L'essence du voyage à la voile : De la reconstruction des coques à la dynamique humaine des équipages

La navigation à la voile incarne une quête de liberté, mais elle confronte également ses adeptes aux réalités matérielles de la charpente marine et aux structures relationnelles qui régissent la vie à bord. Qu'il s'agisse de la restauration minutieuse de navires patrimoniaux ou des interactions quotidiennes au sein d'équipages modernes, l'espace confiné d'un voilier agit comme un révélateur des choix techniques, des traditions et des rapports humains.

Architecture navale et restauration : Mettre la coque à nu

La préservation des voiliers classiques exige une compréhension approfondie des structures d'époque et des techniques de construction traditionnelles. La coque d'un navire en bois ou en acier restauré impose des choix précis en matière de matériaux et d'ingénierie pour garantir la navigabilité tout en préservant le caractère historique.

Caractéristiques de construction des carènes traditionnelles

Certains navires se distinguent par une architecture héritée des bateaux de travail. La coque présente les spécificités suivantes :

  • Coque / à propos : Construction classique à franc bord. Membrures chêne doublées. Virures chêne (oeuvre vive et morte). Drague de bouchain chêne. Quille longue en chêne. Saumon en fonte 1350 kg et gueuses en béton de baryte 4500 kg. Retour de galbord et bouchain très prononcés caractérisant la carène des coquilliers de la rade de Brest.
  • Pont et superstructures / à propos : Plat bords en chêne. Pont latté en pin du nord sur pont en contreplaqué marine. Barotage en chêne de type langoustier.
  • Pont et superstructures / état actuel : Etat convenable, cependant un tronçon de latte à changer et joints entre lattes à rénover. Le pont est étanche.

Le gréement et la voilure du ketch

Les navires gréés en ketch offrent une division de la voilure facilitant les manœuvres en équipage réduit :

  • Gréement / à propos : Navire grée en ketch. Grand mât (aurique) en douglas plein. Artimon (bermudien) en douglas plein. Bout dehors en pitchpin creux. Bômes et pic en pitchpin pleins. Gréement dormant inox épissé. Gréement courant tergal toroné.
  • Voilure / à propos : 123 m² au total. grand voile 35 m² artimon 16 m² flèche 12.5 m² trinquette 16.5 m² Foc ballon 43 m² Voiles supplémentaires et de brise : Foc de route 22 m² Tourmentin 11.5 m² Trinquette de brise bômée 9 m² spinnaker 75 m² Voilerie Tonnerre.

Aménagements intérieurs et propulsion

L'organisation de l'espace de vie sous le pont doit allier confort et fonctionnalité pour de longues traversées :

Lire aussi: Découvrez le quotidien des marins du Bateau "Amour"

  • Emménagements / à propos : Cabine avant 2 couchettes. Soute à voile avec WC sur bâbord. Penderie et poêle à gasoil sur tribord. Carré avec 2 couchettes et table accueillant 6 personnes. Boiserie chêne et sapelli. Espace cuisine sur bâbord. Espace navigation et grande table à carte sur tribord. Cabine arrière (capitaine) couchette 2 places. Penderie et grands tiroirs sous couchette. Boiserie chêne et sapelli. Atelier avec nombreux rangement entre cabine arrière et tableau.
  • Emménagements / état actuel : Bon état.
  • Moteur(s) / type, puissance, année : Renault Couach DX4 45 cv. Embarqué en 1969.

Histoire et transmission : Le cas du navire Amour

La vie d'un voilier classique est intimement liée à ses constructeurs et propriétaires successifs :

  • Témoignage humain : Neveu Marc, charpentier de marine à Cannes (06) et constructeur du navire Amour à Rostellec (29) au chantier Tertu. Marc a navigué, habité et entretenu son navire Amour pendant 43 ans. Auguste Tertu, charpentier de marine à Rostellec (29) a accompagné et conseillé Marc durant la construction du navire.
  • Témoignage technique ou conceptuel : Extrapolation de la demie-coque du coquillier Général Leclerc (classé monument historique). Technique révolue (bordés classiques).
  • Témoignage événementiel ou d’une activité révolue : Navire construit tel un navire de travail. Unité destinée à la plaisance.
  • Chronologie : Marc Neveu (constructeur) 1969 - 2012 ; Frédérick André 2012 - 2016 ; Moi même depuis juin 2016. Aucunes modifications depuis sa construction.

La mise à nu de la coque : L'exemple du Bob IV

Pour d'autres navires, la restauration implique une véritable mise à nu de la structure pour adapter le voilier aux besoins modernes tout en respectant son esthétique. L'histoire du ketch Bob IV illustre cette démarche :

« Je l'ai mis en chantier. On a mis la coque toute nue. Nous avons refait tout le reste : le pont et les aménagements intérieurs. J'en ai d'ailleurs profité pour modifier un peu la structure du bateau. La coque et son allure générale n'ont pas changé. Mais c'était un bateau au style des années 50 - 60. En changeant quelques aménagements, notamment au niveau du roof, on lui a donné un style plus années 20 - 30 ».

Parmi les magnifiques voiliers vus sur nos côtes cet été, le Bob IV. L'histoire de ce ketch est liée à Saint-Malo et à une famille bien connue dans la cité corsaire, les Escoffier. Bob IV en mer, vraiment un magnifique bateau. On aperçoit Bob Escoffier tout à gauche. Quand on regarde le pedigree des sept yachts classiques qui ont participé à la première Emeraude Cup, début août 2024 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), tous ces voiliers ont été construits dans des chantier navals du Royaume-Uni ou du Finistère. Sauf un, le Bob IV. Ce magnifique ketch de près de 14 mètres est en effet sorti, en 1959, d’un chantier naval bien malouin : le chantier Labbé. Il s’appelle alors Menestrel II. À l’époque, c’était l’un des plus grands et plus beaux voiliers dans le port de Saint-Malo. Il paraissait inaccessible. Le célèbre armateur malouin, né en 1949, découvrait en effet la cité corsaire avec sa famille dans ces années-là. « Nous habitions la région parisienne, mais nous venions en vacances l’été à Port-Mer, à Cancale. Pendant deux mois, on campait sur la plage et découvrait la région. »

Bob, tout comme son frère Franck-Yves, attrapent le virus de la navigation, avec leurs parents et leur sœur Béatrice. Si Claude Escoffier, le père de Bob et Franck-Yves, a choisi ce nom pour ses navires, ce n’est évidemment pas un hasard. C’est en hommage à son frère aîné, Robert Escoffier, que tout le monde appelait Bob. Ancien résistant, il participa à la guerre d’Indochine, où il fut tué. Son frère ne l’a jamais oublié. Claude Escoffier et un ami sur Bob IV, du côté de Solidor. Le premier Bob était une simple « plate de pêche, avec un vivier au milieu ». Le second, « un bateau pourri, de 5 mètres, mais que mon père avait restauré car il avait de l’or dans les mains ». Claude Escoffier retapera aussi Bob III, un voilier « de 7,99 mètres, sur lequel on naviguait à 7 ou 8 ». C’est sans doute sur celui-ci que les jeunes Escoffier fourbissent leurs premières armes maritimes : « J’avais 15 ans, quand mes parents m’ont prêté pour la première fois Bob III », se souvient l’aîné de la fratrie.

Lire aussi: Natation et intimité

Nous sommes alors en 1964. Et c’est justement cette année-là que ses parents vont racheter Menestrel II, qui devient fort logiquement Bob IV. Ce fut, on l’imagine, un achat coup de cœur pour Claude Escoffier, étant donné ce que représentait ce bateau. Franchement, je ne sais pas combien mes parents l’ont payé, mais ils ont dû s’endetter un peu. En tout cas, on imagine la fierté et le plaisir pour la famille de pouvoir naviguer à bord d’un tel voilier. Claude et Edith Escoffier, les parents de Bob, Franck-Yves et Béatrice. Ce sont eux qui ont racheté Bob IV et qui ont appris à leurs enfants à naviguer. On aperçoit aussi le jeune Franck-Yves sur la droite. Les parents, Edith et Claude, décèdent successivement en 1979 et 1981. Leurs enfants, qui ont à gérer leurs occupations professionnelles et familiales, n’ont plus le temps de s’occuper du navire. La décision est prise de le vendre. Bob IV quitte alors Saint-Malo. Mais il continue à naviguer avec son nouveau propriétaire. L’histoire malouine du bateau aurait pu s’arrêter là. Le Bob IV, amarré quai Duguay-Trouin à Saint-Malo. Elle s’interrogeait à propos du prix pour une éventuelle revente. Je lui ai donné mon avis, puis je n’ai plus eu de nouvelles. Je suis passé à autre chose. Puis, quelques années plus tard, en 2008, j’apprends que le bateau est à vendre aux enchères sur eBay.

La nouvelle le surprend, mais ne le motive pas tant que ça. Il faut dire qu’il a alors déjà beaucoup de bateaux à gérer, via sa société Etoile Marine Croisière. De plus, il y a de gros travaux à effectuer sur le navire. « C’est une de mes filles qui m’a persuadé : elle m’a dit que c’était le bateau de mes parents, qu’on avait tous navigué dessus et qu’on ne pouvait pas l’abandonner. » Bob rachète donc Bob IV. Et lui offre une cure de jouvence. Bob IV a ainsi retrouvé les eaux de Saint-Malo, qui est de nouveau son port d’attache. Pour la petite histoire, Bob a offert le bateau à ses filles. L’histoire d’amour entre Bob IV, Saint-Malo et les Escoffier n’est donc pas près de s’arrêter. Le Mariquita était en effet un peu la star de la dernière Emeraude Cup. Ce magnifique yacht de course mesure 38 mètres et a été construit en 1911 en Ecosse. Un voilier mythique. Précisément, le prénom d’état civil de celui que tout le monde à Saint-Malo appelle Bob, est Robert, « car à l’époque, pour l’état civil, Bob n’était pas convenable. Mais très vite, tout le monde m’a appelé Bob », souligne l’intéressé. Bob Escoffier est le fondateur de la société Etoile Marine Croisière, propriétaire notamment de l’Etoile du Roy.

Nouvelles formes de vie à bord : L'expérience alternative et inclusive

Au-delà des aspects techniques de la charpente traditionnelle, le voilier moderne devient parfois le terrain d'expérimentations sociales, offrant un cadre de vie collectif fondé sur d'autres valeurs. Pour certains équipages, l'éloignement des côtes permet de redéfinir les rapports humains en créant des espaces d'expression différents.

Cohabitation et apprentissage en mer

L'apprentissage de la voile dans un cadre non traditionnel permet de développer l'autonomie et de renforcer la cohésion de groupe :

Après une rupture amoureuse et une déception professionnelle, Anouk a décidé de tout plaquer pour partir naviguer sur un voilier queer, féministe et safe en compagnie d’un équipage d’inconnu·es. Après plus d’un mois à bord de ce voilier, je sens que j’ai pris un certain rythme de vie plus doux. C’est donc apaisée que j’accueille à bord deux nouvelles coéquipières, Léonie et Lilas qui deviennent immédiatement de véritables coups de cœur amicaux. Je prends aussi conscience à ce moment-là de mes compétences acquises sur le voilier. À l’arrivée, je connaissais quelques bases, mais j’étais encore perdue. Lors de la première nuit avec ce nouvel équipage, vers 3 heures du matin, je suis réveillée par Hannah qui me chuchote qu’on a encore un problème avec l’ancre. Elle s’est décrochée et nous dérivons bien trop proche d’un luxueux catamaran qui a jeté l’ancre à nos côtés. C’est ainsi qu’entre 3 et 5 heures du matin, je reste éveillée à guetter qu’on ne s’approche ni des rochers, ni du catamaran, ceci en sachant que j’ai peur du noir. Quand je réveille Léonie pour qu’elle prenne son tour, elle grogne et tarde, mais moi, je ne suis que joie de pouvoir retourner me poser à l’intérieur du bateau.

Lire aussi: "Un Amour sous les Voiles du Mensonge" : l'histoire en bref

Le lendemain, on repart naviguer vers un nouveau lieu que des locaux nous ont conseillé. Sauf que sur le chemin, la mer est plate. Tellement plate que personne ne veut barrer, c’est juste super ennuyant. Pourtant, on n’a pas le choix, car Triton n’a pas d’auto-pilote et on en a pour plus de 7 heures de navigation. Heureusement, à l’arrivée, tout soupçon de regret disparaît. Nous jetons l’ancre face à une petite crique isolée, avec une petite plage d’eau turquoise entourée d’une dense forêt d’eucalyptus. C’est magique. Un soir, on fait un petit feu sur la plage, on chante, on danse, tout est magnifique. Après quatre jours ainsi, nous décidons de quitter ce coin de paradis afin de rejoindre Ares, une petite ville du nord-ouest de la Galice. On a envie de retrouver un port, ou plutôt des sanitaires : ça fait alors 5 jours que nous n’avons pas pris de véritables douches. Les sanitaires sont assez sommaires ici. D’autant plus que cette ville, Ares, est super mignonne, et la côte est toujours aussi belle.

Intimité et tensions en milieu confiné

La promiscuité inhérente à la vie sur un voilier amplifie les interactions quotidiennes, rendant la nudité et la gestion de la pudeur parfois complexes au sein d'un équipage :

C’est pourtant là qu’a lieu un remous que je n’avais pas vu venir. Reprenons le contexte : je m’entends très bien tout le monde sur le bateau à ce moment-là, mais c’est vrai que j’ai une connexion un peu plus forte avec Léonie. En baissant les yeux, j’aperçois dans le bâillement de son short son sexe nu. Un peu gênée, je lui fais remarquer en rigolant que je vois son sexe (« Euh… For your info I can see your pussy Léonie ! »), elle répond elle-même en rigolant que ce n’est pas grave (« You have already seen it »). Bref, cette conversation aurait pu être anecdotique si quelques minutes après, Hannah n’avait pas sorti la tête de sa cabine pour nous dire sèchement qu’iel n’avait pas envie de nous entendre flirter et parler de nos organes génitaux.

Débats sur le genre et la répartition des rôles en mer

Le fonctionnement des équipages, qu'il s'agisse de couples ou de collectifs, soulève régulièrement des discussions autour de la répartition des tâches et des stéréotypes de genre. Entre tradition opérationnelle et remise en question des modèles établis, le débat reste vif au sein de la communauté des plaisanciers.

Remise en question des schémas traditionnels

La critique des modèles de fonctionnement classiques repose parfois sur l'analyse des rapports de pouvoir à bord :

Aujourd’hui nous avons envie de réagir suite à la lecture d’un article lu sur un blog « Voiles et Voiliers » qui nous a un peu interpellé. Il s’agit d’un article dans lequel l’auteur masculin accuse le monde de la croisière en voilier de « bastion tranquille du sexisme ». L’auteur affirme que l’homme capitaine responsable « bateau-technique » accompagné de sa femme limite soubrette responsable du « bateau-maison » représentent un fonctionnement « arriéré des années 50 ». Il le constate lui-même en grande croisière et prétend que cette situation serait « lié à l’âge avancé des plaisanciers ».

Ah oui, arriérés ?… Et bien cela nous donne envie de réagir. Bien sûr que les femmes mécanos-ingénieurs-techniciens-capitaines-pilotes (ou autre) existent et heureusement. Mais est-ce que nous sommes des « arriérés des années 50 » (bien que je sois né en 77) si nous admettons qu’il y a des métiers qui intéressent plutôt les hommes et d’autres plutôt les femmes ? Sujet houleux ? Qu’en est-il dans le milieu de la voile ? Allez, on se lance, au risque de se faire jeter des pierres, à notre tour de donner notre avis. On ne va quand même pas se laisser traiter d’arriéré sans rien dire ! Ci dessous, l’exemple même d’un couple (nous) qui aurait, selon l’auteur de cet article, un fonctionnement arriéré et sexiste (notre vie de tous les jours en fait).

Complémentarité et efficacité de l'équipage

Pour de nombreux couples de navigateurs, la répartition des rôles découle d'une recherche d'efficacité mutuelle plutôt que d'une soumission à des schémas imposés :

Il y a des différences qu’on ne peut pas lisser, n’en déplaise à ceux qui pensent que c’est « moderne » de tout mélanger entre les sexes. Ou que c’est « super » et « moderne » de voir des femmes faire des boulots « de mecs »… Et bien oui, toutes les femmes n’ont pas forcément envie de s’identifier à Hélène Mac’ Arthur ou Isabelle Autissier, il y a des hobbies et des passions qui passionnent plus les uns et moins les autres. Devinez la proportion de nos lecteurs masculins ou féminins par exemple, ce n’est pas du sexisme les statistiques jusqu’à preuve du contraire ! Les magazines nautiques d’une manière générale, ce sont en grande majorité, à 70 ou 80%, des hommes qui les achètent. Donc, constat et admettons une évidence : La voile, c’est au départ souvent un truc de mec.

Quand les différences se regardent du côté positif, hommes et femmes sont différents parce qu’ils sont complémentaires, ils forment « une équipe » ! La nature dote les hommes d’une force physique supérieure, la femme dispose de la possibilité d’enfanter. Les différences sont nombreuses, elles viennent des origines. Ne pas le comprendre et le reconnaître, ne pas vouloir former une meilleure équipe, c’est cela qui nous semble « arriéré ». Attention il ne s’agit pas d’homophobie, chacun ses choix de ce côté-là, et pourquoi ne serait-il pas possible de retrouver cette complémentarité entre deux mecs ou entre deux nanas. Car c’est simplement la coopération et la complémentarité qui permettent d’être meilleur : Alors quoi de plus logique d’en tirer des enseignements utiles pour la vie de tous les jours, sur un voilier ou ailleurs ? C’est ENSEMBLE que l’on construit des synergies, qu’on est plus efficace et performant.

Choix individuels et harmonie opérationnelle à bord

L'organisation pratique à bord répond souvent à des affinités personnelles et à des contraintes techniques concrètes :

Être libre de ses choix nous semble évidemment indispensable. Qu’une femme ou un homme puisse exercer une profession généralement exercée par le sexe opposé, tant mieux. Mais cela n’a rien à voir avec la façon dont un couple va trouver (ou pas) son équilibre. Chacun fait selon ses propres circonstances particulières qui sont extrêmement variées : Alors faire une généralité, c’est hasardeux. Chaque couple cherche son équilibre, les solutions sont multiples et la « modernité » on s’en fout, du moment que ça marche et qu’on est heureux !

À bord de notre voilier, de notre côté, nous sommes dans une harmonie « classique » que certains pourraient donc qualifier de « fonctionnement à l’ancienne ». Pourquoi classique ? D’abord c’est un rêve plutôt masculin, le mien : J’ai convaincu ma promise que ça allait être super de voyager en voilier. Un grand classique : « Ciel mon mari veut naviguer » (Un livre à ne pas louper). Coup de bol, ça lui a plu, mais ce n’est en aucun cas garanti au départ. Ces circonstances, on peut effectivement les considérer comme classiques ou fréquentes. Autre chose de bien classique également chez nous : Quand il s’agit de préparer le voilier, je m’occupe de porter les bidons, préparer le moteur, vérifier le gréement, nettoyer l’hélice en apnée… Elle s’occupe de l’avitaillement, de préparer les plats à l’avance, et la machine à coudre n’est jamais bien loin. Donc nous sommes différents et nous avons développé instinctivement une vraie coopération, en particulier lorsque nous travaillons ensemble.

Ce qu’Isabelle en dit :« L’aventure en bateau me plaît, c’est certain. Je suis heureuse de la partage et de la vivre avec mon « professionnel » de mari car je la vis en toute confiance ! Si je suis, disons, « obligée » de participer aux travaux à bord, je le fais, souvent en soupirant. Je ne suis pas adepte du bricolage, ne prend aucun plaisir à me retrouver dans la poussière d’une ponceuse, dans la résine, la fibre de verre et sa charge, silice ou micro-billes, l’antifouling, le vernis, le White Spirit ou l’acétone… Je suis ravie de n’être pas conviée à me glisser derrière le moteur (bravo à Pat qui le fait si bien alors que c’est si étroit) ou grimper dans la mature. En revanche, je m’intéresse beaucoup aux explications des pannes mécaniques, de l’installation des panneaux solaires, aux calculs de consommation électrique. Je ne boude pas les pinceaux, participer me fait plaisir, mais il est certain qu’entre une rando et une peinture, je choisis la rando. Là où je trouve toute ma place de « travailleur » à bord, c’est dans l’accueil, les approvisionnements, la confection des repas, la couture. Et la couture à bord c’est sport ! Une housse d’annexe, un lazy bag, des taux de protection, des réparations de voile…. Ça ne se manipule, ni ne se coupe comme une petite robe d’été. En bref, je ne suis pas « femme à tout faire » et Pat n’est pas « homme à tout faire », mais à nous deux, on est une équipe qui gagne, autant dans notre quotidien, dans notre voyage que lorsque nous travaillons ensemble ! Nous sommes parfaitement complémentaires. »

#

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *