Les douleurs à l’épaule sont fréquentes et peuvent survenir à tout âge. Elles constituent un des premiers motifs de consultation, chez les sportif·ves comme chez les non sportif·ves. L’articulation de l’épaule est l'une des plus mobiles de notre corps mais aussi la plus instable. Elle nous permet de bouger nos bras dans quasiment tous les sens et d'avoir une grande liberté de mouvement, que ce soit pour la vie quotidienne ou pour nos performances sportives.
Comprendre l’algodystrophie et les douleurs articulaires
L’algodystrophie, aussi connue sous le nom de syndrome douloureux régional complexe (SDRC), est une affection dont les mécanismes sont encore mal connus. Elle peut toucher n’importe qui au cours de sa vie, mais elle concerne surtout les femmes âgées de 40 à 60 ans. Elle résulte souvent d’un traumatisme passé, comme une fracture ou une intervention chirurgicale. L’algodystrophie des articulations du membre supérieur est une maladie au caractère aléatoire et imprévisible.
Aussi connue sous les noms de syndrome douloureux régional complexe (SDRC), l’algodystrophie est une atteinte du système nerveux chargé de contrôler la circulation sanguine et la sensibilité des tissus. Elle peut venir d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale. Les causes exactes de survenue d’une algodystrophie du membre supérieur sont encore mal connues. Une douleur, signe clinique le plus invalidant de l’atteinte, est souvent intense, disproportionnée par rapport à l’origine de la maladie et persistante. Elle est souvent comparée à une sensation de brûlure, de piqûre ou de fourmillement diffus. La douleur est majorée au mouvement ou au froid. Le stress peut aussi la majorer.
Un gonflement (œdème) du membre affecté se produit en raison d’une accumulation de liquide dans les tissus. On observe aussi un changement de température au niveau de la zone touchée, qui peut alors être plus chaude ou plus froide que le reste du corps, ainsi qu'une modification de l’aspect cutané, avec une peau plus sèche et rugueuse, ou plus luisante. Le diagnostic est basé sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Sur les radiographies standards il existe une déminéralisation osseuse avec un aspect » gommé » de la trame osseuse. La scintigraphie est un examen enregistrant l’excès de vascularisation du côté atteint. L’image scintigraphique montre une hyperfixation sur le site douloureux et parfois le coude et l’épaule.
La natation : une pratique sous haute surveillance
La natation est un sport aux multiples bienfaits, qu’ils soient physiques ou psychologiques, mais la répétitivité de ses mouvements peut également être à l’origine de certaines douleurs. La natation est une activité physique aux nombreux bénéfices, même pour les personnes qui la pratiquent occasionnellement. L’un des avantages les plus importants est le fait que la gravité est grandement réduite dans l’eau. Cela allège l’impact sur le corps (donc sur les articulations) pendant la pratique de la nage. La réduction de la gravité et la sensation de diminution du poids dans l’eau permettent de bouger plus facilement et réduisent les douleurs.
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Cependant, la natation est un sport qui produit peu d’impact sur le corps. De ce fait, les blessures les plus courantes sont principalement dues à la répétition des mouvements et non à un traumatisme. On appelle ces blessures « des blessures de surutilisation ». L’épaule est l’articulation la plus mobile de notre corps. Cependant, la forme des os la rend particulièrement sujette à devenir instable, surtout lorsqu’il s’agit d’effectuer de grands mouvements de rotation à répétition. La natation, sur les distances plutôt longues, fait essentiellement travailler les bras. Les nageurs font en général 6000 à 10000 mètres par jour, 5 à 7 fois par semaine, avec 8 à 10 mouvements de bras par longueur de 25 mètres.
Le syndrome de l’épaule du nageur
Le “syndrome de l'épaule du nageur” correspond en fait à une diminution de l’espace sous-acromial. C’est un mal qui touche principalement les nageur·ses de compétition et les nageur·ses régulier·es. Il apparaît notamment suite à une sollicitation importante de vos membres supérieurs, et donc, de vos épaules. Les nages les plus touchées par ce syndrome sont naturellement celles qui sollicitent le plus les épaules, dans une amplitude très importante. On parle donc avant tout du crawl, du dos crawlé ainsi que du papillon.
Ce qui est appelé “syndrome de l’épaule du nageur” est une forme de tendinite. Lorsque vous levez ou abaissez votre bras dans vos mouvements en natation, c’est principalement votre muscle deltoïde qui initie le mouvement. En se contractant pour lever votre bras, il tire l’humérus vers le haut. Pour venir contrer cette action et ainsi stabiliser votre épaule, ce sont les muscles de la coiffe des rotateurs qui viennent initier la force inverse. Or, les muscles rotateurs externes, tels que le muscle infra-épineux, faisant partie de la coiffe des rotateurs, sont peu sollicités. Il y a donc un déséquilibre. L’espace sous l’acromion est réduit du fait de la remontée de l’humérus, entraînant ainsi douleurs et inflammations. C’est principalement le muscle supra-épineux, un muscle faisant partie de la coiffe des rotateurs, qui se trouve comprimé.
Stratégies de gestion et rééducation
La prise en charge de l’algodystrophie et des douleurs d'épaule nécessite une approche pluridisciplinaire. La rééducation doit être très douce. Aucun mouvement de force ne doit être effectué. La rééducation est utile pour lutter contre les raideurs et l’oedème. Les massages sont très importants. L’utilisation du froid est connue depuis très longtemps puisque Hippocrate l’utilisait 460 ans avant J.-C. Les exercices de rééducation de l’épaule et de renforcement musculaires doivent donc être prescrits et expliqués par un·e professionnel·le.
La priorité dans la réalisation de ces exercices est la régularité. Pour qu’ils aient un effet notable, il est important de les réaliser régulièrement et de les intégrer à votre quotidien. Concernant la natation, elle est souvent recommandée par les médecins ou les kinésithérapeutes pour continuer le sport en cas de douleurs, grâce à la mise en décharge. Toutefois, elle peut aussi être pourvoyeuse de douleurs. Une fois que le conflit sous-acromial est diagnostiqué, il est ensuite important de s’entourer de professionnels de santé. Ils effectueront un suivi et vous accompagneront dans le traitement de vos douleurs.
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En cas de poussée douloureuse, des médicaments peuvent être prescrits :
- Antalgiques : du type paracétamol ou paracétamol codéiné (selon l’intensité de la crise).
- Anti-inflammatoires + oméprazole : afin de soulager ponctuellement à l’inflammation.
- Anti-dépresseurs : certains médicaments comme l’amitriptyline (Laroxyl) sont prescrits pour rendre la douleur « plus supportable » psychologiquement.
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