Naviguer au Long Cours : L'Aventure des Alizés, l'Héritage de Moitessier et les Routes Modernes

Le monde de la voile est un univers de passion, d'endurance et de quête de liberté, où le marin se mesure aux éléments et à lui-même. Que ce soit au travers de l'exigeante Longue Route, un hommage aux pionniers, ou lors de transats compétitives comme la Transquadra Martinique, ou encore à bord de voiliers de plaisance modernes offrant un confort exceptionnel, la navigation au long cours reste une aventure fascinante. Au cœur de ces périples, les alizés, ces vents constants et puissants, jouent un rôle prépondérant, façonnant les itinéraires et influençant le quotidien des navigateurs. Comprendre leur fonctionnement et leur impact est aussi crucial que de maîtriser les technologies de routage avancées ou de préparer minutieusement son embarcation pour les défis de l'océan.

La Longue Route : Un Tour du Monde dans l'Esprit de Bernard Moitessier

L'aventure de la Longue Route est bien plus qu'une simple circumnavigation ; c'est un pèlerinage maritime, un acte de foi envers une philosophie de la navigation. Reprenant la devise du regretté Guy Bernardin, initiateur de la Longue Route 2018, "Prendre plaisir à naviguer par les 3 caps australs", cette épopée se définit comme un tour du monde à la voile sans notion de course. Elle s'effectue en solitaire, sans escale et sans assistance, à bord d'un voilier n'excédant pas les 52 pieds, et sans contrainte sur les équipements embarqués, avec un départ exigé au-dessus du quarante-cinquième parallèle.

L'édition 2024 de la Longue Route a pour but manifeste de créer une communauté de marins, hommes et femmes, unis par la réalisation du rêve de leur vie. Ce périple est profondément ancré dans un hommage à Bernard Moitessier, immense marin, écrivain et philosophe, qui a inspiré les grands voyages pour bon nombre d’entre nous. Il aurait eu 100 ans en 2025, et les organisateurs de la Longue Route auront à cœur d’honorer sa mémoire au retour des navigateurs. Pour participer à cette aventure singulière, il n’est pas exigé une catégorie de voilier spécifique, une bonne préparation s'avère amplement suffisante. Pour information, un Océanis 43 de série a très bien supporté ce périple de 2018 et 2019, attestant de la viabilité de bateaux de production bien préparés. Le nouveau staff pour la version 2024, fort d'une expérience très enrichissante acquise lors de la première Longue Route, s’engage à accompagner les participants depuis leur inscription jusqu’à la fin du périple, et même à faire perdurer une cohésion de groupe pendant de longues années. Le grand départ de Lorient est fixé au 11 août 2024, promettant une nouvelle page d'histoire maritime.

Parmi les skippers qui s'apprêtent à relever ce défi monumental figurent des noms tels qu'Eymeric Maiffrédy, Eric Beauvilain, Alain Bourgeois, Pierre-André Huglo, Pierre Novelli, et Alfonso Pascual. Des marins comme Monika Matis se distinguent par des projets audacieux, Monika fabriquant son catamaran en contreplaqué époxy sur plan Wharram de 38 pieds, en version écolo sans énergie fossile, soulignant une démarche en phase avec une pensée écologique. D'autres inscrits notables incluent Tony Curphey, Dominique Lissillour, Frédéric Switala, Pierre-Henry Mahul et Susanne Huber-Curphey, chacun apportant sa propre histoire et sa motivation à cette "Longue Route". Les souvenirs de l'édition 2018 restent vifs, avec des figures comme Gilles Huot sur Peregrina, Manu Wattecamps-Etienne sur La Céleste, et Pierre-André Huglo sur Fresh Herring. Des retrouvailles mémorables se sont tenues au Bono le week-end du 21 juin 2019 pour commémorer l'arrivée de Bernard Moitessier à Papeete après sa propre Longue Route.

L'Héritage Impérissable de Bernard Moitessier et l'Appel du Large

L'origine de l'esprit qui anime la Longue Route trouve sa source dans un événement légendaire de 1968. Bernard Moitessier participe alors au Golden Globe Challenge, une course autour du monde en solitaire et sans escale dotée de 5000 livres sterling par le Sunday Times, somme considérable pour l’époque. À bord de "Joshua", son ketch en acier de 39 pieds (soit 12 mètres) avec bout dehors, il démontre des talents de navigateur hors pair. Après avoir passé le cap Horn, et alors qu’il est en tête de la course sans même le savoir et en excellente position pour gagner, il prend une décision qui allait marquer l'histoire de la voile. Il choisit de continuer sa route vers la Polynésie "parce que je suis heureux en mer et peut-être pour sauver mon âme", abandonnant ainsi toute chance de victoire. Son geste, incompris de beaucoup à l’époque, notamment avant la publication de son récit, le fit ensuite considérer comme un guide et un maître à penser pour plusieurs générations de navigateurs et de voyageurs. Sa décision est également à la naissance d’un courant de pensée écologique chez de nombreux marins, prônant une harmonie plus profonde avec la nature. Son œuvre majeure, "La Longue Route", publiée chez Arthaud, est devenue un classique incontournable de la voile et de la littérature d’aventure, un véritable livre de chevet pour de nombreux navigateurs à travers le monde.

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La Météorologie des Grands Océans et le Régime des Alizés

Pour les skippers engagés dans des tours du monde ou de longues transats, la connaissance des modèles météorologiques mondiaux qui régissent les différents océans est sans aucun doute un sujet qu'ils doivent étudier en profondeur. Les principaux océans de la planète sont l’Atlantique, l’Indien, le Pacifique, l’Arctique et l’Antarctique. Deux d’entre eux, les océans Atlantique et Pacifique, partagent des caractéristiques météorologiques similaires, une observation qui s'étend également à l'Océan Indien, du moins dans sa partie méridionale.

Pour les marins, notamment ceux participant à des défis comme la Global Solo Challenge (GSC) ou la Longue Route, ils seront principalement affectés par la ceinture dominante de vent d’ouest des mers du Sud, et par les différentes zones météorologiques de l’Atlantique, tant dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud. Une fois les bateaux et les skippers immergés dans l’Atlantique Sud, après avoir laissé l’équateur derrière eux et avec Fernando de Noronha droit devant, il y aura de nombreux milles à parcourir avec les alizés du Sud-Est. Ces moments seront propices à la réflexion - sur le bateau, en mer, avec eux-mêmes - sur les défis à relever dans ce monde dont ils veulent faire le tour. Les préoccupations concernant les océans Indien et Pacifique sont souvent laissées pour plus tard ; il y a déjà beaucoup à penser dans l'Atlantique.

L’Atlantique est divisé en zones climatiques distinctes en fonction de la latitude. La plus septentrionale est une zone de vents d’ouest, puis vient immédiatement au sud de celle-ci une zone de vents variables, et enfin, encore plus au sud, la zone des alizés du Nord-Est. Ces zones sont situées dans l’hémisphère nord. Au sud des alizés du Nord-Est se trouve la zone de convergence intertropicale (ZCIT), souvent appelée le pot au noir, caractérisée par des vents faibles et imprévisibles, et de fortes pluies. Une fois arrivé dans l’hémisphère sud et passé la ZCIT, les navigateurs entrent dans la zone des alizés du Sud-Est, suivie plus au sud par une nouvelle zone de vents variables.

L'équilibre des vents dans l'Atlantique est largement influencé par deux grands anticyclones bien établis dans les deux hémisphères : celui des Açores au nord et celui de Sainte-Hélène au sud, chacun générant ses propres alizés. L’anticyclone des Açores "tourne" dans le sens des aiguilles d’une montre, créant ainsi les alizés du Nord-Est dans l’hémisphère nord. Inversement, celui de Sainte-Hélène "tourne" dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, générant les alizés du Sud-Est dans l’hémisphère sud.

Pour les voiliers de la GSC partant de La Corogne, le parcours initial les mène à naviguer dans la zone des vents variables, puis à "descendre" vers les alizés du Nord-Est. Ils devront ensuite traverser la ZCIT et l’équateur pour entrer dans la zone des alizés du Sud-Est. Leur route les conduira aux environs de Fernando de Noronha, au large du Brésil, avant de se diriger vers Tristan da Cunha, où ils entreront dans la zone de vents variables de l’hémisphère sud, et ensuite vers le Cap de Bonne-Espérance. Une fois ce cap emblématique passé, l’Atlantique sera alors à leur poupe, marquant une étape cruciale de leur circumnavigation.

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Une partie importante du tour du monde des participants à la GSC, et très certainement la plus agréable en termes de confort de navigation, sera sans aucun doute le temps passé à naviguer dans les alizés. Les "Trade Winds", comme les ont nommés les Anglais, signifient littéralement "Vents du commerce", un nom évocateur du rôle historique que ces vents ont joué en facilitant les routes commerciales empruntées par les magnifiques grands voiliers du passé. Les limites des alizés et de la zone de convergence intertropicale ne sont pas fixes ; elles se déplacent vers le nord et le sud au fil de l'année, modifiant à la fois leur taille et leur position en latitude. Ce mouvement est étroitement associé au déplacement apparent du soleil du nord au sud durant l’année.

La météorologie qui accompagne les alizés est généralement caractérisée par des vents stables qui oscillent entre force 4 et 5 sur l’échelle de Beaufort. Rarement, bien que cela ne soit pas improbable, ces vents peuvent augmenter jusqu’à des intensités supérieures à force 7. Le ciel est normalement dégagé, orné d'amas de cumulus à l’horizon, les températures sont agréables et la pression atmosphérique reste stable, avec une légère marée barométrique toutes les 12 heures. Cependant, si le baromètre oscille à un niveau plus prononcé ou s’arrête, c’est généralement un signe de l’approche ou de la formation d’une tempête tropicale, un avertissement que tout marin doit prendre très au sérieux. Il est toujours agréable pour un voilier d’être accompagné par ces vents, non seulement pour leur régularité et le temps agréable qui les caractérise, mais aussi parce qu’ils sont favorables et emmènent les bateaux sur le bon cap, optimisant ainsi leur progression.

L'Art du Routage : Quand les Alizés Guident, ou non, la Stratégie Maritime

L'optimisation des routages est une discipline complexe, essentielle pour la performance et la sécurité en mer. Dans l'article sur l’optimisation des routages avec Diego de Miguel, il a été souligné que pour réaliser une transatlantique, la route plongeant au sud pour rattraper les Alizées était privilégiée. Le module de routage TIMEZERO, un outil précieux pour les navigateurs, prend en compte pour calculer la meilleure route possible, le style de navigation, les polaires de vitesse du voilier et les données météorologiques. Cependant, il est important de noter que la route proposée par notre Ambassadeur passant par le sud et les Alizées n’est pas forcément toujours optimale.

Pour illustrer cette complexité, deux cas de figures différents ont été examinés, basés sur un tracé entre les îles Canaries et la Martinique. Deux routages ont été réalisés à des périodes différentes, avec des réglages de routage identiques (forces maximales et minimales de la force du vent, hauteurs maximales et minimales de vagues, polaires de vitesses similaires), partant du principe que le style de navigation est strictement le même. Lorsque l’on lance un routage, le logiciel TIMEZERO propose souvent de passer sur la route des Alizées, c’est-à-dire de longer la côte mauritanienne sans pour autant descendre jusqu’au Cap Vert. Le tableau « Détail de la Route » affiche toutes les informations relatives à la traversée. Dans un cas de figure de route vers le sud, le logiciel a proposé de passer par 77 waypoints, indiquant, selon les prévisions et le calcul effectué par l’algorithme TIMEZERO, une arrivée à la Martinique le dimanche 29 avril à 20h52. Le routage dynamique montre qu'en fonction des vents, pressions, vagues et courants, il faudra changer de cap vers l’ouest au bout du deuxième jour de navigation. Dans un autre exemple, le tableau « Détail de la Route » indiquait une route composée de 57 waypoints. Cet exemple démontre clairement qu’en fonction des données météorologiques, le routage TIMEZERO peut créer des itinéraires distincts pour une même route, et que la route des Alizées n’est pas toujours la meilleure option.

Il est intéressant de noter que la route nord n’est pas sans rappeler celle effectuée par Christophe Colomb lors de son premier voyage en 1492. C’est lors de ses traversées suivantes que l’explorateur emprunta des routes plus au sud, notamment durant son deuxième voyage en 1493, une évolution des pratiques de navigation qui illustre la recherche constante d'optimisation. Pour plus d’information sur le module Routage TIMEZERO et son fonctionnement, un tutoriel vidéo est généralement disponible.

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Les Voiliers de Compétition et leurs Préparations : L'Exemple de la Transquadra Martinique

La préparation d'un voilier pour une course au large est une tâche exigeante et minutieuse, où chaque détail compte. Les solitaires et les doubles de la Transquadra Martinique sont ainsi (presque) parés pour attaquer la deuxième étape de cette transat en solitaire ou en double, qui conduira les 85 monocoques (jaugés en IRC) de Madère jusqu’au Marin en Martinique. L'ambiance à bord des bateaux est souvent révélatrice de l'intensité de la préparation. Quand on entre dans le JPK 960 de Jean-Claude Paturel, on tombe sur un drôle de capharnaüm, et il en va de même, forcément, sur tous les autres bateaux de la flotte de cette 9e Transquadra. Sur la table à cartes, une feuille volante où est inscrite une très longue liste de « choses à faire avant le départ ». Tout n’est pas encore barré, il reste un peu de travail d’ici au coup de canon.

Jean-Claude Paturel, qui vient d’avoir 55 ans, incarne l'esprit de cette course pour amateurs. Cette transat en solitaire, il en rêve depuis longtemps, depuis qu'il a vu le premier départ de la Route du Rhum en 1978, à l'âge de 15 ans, se disant alors : "un jour je ferai ça". L'intérêt pour la Transquadra est venu dès ses 40 ans, cette épreuve ayant la particularité d’être strictement réservée aux amateurs âgés de plus de 40 ans. Après avoir failli courir l’édition précédente (2014-2015) en double, il est finalement parti en solo sur son JPK baptisé Marélia. Bien que ce soit son premier bateau personnel, il n'est pas un débutant, ayant une connaissance approfondie de la régate et de la course au large. Il a notamment couru en solitaire la dernière Pornic-Baïona, une transgascogne, pour sa qualification à la transat. Malgré une certaine déception par son résultat sur la première étape de cette Transquadra (disputée en juillet dernier), il avait apprécié la navigation et se fixe désormais pour objectif de terminer entre la 6e et la 10e place. Quarante ans qu’il rêve de transat en solitaire, et Jean-Claude Paturel, ici à l’intérieur de son JPK 960 Marélia, ne cache pas sa satisfaction d’être au départ.

Les craintes des skippers sont multiples et fondées sur l'expérience. Ce qu’il redoute le plus pour cette deuxième étape ? La casse matérielle, évidemment. Un démâtage au premier tiers de la course est une éventualité terrible. Bien qu'il estime que le bateau soit bien préparé, la prudence reste de mise, car on n’est jamais à l’abri des aléas. Jean-Claude, en tant qu'ingénieur pour la branche marine du Bureau Veritas, travaillant sur des programmes informatiques pour le calcul de structure, a une approche réaliste de ces problèmes. Cependant, il craint aussi beaucoup les redoutables sargasses, ces algues très envahissantes qui avaient considérablement gêné la progression des bateaux lors de l’édition précédente de la course, en 2015. Sur les cartes, elles ont l’air d’être très au Sud, mais si à un moment la route optimale passe par là, la situation pourrait devenir complexe. Gérer cela en solo doit être encore plus difficile qu’en double. Les sargasses sont devenues une préoccupation centrale pour tous les coureurs. Les données satellites, pour utiles qu’elles soient, n’en constituent pas moins un paramètre supplémentaire qui complique encore les réflexions autour des routages issus des algorithmes d’Adrena, logiciel le plus utilisé par les concurrents, même s’il en existe d’autres. D’autant qu’il est assez difficile d’évaluer précisément la perte de vitesse induite, car tout dépend du nombre de fois par jour - ou par heure - où les algues s'accrochent.

La préparation des voiles est également cruciale. Sur les quais de la marina de Quinta do Lorde, à la pointe orientale de l’île de Madère, on croise de nombreux régatiers les bras chargés de spis : lourds, légers, médiums, ou code 5 (spi de largue et/ou de gros temps). Ces voiles si précieuses font l'objet d'ultimes retouches et vérifications, car pour une transat au portant, leur efficacité est primordiale. Les participants partent en général avec trois ou quatre spis (selon les choix liés à l’optimisation du rating), mais ils savent qu’il en manquera peut-être un ou deux à l’arrivée, signe de l'intensité de la course. On croise aussi Paul, une sorte de gourou de l’épreuve, l'expert de chez NKE, l’homme qui murmure à l’oreille des pilotes et qui vient apporter quelques conseils pour le paramétrage des calculateurs électroniques, éléments vitaux pour la navigation moderne.

La Transquadra Martinique rassemble une grande famille de 147 concurrents. Ils courent en solitaire ou en double, et sont partis de Lorient ou de Barcelone. La flotte compte au total 85 bateaux, dont 60 menés en double et 25 en solitaire. Sur le plan purement sportif, il y a deux classements sur cette épreuve. Pour la première étape, certains concurrents ont pris le départ de Barcelone, et d’autres, plus nombreux, de Lorient. Bien que les deux flottes n’en forment plus qu’une pour la deuxième étape entre Madère et la Martinique, deux classements généraux sont établis en fonction du port de départ initial : la « Transquadra Atlantique » et la « Transquadra Méditerranée ». Le calcul se fait par addition des temps compensés des deux étapes, et non au nombre de points.

Chez les solitaires de la Transquadra Atlantique, le match le plus attendu opposera le constructeur Jean-Pierre Kelbert sur son JPK 10.80 3DDI alias Léonau, au surprenant Alexandre Ozon, qui a remporté la première étape sur un bateau très planant et peu connu, un Bepox 990, sorte de luge en contreplaqué dessinée par David Réard. Chez les doubles, partis de Lorient, le JPK 1010 Ogic, mené par Pascal Chombart de Lauwe et Fabrice Sorin, va tenter de conserver son avantage après sa victoire sur la première étape. La traversée devrait être rapide mais aussi sportive, nécessitant beaucoup d’eau… en attendant le rhum de la Martinique à l'arrivée. Du côté des duos de la Transquadra Méditerranée, l'attention se portera sur le duel opposant deux Sun Fast 3200 : celui d’Eric Gilbert et Walden Bonpaix (Flash), et celui de Blandine et Jean Rodelato (Williwaw), qui avaient terminé en tête de la première étape, dans cet ordre. Enfin, du côté des solitaires partis de Barcelone, seulement trois bateaux étaient en lice, dont deux Pogo 30 (qui avaient pris la 1ere et la 3e place à l’arrivée à Madère) et un A35. Ce dernier est mené par Frédéric Ponsenard, qui a malheureusement arraché quelques chandeliers et un peu de gel-coat côté tribord lors d’une sortie d’entraînement, suite à une collision.

Les conditions prévues pour le départ de la deuxième étape de la Transquadra en milieu d’après-midi mettent en évidence l’énorme dévent généré par l’île de Madère, une montagne culminant à 1 862 mètres posée au milieu de l’Atlantique. Les prévisions météo pour les premiers jours de course laissent augurer un début de traversée plutôt rapide, avec la possibilité, pour les plus rapides, de traverser en moins de 13 jours et 18 heures, ce qui correspond au record de la course datant de 2003. Comme souvent, les skippers devront choisir entre une route orthodromique où le vent est sans doute un peu moins bien établi, et une route plongeant d’emblée vers le Sud, plus longue de 200 ou 300 milles, mais où l’alizé est plus stable et puissant, avec en bonus la possibilité de se dégager rapidement du gigantesque dévent de Madère.

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