Apprendre à nager : Méthodes, techniques et accompagnement de l'enfant

L'apprentissage de la natation constitue une étape fondamentale dans le développement de l'enfant, mêlant sécurité, épanouissement moteur et confiance en soi. Si l’école organise des cours collectifs du CP au CM2 afin de préparer au brevet de natation, il est préférable d’initier les enfants aux plaisirs aquatiques bien avant l’âge de 6 ans. De même, il est important de continuer à aller à la piscine en dehors des horaires scolaires. Certains enfants savent nager dès l’âge de 5 ans, d’autres plutôt vers 8 ou 9 ans. Au-delà, l’enfant a développé une crainte de l’eau qui rend son apprentissage difficile et la peur du regard des autres vient également compliquer sa problématique.

L'importance de la familiarisation précoce

Accepter d’être dans l’eau, s’y sentir à l’aise sont des préalables indispensables à l’apprentissage de la natation. Avant d’apprendre à nager, l’enfant doit être parfaitement à l’aise dans l’eau. Cela débute dès les bébés nageurs (de 4 mois à 4/5 ans, voire 6 ans). Le bébé n’a a priori pas une peur innée de l’eau. Au contraire, si la température est agréable (proche de 34°) l’enfant babille et s’amuse spontanément. L’objectif est que le bébé s’accoutume au milieu aquatique en développant sa motricité. Il puisera également tout un registre de sensations qui nourriront sa curiosité et accompagneront sa socialisation. En général, les enfants qui ont suivi régulièrement des séances de bébé nageur sont plus à l’aise que les autres dans l’eau. Ils progressent plus rapidement lors des premières leçons de natation. Par ailleurs, ils ont appris à contrôler leur respiration en cas d’immersion totale.

En présence d’un maître-nageur-sauveteur, vous pourrez tenter l’expérience d’immersion complète de bébé. Par réflexe inné, il bloque sa respiration et remonte tout seul en battant des jambes. Si vous n’avez pas la possibilité ou le temps d’emmener votre tout-petit aux activités de bébés nageurs, vous pouvez vous rendre à la piscine et proposer à votre enfant des activités de familiarisation avec l’eau et la natation. Choisissez une piscine qui dispose d’un bassin pour enfants avec entrée progressive dans l’eau. Certains centres aquatiques sont équipés de pataugeoires et de mini bassins de faible profondeur. Commencez par jouer au bord de l’eau en tenant votre enfant dans vos bras ou en le maintenant assis contre vous. Puis introduisez des jouets d’eau adaptés à l’âge de l’enfant, comme des seaux de différentes tailles et des moulins à eau. Les bébés ne découvrent pas le contact avec l’eau puisqu’ils ont grandi en milieu aquatique pendant 9 mois et prennent leur bain quotidien. À la piscine, le challenge est de familiariser l’enfant avec un endroit rempli de bruits et d’odeurs différentes. Préférez les créneaux calmes loin du chahut des plus grands. Les agents de la piscine sauront vous indiquer les moments les plus propices à l’accueil des bébés. Une fois les jeux d’éclaboussements parfaitement explorés, vous pouvez commencer à descendre dans l’eau avec votre enfant dans vos bras.

La maîtrise de la flottaison et de l'équilibre horizontal

L’usage de la bouée-siège peut être pratique pour passer un temps long dans l’eau en vacances. Cependant, elle n’autorise qu’une immersion partielle du corps, jambes et bassin. Il vaut mieux habituer l’enfant à évoluer dans l’eau sans bouée afin qu’il intègre un maximum de sensations. Une fois l’immersion acquise, la flottaison constitue une deuxième compétence aquatique fondamentale. Savoir flotter c’est aussi savoir se sauver en cas de chute dans l’eau. En initiant les enfants à positionner leur corps à l’horizontale, on leur donne la clé pour flotter et se sentir en sécurité. En cas de fatigue ou de résurgence de la peur, il est toujours possible de s’allonger complètement sur le dos et de se laisser flotter. Il s’agit d’une étape clé dans l’apprentissage de la natation.

Le déplacement ventral ou dorsal d’une nage nécessite de basculer le poids de son corps vers la surface de l’eau. Vous pouvez commencer avec du matériel de flottaison comme le matelas, la frite ou la planche. L’enfant expérimente différents types de matériel pour tester la position allongée au bord puis au milieu de la piscine. Il peut laisser pendre ses bras ou ses jambes dans l’eau puis les ramener à l’horizontale. Vous pouvez aussi lui montrer l’exemple en flottant sans support et en variant les positions (sur le dos, le ventre). Deux exercices sont particulièrement propices à travailler l’horizontalité et lutter contre la tentation de verticalité qui caractérise les bipèdes. La première position est celle de la planche. Une fois sur le dos, l’enfant écarte bras et jambes et se laisse doucement porter par l’eau, le visage bien dégagé et le regard dirigé vers le ciel. Il faut procéder par étapes pour que l’enfant accepte cette position très confortable mais dont la réalisation peut être stressante. Prenez votre enfant dans vos bras, l’un placé derrière sa nuque pour soutenir la tête, l’autre dans le creux des genoux. Demandez-lui de tendre ses jambes pour tester la flottaison tout en maintenant la tête. Si votre enfant a trop peur, glissez des frites sous ses bras et ses jambes et incitez-le à « poser » sa tête dans l’eau selon son degré de confiance. En parallèle de la « planche » ou après maîtrise complète, vous proposerez à votre enfant de basculer en position ventrale et de faire l’étoile, pour expérimenter la flottaison sur le ventre, visage immergé.

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La respiration aquatique : alternance et contrôle

Avant de s’entraîner aux mouvements de la nage, vous pouvez apprendre à votre enfant à respirer en milieu aquatique. Cela inclut par exemple de bien comprendre et exercer l’alternance inspiration/expiration. La respiration est une fonction innée, mais elle n’est pas toujours vécue de façon optimale. En effet, par habitude ou à cause d’un nez bouché, la respiration buccale supplante le fonctionnement normale de la respiration. Afin de faciliter cette prise de conscience, on peut montrer l’exemple à l’enfant en respirant bruyamment et en exagérant les mouvements de la cage thoracique. Attention toutefois à ne pas hyperventiler ! La pratique de la médiation en pleine conscience, tout comme la sophrologie, le yoga et tout exercice de relaxation, aide à observer le fonctionnement de son propre corps.

Un des jeux les plus fréquemment proposés par les maîtres-nageurs pour travailler la respiration est tout simplement de demander à l’enfant de faire des bulles avec sa bouche. Vous pouvez inventer une histoire pour l’inciter à se prêter au jeu. Ainsi, il pourra imaginer qu’il est un dragon qui souffle du feu pour réchauffer l’eau de son bain ou encore qu’il est un poisson clown qui souffle ses bougies d’anniversaire. De même, vous lui montrerez qu’on peut se retenir de respirer un court instant, que ce soit dans ou en-dehors de l’eau. Apprendre à bien respirer dans l’eau peut sembler intimidant au début, mais avec les bons exercices, cela deviendra rapidement naturel. Savoir expirer sous l’eau et coordonner la respiration avec les mouvements est essentiel pour évoluer en toute aisance dans l’eau. L’une des meilleures façons d’apprendre à expirer dans l’eau est de transformer cet exercice en un jeu. Invitez votre enfant à souffler dans l’eau pour créer des bulles. Il peut commencer en soufflant avec son visage juste à la surface, puis progressivement, immerger davantage sa tête. Cet exercice ludique l’aidera à se familiariser avec l’expiration sous l’eau tout en s’amusant.

Dynamique et principes de la propulsion

Le principe de la propulsion est identique à celui enseigné pour apprendre à faire du vélo. Sans ce mouvement de départ, le corps reste en position verticale. On peut certes faire du sur-place mais pas avancer. Vous pouvez initier votre enfant aux lois de la dynamique, de l’ergonomie et de l’apesanteur en lui proposant plusieurs activités aquatiques. Dans le petit bain lorsqu’il a de l’eau jusqu’à la taille, demandez-lui de se placer le long du mur. Il faut ensuite qu’il plie une jambe de manière à ce que son pied soit posé sur la paroi verticale. En poussant fort sur ce pied, l’enfant va impulser un mouvement vers l’avant et projeter tout son corps. Cette première expérience de la propulsion en amène d’autres dans différentes positions. L’enfant peut s’agripper au bord en rapprochant ses deux mains et en repliant complètement ses jambes. Il se retrouve en position foetale et peut placer ses deux pieds sous ses mains. Par ailleurs, votre enfant peut utiliser une planche ou une frite pour se tenir horizontalement à distance du bord. Placez-vous au niveau de ses pieds et demandez-lui de les relever jusqu’à votre ventre ou sur vos mains. Vous allez servir de mur de propulsion ! Pour le rassurer, un autre adulte peut se positionner derrière sa tête et suivre son mouvement de recul après la propulsion. Nager est un moyen de se propulser dans l’eau en poussant. De fait, l’élément liquide a tendance à paraître inconsistant à l’enfant. Pour l’aider à mieux comprendre les lois physiques de l’eau, vous pouvez jouer avec des seaux. Ainsi, l’enfant prend conscience que l’eau exerce une pression par sa masse et que lorsqu’il est dans l’eau il pousse la matière pour se déplacer.

L'apprentissage structuré des techniques de nage

Une fois que les petits se sont habitués à l’eau et n’ont plus peur de l’élément liquide, ils peuvent apprendre les différentes techniques de natation. Commencez par le dos crawlé, car c’est la nage la plus simple. Ensuite, vous poursuivrez par le crawl et vous terminerez par la brasse, la discipline reine. Battre des jambes, c’est ce que les enfants apprennent le plus facilement. Au début, ils peuvent s’agripper au rebord du bassin. Ensuite, ils pourront se tenir aux mains de maman ou de papa. L’important est de toujours garder les jambes bien droites. Jusqu’à ce que votre enfant nage seul, vous pouvez soutenir son petit derrière avec votre main quand ses bras sont tendus en arrière, ce qui l’aidera à maintenir la tête hors de l’eau. Une fois que le dos crawlé ne nécessite plus d’aide, il n’y a plus qu’à prêter attention aux mouvements de rotation des bras. Une fois que votre enfant maîtrise le dos crawlé, il connaît les mouvements de jambes du crawl. Mais les mouvements de bras et la respiration sont une toute autre affaire avec le crawl. Commencez par voir les bons mouvements de bras avec votre enfant : le bras bien tendu plonge devant la tête. Le poignet est légèrement cassé vers le bas pour que la main plonge dans l’eau comme une pelle. L’autre main passe sur l’arrière, jusqu’au niveau de la cuisse. Le coude est légèrement fléchi. Veillez à ce qu’à chaque cycle de bras, votre enfant ne fasse pas plus de six battements de jambes environ, sinon il risque de dépenser trop d’énergie, voire de freiner sa progression.

Les enfants n’apprennent à bien nager la brasse que vers 6 ans, au plus tôt. En effet, cette nage exige une coordination des bras, des jambes et de la respiration que les enfants n’acquièrent que vers cet âge. L’apprentissage peut donc durer un certain temps. Commencez par les jambes et le « mouvement de la grenouille ». Vous pouvez tenir votre enfant par les mains ou soutenir son ventre avec une main. Le tronc et les cuisses forment une ligne droite. Ensuite, les genoux reviennent vers l’avant tout en s’écartant sur les côtés. Une fois que ces mouvements sont maîtrisés, on peut passer aux bras. Veillez à ce que les mains forment une sorte de pelle bien plate et à ce que les bras soient bien tendus devant la tête au départ. Lorsque l’enfant ramène les bras en arrière, les coudes doivent être fléchis, les bras doivent être ramener de chaque côté du corps à la hauteur de la poitrine, puis repartir vers l’avant, sous la poitrine et la tête. La respiration suit le mouvement des bras. On inspire lorsqu’on ramène les bras vers l’arrière, au moment de la traction. On expire quand on ramène les bras sous la tête.

Lire aussi: Techniques de brasse pour débutants

L'accompagnement pédagogique et les bonnes pratiques

Il est important de savoir que les enfants âgés de moins de 3 ans n’ont pas encore le sens de l’orientation dans l’eau. Quand ils se retrouvent sous l’eau, il arrive souvent qu’ils ne sachent pas comment remonter à la surface. Les aides à la flottaison (brassards ou ceinture de natation, par exemple) n’offrent pas une protection fiable contre la noyade, car les petits ont du mal à se redresser s’ils « chavirent ». Avant toute chose, les parents qui souhaitent apprendre à nager à leur enfant doivent être eux-mêmes de bons nageurs et parfaitement à l’aise dans l’eau. Le plaisir et la patience sont le b.a.-ba pour apprendre la natation à votre enfant. En effet, si votre petit poisson prend goût à barboter et à nager, les exercices dans l’eau ne poseront aucun problème. Il est donc primordial de consacrer du temps à jouer, à s’éclabousser et à s’ébattre dans l’eau. L’important, c’est de ne jamais obliger votre enfant à aller à l’eau si elle est froide, car c’est la meilleure façon de lui ôter l’envie de nager. Un enfant qui a froid n’apprendra pas volontiers.

Un cours de natation est idéal car votre enfant apprend à nager avec un moniteur ou un entraîneur expérimenté. Il existe des cours pour débutants, des cours pour nageurs plus expérimentés et même des cours pour parents et enfants. Les cours proposés pendant les vacances, qui s’étalent sur plusieurs jours, permettent à l’enfant d’apprendre à nager en peu de temps, car il n’y a pas de pause d’une semaine entre les séances. Dans un bon cours de natation, l’effectif ne dépasse jamais 8 enfants par groupe. Il est aussi très important que l’enfant s’entende bien avec le moniteur. Un conseil : quelques heures de cours particuliers peuvent aider votre enfant à apprendre à nager correctement en un temps très court. En effet, le moniteur peut consacrer toute son attention à votre enfant. Dans un cours de natation, les petits peuvent aussi gagner leurs premiers galons. Souvent, ils sont très fiers et très heureux de les obtenir. Ainsi, l’enfant passe d’un niveau débutant à expérimenté voire, pourquoi pas, professionnel.

L'apprentissage de l'immersion profonde

Apprendre à nager, c’est aussi apprendre à plonger. Le mieux est de commencer à la maison, par des exercices simples. On peut par exemple mettre la bouche sous l’eau dans la baignoire, faire des bulles et tenter ensuite une courte immersion de la tête. Quand ces exercices cesseront de poser problème, votre enfant pourra essayer de mettre son visage puis sa tête sous l’eau à la piscine, dans le petit bassin. Il est important de travailler d’emblée la respiration. Encouragez votre enfant à expirer puissamment par le nez ou la bouche au lieu de rester en apnée. Pour se sentir plus en sécurité, il peut s’agripper au rebord du bassin. Une fois cet exercice maîtrisé, des petits jeux peuvent être source de plaisir et inciter les enfants à rester plus longtemps sous l’eau. Compter les doigts est un jeu parfait pour deux enfants. Il leur permet de bien expirer dès que la tête entre dans l’eau. Ce faisant, les enfants apprennent aussi à garder les yeux ouverts dans l’eau. Le principe ? Avec l’expérience, votre enfant pourra essayer de plonger à une plus grande profondeur. Une autre source de joie intarissable consiste à repêcher des anneaux ou des balles.

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