La pratique de la planche à voile, discipline exigeante et symbole de liberté, a façonné des parcours de vie exceptionnels. Qu’elles aient choisi de rester au sommet de la compétition, de se tourner vers les médias ou de faire du voilier leur nouveau foyer, des figures emblématiques témoignent de cette passion inaltérable pour l’océan. Ces athlètes, souvent portées par un goût prononcé pour le défi, ont su transformer leur expérience du vent et de la mer en un véritable art de vivre, tout en jonglant avec les contraintes d'une existence sous le regard du public ou au rythme des courants mondiaux.
L’excellence sportive comme moteur : Faustine Merret
La planche à voile ne se limite pas aux années 80, période où elle représentait la catégorie phare. Aujourd’hui, bien qu’elle soit essentiellement une discipline de passionnés, ils sont encore nombreux à faire vivre cet héritage. Médaillée d’or en planche à voile lors des JO de 2008, Faustine Merret, 45 ans, s’est encore illustrée ce week-end au cours de l’European Championship Windsurfer, où elle est arrivée en tête au classement général. De quoi rappeler que la professeur de sport à l’UBO n’a pas perdu son goût de la gagne.
Le Windsurfer, catégorie phare, reste le théâtre d'exploits où le genre s’efface devant la performance pure. Faustine Merret, elle, s’était donné comme objectif d’arriver dans les premières places, devant les hommes. Si elle ne cache pas pour autant sa satisfaction de coiffer sur le poteau des champions masculins, sa plus grande joie reste d’avoir reçu le prix spécial délivré par le Président de la République aux vainqueurs de compétitions internationales. Toute sa vie, ou presque, Faustine Merret a mené de front ses études et sa carrière sportive. Entre 2012 et 2017, elle va occuper le poste de directrice du Pôle Voile Bretagne, mais elle revient vite à son premier choix, l’enseignement. Une mission qu’elle assure avec joie : « Je baigne toujours dans le monde de la voile puisque j’enseigne aux futurs entraîneurs, ou futurs enseignants. »
La reconversion médiatique : Le parcours de Nathalie Simon
Après s'être illustrée sur les eaux, Nathalie Simon a su se reconvertir à la télévision. Née le 25 octobre 1964 à Neuilly-sur-Seine, elle se découvre une passion pour la planche à voile en 1983. Quand Nathalie Simon décroche son titre de championne de France en 1986, elle ne pratique véritablement la discipline que depuis trois ans. En parallèle, elle suit un cursus de sciences économiques, obtenant son DEUG à l'université de Toulon, tout en passant son enfance à Orléans et son bac au lycée Saint-Charles de Marseille.
Sa carrière sportive, jalonnée par 10 ans de compétition en Coupe du Monde, a été marquée par des blessures, notamment au genou. Nathalie Simon explique : « Une fois, je me suis cassé le genou. Au bout de 6 mois d'attelle, le chirurgien m'a dit qu'il ne pouvait plus rien faire pour moi et que je devais me mettre au vélo ! ». C'est ainsi qu'elle a découvert la liberté offerte par le cyclisme, se lançant même dans des triathlons et épreuves Ironman 70.3. Concernant son basculement vers le petit écran, elle confie : « Je n’ai jamais pensé à être animatrice TV. C’est un petit peu la télé qui est arrivée à moi grâce à la planche à voile. »
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En 1991, elle co-présente sa première émission, Minuit Sport aux côtés de Gilles Pernet sur TF1. Depuis, elle a officié sur France 2, France 3, M6 ou à la radio sur France Bleu, Nostalgie ou RMC. Parmi ses émissions marquantes, on compte Intervilles, Capitale d'un soir, ou encore La carte aux trésors sur France 3. En 2014, Nathalie Simon intègre France Bleu pour l'animation de L'esprit sportive. Plus récemment, ses admirateurs peuvent la retrouver sur France 3 Provence Alpes Côte d'azur chaque dimanche dans Chroniques méditerranéennes. Pour elle, réussir cette transition tient en une métaphore : « surfer la bonne vague quand elle arrive ».
Vivre en connexion avec l’océan : Sarah Hébert et le voyage au long cours
Si certaines championnes restent ancrées sur le territoire national, d’autres choisissent de faire de la mer leur horizon permanent. Sarah Hébert, championne de planche à voile et pionnière du surf yoga en France, sillonne depuis toujours les mers du globe. Avec Poussé par le Vent, la navigatrice se met au service de ceux qui souhaitent apprendre le stand up paddle yoga, partir voyager en voilier et vivre en connexion avec l’océan. Née en 1984 à Nouméa, elle passe l’essentiel de son enfance en voyage, avec son frère, sur un voilier de 14 mètres de long que ses parents ont baptisé Gamin 3. Elle vit ainsi 12 années sur les mers du globe.
À 11 ans, elle essaye pour la première fois la planche à voile, mais c’est à 16 ans, lors d’une seconde tentative, que c’est la révélation. Rapidement, un entraîneur la repère et l’intègre à son équipe mixte. « Six mois après, j’étais propulsé au Championnat de France. J’avais peur, mais cela ne m’a pas empêché de gagner toutes les manches ! ». Cependant, sa vie est marquée par des épreuves : le décès de son père en 2005 et la découverte, à 22 ans, d'une tachycardie nécessitant l'implantation d'un défibrillateur cardiaque. « Cela a été un tournant dans ma vie : j’ai pris conscience que j’étais en danger. » Deux mois après son opération, elle devient championne d’Europe de planche à voile, « ma plus belle victoire ».
Souhaitant fonder une famille en voyage, Sarah Hébert largue les amarres en juin 2017, alors que son fils Naël n’a que 4 mois, pour un tour du monde en voilier avec son compagnon, Aurélien. « Je n’aurais pas pu vivre en couple avec quelqu’un qui ne savait pas d’où vient le vent ! » Sur leur bateau, la famille enchaîne les destinations. Malgré son défibrillateur, elle obtient son brevet d’État de voile, devient professeur de yoga et lance le podcast Oleti en 2020 pour partager des thématiques liées au bien-être et au voyage.
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