La navigation, qu'elle soit vécue à travers la douceur d'une croisière intimiste ou l'audace d'une expédition lointaine, incarne une aspiration profonde à la liberté et à la découverte. Au cœur des vastes étendues maritimes et fluviales, une croisière sur un voilier se présente comme une expérience véritablement unique, offrant une immersion profonde dans l'élément marin et une reconnexion avec la nature. C’est précisément cette singularité qui rend la navigation si unique et si aventureuse, transformant chaque voyage en une quête personnelle de découverte et de sérénité. Loin des itinéraires conventionnels et des foules massives, le voilier promet une évasion authentique, où le rythme est dicté par le vent et les vagues, et où chaque port d'escale révèle des trésors insoupçonnés. Il y a une destination qui plaît à tout le monde, qu'il s'agisse de calanques isolées aux eaux cristallines ou de ports historiques empreints de légendes, le monde de la voile ouvre des horizons infinis pour chaque explorateur des mers. Pour ceux qui aspirent à une intimité préservée et à des rencontres enrichissantes, le concept de la croisière en petit groupe s'impose comme une option privilégiée. Et vivre une expérience de navigation unique, loin de l'anonymat des grands paquebots, c'est ce que recherchent de nombreux passionnés et néophytes. Cette quête d'authenticité se manifeste de diverses manières, allant des offres de croisières exclusives sur des navires à taille humaine à des projets ambitieux de circumnavigation portés par des valeurs humanitaires, sans oublier les défis quotidiens de la navigation professionnelle et les opportunités de loisirs sur des voies navigables intérieures comme le Rhin à Bâle.
Croisières Exclusives en Voilier : L'Art de Naviguer en Petit Comité
Pour les voyageurs en quête d'une expérience maritime véritablement distincte, plusieurs compagnies se spécialisent dans les croisières à bord de voiliers qui privilégient l'intimité et l'aventure. Ces offres s'adressent à ceux qui désirent une immersion plus profonde dans l'univers de la navigation, loin des sentiers battus.
Parmi ces acteurs, Sea Cloud se distingue en proposant une expérience de navigation unique avec un petit nombre de passagers. Cette compagnie maritime dispose de 3 navires uniques, chacun conçu pour permettre de vivre une expérience privilégiée, loin des foules. La promesse est celle d'une aventure où le service personnalisé et l'ambiance exclusive sont au cœur du voyage. Plusieurs cabines sont disponibles sur ces voiliers, offrant un confort raffiné dans un cadre authentique, invitant à la détente et à la contemplation des paysages marins. Le caractère intime de ces navires favorise les échanges et les rencontres, créant une atmosphère conviviale et mémorable entre les passagers.
Une croisière avec Star Clippers offre, elle aussi, une expérience totalement différente, en mettant l'accent sur la découverte de destinations pittoresques et la liberté en mer. Ces voiliers permettent de profiter de ports pittoresques, de magnifiques baies préservées et d’une ambiance de navigation décontractée et authentique. L'un des attraits majeurs de Star Clippers réside dans la possibilité pour les passagers de participer à la navigation quand ils le souhaitent, s'initiant aux rudiments de la voile ou simplement en admirant le travail de l'équipage. Cette interaction crée un lien particulier avec le navire et le voyage. L'aspect international est également un point fort : les autres passagers, comme les membres de l’équipage, viennent des quatre coins du monde, enrichissant l'expérience par la diversité culturelle. Bien que la langue principale à bord soit l’anglais, un souci d'accessibilité est manifesté par le fait que le commissaire de bord traduit tout aussi facilement en français, en allemand et en italien, assurant ainsi que chacun se sente à l'aise et informé tout au long de la croisière.
Quant à Windstar, l'approche est également celle d'une croisière en voilier qui n'est pas une croisière comme les autres. Leurs navires, capables d'accueillir entre 148 et 342 personnes, conservent une taille humaine permettant une exploration plus approfondie des destinations. Ces petits navires naviguent vers les plus belles baies et les plus beaux ports, inaccessibles aux géants des mers, offrant ainsi des escales exclusives et des panoramas à couper le souffle. L'excellence du service est une priorité constante : à tout moment de la journée, l’équipage est à votre disposition pour vous offrir son service primé sans précédent, garantissant une attention personnalisée et un confort optimal. Un fait unique chez Windstar est l'opportunité offerte aux passagers d'apprendre à naviguer avec le capitaine et les officiers, transformant la croisière en une véritable expérience d'apprentissage et de partage. De plus, toutes les boissons non alcoolisées sont incluses, contribuant à une expérience sans souci et entièrement axée sur le plaisir de la découverte et de la détente en mer. Ces différentes compagnies illustrent parfaitement la richesse et la diversité des croisières en petit voilier, chacune offrant une interprétation unique de l'aventure maritime.
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Le Catamaran Twiny : Un Tour du Monde Humanitaire et l'Engagement de Ronan Balès et Daniel Audier
Au-delà des croisières organisées, l'esprit d'aventure et la passion pour la voile se concrétisent également à travers des projets personnels d'envergure, souvent porteurs de sens. C'est le cas du catamaran Twiny, dont l'histoire et l'ambition illustrent parfaitement l'alliance entre le défi nautique et l'engagement humanitaire. Basé à Arzal (Morbihan), le catamaran Twiny a largué les amarres pour un tour du monde de 3 ans, une aventure qui mêle la passion de la navigation à un objectif altruiste. Le bateau embarquera des équipages dans un but humanitaire, transformant chaque étape en une opportunité de contribution et de partage.
Ce projet est le fruit de la vision et de l'engagement de Ronan Balès (à gauche) et Daniel Audier, les propriétaires du voilier. Leur rencontre et leur ambition commune ont donné naissance à cette odyssée. C’est l’histoire de Twiny, un catamaran, par définition un bateau à 2 coques, qui se trouve être le sistership ou navire-jumeau de Banana Split, le célèbre bateau du chanteur Antoine. Cette parenté ajoute une dimension culturelle et historique au projet. Construit en 1993, ce catamaran a été immatriculé à La Rochelle et il est basé à Arzal (Morbihan), point de départ et de retour de son périple. Le voilier a largué les amarres pour un tour du monde début juillet 2025, marquant le début d'une aventure qui s'étendra sur plusieurs années. Avant son grand départ, nous avons rencontré avec ses propriétaires, qui ont partagé les détails de cette entreprise audacieuse.
Ronan Balès, co-propriétaire du bateau avec Daniel Audier, confie des informations techniques et historiques essentielles sur Twiny. « C’est un catamaran en alu de 41 pieds (12m60) sur 6,5 m de large », précise-t-il, soulignant la robustesse et les dimensions généreuses de l'embarcation. Il ajoute une anecdote intéressante : « Celui d’Antoine est le numéro 2, le nôtre est le numéro 8 », situant ainsi Twiny dans la série de ces catamarans renommés. Ronan Balès est un Breton originaire de Quimper et son parcours témoigne d'un engagement de longue date dans le monde de la voile, ayant été président du Club de voile Dassault à Saint-Cloud. Son associé, Daniel Audier, est lui originaire de Férel, ancrant ainsi le projet dans des racines locales fortes.
Le retour de Twiny est prévu en 2028, après une circumnavigation méthodique. Twiny est parti le 2 juillet d’Arzal, avec en prévision un itinéraire soigneusement planifié. L'odyssée comprendra 14 étapes en 2025/2026 dans l’Atlantique, 13 étapes dans le Pacifique et 3 étapes dans l’Océan indien. Le retour dans l’Atlantique se fera par Salvador de Bahia, au Brésil, en 6 étapes supplémentaires. Au total, ce sont 35 étapes qui jalonneront ce tour du monde, et pour chaque étape, 35 équipages différents se succéderont à bord, une organisation logistique impressionnante. Par leurs nombreux contacts, notamment auprès de clubs de voile, le réseau d’entreprises aéronautiques qu’ils ont créé et par le challenge Safran, Ronan Balès et Daniel Audier n’ont eu aucune difficulté à trouver les équipages nécessaires pour cette aventure.
Pendant ces 3 ans de voyage, pas moins de 200 équipiers vont se succéder à bord de Twiny, avec quelquefois des recoupements entre les différentes étapes. L'organisation à bord est pensée pour la sécurité et l'apprentissage : ils vont naviguer à six personnes, trois chefs de quart pouvant assurer de nuit et trois équipiers qui peuvent être débutants quand les chefs de quart sont expérimentés. Ce système permet à la fois d'assurer une veille constante et de former de nouveaux marins. Sauf exception, il n’y aura jamais plus de six personnes à bord, garantissant ainsi le confort et l'intimité nécessaires pour une cohabitation harmonieuse. La participation familiale est encouragée, car il peut y avoir des enfants au-dessus de 12 ans, ce qui ouvre la voie à des expériences intergénérationnelles uniques. Pour préparer au mieux chaque équipage, chaque année, une semaine de découverte et de préparation est organisée pour permettre à tous de connaître le catamaran, ses spécificités et les règles de vie à bord. Cette démarche assure une cohésion et une efficacité maximales dès le début de chaque segment de l'expédition.
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La première année complète de navigation affiche déjà complet au niveau des équipages, signe de l'engouement suscité par ce projet. À bord, le catamaran dispose d'aménagements pensés pour la vie en mer. Il est équipé de deux cabines avant doubles et de deux cabines arrière simples, offrant différentes options de couchage. De manière astucieuse, deux équipiers veillent, tandis qu'un couchage pour quatre a été aménagé à l’arrière spécialement pour la navigation pour ne pas avoir à dormir devant le mât, optimisant ainsi l'espace et le confort en mer, notamment lors des longues traversées. Ronan Balès et Daniel Audier, les figures emblématiques de ce projet, feront chacun un tiers de ce tour, pendant les vacances, avec les petits-enfants pour le dernier tronçon, soulignant l'aspect familial et personnel de cette aventure.
L'expérience nautique de Daniel Audier est déjà considérable. « Depuis qu’on a acheté le bateau en 2017, on a fait l’équivalent d’un tour du monde : 27 000 miles », sourit-il, une performance qui témoigne de leur connaissance approfondie de Twiny et de leur habileté à naviguer. L'historique du bateau avant le grand départ est déjà riche en voyages significatifs. En 2019-2020, le bateau a été prêté pour la mini-transat de Voiles sans Frontières, un organisme humanitaire spécialisé dans le Sine Saloum, un delta au Sénégal. Cette collaboration passée a posé les bases de l'objectif humanitaire actuel. Puis il y a eu deux tours de Corse la même année (2021), l'exploration de la Grèce en 2022, un retour dans l'Atlantique via Palma/Gibraltar en 2023 et une expédition en Norvège en 2024 par la mer d’Irlande, avant le grand départ pour le tour du monde. Chaque voyage a été une préparation, une occasion d'apprendre et de peaufiner les compétences nécessaires pour cette ultime aventure.
L'objectif humanitaire est au cœur de la mission de Twiny. Les propriétaires ont recontacté Voiles sans Frontières, avec qui ils ont déjà collaboré. Leurs équipes ont mis en place des ateliers de teinture avec l’indigo, d’apiculture et de maraîchage dans la région du Sine Saloum au Sénégal. Le projet Twiny s'inscrit directement dans cette initiative : « Nous interviendrons sur cette dernière et sur la création de jardins pédagogiques avec les écoles de Faïa au Sénégal », expliquent les propriétaires. Leur arrivée est prévue le 26 octobre et ils y seront tout le mois de novembre, consacrant ainsi un temps significatif à cette action. Un équipage de 6 personnes travaillera en accord avec les instituteurs, assurant une collaboration efficace et adaptée aux besoins locaux. Cette démarche forte est motivée par une conviction profonde : « Un bateau doit avoir du sens », affirment Ronan Balès et Daniel Audier, transformant Twiny en un véritable instrument de solidarité et d'éducation.
La Navigation Fluviale à Bâle : Entre Maîtrise Professionnelle et Plaisirs Nautiques
Le monde de la navigation ne se limite pas aux grands espaces maritimes et aux tours du monde ambitieux ; il s'exprime également avec une intensité particulière sur les voies navigables intérieures, comme le Rhin, et dans des villes comme Bâle. Cette métropole suisse, avec sa position stratégique au bord du Rhin, est réputée pour son mélange unique de culture, d'histoire et d'architecture. Avec ses musées renommés, ses festivals animés et son charme pittoresque, Bâle est une destination incontournable en Suisse. La navigation y prend des formes diverses, allant de l'expertise pointue du batelier professionnel aux loisirs offerts par la location de bateaux.
Victor Martz, Batelier du Rhin : La Maîtrise des Courants et des Ponts
La navigation professionnelle sur le Rhin à Bâle est un art exigeant, incarné par des figures comme Victor Martz. Victor Martz, un batelier alsacien, travaille à Bâle (Suisse) et représente une lignée de marins fluviaux. C'est une journée ordinaire pour Victor Martz, sauf qu'aujourd'hui, une équipe de Rund Um l'accompagne pour témoigner de son quotidien. Originaire du village d'Offendorf (Bas-Rhin), ce batelier travaille depuis sept ans pour le port de Bâle, accumulant une expérience précieuse sur ce fleuve vital pour l'Europe. Il est la 5e génération de bateliers dans sa famille, une tradition qui témoigne d'un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. « Et aujourd'hui, il y a mes deux frères et moi », souligne-t-il, illustrant la continuité de cette profession au sein de sa famille. Du côté de sa mère, c'étaient aussi des bateliers, mais qui restaient sur les canaux, ce qui met en lumière la spécificité de la navigation rhénane.
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Ce matin-là, il commence par embarquer sur le Rotterdam, un porte-conteneurs de 110 mètres de long. Après un bref échange, Boris Apukhtin, le premier capitaine du bateau, lui cède la place, confiant ainsi la responsabilité de la manœuvre à l'expert local. Victor Martz prend les commandes, et c'est parti pour six kilomètres de navigation, un segment critique du fleuve où son expertise est indispensable. La raison de sa présence est claire : « Beaucoup n'ont pas les autorisations nécessaires », explique Victor Martz, en particulier pour les passages délicats. Le problème majeur, ce sont les ponts, nombreux et bas, qui exigent une précision chirurgicale. La navigation varie considérablement selon le sens du courant : à contre-courant, quand le bateau remonte le Rhin, la vitesse est moindre, et la traversée moins compliquée. Mais dans le sens inverse, vers l'aval, les bateaux peuvent atteindre les 27 kilomètres par heure, et là, il faut être particulièrement vigilant. « Si on s'engage mal sous un pont, on casse tout », avertit Victor Martz, soulignant les conséquences potentiellement désastreuses d'une erreur.
C'est donc Victor Martz, en qualité de pilote, qui dirige le bateau, même si, au préalable, le personnel de bord a fait tous les calculs. Cette collaboration entre le capitaine du navire et le pilote local est cruciale. « On a tout préparé, on a calculé l’espace qu’il reste sous les ponts », précise Boris Apukhtin, le premier capitaine. Cependant, le dernier mot revient au pilote : « Si je dis que ça ne va pas, le bateau reste à quai », ajoute Victor Martz, démontrant l'autorité et la responsabilité qui lui sont conférées. Mais généralement, les bateaux qui passent par ici connaissent les règles et les respectent, ce qui facilite la navigation. De plus, si le niveau du Rhin est un peu haut, il existe des astuces pour contourner le problème, comme il l'explique : « Il faut davantage lester le bateau, en injectant de l'eau », une technique qui permet d'abaisser le tirant d'eau et d'assurer le passage sous les ponts.
Après une demi-heure de trajet, le second capitaine du Rotterdam reprend les commandes, signe que le tronçon critique a été franchi avec succès. Pour Victor, il est déjà l'heure de débarquer. La complexité de la navigation sur le Rhin ne se limite pas aux ponts ; les écluses et le croisement des bateaux sont également des défis. En ce lieu où les deux bateaux se croisent, il faut s'armer de patience. « Celui qui est en aval doit attendre, car il n’est pas possible de remplir le sas de l’écluse tant que le bateau du haut n’est pas entré dans l’ouvrage », explique Victor Martz, détaillant la logique qui régit le trafic fluvial. Actuellement, le niveau du Rhin est bas, une situation qui a des implications directes pour le transport : les bateaux doivent donc limiter leur chargement, afin de réduire leur tirant d'eau. Paradoxalement, cela signifie que l’activité pour les pilotes est intense, car davantage de voyages sont nécessaires pour transporter la même quantité de marchandises. Depuis l'écluse, Victor Martz repart dans l'autre sens, prêt pour sa prochaine mission.
La technologie joue un rôle croissant dans la navigation moderne. Un bateau de cette envergure est équipé du matériel informatique adéquat et d'une caméra pour faciliter les manœuvres. « Tout fonctionne avec de l’électronique, et de l’hydraulique », détaille Victor Martz, soulignant l'évolution des outils de navigation. À l'approche de la ville de Bâle, le pilote alsacien désigne les bacs qui traversent le Rhin. Véritable institution à Bâle, ces ponts mobiles se déplacent le long d'un câble et sont mus par le courant, ajoutant une couche de complexité au trafic fluvial. La communication est essentielle : « Je les préviens donc de mon arrivée, pour qu'ils attendent que je sois passé, et ne traversent pas pile devant mon bateau », raconte le pilote. En effet, sur un navire de cette taille, freiner ne serait pas efficace, rendant la vigilance et la coordination cruciales. En moins d'une demi-heure, le Macan, un autre navire qu'il pourrait piloter, a traversé la ville. Pour Victor Martz, il est à nouveau temps de le quitter et d'attendre le suivant à diriger dans l'autre sens, un cycle incessant de maîtrise et de responsabilité sur le Rhin.
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