La navigation de plaisance est une passion exigeante. Une saison de navigation est faite de nombreux aléas qui vont avoir, à terme, un impact sur la coque de votre bateau. Il est donc nécessaire d’entretenir régulièrement les œuvres vives et les œuvres mortes de votre voilier. Une saison de navigation n’est pas un long fleuve tranquille… même en mer. Votre bateau va subir les intempéries de la météo, du soleil, du sel. Mais il va aussi subir vos arrivées au port un peu mouvementées, et celles de vos voisins. Enfin, lorsque vous êtes au mouillage, l’annexe, surtout rigide, va avoir tendance à vouloir embrasser la coque de votre bateau, surtout si votre mouillage est en plein courant. Tous ces événements vont laisser des traces sur la coque de votre bateau. Avec le temps, ces traces vont être de plus en plus compliquées à nettoyer ou réparer. Pourtant, un entretien régulier de la coque de votre bateau vous permet de naviguer sur un bateau sécurisant et élégant.
Le premier réflexe à avoir, pour entretenir la coque de son bateau, après chaque fin de saison, est de faire un tour de la coque pour repérer les éventuels petits chocs et petites fentes à réparer. Ces petites réparations peuvent être effectuées vous-même. Si les fissures vous semblent plus structurelles, ou si vous avez un doute, faites appel à un professionnel. Pour réparer ces petits chocs, vous allez pouvoir utiliser deux produits différents. Ces produits sont des mastics. Ces mastics sont des pâtes prêtes à l’emploi pour réparer des chocs peu profonds. Ces mastics sont composés d’une charge et d’une résine. Généralement, ils sont vendus dans les ships en deux parties, une base et un durcisseur. Ces petits travaux sur la coque sont très simples à effectuer, mais si, comme moi, vous n’êtes pas un grand bricoleur, vous devez effectuer ces travaux par temps sec.
Renforcement structurel par stratification et résines composites
Au-delà des réparations structurelles et des chocs de la saison, il est possible d'apporter une protection accrue en renforçant la coque. L'utilisation de résines, notamment l'époxy, est une technique éprouvée pour les voiliers. La résine époxy doit être utilisée lorsque le défaut se trouve en dessous de la ligne de flottaison. Plus résistante que la résine en polyester, elle permet à la coque de bien mieux résister aux fonds marins. Il faut tout de même faire attention lors de son utilisation. Si le mélange manque de catalyseur, elle ne durcira pas et restera liquide. D’ailleurs, une fois la solution appliquée, il faut agir vite puisque le catalyseur va rapidement faire durcir la résine. Pour éviter des risques pour votre santé, appliquez le mélange dans un espace ouvert et aéré.
Concernant l'application d'un renfort, une fois votre coque assemblée, vous allez poncer celle-ci. Prenez soin alors de récupérer soigneusement toute la poussière de ponçage, chaque fois que vous poncez une pièce et lorsque vous poncez votre coque. Vous laissez ensuite sécher un à deux jours. Cette couche va durcir et rendre votre coque étanche de l’intérieur. Il ne sert à rien de vouloir utiliser un tissus de verre plus épais que le 25 gr/mm, cela n'apporte rien, si ce n'est des difficultés à faire bien épouser les formes de la coque à votre tissus lors de l'imprégnation, et plus de difficulté à boucher la trame du tissus pour le rendre invisible. Cette résine se conserve plus d'une année au frais et à l'abri de la lumière. Elle a pour énorme avantage de ne dégager que très peu d’odeur ce qui est bien agréable.
Votre coque soigneusement poncée à l’extérieur, coupez une pièce de tissus de verre 25 gr. un peu plus grande que la longueur et la 1/2 largeur de votre coque et déposez soigneusement ce coupon sur la coque retournée, quille en l’air. Vous voyez d’emblée que le tissus est si fin et souple que celui-ci épouse déjà un peu naturellement la forme de la coque. Préparez alors un peu de résine selon les instructions de la notice. Attention, le dosage doit être aussi exact que possible et je vous conseille vivement de peser vos deux composant au gramme près, il en va du succès du résultat. Trempez ensuite un pinceau dans ce liquide et par petites touches, en tapotant légèrement avec le pinceau plutôt que de lisser comme avec de la peinture, vous venez imprégner le tissus qui se colle au bois de la coque. La résine, fluide comme de l'eau, imprègne bien le tissus et le bois, qui absorbent le produit très rapidement. Et là, vous comprenez pourquoi il ne sert à rien de prendre un tissus plus épais ! Le bois pompe bien cette résine qui s'infiltre par tous les pores. En durcissant, celle-ci donne alors toute la solidité requise à votre construction. Vous avez une heure pour réaliser cette opération. Après 90 minutes votre résine polymérise et rend tout travail impossible.
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Pas de panique ! Préparez la résine comme précédemment, mais cette fois pas de tissu, nous allons simplement badigeonner notre coque comme si l’on vernissait avec notre mélange. Je conseille vivement de travailler avec une bonne lumière rasante en plaçant une lampe à proximité pour voir de manière sûre si toute la surface est bien enduite. Laissez sécher le tout 2 ou 3 jours. Vous constatez alors que la trame du tissu n’est plus visible et que votre coque est bien lisse. Si tel n’était pas le cas, poncez légèrement au papier carrossier 400 à l’eau et donnez une troisième couche si nécessaire. J'utilise également cette technique depuis plus de 15 ans pour renforcer les fuselages bois de mes planeurs et sur les coffrages en abachi des ailes de planeurs et d'avions.
Gestion de l'entretien courant : du nettoyage au carénage
Au-delà des réparations, il est important de nettoyer la coque de son bateau. Quand je parle de nettoyage de la coque, je pense bien évidemment au carénage des œuvres vives, mais aussi au nettoyage des œuvres mortes. En effet, le soleil, le sel et les intempéries vont avoir tendance à faire jaunir votre coque. Il existe de nombreux produits pour nettoyer la coque de votre bateau. Évitez les produits polluants. Si le gelcoat de la coque de votre bateau commence à perdre de son brillant, vous allez pouvoir rénover votre gelcoat en polissant et lustrant cette dernière. Cette opération demande un peu de temps, et une météo clémente si votre bateau dort dehors.
Le nettoyage de la coque d’un bateau est appelé carénage. Il est recommandé de procéder à un entretien en profondeur au moins tous les trois mois, en fonction des types de dépôts rencontrés et de la fréquence de navigation. Avant de commencer, identifiez les salissures présentes sur la coque pour choisir la meilleure solution de nettoyage. Avant de passer à l'entretien de vos surfaces, une inspection minutieuse de la coque permet d’identifier les types de dépôts, les organismes marins incrustés et d’éventuelles détériorations. Soyez particulièrement attentif aux taches résistantes, aux fissures ou aux zones où le gelcoat a perdu de son éclat. Un rinçage à l’eau douce élimine les organismes marins et les impuretés incrustées, surtout sur la ligne de flottaison. Le bicarbonate de soude en gel est une solution idéale pour tous types de surfaces.
Pour nettoyer une coque de bateau très sale, utilisez la Pierre d’Argent® avec une éponge humide en frottant les zones encrassées, puis rincez abondamment. Pour préserver la brillance, utilisez un chiffon doux ou une microfibre pour sécher la coque sans laisser de traces. L’entretien d'un bateau de plaisance nécessite des vérifications, des nettoyages et des réparations de façon régulière. Vous devez laver votre bateau à l'eau et au savon, et envisager de le polir et de le cirer pour le protéger. Vérifiez régulièrement que votre coque ne présente pas de fissures, de dommages ou de fuites. Un nettoyage régulier de la coque aide à prévenir la moisissure et l'érosion et peut même vous faire économiser du carburant en minimisant la traînée.
La problématique de l'antifouling et ses alternatives
Le dernier réflexe à avoir, pour entretenir la coque de son bateau, est de bien faire son carénage. C’est à dire de s’occuper des couches d’antifouling. En effet, l’antifouling de la coque de votre bateau est refait à chaque carénage, tous les ans généralement. Cependant, par manque de temps, ou pour des raisons environnementales, on a tendance à rajouter une couche d’antifouling par-dessus l’ancienne couche. Bien évidemment, nous ponçons la première couche, mais nous ne l’enlevons pas. Il arrive donc un moment où toutes ces couches vont s’accumuler. Il sera donc nécessaire de décaper la coque. Ce décapage ne peut pas se faire par ponçage. Vous n’allez pas réussir à enlever les vieux antifouling comme cela. Vous devez gratter toutes ces couches. Ce travail est simple, mais physique, car vous travaillez sous la coque et devrez parfois vous plier dans tous les sens.
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La coque de bateau est exposée en permanence aux conditions marines et à la croissance d’organismes marins qui peuvent s’y fixer. Ces algues et coquillages peuvent affecter la vitesse du bateau, sa maniabilité, et peuvent même endommager la coque à long terme. La peinture anti-salissures, ou antifouling, est le revêtement traditionnel appliqué depuis des décennies. Il est composé d’un biocide et d’un anti-adhérent qui empêchent les organismes marins de se fixer sur la coque. Ces peintures se présentent sous forme de matrice dure ou érodable, à choisir en fonction de la vitesse du bateau, de son lieu de mouillage. Les apparaux servent à relier le bateau aux fonds marins grâce à une ancre et à des cordages ou une chaîne qui constituent la ligne de mouillage.
Cependant, la peinture antifouling reste un produit chimique biocide. Elle est donc très polluante pour l’environnement aquatique. Mais il n’y a pas que l’impact néfaste sur la biodiversité marine ! Elle présente également des risques pour la santé humaine, à l’application et surtout au décapage ou au ponçage. Ensuite, son usage fait désormais l’objet de contraintes réglementaires, comme par exemple le fait de ne pas pouvoir nettoyer la coque de son bateau en plongée du fait de sa toxicité pour l’environnement. Les peintures au cuivre sont des peintures qui intègrent des particules de cuivre. L’un des principaux avantages des peintures antifouling au cuivre est leur efficacité à long terme. Comparées aux peintures biocides traditionnelles, qui doivent être appliquées tous les ans, les peintures au cuivre peuvent durer plusieurs années, parfois jusqu’à 10 ans, ce qui réduit considérablement les coûts et les tracas liés à l’entretien de la coque. La principale raison qui peut vous freiner pour cette solution est son prix à l’application, qui représente un réel investissement. De plus, le cuivre ne convient pas aux coques aluminium, en raison de la corrosion qu’il provoque. Même sur d’autres types de bateaux, il peut causer une légère corrosion sur les hélices et les gouvernails en métal.
Il existe des alternatives comme les films lisses, une solution consistant à appliquer un film adhésif en silicone. Le premier des avantages de cette solution est qu’elle ne contient pas de substances toxiques, nocives pour l’environnement. De plus, elle permet une économie d’eau et d’énergie lors de la mise à sec du bateau pour l’entretien. Enfin, elle offre une durée de vie plus longue que la peinture antifouling classique, ce qui permet de faire des économies sur la protection de la coque de votre bateau. En effet, le revêtement anti-adhésif n’a besoin d’être renouvelé que tous les 5 ans contrairement à l’antifouling classique qui doit être refait en moyenne chaque année.
Procédures techniques de mise au sec et vérifications immersives
Le carénage est sûrement l'étape la plus pénible lorsque l'on est propriétaire d'un bateau, mais c'est une des étapes principales et non des plus agréables avant d’attaquer la saison où il est temps de renouveler la couche d’antifouling de votre bateau et de vérifier tout ce qui est immergé. Appelez votre capitainerie ou votre prestataire afin de planifier la mise au sec du bateau. Une fois que le grutier vous donne son feu vert, entrez dans la cale à grutage avec votre bateau. Le grutier va positionner les sangles de levage sous votre bateau, placez de vieilles couvertures (attachez-les) ou cartons entre la coque et les sangles. Les sangles sont souvent tartinées de peinture et cela salira votre coque. IMPORTANT : Si vous possédez un bateau avec ligne d'arbre ou un voilier, informez-en le grutier.
Dans le cas d'un voilier, précisez s'il s'agit d'un quillard ou d'un dériveur (sortez-le dérive descendue) car le calage sera différent. En effet, un quillard est posé sur sa quille puis équilibré, un dériveur est posé sur des bers car la dérive ne peut pas supporter le poids du bateau. Une fois le bateau bien calé, ne perdez plus de temps, branchez immédiatement votre appareil de lavage haute pression et passez le sous la coque (ne passez pas trop près). Vous avez effectué les entretiens et réparations nécessaires, il est temps d’appliquer l’antifouling. Vous avez tout terminé, prévenez le grutier et accordez-vous d'une heure de remise à l'eau. Gardez sous la main, racloir, rouleau et antifouling afin de couvrir les parties qui étaient sur les bers.
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Contrôlez la présence et l'état de toutes les anodes sous le bateau (quille, dérive, embase, flaps, ligne d'arbre, propulseur, tableau arrière) et changez-les. Si votre bateau dispose d’une ligne d'arbre, vérifiez le presse-étoupe et/ou changez-le. Les constructeurs préconisent un changement tous les 2/3 ans. Si votre bateau est équipé d’un sail drive, vérifiez ses différents joints et changez-les si nécessaires (les constructeurs préconisent un changement tous les 5/7 ans), et contrôlez les différents serrages. Si vous disposez d’un dériveur, vérifiez le bon fonctionnement de la dérive, sa montée et sa descente. Jetez également un coup d’œil à l’axe de pivot, la vis sans fin ou le câble de relevage. Avec l'effet d’électrolyse dans l’eau, il peut arriver que ces aciers s’abîment et finissent par céder. Votre bateau est équipé de plusieurs anodes pour le protéger contre l’effet galvanique. Ce phénomène très présent dans les ports a pour effet de détériorer les métaux présents sur votre bateau. Une anode doit être posée à-même son support, sans peinture et ne doit en aucun cas être peinte.
Compréhension des phénomènes chimiques et structurels
Qu'est-ce que l'osmose : l'osmose est un phénomène physico-chimique dû au vieillissement de la coque du bateau en polyester. Ce phénomène peut apparaître au bout d'une dizaine d'années selon la qualité de fabrication du bateau. Certains bateaux de plus de trente ans n'ont jamais eu d'osmose. L'osmose apparaît suite à la porosité du gelcoat qui perd de son étanchéité, un phénomène chimique se crée avec la résine en dessous, et l'on peut voir apparaître des bulles sur la coque. Si on perce ces bulles, une odeur de vinaigre due à l’acide acétique présent dans cette cloque.
Le gelcoat est un matériau régulièrement utilisé pour la réparation des coques de bateau en fibre de verre. Avec ses propriétés résistantes et mécaniques, le gelcoat est une résine qui durcit au contact de l’air, une à deux heures après application. Verser la préparation dans les fissures et la presser au maximum pour éviter la rétention d’air. Préparer et appliquer le gelcoat puis l’appliquer dans les fissures jusqu’à ce qu’il déborde. Contrairement aux coques de bateau en fibre de verre, les coques en plastique ont une composition qui ne permet pas l’utilisation de matériaux de réparation comme la résine. Il faut alors utiliser des matériaux dont la composition est similaire à celle du plastique, comme les bâtonnets de polyéthylène. Dérivé du plastique même, le polyéthylène comblera parfaitement les fissures et trous d’une coque de bateau.
Pour une coque de bateau en bois, celle-ci a besoin de plus d’attention. Pour garantir sa longévité, il est nécessaire de surveiller le niveau de moisissure et de pourriture du bois. Si la coque est abîmée, il faut d’abord brûler la partie à réparer pour retirer les résidus de peinture. Puis, selon le type de réparation, il faut combler avec des matériaux comme la résine. Le sablage consiste en la projection d’un abrasif, ici le sable, pour poncer et nettoyer la coque de votre bateau.