1 kg) ou au lait concentré sucré (2 boîtes). Le lait de coco (4 boîtes) peut aussi être utile. Les céréales (2 kg) et le miel (2 kg, dont un pour la pharmacie) sont des incontournables. Concernant les féculents, il est judicieux de prévoir de la semoule de couscous (1 kg), des spaghettis (2 kg), du riz (2 kg), du quinoa (1 kg), et des lentilles (2 kg), ces dernières étant faciles à faire germer pour avoir un semblant de petit jardin à bord, sans oublier des graines à germer variées. Pour la boulangerie improvisée en mer, embarquez de la farine de sarrasin (10 kg), car on n’en trouve pas partout et faire de bonnes galettes aux escales est très apprécié, de la farine à pain (10 kg) avec la levure de boulanger qui va avec, et de la farine blanche (3 kg) pour les crêpes et gâteaux, accompagnée de levure à gâteau. Le sucre (3 kg) est également essentiel. Pour la cuisson, préférez l'huile de tournesol (2L), l'huile d’olive (1L), et une bouteille d’huile de noix. Il est préférable de choisir des bouteilles opaques ou des rangements à l’abri de la lumière. Le vinaigre de cidre (2L) est efficace pour remplacer le shampoing au passage, et d'autres vinaigres comme le balsamique.
- Les Œufs : Une trentaine d’œufs peuvent être conservés à température ambiante en les enduisant d’un peu de vaseline afin de les rendre étanches à l’air. Il faut les retourner une fois par semaine pour que le jaune ne colle pas à la coquille. Stockez-les dans des boîtes à œufs saines (il se peut que les boîtes en papier cartonné contiennent des œufs de cafards) et robustes mais où l’air circule. Des boîtes en plastique percées dans chaque alvéole peuvent éviter les odeurs de renfermé, permettant ainsi de les conserver au moins 3 mois. Attention, il ne faut pas acheter d’œufs qui auraient été réfrigérés, ils se conservent moins longtemps et doivent alors rester au frais.
- Épices et Condiments : Je ne peux pas cuisiner sans épices, et au fur et à mesure des navigations j’en ai découvert de nouvelles, et surtout de nouvelles utilisations pour celles qui voyagent toujours avec moi. Prévoyez de la noix de muscade (délicieuse sur l’île de Grenade), du curry, du curcuma (frais et en poudre), du gingembre (frais et en poudre), du safran, du cumin, de la cannelle, et de la vanille (celle de Tahaa en Polynésie française est la meilleure). Pour les condiments, pensez au poivre (celui des Vanuatu est très bon), aux herbes de Provence, au fenouil, au basilic, au persil, à la coriandre, au sel de l’île de Ré ou de Guérande. N'oubliez pas les cornichons, les câpres, la moutarde, les olives, le Tabasco, et les fruits secs.
- Conserves et Bocaux : Une vingtaine de boîtes ou bocaux de légumes variés (tomate, champignons, poivron, haricots verts et rouges, petits pois…) sont essentiels. Pour les poissons, les sardines et les maquereaux sont de bonnes options. La viande en conserve (confit de canard toujours bienvenu quand il y a quelque chose à fêter, pâté, bœuf) et les fruits en conserve (poire, pêche, ananas et compote) diversifieront les repas. Les plats préparés en bocal ou sous vide (tajine, bolognaise, bourguignon) sont également très pratiques. Toutes les conserves ne se valent pas en navigation ! Les conserves à ouverture facile sont un piège par gros temps, car le mécanisme se bloque avec l’humidité. Les conserves avec beaucoup de liquide sont vos ennemies quand ça bouge. Les petits pois dans leur jus qui se répandent partout quand le bateau gîte, très peu pour moi ! Pour ceux qui prévoient de garder certaines conserves longtemps à bord, marquez-les au feutre indélébile. J'achète mes conserves hors saison, avec 30% d'économie, et avec 3 autres propriétaires du port, nous achetons groupé.
- Produits Frais : Bien évidemment, vous pouvez aussi prendre des produits frais selon les goûts de chacun. N’oubliez pas de vérifier au préalable que le réfrigérateur est assez grand pour stocker vos provisions ! Le beurre salé se conserve mieux que le beurre doux. Enveloppez les fromages à pâte dure et les jambons/saucissons dans des torchons, à surveiller de près car il ne faut tolérer aucune moisissure, ils doivent rester secs ! Et veiller aux mouches…
- Végétaux : Pommes et poires (pas trop mûres), oranges, citrons, bananes (pas trop mûres). Les tomates encore un peu vertes mûriront à bord. Les légumes les plus résistants ne sont pas ceux qu'on croit ! Prévoyez des pommes de terre, des carottes, des poireaux, du chou, des oignons, de l'ail. Conservez les fruits et légumes qui dégagent de l'éthylène à part des autres fruits et légumes, car l'éthylène accélère leur mûrissement. Pour vos tomates, utilisez une barquette pour éviter qu'elles ne fondent au soleil. Les pommes de terre se conservent mieux si vous leur donnez de l'air. Conservez-les à part des autres fruits et légumes.
- Produits laitiers : 1 kg de beurre longue conservation si pas de frigo, sinon du bon beurre comme on l’aime. Fromage à pâte dure, fromage de chèvre sec… Parmesan.
- Poisson : À acheter plutôt dans les marchés locaux si possible.
- Boissons : Les bières (une soixantaine de canettes), du cidre pour les galettes, du vin, du Pineau charentais pour le côté chauvin, du Ricard, la bouteille de rhum pour le ti-punch du coucher de soleil, et la bouteille de Champagne pour le passage de l’équateur ! Ne pas croire que nous soyons de gros buveurs, mais nous avons toujours, en plus des bières incontournables du capitaine, au moins un peu de vin à bord autant pour le plaisir que pour la cuisine. Et quand on a l’occasion de faire escale aux Antilles, c’est le moment de stocker du rhum pour plusieurs mois, car dans le Pacifique l’alcool est hors de prix. Prévoyez également 5 litres de jus de fruits et 5 litres de jus de légumes.
Les Autres Indispensables de l'Avitaillement
L'avitaillement ne se limite pas à la nourriture et aux boissons. Il faut aussi anticiper les besoins non alimentaires.
- Produits Non Alimentaires Courants : N’oubliez pas de prendre avec vous quelques produits d’entretien, du savon, du papier toilette (Pourquoi les rouleaux de PQ sont-ils toujours aussi encombrants ?), de la crème solaire et une trousse de secours ! Les sacs-poubelle et le liquide vaisselle sont également essentiels.
- Carburant : Même si vous naviguerez probablement en majorité à la voile, il est nécessaire de prévoir un stock suffisant de carburant. En effet, l’avitaillement réside aussi dans l’estimation de la consommation de carburant du voilier.
- Santé et Hygiène : L'avitaillement concerne aussi les produits de santé et d'hygiène. Un avitaillement complet inclut la pharmacie de bord.
- Sécurité Réglementaire : C’est le minimum vital. Tous les gilets ne se valent pas. Ma méthode de choix : je teste toujours mes gilets dans une piscine avant de naviguer.
- Navigation Moderne et Traditionnelle : La navigation moderne, c’est 90% d’électronique et 10% de traditionnel. En 2019, une panne électronique totale au large de la Bretagne a mis hors service GPS, sondeur, VHF, tout mort après une surtension. Pour protéger certains éléments importants, je les plastifie avec un film alimentaire.
- Mécanique à Bord : C’est comme la médecine : mieux vaut prévenir que guérir. Je ne stocke que les pièces que je sais changer moi-même. Les ampoules grillent avec les vibrations. Les fusibles sont le top 3 des pannes électriques. Les durites se fissurent avec l’âge. Oubliez la caisse à outils de 50 kg !
- Confort et Sécurité : Le confort, ce n’est pas du luxe, c’est de la sécurité ! L’éclairage blanc fatigue et altère la vision nocturne. Je suis passé au 100% LED rouge dans les zones de vie. Les sacs de couchage marins, c’est marketing ! J’utilise des draps en polaire : plus chauds, plus respirants, lavables en machine. Pas pour faire joli ! Quand on est bloqué au mouillage par mauvais temps, les jeux créent de la convivialité et évacuent le stress.
- Entretien du Bateau : Un bateau mal entretenu, c’est un bateau dangereux. Oubliez les 15 produits différents ! Je fabrique mes lingettes avec des chiffons microfibres + solution vinaigre/eau. L’humidité à bord, c’est inévitable. La moisissure qui suit peut rendre un bateau inhabitable en 48h.
- Énergie : C’est la vie moderne à bord. Les batteries lithium sont 3x plus légères, 2x plus durables, et rechargent 5x plus rapidement. Je ne les utilise que pour les gros consommateurs (micro-ondes, climatisation). Pour le reste, solaire + éolienne.
Stratégies d'Achat et de Stockage Optimisées
Une fois la liste établie, vient l'étape des courses et de l'embarquement, qui doit être aussi méthodique que la planification. C'est le moment des grosses courses ! Soit on y va plusieurs fois, soit on se munit de suffisamment de jetons ou pièces pour les caddies et en route pour une grande marche dans le supermarché.
Gestion de l'Espace et Organisation à Bord
Les voiliers sont généralement équipés de coffres dans les fonds de cales, sous les banquettes et dans les équipets, mais cette place reste néanmoins limitée. Évidemment vous aurez plus de place sur un catamaran que sur un monocoque, mais vous y serez peut-être plus nombreux. Côté organisation, sur votre liste de courses, nous vous recommandons de créer une colonne qui indiquera où sont rangées les denrées, de les regrouper par thématique dans un même coffre ou bac en plastique transparent ; cela facilitera vos recherches. Pour faire simple, il est préférable de placer les produits les plus lourds dans les fonds (sauf le lait en brique) et les plus légers dans les équipets latéraux. Mettons que vous envisagiez une traversée de deux ou trois jours. Dans ce cas, vous devrez cuisiner en mer. Il s'agit donc de faciliter au maximum la tâche du cuisinier. Il ne faut pas qu’il ait à chercher les nouilles sous le siège situé en pied de mât. Sinon gare au mal de mer ! De ce fait, même si votre logique vous invite à ranger chaque classe d’aliment au même endroit, il faut assouplir la règle. Maintenant passons aux quarts de nuit. Il fait frais, vous vous endormez. Un bon petit café instantané vous réveillerait tout en vous réchauffant. Sauf que le café est rangé derrière la tête de l’équipier qui dort dans la bannette tribord du carré. Le raisonnement vaut aussi pour les barres de céréales et le PQ.
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Conservation des Aliments : Astuces et Pièges
La conservation est un défi majeur. À bord, je crée des micro-climats adaptés à chaque type d’aliment. Contrairement à ce qu’on pense, tous les aliments ne vont pas au frigo. C’est le cœur de mon système. L’astuce de la bouteille d’eau : je place une bouteille d’eau dans chaque zone. Si vous n’avez pas de réfrigérateur, vous trouverez en principe plus de fraîcheur dans les fonds. Ne stockez JAMAIS le lait en briques, dans les fonds. Les briques prennent l’humidité, perdent leur résistance, et vous vous en apercevrez quand le lait aura caillé. Le pain moisit dans les sacs en plastique ; préférez l'emballer dans un sac en papier ou un torchon et privilégiez le pain au seigle ou complet, ou la baguette épaisse et allongée qui se conserve le mieux et peut être congelée.
Pour les légumes de garde, le secret est l’obscurité totale. Chaque fruit ou légume emballé individuellement dans du papier journal. Pourquoi ça marche ? Le papier absorbe l’humidité et les gaz de maturation. Je stocke les légumes les plus mûrs au-dessus, les plus verts en dessous. Quand les mûrs s’abîment, les verts ont eu le temps de mûrir. Pour les œufs du commerce, qui sont lavés et donc fragiles, je les enrobe un par un dans de la vaseline.
Lutte Contre les Nuisibles
Pour ne pas voir proliférer ces petites bêtes, laissez tous les emballages en carton sur le quai. Ensuite pour neutraliser les œufs qui pourraient se dissimuler dans le riz et les pâtes, versez-les dans de grandes boîtes de conservation en plastique, dans lesquels vous aurez placé des boules de coton imbibées d‘alcool camphré. Les vapeurs d’alcool vont tuer une partie des larves et le camphre va dissuader les cafards de s’y reproduire. Ces petites bêtes, aussi écœurantes qu'inoffensives, savent marcher, courir, nager un peu, et voler. Un cafard n’est pas difficile à détruire, mais sa prolifération peut devenir problématique. Pour mener cette guerre, vous pouvez avoir à bord des produits du type Goliath Gel. Aux Antilles, vous pourrez acheter des Kaz à ravets, ce sont de petites maisons en carton qui attirent les ravets (blattes) qui y restent collées. Si vous avez perdu la 1ère bataille, faites passer à bord un spécialiste.
L'Importance de l'Arrimage
Un cas vécu d'août 2018 : des conserves mal arrimées qui deviennent des projectiles par mer formée. Ma méthode : le test de l’inclinaison à 45°. L'arrimage est crucial non seulement pour la sécurité des provisions, mais aussi pour celle de l'équipage.
Avitaillement en Escales et Adaptations
Comme vous naviguez généralement près de zones civilisées, vous aurez l’occasion d’acheter des vivres frais à terre. Mais n’hésitez pas à charger tout le reste dès le départ. Sans voiture, conserves, pâtes, et boissons diverses sont des produits lourds et encombrants à transporter. En plus, s’il est plaisant de papoter avec le boucher ou la boulangère tous les matins, les achats de PQ et tomates en conserve en supermarché dégagent moins de poésie.
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Lors de vos escales, nous vous recommandons de ne jamais faire monter à bord les emballages, cartons. Dans certains ports, il n’y a pas forcément de marché ou grande surface à proximité ! Il vous faudra donc louer un véhicule, ou négocier avec le magasin pour qu’il vous livre au port. Ces listes vous serviront à chaque escale. En fonction de votre consommation, les stocks sur les listes seront mis à jour et ainsi vous saurez ce que vous devrez acheter en escale.
Anticiper l'Inattendu et Optimiser l'Expérience
La planification de l'avitaillement ne s'arrête pas à la liste des courses, elle englobe aussi la gestion des imprévus et l'adaptation aux spécificités de la navigation.
Marge de Sécurité et Imprévus
Septembre 2021, traversée Corse-Côte d’Azur. Prévision : 2 jours de navigation tranquille. Un cas vécu d'août 2018 impliquait une famille de 4 personnes partie pour 3 jours avec 30 litres d’eau. Problème mécanique, retour impossible. C'est pourquoi l'estimation repose sur le nombre d'équipiers et la durée prévue de la navigation, à laquelle on ajoute toujours une marge de sécurité de 20 à 30 %. Un réfrigérateur qui s’arrête la nuit pour économiser la batterie est un autre cas de figure à anticiper.
Délégation et Ravitaillement Stratégique
Vous pouvez tout à fait déléguer cette tâche parfois pénible qu’est l’avitaillement. Très souvent, la base peut la prendre en charge en échange, bien évidemment, d’une indemnisation. Ainsi, au moment du check-in, vous pouvez arriver sur le bateau l’esprit léger avec toutes les provisions déjà chargées. Certains voyageurs préfèrent ne pas se ravitailler durant leur croisière, mais sachez que c’est tout à fait possible. Repérez à l’avance les points de passage où vous pourrez faire des provisions ! D’autre part, si vous vous arrêtez dans des villages durant votre navigation, n'hésitez pas à vous approvisionner dans les marchés afin de goûter aux produits locaux ! Où se ravitailler stratégiquement lors d'une circumnavigation ? Le choix des escales de ravitaillement est stratégique pour éviter les zones de pénurie ou les prix excessifs.
Si vous séjournez quelques mois sur la même région pour faire du cabotage, exemple des Philippines ou de l'Indonésie, vous pouvez embarquer un cuisinier qui vous préparera de bons plats locaux avec du poisson frais achetés aux pêcheurs locaux et qui vous facilitera les échanges avec la vie locale. Encore mieux, si vous partez faire le tour du monde, et à bord de votre bateau votre cuisinière est au gaz. Le standard des bouteilles de gaz françaises n'est pas forcément le même aux USA, aux Antilles. Donc si vous souhaitez recharger vos bouteilles, ou passer aux bouteilles locales, il va vous falloir des adaptateurs, raccords et détendeurs compatibles, pas facile à trouver ! Attention dans certains pays comme les USA, si vous y faites escales avec de la nourriture à bord (on ne peut pas faire autrement en voilier !), sachez que l’importation de nourriture aux USA est très réglementée.
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