Amarrer correctement son bateau est une compétence fondamentale pour naviguer en toute sérénité. C'est une étape cruciale lorsque vous rentrez de votre balade journalière ou que vous faites une halte. Votre sécurité et celle des autres dépendent également de la qualité du matériel utilisé et de son entretien. Maîtriser l'amarrage permet d'immobiliser une embarcation pendant une escale, garantissant sa stabilité et sa protection à quai ou au mouillage.
Les Fondamentaux de l'Amarrage : Le Rôle Essentiel des Aussières
Les aussières, ou amarres, sont les cordages qui permettent l'amarrage ou le remorquage des bateaux. Elles sont les anges gardiens de votre bateau quand il est amarré, le protégeant d'un naufrage éventuel. La confiance pour ces bouts de ficelle doit être totale. Ces cordages sont composés de plusieurs ensembles de fibres, appelés torons, et l’ensemble formé doit être élastique et résistant. Il est capital de bien choisir ses amarres, car le choix des matériaux est crucial et a un impact direct sur la sécurité de votre bateau et celui des autres. Les amarres doivent présenter une certaine élasticité, une charge de rupture et une résistance à l’usure adaptées. Elles doivent également être faciles à manipuler.
Composition et Types de Cordages
Plusieurs types de cordages sont couramment utilisés pour l'amarrage, se distinguant par leur construction et leurs propriétés :
- Le cordage 3 torons : Ce type de cordage est économique et très facile à épisser. Il est composé de trois brins torsadés les uns autour des autres. Cette construction est avantageuse pour sa facilité d’épissure et son élasticité, mais il peut être sensible au ragage.
- L'amarre tressée : Les amarres tressées sont très souples et moins encombrantes que les cordages toronnés de même résistance. Cependant, elles sont souvent moins faciles à épisser. Ces doubles tresses sont plus résistantes à l’abrasion et au ragage, offrant une robustesse accrue face aux frottements.
- La construction « squareline » ou « square mesh » : Dans cette configuration, quatre brins sont tressés ensemble, garantissant un cordage très flexible et extensible. Cette construction est facile à couvrir et à ranger, et le cordage ne se plie pas. Un point à noter est que l’arrachement des fils est plus facile avec ce type de cordage.
- Le tressage âme-gaine : Cette structure correspond techniquement à celle des cordages de drisse, résultant en un cordage très robuste et flexible. L’élongation varie selon le matériau utilisé mais est généralement légèrement inférieure à celle d’un squareline. Il convient d'être attentif aux potentiels risques de confusion entre les écoutes et les amarres, car elles partagent une construction similaire.
Le Choix des Matériaux
Le type de cordage, par les différentes méthodes d’agencement techniques des fibres, est tout aussi important que le matériau choisi. Les matériaux les plus couramment utilisés pour les amarres sont le polyester et le polyamide, bien que le polypropylène puisse également convenir à certaines applications.
- Polyester (PES) : Le polyester est réputé pour sa durabilité et sa solidité. Il supporte plutôt bien les rayons ultra-violets (UV) et présente une excellente résistance à l’abrasion, ce qui en fait un matériau de choix pour les applications marines. Cependant, un inconvénient du polyester est sa faible élasticité, nécessitant l’utilisation d’amortisseurs pour absorber les chocs.
- Polyamide (PA) : Le polyamide, couramment appelé nylon, possède une élasticité significativement supérieure à celle même des cordages en polyester de la plus haute qualité. Cette caractéristique rend le polyamide particulièrement adapté aux scénarios impliquant des charges soudaines, où il peut absorber une grande quantité d'énergie. Cependant, le nylon est sensible aux radiations UV, ce qui nécessite une inspection et un entretien réguliers pour prévenir sa dégradation. Il existe sur le marché des cordages incorporant à la fois des fibres de polyester et de polyamide, exploitant les avantages des deux matériaux pour une performance accrue et une meilleure polyvalence.
- Polypropylène (PP) : Les lignes d’amarrage sont parfois fabriquées en polypropylène. Cependant, ce matériau manque de résistance aux UV et à l’abrasion, ce qui limite sa durabilité dans des conditions marines exposées. C’est une matière légère qui n’est utilisée que lorsque la flottabilité de la ligne est absolument nécessaire, par exemple pour des lignes de remorquage qui ne doivent pas s'emmêler dans l'hélice.
Entretien et Remplacement des Cordages
La sécurité d’un bateau repose fortement sur l’intégrité de ses cordages. Par conséquent, une inspection régulière des signes d’usure est cruciale. Le cordage est un matériau sujet à l’usure, et ce n’est vraiment pas le type de matériel sur lequel il faut faire des économies.
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- Inspection visuelle : Les cordages doivent être inspectés régulièrement pour détecter les signes visibles d’usure, y compris les abrasions, les déchirures ou les effilochages. Une attention particulière doit être accordée aux zones où le cordage entre en contact avec des arrêtes ou des taquets. Il est important de noter que retourner les lignes n’est évidemment pas une solution, car cela déplace simplement la zone affaiblie vers une autre partie du cordage.
- Vérification au toucher : En passant les mains le long des lignes d’amarrage, vous pouvez détecter les bosses ou les épaississements pouvant indiquer des dommages internes, en particulier dans le cas des tressages âme-gaine. Toute section présentant de telles anomalies mérite une inspection plus approfondie. En cas de doute, il est préférable de remplacer complètement la ligne d’amarrage.
- Date de replacement : La durée de vie des cordages varie en fonction de facteurs tels que l’utilisation, les conditions météorologiques et l’entretien. En général, il est conseillé de remplacer les cordages tous les deux à cinq ans, même en l’absence de dommages visibles.
Les Éléments Clés de l'Équipement d'Amarrage
Outre les aussières, d'autres équipements jouent un rôle primordial pour un amarrage sûr et efficace.
Les Pare-battages
Le pare-battage, aussi appelé « bourrelet de défense », est l’élément principal qui va protéger la coque de votre bateau des mouvements et des vagues le poussant contre la bordure du ponton, ou contre le bateau de votre voisin de quai. Laisser son bateau seul sans surveillance pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines demande un minimum de préparation, et cela inclut la bonne utilisation des pare-battages. Ils doivent être positionnés des deux côtés du bateau et réglés à la bonne hauteur pour éviter des chocs trop brutaux lors de l’amarrage. À titre d’exemple, sur un bateau de 8 mètres, ces équipements gonflables sont à positionner vers le centre du bateau, tous les 2,5 mètres. Nous conseillons de garder un minimum de 3 pare-battages de chaque bord. Quoi qu’il arrive, votre bateau doit détenir un minimum de 6 pare-battages. Enfin, pour que votre matériel de protection soit au maximum de sa capacité, il est recommandé de vérifier la pression 1 à 2 fois par an.
Les Amortisseurs d'Amarres
L’utilisation d’amortisseurs est recommandée pour atténuer les chocs soudains sur le bateau et éviter les dommages, surtout lorsqu’on utilise des matériaux à faible élasticité. Ces équipements, parfois appelés "ressorts", assurent l'absorption des chocs. Il existe différents modèles d'amortisseurs d'amarre, qui peuvent être galvanisés, en caoutchouc, en acier inoxydable ou silencieux. Assurez-vous que les amortisseurs sont de taille adéquate pour absorber les charges. Il est important de ne pas oublier que les amortisseurs sont eux aussi soumis à l’usure et qu’ils doivent être remplacés en conséquence.
Taquets et Autres Points d'Attache
Les amarres s'attachent en principe sur les bittes d'amarrage présentes sur le quai, ou à des anneaux d'amarrage prévus à cet effet. Sur le bateau, elles sont fixées aux taquets. Les taquets et les bollards sont des éléments cruciaux pour la fixation des lignes d'amarrage.
Les Techniques d'Amarrage Essentielles
Amarrer son bateau est une étape fondamentale qui demande de la discipline. L’objectif est de bien maintenir le bateau le long du quai ou du ponton.
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Le Nombre et le Positionnement des Amarres
Le nombre de lignes d’amarrage nécessaire dépend évidemment de la taille et du type de bateau. L’amarrage idéal nécessite 6 amarres, les pointes, les gardes et les traversières. L’idée est que les amarres travaillent deux par deux pour empêcher le voilier de bouger le long du quai. Cependant, très souvent, surtout sur des petits voiliers, 4 amarres seront largement suffisantes. En effet, le long d’un catway, par exemple, les taquets de ces derniers sont souvent placés de façon que l’amarre arrière aura deux fonctions. En général, au moins deux lignes d’amarrage par côté sont recommandées. Pour les bateaux plus grands ou dans les zones à forts courants, des lignes d’amarrage supplémentaires peuvent être nécessaires. Les bateaux sont généralement amarrés dans des postes à quai avec deux lignes à l’avant et deux lignes à l’arrière. Ces lignes doivent être fixées aussi loin que possible pour offrir de la stabilité. Chaque ligne d’amarrage a une fonction singulière. La finalité des lignes d’amarrage, appelées « cordages », est dédiée uniquement à leur tâche d’amarrage et ne doivent pas être utilisées à d’autres fins.
Les Différents Types d'Amarres Fonctionnelles
Un bon marin se doit de connaître les trois types d’amarres essentiels à la stabilisation d’un bateau au mouillage ou à quai :
- Les pointes : D’abord, les pointes sont les amarres qui partent vers l’extérieur. La pointe avant part de la proue vers l’avant et la pointe arrière part de la poupe vers l’arrière du voilier. Elles assurent l’ancrage principal de votre embarcation. Ces dernières ne se croisent donc pas.
- Les gardes : Viennent ensuite les gardes, qui se croisent entre l’avant et l’arrière du bateau, et maintiennent l’équilibre longitudinal. Ces deux gardes sont indispensables. Elles se croisent de l’avant vers l’arrière et inversement. Les gardes empêchent le bateau d’avancer et de reculer.
- Les traversières : Enfin, le troisième type d’amarre est appelé les traversières. Les traversières avant et arrière sont deux amarres qui sont perpendiculaires au voilier. Sur les plus petites unités, ce sont celles-ci qui ne seront pas indispensables. Ces amarres devront être passées en évitant bien les chandeliers et balcons, pour ne pas les abîmer. Ces traversières limitent le jeu latéral du bateau contre le quai.
Amarrage le Long d'un Quai ou Ponton (Long-side)
Lorsqu’un bateau est amarré à un quai par le flanc (long-side), il doit utiliser une combinaison de lignes avant et arrière ainsi que des ressorts. C’est un amarrage au sein duquel votre voilier ou autre est parallèle au quai grâce à 4 amarres au minimum.
Amarrage en Pendille (Arrière au Quai)
Très pratiquée dans les ports méditerranéens, cette technique permet dans les ports à faible marnage d'optimiser les places de port en supprimant les catways. L'amarrage en pendille combine les techniques du catway et du mouillage. Le marin se gare dans le port avec la partie arrière de son bateau perpendiculaire au quai. Dans cette position, à l’avant le véhicule flottant est maintenu par un coffre, une ancre ou une pendille. Tandis qu’à l’arrière il est accroché à des bittes, des taquets à l’aide d’une aussière d’amarrage. Il est plus facile de s'amarrer avec l'arrière vers le ponton.
Amarrage sur Coffre ou Bouée
Un coffre est une bouée flottante reliée à un poids mort immergé au fond de l’eau. Il est spécifiquement conçu pour amarrer un bateau. Placé en dernier dans ce guide, l’amarrage sur un coffre est une solution rare et utilisée le plus souvent par de grands navires. Pour réaliser cette opération, un petit bateau est utile pour guider le navire lors de la phase d’amarrage. Ce petit modèle transporte donc les aussières jusqu’au coffre d’amarrage.
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Amarrage à Couple
Avant de s'amarrer à couple d'un autre bateau, il est courtois de demander l'accord au skipper du bateau qui va vous recevoir comme hôte. Il s’agit tout simplement d’amarrer en attachant ses amarres sur les taquets d’un bateau collé au quai. Néanmoins, il ne faut pas négliger l’attache d’amarres sur le quai. Pour aller à terre, on ne passe pas par le cockpit mais par l'avant du bateau pour déranger le moins possible vos voisins.
Préparation de la Manœuvre
Préparer son accostage avant d’être entré dans le chenal permet de laisser la barre à l’équipier non amariné sans risque ou de mettre le bateau sur pilote automatique. Les manœuvres en solitaire, ou quand l’équipage ne peut participer aux tâches (enfants à bord, équipage non amariné), nécessitent d’être bien préparées. Avant d’arriver au port, voire même avant d’arriver dans le chenal, préparez vos pare-battages et vos amarres.
Quand vous arrivez dans un port que vous ne connaissez pas, vous ne savez pas tout le temps comment vous serez amarrés, ni à quel endroit. Vous devez donc préparer vos pare-battages pour faire face à toute éventualité. Notamment dans un port à marée. Dans le même temps, conservez-en un supplémentaire que vous gardez avec vous dans le cockpit, à portée de main. Ce dernier, dans l’idéal, sera équipé d’une attache rapide pour éviter de perdre du temps pendant la manœuvre.
Les amarres devront, elles aussi, être préparées avant d’arriver dans le chenal. Les deux amarres avant seront mises à poste en les passant par-dessus le balcon. Vous pourrez ainsi arriver contre le quai ou sur la catway sans précipitation. Pensez à sécuriser ces dernières afin qu’elles ne tombent pas à l’eau, ou ne se prennent dans l’hélice du moteur. Un bon conseil est de ramener les deux amarres au cockpit. Cela permet d’avoir les amarres sous la main en arrivant à quai et de mettre pied à terre avec l’amarre avant et l’amarre arrière et de stabiliser le bateau rapidement.
Gestion du Vent et du Courant
En arrivant au port, retenez deux choses : sachez absolument d’où vient le vent et comment est le courant. Avant de vous engager entre les pontons, regardez bien comment sont le vent et le courant. Vous devez absolument les prendre en considération. Si le vent pousse le bateau, engagez légèrement la marche arrière pour ne pas venir embrasser le ponton. Si le vent est de travers et risque de vous pousser vers le voisin, pensez à passer de suite les amarres avant et arrière au catway, et passer la garde sera une priorité.
Le bateau arrivant à la place prévue, la manœuvre va pouvoir commencer. Deux possibilités s’offrent à vous : soit vous avez une place sur catway, soit vous serez placé le long d’un môle. Si la manœuvre n’est pas la même, les grands principes sont identiques. Nous allons mettre de côté le cas d’un quai qui demande des précautions supplémentaires avec les marées. En navigation en équipage familial et/ou non amariné, demandez le minimum à l’équipage, soyez autonome. Ce qui n’empêche pas d’apprendre aux autres les manœuvres.
Les Nœuds Indispensables pour un Amarrage Sûr
Des techniques de nouage sont indispensables pour amarrer un bateau à quai, en toute sécurité. Un bon amarrage repose non seulement sur un cordage adapté, mais aussi sur la maîtrise des bons nœuds marins.
- Le Nœud de Taquet : Comme son nom l'indique, le nœud de taquet permet de fixer votre amarre à un taquet. Il s’agit d’un tour mort, qui s’accompagne ensuite d’un croisement en huit, et se termine par une demi-clé inversée. L’avantage de ce nœud est que vous pouvez ajuster la longueur des lignes d’amarrage aussi bien depuis le quai que depuis le bateau.
- Le Tour Mort et Deux Demi-clés : Un tour mort est un tour autour de l’élément auquel est accroché le cordage. Avec cette simple manipulation, le bateau est sécurisé. Parce qu’un tour mort et deux demi-clés ne vous laisseront jamais tomber, si vous partez en mer sans grandes connaissances, ce nœud est le plus simple à retenir et à réaliser. En effet, il se construit et se largue très facilement, et ce malgré la tension qui sera exercée sur lui. Deux nœuds classiques suivent le tour mort, c’est ce que l’on appelle deux demi-clés. À utiliser à bord de votre bateau, au ponton et pour attacher vos pare-battages.
- Le Nœud de Chaise : Un nœud de chaise peut être utilisé au bollard, en particulier si l’ajustement de la longueur de la ligne n’est plus possible après l’amarrage. Le bollard est l’endroit le plus approprié pour utiliser ce type de nœud, d’où le nom « bowline » en anglais. Assurez-vous que l’œil du nœud de chaise soit suffisamment grand pour permettre un retrait facile de la ligne. Dans les cas où des charges importantes sont prévues, un double nœud de chaise peut être envisagé.
- Le Nœud de Cabestan : Ce nœud d'amarrage, appelé nœud de cabestan, est idéal pour attacher un pare-battage ou pour vous arrimer sur une bitte d'amarrage. Il nécessite une tension maximale, puisque son défaut principal est d'avoir tendance à glisser. Ce nœud est le plus courant que vous pourriez être amené à réaliser sur votre amarre bateau.
Nœuds à Éviter et Astuces
Faire une boucle qui doit se diriger vers l’extérieur, soit vers la droite, et faire passer le courant dans la boucle par le dessous est une technique de nouage simple.Il existe des innovations, comme la technique révolutionnaire inventée par un marin canadien pour amarrer son bateau sans même s’approcher du taquet de ponton. Les tours morts et les demi-clés y sont parfaitement souqués tandis que le lamaneur d’outre-atlantique reste flegmatique face à son exploit technique.
Spécificités de l'Amarrage des Multicoques
Amarrer un multicoque est aussi simple qu'un autre bateau, mais c'est la technique d'amarrage la plus spécifique. La largeur importante impose des points d'ancrage différents, mais la technique reste identique. Le fardage important, le plan anti-dérive souvent réduit, et la multiplication du nombre de coques sont autant de points qui diffèrent des monocoques.
L'Utilisation de la Patte d'Oie
Mal amarré au mouillage, votre bateau se promènera au fil du vent et des courants et zig-zaguera. L'utilisation d'une patte d'oie va limiter fortement ces déplacements. Il faut la considérer comme obligatoire. L'idéal est de disposer d'une patte d'oie spécifique à votre bateau : deux bouts de même longueur, chacun équipé d'une boucle adaptée aux taquets d'amarrage d'avant et des œils (en nautisme on ne dit pas des "yeux" !) pour y fixer une manille.
Plus la patte d'oie sera longue, plus elle sera efficace, mais il n'est pas toujours possible d’installer une grande longueur et il est compliqué d'avoir plusieurs pattes d'oie à bord. Le bon compromis semble se situer lorsque les deux brins de la patte d'oie forment un angle de 60°. Il ne faut pas installer un bout en plus du câblot pour faire une patte d’oie, ni utiliser son pied de mât comme taquet d’amarrage pour éviter d’avoir à sortir la patte d’oie.
Sur un catamaran, la fixation de la patte d'oie se fait sur les taquets d'amarrage des étraves. En cas d'absence, on peut éventuellement se fixer pour un mouillage de courte durée sur les fixations de la martingale, mais ces fixations ne sont pas toujours prévues pour travailler dans ce sens, et vous risquez d'abîmer quelque chose. Fixer une patte d'oie sur un trimaran pose parfois problème, car peu de flotteurs de trimaran sont équipés de taquets. En revanche, ils sont souvent équipés de pontets pour les barbers du bout-dehors, sur lesquels il est possible de fixer la patte d'oie.
Amarrage en Conditions Difficiles et Préparation aux Tempêtes
Préparer un bateau à l’approche d’une tempête est d’une importance capitale pour assurer sa sécurité et celle de vos voisins.
Choisir le Bon Emplacement
- Direction du vent : Considérez la direction prévue du vent et choisissez un emplacement abrité. Les jetées, les gros navires, les bâtiments ou le littoral peuvent servir de barrières efficaces. Si possible, orientez l’étrave du bateau dans la direction du vent attendu pour minimiser la charge.
- Profondeur de l'eau : Assurez-vous que l’emplacement offre une profondeur d’eau suffisante pour éviter que la quille, le safran ou l’hélice ne touchent le fond, surtout si la tempête entraîne une baisse du niveau d’eau.
- Espace libre : Évitez les amarrages dans les passages étroits ou près des ponts qui pourraient canaliser le vent (effet Venturi).
Renforcement de l'Amarrage
Utiliser des amarres supplémentaires est essentiel pour amarrer solidement le bateau et prévenir les balancements incontrôlés ou les collisions avec les jetées ou d’autres bateaux. Il est important d’anticiper, car lors d’une tempête, certaines mesures peuvent devenir difficiles, voire impossibles à mettre en œuvre.
- Gardes montantes et descendantes : Positionnez des gardes montantes et descendantes supplémentaires dans la direction du vent prévue pour maintenir la position du bateau. Celles-ci peuvent être fixées à un autre bollard (en utilisant un canot si nécessaire) ou à terre, et peuvent également être attachées à des navires plus grands si nécessaire. Établissez le contact au préalable.
- Doubler les lignes d’amarrage : Utilisez des lignes d’amarrage doublées à la proue et à la poupe pour sécuriser efficacement le bateau. Ces lignes supplémentaires servent à répartir la charge et à fournir une sécurité supplémentaire. Dans ce cas, il est essentiel d’utiliser des lignes d’amarrage supplémentaires séparées plutôt que de simplement doubler une ligne existante. Si possible, attachez ces lignes à des points différents.
- Nœud de taquet sécurisé : Assurez-vous que vos lignes d’amarrage sont correctement fixées avec un nœud de taquet. Cela empêche les amarres de glisser du taquet de manière inattendue.
Adapter l'Amarrage aux Marées
Les tempêtes peuvent entraîner des fluctuations significatives des niveaux d’eau. Bien ajuster ses lignes d’amarrage en conséquence est impératif. Si vous ne pouvez pas être sur place, assurez-vous à l’avance que quelqu’un puisse gérer cette tâche.
- Utiliser les pare-battages : Utilisez des pare-battages pour établir une barrière de protection entre votre bateau et l’extérieur (quai, bateaux voisins). Positionnez les pare-battages horizontalement devant les bollards ou autres structures verticales.
- Utiliser de longues lignes d’amarrage : Déployez de longues lignes d’amarrage, même dans des positions ou des endroits inhabituelles. Les longues lignes d’amarrage sont préférables aux plus courtes, car elles aident à maintenir un angle de traction relativement plat par rapport au quai.
- Vérifier régulièrement : Surveillez régulièrement le niveau d’eau et apportez les ajustements nécessaires aux lignes d’amarrage pour garantir leur efficacité.
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