Allaitement et plongée sous-marine : guide complet et conseils de sécurité pour les parents

Cet article ne s’adresse pas aux femmes, mais bien aux parents, aux deux parents ! Car disons le d’emblée, il ne s’agit pas d’un problème qui doit être géré juste par les femmes. Nous n’en sommes plus là, n’est-ce pas ? Vous venez d’avoir un enfant ? Une mère peut choisir d’allaiter son enfant tout en menant une vie active, et la question de la plongée pendant l’allaitement vous touchera peut-être dans votre vie de passionné. Aussi, il est intéressant d’être conscient des difficultés et des précautions à prendre. Plongée et allaitement ne sont pas incompatibles, mais demandent une organisation et un souci du bien-être des membres de la famille.

Physiologie de l'allaitement et immersion subaquatique

La plongée sous-marine quelle qu'en soit la modalité (libre, en apnée ou en scaphandre autonome) est compatible avec la poursuite de l'allaitement. Du point de vue de l'enfant, le lait maternel de la mère n'est pas indûment affecté. L’azote absorbé dans les tissus corporels est un composant de la respiration d’air comprimé ou d’autres mélanges gazeux contenant de l’azote. Cette forme d'azote est un gaz inerte et ne joue aucun rôle dans le métabolisme corporel. Bien que l'azote s'accumule dans tous les tissus et fluides du corps, l'élimination après une plongée se produit rapidement. La charge des tissus corporels en azote et autres gaz qui peut se produire pendant la plongée n'affecte pas la qualité du lait.

Il est improbable qu'une arrivée significative de bulles d'azote dans le lait se produise pendant la phase de décompression. Et de toute façon, cela ne représenterait aucun risque pour l'enfant puisque l'intestin contient normalement de l'air avalé, formé à 79 % d'azote qui est un gaz inerte inoffensif. Par ailleurs, les taux de prolactine diminuent de façon transitoire pendant la plongée sans risque d'altération de la lactation. Les données scientifiques montrent que l’azote, circulant des poumons au sang, puis aux tissus, est rejeté petit à petit lors des expirations. Le fait qu’il y ait une absence de risque d’accident de décompression démontré n’équivaut pas à dire qu’il y a une absence de risque tout court. En effet, mieux vaut garder à l’esprit que les seins sont des tissus adipeux ; l’azote aime ce genre de tissu. Dès lors, appliquons d’emblée les principes conservateurs : éviter les plongées successives, remettre à plus tard les plongées engagées… Tout ce qui peut participer à la prévention des accidents de plongée.

Gestion pratique de la poitrine et hygiène pour la plongeuse

Dans le cadre de la plongée et du temps que cela va mettre pour réaliser l’immersion, il est important d’éviter la congestion mammaire. Pour cela il faut penser à tirer le lait un maximum et/ou à allaiter juste avant la plongée. Compte tenu de la pression élevée générée par les combinaisons de plongée (en Néoprène et autres matériaux) et de l'augmentation de la pression pendant l'immersion, il serait judicieux de vider les seins le plus possible avant de plonger (par une tétée ou au tire-lait). Si les conditions ne sont pas favorables, il est préférable de jeter le lait lorsqu’on le tire. Point de vue hygiène, plongée et allaitement ne sont pas incompatibles, mais il convient de nettoyer et sécher convenablement les mamelons après l'immersion en eau salée ou en piscine.

Il convient de préciser que l’allaitement provoque aussi une déshydratation. De ce fait, il faudra être vigilante dans le cadre de la plongée et de l’allaitement à s’hydrater le plus possible. Réhydratez-vous bien après être sorti de l’eau, car la plongée déshydrate naturellement par la respiration d'un air sec et la diurèse d'immersion. Pour les mères porteuses d'implants mammaires, des études menées par le Dr Richard Vann au Duke University Medical Center ont montré qu'il y avait une augmentation insignifiante de la taille des bulles (1 à 4 %) dans les implants salins et en gel de silicone, selon la profondeur et la durée de la plongée. La formation de bulles dans les implants a entraîné une petite augmentation de volume, qui n'est pas susceptible d'endommager les implants ou les tissus environnants. Les implants mammaires remplis de sérum physiologique ont une flottabilité neutre, tandis que les implants en silicone sont plus lourds que l'eau et peuvent modifier la flottabilité et l'assiette dans l'eau.

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Impact de l'exercice physique sur la lactation

Une seule étude a évalué à long terme l'impact de l'exercice physique chez des femmes allaitantes (Dewey et al, 1994). Entre 6 et 8 semaines, des femmes ont été réparties par tirage au sort en deux groupes : un groupe témoin et un groupe pratiquant régulièrement un exercice physique modéré pendant douze semaines. Il n'y avait aucune différence entre les deux groupes pour ce qui était de la composition du lait ou de la croissance de l'enfant. Plusieurs études ont évalué l'impact à court terme de l'exercice physique. L’une d’elles avait cru constater que l'enfant consommait moins de lait pendant une tétée qui suivait une séance d'exercice, attribuant ce fait à l'acide lactique présent dans le lait. Cependant, d'autres études ont montré que si le taux lacté d'acide lactique est effectivement plus élevé après un exercice intense, ce n'est pas le cas après un exercice modéré.

Elles n'ont constaté aucun impact sur la prise du sein par l'enfant ou la quantité de lait, que l’exercice ait été modéré ou intense. Une autre étude encore n’a trouvé aucun impact de l’exercice physique même intense sur le taux lacté des principaux minéraux comme le phosphore, le magnésium, le sodium et le potassium. Environ 7 % de mères qui allaitent font état de difficultés d’allaitement après un exercice physique intense, difficultés tout ce qu’il y a de temporaire, uniquement à la première tétée après la séance d’exercice. Mais il est sûr qu’un exercice modéré et régulier n’a que des avantages et aucun inconvénient. On considère dans l'ensemble qu'il est préférable de ne pas perdre plus de 2 à 3 kg par mois pendant l'allaitement, et que la combinaison régime et exercice physique est préférable au seul régime.

La grossesse : une contre-indication formelle et risques fœtaux

Enceinte, l’eau est un élément très prisé pour soulager le corps des sensations de pesanteur, mais aussi l’esprit. Ce n'est pas un hasard si une méthode de préparation à l'accouchement aquatique existe ! Seulement la grossesse est une contre-indication à la pratique de la plongée. Quel que soit le stade de la grossesse, la plongée est déconseillée aux femmes enceintes. Oui, même si vous êtes débutante et souhaitez « seulement » faire une initiation. Sur son site, la médecine du sport est formelle concernant la plongée sous-marine. Elle indique qu’il existe des risques sur la circulation materno-fœtale et qu’une mort foetale peut survenir, soit à l’occasion d’embolies gazeuses chez le foetus lors d’une remontée trop rapide de la mère qui n’aurait pas respecté les paliers de décompression, soit du fait d’hématome rétro-placentaire dû à l’accumulation de bulles.

Plus une future maman plonge en profondeur, plus la pression exercée par l’eau sur ses organes et ses liquides est forte. L’air respiré pendant une plongée comprend une grande majorité d’azote. Sous l’eau, il s’accumule, circulant des poumons au sang, puis aux tissus. Rapidement, il parvient donc au fœtus via son placenta. Si les paliers de décompression ne sont pas respectés, un accident de décompression peut survenir. Et si la future mère le ressent et peut l’identifier, il est impossible pour elle de savoir si son bébé est lui aussi face à un accident de décompression. La plongée sous-marine favorise l’embolie gazeuse du fœtus. Il s’agit d’une bulle de gaz qui pénètre dans les artères ou les vaisseaux sanguins et l’obstrue. Quant à la pression sur le placenta, elle perturbe les échanges mère-enfant. Le bébé reçoit alors moins d’oxygène, ce qui peut avoir un impact sur son développement cérébral. De plus, lorsque la pression est trop grande, un caillot de sang peut se former entre le placenta et l’utérus, ce qui décolle le placenta. Enceinte, l’apnée n’est pas recommandée non plus, en raison des conséquences sur la circulation de l’oxygène et des gaz dans le sang. La pratique palme-masque-tuba (PMT) ne présente aucune contre-indication tant que vous n’en profitez pas pour plonger en apnée.

Reprise de la plongée après l'accouchement

La plongée, comme tout autre sport, exige un certain degré de conditionnement et de forme physique. Cet évènement est très important dans la vie d’une femme physiquement bien entendu, mais psychologiquement également. Après un accouchement par voie basse, les femmes peuvent généralement reprendre une activité légère ou modérée dans un délai d'une à trois semaines. Les obstétriciens recommandent généralement d'éviter l'immersion pendant 21 jours après l'accouchement. Cela permet au col de l'utérus de se refermer, réduisant ainsi le risque d'introduction d'une infection dans les voies génitales. Pour des raisons obstétricales, il est recommandé d'attendre 3 à 4 semaines après un accouchement par voie vaginale pour reprendre la plongée.

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Après une césarienne, la cicatrisation de la plaie doit être incluse dans l'équation. La plupart des obstétriciens conseillent d'attendre au moins quatre à six semaines, voire huit semaines, après ce genre d'accouchement avant de reprendre une activité complète. Toute complication médicale modérée ou grave de la grossesse - comme les jumeaux, le travail prématuré, l'hypertension ou le diabète - peut retarder davantage le retour à la plongée. Le repos prolongé au lit dans ces cas peut avoir conduit à un déconditionnement profond et à une perte de capacité aérobique et de masse musculaire. S'occuper d'un nouveau-né peut interférer avec les tentatives d'une femme de retrouver sa force et son endurance. La force, la condition physique générale et le bien-être devraient revenir à la normale avant de s'immerger à nouveau.

Santé gynécologique, cycle menstruel et sécurité

Les femmes de tous âges ont des besoins uniques en termes de santé générale. Par exemple, dans le cas de l'endométriose, le tissu endométrial subit des saignements cycliques. Parce que l'endométriose peut provoquer une augmentation des saignements et des crampes, la plongée peut ne pas être dans le meilleur intérêt d'une femme lorsqu'elle présente des symptômes graves. Concernant la menstruation, are women at greater risk of experiencing decompression illness (DCI) while menstruating? Théoriquement, il est possible que, en raison de la rétention d'eau et du gonflement des tissus, les femmes soient moins aptes à se débarrasser de l'azote dissous. Une étude rétrospective a révélé que 38 % des plongeuses ayant subi un accident de décompression avaient leurs règles au moment de l'accident.

De plus, 85 % des femmes prenant des contraceptifs oraux avaient leurs règles au moment de l'accident, ce qui suggère que ces dernières pourraient courir un risque élevé de maladie de décompression pendant cette période. Il peut être conseillé aux femmes ayant leurs règles d'adopter une conduite plus prudente : faire moins de plongées, des plongées plus courtes et moins profondes. Les contraceptifs oraux peuvent augmenter la susceptibilité d'un plongeur au mal de décompression (DCS) en raison des changements hormonaux qui peuvent réduire le tonus veineux et augmenter la rétention d'eau. Les symptômes du syndrome prémenstruel (PMS) comme l'irritabilité, la fatigue ou la baisse de vigilance sont aussi à prendre en compte. Les recherches ont montré que les accidents en général sont plus fréquents chez les femmes pendant le PMS. Si les femmes souffrent de syndrome prémenstruel sévère, il peut être sage de plonger de manière conservatrice pendant cette période.

Organisation familiale et partage de la passion

Si le papa ou la compagne ne plonge pas, il est facile de gérer la situation en leur laissant la charge du nouveau-né pendant que la maman plonge. C’est le cas de figure le plus favorable. Si le papa ou la compagne plonge, pour favoriser cette activité il faudra mettre tout en place ensemble pour bébé. Ceci, afin que la maman puisse continuer la plongée. Durant notre échange, Stéphanie mentionne le cas de cette jeune maman qui disait qu’elle n’avait pas plongé pendant près d’un an. De ce fait, elle trouvait juste que ce soit le tour de son mari de plonger moins ou pas du tout. C’est assez sympa comme vision des choses.

Prendre soin d'un nouveau-né demande une organisation et un souci du bien-être de tous. Reléguer la charge mentale au second rang, au profit des poissons et fonds marins, séduit beaucoup de jeunes mères, mais cela nécessite une logistique bien huilée. Il est indispensable de ne jamais pratiquer la plongée seul. Informez un proche de votre mise à l’eau, de votre heure prévue de retour en sécurité ainsi que du site de plongée. Plongez toujours au minimum en binôme, que vous soyez des plongeurs débutants ou un peu plus expérimentés, c’est la règle pour que la pratique de la plongée se déroule en toute sécurité. N'oubliez pas : vous portez la vie, ou vous en avez la responsabilité, et cela doit être prioritaire.

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Cadre légal, niveaux et équipements de plongée

Le code du sport encadre la pratique de la plongée et précise les aptitudes requises en fonction de 5 niveaux. Le Niveau 1 permet de plonger encadré jusqu’à 20 m. Le Niveau 2 permet d'être encadré jusqu’à 40 m et autonome jusqu’à 20 m. À partir du Niveau 3, le plongeur est autonome jusqu’à 60 m avec accord du directeur de plongée. Le Niveau 4 correspond au guide de palanquée et le Niveau 5 au directeur de plongée. Pour débuter, il est seulement recommandé d’effectuer une pratique sportive régulière et de savoir correctement nager. Hormis pour le baptême, il est nécessaire de fournir un certificat médical délivré par votre médecin de famille ou un spécialiste agréé par la FFESSM.

L’équipement indispensable comprend le trio PMT (palmes, masque, tuba), un détendeur pour respirer sous l'eau, et une combinaison adaptée à la température. Pour les eaux froides (inférieures à 12° C), une combinaison étanche est nécessaire. Pour les eaux tempérées (12 à 26° C), on utilise une semi-étanche ou une 7 mm. Pour les eaux chaudes, une humide de 3 ou 5 mm suffit. Le gilet stabilisateur assure l'équilibre et fixe la bouteille. Un ordinateur de plongée est obligatoire à partir du niveau 2 pour fournir des informations sur la profondeur et la décompression. Si vous prenez un bateau, il est impératif de hisser un pavillon indiquant que des personnes sont en plongée : le pavillon Alpha (bleu et blanc), le pavillon rouge à diagonale blanche ou la croix de Saint-André. Ces pavillons obligent les autres usagers à passer à une distance minimum de 100 mètres.

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