L'évolution de l'équipement aquatique : de la survie ancestrale à la révolution technologique

Les racines préhistoriques et antiques de la natation

La natation a endossé plusieurs rôles au cours des siècles. Il est fort possible que les êtres humains aient su nager dès la Préhistoire. Bien sûr, les nages n’étaient pas codifiées comme elles le sont aujourd’hui. Mais Granat et Heim dressent un portrait réaliste de ce que devait être le sport aux temps préhistoriques. Toute l’évolution du genre Homo s’est faite en milieu plus ou moins découvert, à la lisière des forêts et proche des points d’eau. Pour survivre, ces hommes devaient être avant tout bons marcheurs, bons coureurs, bons grimpeurs, peut-être nageurs, être capables de ramper et de transporter de lourds fardeaux. Ils devaient réfléchir pour trouver des parades à tous ces pièges et en premier entretenir leur corps à faire des exercices physiques. On comprend alors qu’on parle de natation pour définir le déplacement de l’homme dans l’eau. Sa capacité à nager comme on l’entendrait aujourd’hui reste une hypothèse non résolue à ce jour. Malgré tout, la fin de la période, marquée par l’invention de l’écriture, fait surgir des preuves de l’existence d’un art de nager à cette époque. Wadi Sura se trouve en Egypte. Il s’agit d’une grotte dans laquelle des peintures rupestres attestent que la natation était pratiquée il y a quelques 6000 années.

Les Egyptiens, les Romains, les Assyriens et les Grecs, d'après les premiers documents découverts à ce sujet, développèrent la natation vers 2500 avant Jésus-Christ. A cette époque déjà, l'historien grec Pausanias commentait un concours de natation. Les courses de natation ne figuraient pas au programme des jeux olympiques de l'Antiquité. Cependant, la natation n'est pas ignorée en Grèce. L'Odyssée d'Homère fait référence au rapport de l'homme à la mer. Les nombreuses tempêtes emènent les hommes à la mer. A Rome maintenant, des compétitions de natation étaient organisées au Colisée et de nombreuses mosaïques représentent des romains plongeant et nageant la Brasse. Suétone nous raconte qu'Agrippine, la mère du terrible Néron, se sauva d'un naufrage en parcourant de nombreux kilomètres à la nage.

Les premiers thermes publics pensés pour accueillir un large public apparaissent au Ier siècle av. J.-C. Peu à peu, les thermes se répandent dans toutes les provinces de l’Empire. La pratique thermale devient caractéristique de la culture romaine et même les villes romaines les plus modestes s'équipent en établissements thermaux comme la colonie de vétéran de Timgad qui ne compte que 5 à 6 000 habitants mais qui possèdent huit établissements balnéaires. Les Romains se rendent aux bains ou aux thermes pour soigner leur hygiène corporelle grâce à des soins complets du corps. À Rome, la natation était symbole de savoir et faisait partie de l’éducation du bon gentilhomme. On l'enseignait aux citoyens dès leur enfance. Dans la Rome antique ne disait-on pas d’un homme manquant de culture qu’il « ne savait ni lire ni nager » ?

La natation à travers le Moyen Âge et la Renaissance

La natation était plutôt considérée au Moyen Âge comme une détente que comme un sport. Différentes classes de la population avaient un lien avec l’art de nager. Après une dure journée de labeur les paysans, par exemple, se rendaient à la rivière pour se délasser. L'apprentissage de la natation faisait aussi partie de la formation du chevalier, en même temps qu'il apprenait le maniement des armes, l'équitation et le tir à l'arc. Les joutes nautiques figuraient régulièrement sur le calendrier au printemps et à l'été. D’ailleurs, Charlemagne disposait d’une sorte de piscine à Aix-La-Chapelle où il venait nager pour se détendre.

C’est naturellement pendant la période de la Renaissance qu’apparaissent les premiers ouvrages consacrés entièrement à la natation. Nicolaus Wynmann explique par exemple en 1538 comment imiter les mouvements des animaux aquatiques et conjurer la peur des eaux profondes. Le fameux livre « Gargantua », offre aussi une place à la natation dans l’éducation : « Nageait en profonde eau, à l’endroit, à l’envers, de cote, de tout le corps, des seuls Pieds, une main en l’air, en laquelle tenant un livre, transpassoit toute la rivière de Seine sans icelui mouiller, & tirant par les dents son manteau, comme faisait Jules César. Encore un livre qui associe l’apprentissage de la natation à la bonne éducation, c’est-à-dire à l’éducation des gentilshommes. Le livre du Courtisan, de Castiglione présente l’Art de nager comme une activité de plaisir, réservée aux gens du monde.

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Certes, la discipline connut des périodes moins fastes. À l'époque de Louis XIV, par exemple, on se mouillait rarement. Ses biographes racontent que le Roi-Soleil avait une telle horreur de l’eau qu’il ne se lavait jamais plus loin que le bout de son nez. Mais sous le règne de Louis XV, changement de style ! Le Japon fut le premier pays à réaliser une organisation nationale de la natation sportive. Un édit impérial, datant de l'an 1603 fit de la natation une partie intégrante du programme scolaire et ordonna que sa pratique soit encouragée par la création de matchs inter-écoles.

Institutionnalisation et naissance de la natation moderne

Les fonctions allouées à la natation de l’époque sont diverses mais toutes utilitaires : militaire, hygiénique et thérapeutique, éducative aussi, mais du point de vue du corps. La nage chien, la nage grenouille, sous l’eau ou plongée, la planche et la nage sur le dos sont des techniques décrites par Le Vicomte de Courtivron, et qui, toutes, participent à la formation du soldat. L’apprentissage de la natation militaire est cadré, et se fait en trois étape. Premièrement par des « mouvements élémentaires », c’est-à-dire des mouvements de gymnastique. Puis par de la « natation en l’air », grâce à de nouveaux appareils.

La natation scolaire prend pour modèle les pratiques militaires. On reproduit les mêmes méthodes d'enseignement. Au XIXème siècle, c’est l’apprentissage de la brasse à 4 temps dans un but plus disciplinaire que d'apprentissage. La mise à l'eau des enfants quand elle a lieu, était surtout à but hygiéniste (ablutions, toilettage…). Les bains se déroulent en général dans des retenues d’eau de mer sur les plages (bains de mer) ou dans des espaces structurés sur les fleuves près des grandes villes.

La diffusion de la natation sportive sur le plan mondial est l’œuvre des pays anglo-saxons, et notamment de l’Angleterre qui possède déjà des piscines couvertes et chauffées à Londres. Dès 1837, les 1ère compétitions sont organisées par une société sportive : la « Nationnal Swimming Association », dirigée par Yahn Strachan. Ce n'est toutefois pas en Angleterre, mais en Australie que devait être organisé le premier championnat de la natation moderne (le 14 février 1846, aux Robinson Baths de Sydney). C'est aussi en Australie que fut créée la première course ayant un caractère international : un 100 yards, dit « championnat du monde », qui eut lieu le 9 février 1858 à Saint-Rilda, ville de la banlieue de Melbourne.

Le 7 janvier 1869, au German Gymnasium de Londres, se tint une conférence des clubs londoniens de natation. L'un des membres, W Ramsden, proposa la création d'une association composée des représentants des clubs londoniens de natation. Le but de cette association était notamment d'établir des règles de natation. Aux premiers Jeux Olympiques de l'ère moderne, à Athènes, en 1896, 3 épreuves de natation sont au programme : 100, 500, 1200 mètres. C’est dans la ville du Havre que fut créé le 1er club français spécialisé dans la pratique de la natation sportive (la Société des Nageurs du Havre et de l’Arrondissement). Entre 1898 et 1903 la natation sportive fit son apparition par importation du modèle anglais et sous l'impulsion publicitaire et commerciale de certains journaux en organisant une forme compétitive de la natation. En 1898, le journal « Le Vélo » organise une compétition de natation sur la Seine (copie de celle organisée sur la Tamise) ayant pour but d'augmenter les ventes de journaux et de promouvoir la natation.

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Le périodique invita même les meilleurs nageurs anglais (SM Greasley et JF Stranding) et le français Paulus. L'épreuve consistait en un 500m auquel participèrent 73 compétiteurs dont une femme. Les Anglais arrivèrent loin devant Paulus (3ème, en brasse), car ils nageaient dans un style nouveau à l’époque : « l’over arm stroke ». En 1909, on comptait 250 sociétés sportives en France alors qu'il n'en existait que 3, 10 ans plus tôt. L’USFSA, fondée en 1899, est une « fédération multisports » dont le projet est de former une nouvelle jeunesse sur le modèle anglais. L’USFSA intègre la natation afin qu’elle ne sombre pas dans le professionnalisme et va ainsi créer les premiers championnats de France de natation par l'intermédiaire de sa commission de natation en 1899. 3 épreuves sont organisées sur 3 journées distinctes. Le 100 m NL en bassin (à Paris, Bain Deligny), le 500 m en eau libre (dans la Seine, à Versailles) et le 400 m en mer (à St Valéry en Caux). La Fédération française de natation est créée en 1920. L’institutionnalisation de la natation mondiale explose au XXe siècle.

L'émergence de la combinaison de surf

La combinaison de surf a une histoire fascinante qui remonte à plusieurs décennies. En 1952, le physicien américain Hugh Bradner, travaillant pour l'US Navy, invente la première combinaison isothermique en néoprène. Les débuts : Les premières combinaisons de surf étaient assez rudimentaires. Elles étaient souvent fabriquées à partir de matériaux comme le caoutchouc ou le néoprène. L'innovation du néoprène : Dans les années 1950 et 1960, l'introduction du néoprène a révolutionné les combinaisons de surf. Ce matériau en caoutchouc synthétique était beaucoup plus flexible, léger et isolant que les matériaux précédents. Améliorations technologiques : Au fil des décennies, les combinaisons de surf ont continué à s'améliorer grâce à l'innovation technologique. Diversité des styles et des épaisseurs : Les surfeurs ont maintenant le choix parmi une grande variété de styles et d'épaisseurs de combinaisons en fonction des conditions de surf. Impact sur le sport : La combinaison de surf a également eu un impact sur le sport lui-même. En permettant aux surfeurs de rester plus longtemps dans l'eau et dans des conditions plus froides, elle a contribué à l'expansion du surf dans des régions autrefois considérées comme inaccessibles.

La révolution technologique dans la natation de compétition

Une combinaison de natation est un vêtement souple composé de matériaux synthétiques couvrant d’un seul tenant le haut et/ou le bas du corps d’un nageur. Avant les Jeux olympiques d’Atlanta de 1996, la marque TYR proposait déjà une combinaison en plusieurs pièces, avec des manchettes non fixées au reste, afin d’augmenter le confort du nageur au niveau des épaules. Ce modèle avait été refusé par la FINA, car le règlement stipule que la combinaison doit être en une seule pièce. En 1999, la marque allemande Adidas défraya la chronique en mettant sur le marché une combinaison intégrale du cou aux poignets et chevilles avec comme modèle la star montante du moment : l’Australien Ian Thorpe, pour tester et promouvoir cette tenue dont la technologie est validée par la FINA. L’Australien Speedo lance à son tour sa propre combinaison, la Fastskin, ce qui accroît la polémique sur l’utilisation de cette nouvelle technologie.

Dès l’année suivante, plusieurs marques annoncent la confection de combinaisons telle que Arena avec sa tenue Powerskin, Diana et sa Mach 100 % silicone ou encore Asics, ce quelques mois avant les Jeux olympiques d’été de 2000 à Sydney. À l’approche du principal rendez-vous de l’année, les critiques se multiplient notamment en Australie, le pays organisateur de ces Jeux, pays où la natation est reine. Finalement, lors des sélections olympiques australiennes, tous les principaux nageurs disposent finalement de combinaisons Speedo. À l’inverse, en raison d’un nombre insuffisant de tenues disponibles sur le marché, l’utilisation de la combinaison Speedo est interdite lors des sélections canadiennes. C’est ainsi qu’à partir des JO de Sydney en 2000 et tout au long d’une décennie, les combinaisons seront de coutume dans la Natation de très haut niveau. De rares nageurs, tel qu’Alexander Popov y feront de la résistance, prétextant qu’il ne supporte pas les combis qui compriment le corps, mais cela se fera ressentir sur ses résultats, étant donné qu’il ne glanera aucune médaille lors de ces éditions.

La seule règle pour ces combinaisons à respecter est qu’il ne faille pas combiner deux combinaisons afin de ne pas trop favoriser la flottaison des nageurs. Pour les femmes par exemple, seule un bas de bikini était généralement portée en dessous de leur combi. C’est ainsi que plusieurs nageuses se montraient en compétition avec leur combinaison somme toute transparence, laissant entrevoir leur poitrine. Le 12 février 2008, Speedo lance sa nouvelle combinaison, la LZR Racer, élaborée en association avec la NASA et l’Australian Institute of Sport, avec Michael Phelps et Natalie Coughlin en sorte de cobaye. La marque décrit sa tenue comme la « première entièrement assemblée et soudée par ultrasons ». Elle affirme également que la LZR Racer diminue de 10 % la traînée par rapport à la Fastskin FS de 2004. Presque immédiatement après la commercialisation de la combinaison, de premiers records du monde sont battus et non des moindres ! Le 16 février, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry bat le deuxième plus ancien record du monde, celui du 200 m dos en grand bassin de la Hongroise Krisztina Egerszegi. Rien que sur l’année 2008, 105 records du monde sont battus, chose inédite dans l’Histoire de la Natation.

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