Le surf est bien plus qu’une simple activité physique ; c’est une interaction constante avec l’un des éléments les plus dynamiques de la planète : l’énergie océanique. En tant que surfeurs, nous jouons avec des vagues. Une vague, c’est de l’énergie qui se déplace dans l’eau. Cette énergie est créée par du vent. Soit un vent local, proche de la côte. Soit par une tempête à des milliers de kilomètres. Ces deux phénomènes vont créer deux types de vagues différentes. Le vent local va générer des vagues plus petites et moins ordonnées. Une tempête au large va créer des vagues plus grosses, mieux ordonnées et avec plus de période. On appelle cela de la houle (swell en anglais).
Les paramètres fondamentaux de la houle
La compréhension des prévisions météorologiques est la première étape pour tout surfeur souhaitant progresser. La période représente le nombre de secondes entre deux vagues. Plus la période est grande, plus les vagues avancent vite et plus elles seront grosses et puissantes. En dessous de 12, il s’agit généralement de houle dite courte. Au-dessus de 12 de période, les vagues sont généralement très bonnes, on parle de houle longue.
Nous mesurons donc les vagues avec trois éléments : la période, la taille et la direction. Ce sont les informations que tu dois analyser et que tu retrouveras sur les sites de prévisions météo. Ces prévisions te permettront de décider sur quel spot aller surfer ou si tu dois rester à la maison car il n’y a pas de vagues du tout ou au contraire c’est trop gros pour ton niveau. L’orientation de la houle est très importante car cela te permet également de déterminer les spots qui fonctionnent, surtout sur une île. Un spot sur la côte Est ne fonctionnera par exemple pas avec de la houle de nord-ouest. Il existe bien entendu de nombreux sites pour les prévisions. Tu peux par exemple aller sur SurfReport ou Magic Seaweed pour les spots français.
De la houle au déferlement : le rôle du fond marin
La houle qui avance au large n’est généralement pas très visible. On voit juste des ondulations avancer à la surface de l’eau. Et bien tout se joue au niveau du fond marin. Au large, il y a beaucoup de profondeur et l’énergie de la vague ne fait que soulever un peu d’eau. Mais en se rapprochant des côtes, le niveau devient de moins en moins profond, l’énergie est bloquée par le fond et pousse donc de plus en plus d’eau vers le haut. La vague finit par déferler lorsqu’elle devient trop grande pour se supporter elle-même.
C’est donc en touchant le fond que les vagues que nous surfons sont créées et c’est le fond en question qui va déterminer les caractéristiques de la vague. Si le fond monte calmement, de manière progressive, la vague produite sera lente et déroulera lentement. Si par contre le fond remonte très rapidement, la vague va être rapide et puissante et pourrait même devenir tubulaire. La manière dont la vague interagit avec le fond s’appelle la réfraction. Il est donc très important de connaître la forme du fond d’un spot pour comprendre quel type de vagues il génère.
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L’influence des marées et des courants
Qui dit marée dit niveau d’eau différent. Un même spot peut donc être complètement différent à marée basse et à marée haute. Le fond rocheux qui produit une superbe vague à marée haute ne fonctionnera plus à marée basse. Peut-être qu’à marée basse, la même vague cassera doucement sur un fond sableux qui monte progressivement. Ne pas oublier que les marées introduisent aussi des courants et qu’il faut les comprendre.
Le fond marin sur un spot de surf est tellement important que c’est ce fond qui détermine le type de spot. Le beach break, c’est une vague qui casse sur du sable. Qui dit sable, dit fond en perpétuelle évolution car le sable bouge avec l’effet des vagues, des courants, etc. Un beach break peut donc être complètement différent d’une heure à l’autre en fonction de l’évolution de la marée car la vague casse sur un banc de sable qui ne fonctionnait pas juste avant. Un banc de sable peut complètement évoluer en fonction de la saison et même année après année.
Le reef break est quant à lui composé de rochers ou de corail et a donc l’énorme avantage d’être fixe. Il est beaucoup plus lisible et prévisible. Même si la vague évoluera elle aussi en fonction de la taille du swell, de la période et de la marée. Attention, un reef break peut être très dangereux suivant la profondeur. Le point break, c’est un peu le spot rêvé. C’est une pointe rocheuse ou une pointe de terre qui est avancée dans la mer, un cap. La houle qui arrive en direction de cette terre va commencer à casser à proximité car la profondeur diminue, tout en continuant à avancer à sa vitesse normale à côté de la pointe.
Stratégies de placement et lecture du plan d’eau
Il est important de comprendre que chaque vague est unique. Sur une session de surf, tu verras des séries de tailles différentes et donc des vagues qui vont se comporter différemment. Tu vas parfois entendre parler de "channel" (canal) sur un spot de surf. C’est un peu le paradis du surfeur car il s’agit d’une zone plate à côté de la vague où on peut ramer pour se replacer au "peak" sans avoir de vague qui nous déferle dessus. Tu l’auras compris, un channel se crée lui aussi grâce au fond du spot.
Le surfeur rêve d’une session sans vent (ou alors un petit vent offshore) car c’est là que les vagues sont les plus propres et le spot le moins agité. Le vent a en effet un impact considérable sur les vagues. Un vent onshore (qui vient de la mer) fera grossir les vagues mais les rendra également moins propres en les faisant casser plus vite. Un vent offshore (qui souffle de la plage vers la mer) va quant à lui avoir l’effet inverse en creusant les vagues et en les faisant dérouler plus calmement. Ces vagues vont également casser plus proche du bord que d’habitude.
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Ce que tu cherches à savoir en analysant un spot, c’est l’endroit exactement où cassent les vagues et à quelle distance de la plage. Cela te permettra de te placer correctement une fois à l’eau et c’est une des premières compétences à apprendre pour un surfeur. Un surfeur bien placé prendra beaucoup de vagues tandis qu’un autre au mauvais endroit n’en prendra aucune. Tu veux aussi déterminer la forme des vagues et leur vitesse. Est-ce une gauche ? Une droite ? Est-ce un tube ? Tu surferas des gauches et des droites. Une droite déroule vers la droite, du point de vue du surfeur qui a la mer dans son dos. Une gauche déroule quant à elle vers la gauche. C’est très important de connaître le type de vague car cela détermine si tu surfes en frontside (face à la vague) ou en backside (dos à la vague). Un closeout, c’est une vague qu’on ne peut pas surfer (ou alors seulement quelques secondes et si on a le niveau) car elle casse d’un coup et sur toute sa longueur. La mousse : une vague qui casse crée une mousse blanche. Cette mousse continue d’avancer vers la plage.
Géographie et diversité des spots : l’exemple de la Martinique
La Martinique est depuis de nombreuses années une terre de glisse. Peu connue pour ses spots de surf, l’île s’imposait peu à peu comme une destination propice à ce sport. La presqu’île de la Caravelle est l’endroit où sont concentrés les meilleurs spots de surf de Martinique (reef break uniquement). On recense plus d’une dizaine de spots de surf de qualité avec une grande diversité de vagues.
Le spot de la Tit Plage ou Plage des Surfeurs est le spot le plus connu de la Martinique. La majorité des compétitions s’y déroule. Le spot est facile d’accès (parking). C’est un endroit où on peut débuter car il est facile de se mettre à l’eau. Quand les conditions sont présentes on a quatre pics dont trois avec droite et gauche et une droite seulement ; des vagues longues et avec un déferlement lent.
L’Anse l’Etang est composée de trois spots : VVF, Entre Deux et Cocoa. Le VVF est une droite très longue et lente avec beaucoup d’eau et une bonne vague non seulement pour débuter mais aussi pour les longboarders. C’est également une vague de repli quand les conditions sont grosses ou que la Plage des surfeurs est saturée. Entre Deux est un pic au milieu de l’Anse L’Etang avec une droite et une gauche (longue). C’est parfait pour les shortboard et longboard. Enfin, Cocoa est une gauche qui déferle le long d’une falaise. Elle se forme sur une dalle de reef qui forme un barrel.
Un peu plus haut, il y a des spots comme Pelle à Tarte et Garde Côte. Ce sont des endroits où seuls les surfeurs expérimentés peuvent aller. Elles déferlent sur du reef avec peu d’eau. Pelle à Tarte a un pic droite et gauche très puissant et avec une lèvre épaisse, la droite est très longue et la gauche très creuse (Tube : Barrel assuré !).
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Phénoménologie des vagues : science et classification
Les vagues créées par la houle sont la déformation ou la réfraction de la ligne de houle par un obstacle sur son passage. Après l’obstacle, la houle se nomme la vague. Le bas de l’onde de houle est ralenti en frottant au fond et va prendre du retard par rapport au sommet. La base de la vague ralentit, la crête conserve sa vitesse de base, la face devient verticale et la vague se cambre. La formation se fait en un ou plusieurs points très précis au niveau du pic. Plus la vague se rapproche de la côte, le pic de déferlement s’élargit par les côtés pour former le rouleau.
Les vagues en forme de A sont probablement le type de vagues préféré de tous les surfeurs. C’est une onde déferlante en un pic unique et bien défini qui se détache simultanément à gauche et à droite. Les surfeurs positionnés au pic peuvent choisir de surfer sur la droite ou la gauche ou même démarrer "cross peak". Ces vagues de rêve sont appréciées pour leur symétrie et leur polyvalence, car ils s’adaptent aussi bien aux regular et aux goofy.
Quand la houle se présente et frappe le fond marin - qu’il s’agisse d’un banc de sable ou d’un récif bien configuré -, l’énergie des vagues convergera vers un point focal, produisant une crête abrupte et plongeante en forme de triangle. Pour couronner le tout, un plan d’eau lisse et sans vent est tout ce dont vous avez besoin pour passer un moment inoubliable.
Typologie avancée des déferlantes
Les vagues de slab se brisent sur des dalles lorsque l’eau passe d’une profondeur très importante à une profondeur très faible. Elles peuvent ressembler à un monstre impressionnant avec une lèvre massive s’écrasant sur le sable ou un plateau rocheux. On observe toute l’énergie de la vague se déverser en un seul endroit. Leurs sensations et leur aspect leur valent le surnom de vagues mutantes.
Un "double-up" se produit lorsque deux vagues convergent l’une vers l’autre, créant une vague plus grosse qui peut vous surprendre. Cela se produit lorsque deux vagues traversent l’océan très proches l’une de l’autre, plus près que la houle ne le laisse présager. Les surfeurs ne comprennent toujours pas pourquoi cela se produit, mais les double-ups peuvent rendre le surf plus excitant. Ces vagues peuvent être imprévisibles, déferler près du rivage, être énormes. C’est le cas lorsqu’une vague change de direction après avoir heurté un objet ou une structure dans l’océan. Elle s’écrase contre une autre vague et crée un Wedge.
Les vagues à l’embouchure d’un fleuve ou de l’océan déroulent en suivant les bancs de sable à l’embouchure du fleuve ou près d’un chenal creusé par celui-ci. Elles peuvent s’apparenter à des pointbreaks, dans le sens où la vague se propage et se concentre principalement au même endroit.
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