La compréhension des réglages de gréement est fondamentale pour tout marin souhaitant optimiser son voilier. Parmi les manœuvres essentielles, le hale-bas est souvent la manœuvre la moins utilisée, en croisière, surtout à la journée. Son réglage est souvent le même, quelles que soient nos sorties et les conditions météo. La manœuvre reste là, lovées autour d’elle-même, en pied de mât. Si beaucoup, voire trop, de marins la sous-estiment, c’est probablement parce qu’ils ne connaissent pas ses véritables effets. En vérité, il s’agit d’une manœuvre importante car elle permet non seulement de maintenir la bôme vers le bas lorsque l’on navigue au vent, mais elle a également un effet décisif sur le réglage de la grand-voile.
Les principes fondamentaux du hale-bas de bôme
Un hale-bas de bôme est un palan, situé entre le pied de mât et la bôme. Cette manœuvre revient généralement au cockpit, ou au pied de mât sur les plus petits voiliers. Ce palan va contrôler la capacité de la bôme à remonter. Lorsque vous choquez l’écoute de grand-voile, la bôme va avoir tendance à remonter, sauf dans le petit temps bien évidemment. Plus la bôme va remonter, plus cela va ouvrir la chute de la voile. La conséquence est qu’une voile qui s’ouvre laisse partir de la puissance. Border le hale-bas va donc permettre de conserver cette puissance en refermant la chute de la grand-voile. A l’inverse, choquer le hale-bas va permettre de lâcher de la puissance.
Il est important de noter que le hale-bas existe sur les habitables. Sur les petits bateaux, on joue sur les bas haubans pour contrôler le cintre avant la navigation. Sa fonction première n'est pas, selon certains, d'éviter que la bôme remonte au portant mais bien de gérer la puissance de la grand-voile, tout comme la bordure. Au portant, il faut choquer le hale-bas, afin justement que la bôme remonte. Il y a une nuance entre choquer le hale-bas et ne pas en avoir. Quand on mentionne « éviter que la bôme remonte », c'est plutôt l'effet chapeau auquel on pense : la bôme qui termine au-delà des 45 degrés de l'horizontale.
Réglages selon les conditions de navigation
Le réglage du hale-bas doit s'adapter aux conditions météorologiques rencontrées en mer. Dans le petit temps, il ne faut pas trop tendre la chute pour éviter que les filets d'air ne décrochent : au près, bordez la grand-voile et reprenez juste le mou du hale-bas, ce qui constitue un réglage de base. En conditions médium, il faut tendre davantage la chute pour avoir un maximum de puissance, donc prendre plus de hale-bas. En revanche, pour obtenir un réglage correct de la bôme en utilisant le vent arrière, il est nécessaire de border la manœuvre pour empêcher la bôme de monter. C’est la première fonction évidente du hale-bas.
Si l’on regarde ce qui se passe quand on utilise le hale-bas, on constate qu’en le bordant, nous ramenons la bôme vers le bas. La première conséquence est que l‘on étire la chute, c’est-à-dire la partie arrière de la grand-voile, qui devient plus fine. Bref, nous avons une grand-voile plus plate. Au près, cette fonction est assurée principalement par l’écoute. Au même angle de vent, avec l’écoute plus tirée, nous avons moins de chaîne, donc la chute est plus fermée, plus de gîte et le bateau est plus gîté. Une écoute plus lâche permet d'obtenir une chute plus ouverte et un bateau moins gîté. L’effet se fait immédiatement sentir sur le gouvernail, qui devient plus léger. Dès que nous sortons du vent, l’écoute de grand-voile commence à être trop lâche pour maintenir la bôme vers le bas. C’est à ce moment que le hale-bas acquiert sa centralité pour le gauchissement correct de la grand-voile.
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Évolution vers le hale-bas rigide
Un hale-bas rigide est une pièce d’accastillage qui vient remplacer le hale-bas classique constitué d’un palan. Aujourd’hui, il existe même des hale-bas rigides qui viennent renforcer, ou remplacer, le palan situé entre le mât et la bôme. Contrairement à un hale-bas classique dont la fonction est plutôt de baisser la bôme, le hale-bas rigide est un tube qui vient soutenir la bôme. C’est ce vérin qui va permettre de régler le hale-bas. Il existe des vérins mécaniques, qui se soulèvent avec un ressort, ou des vérins à gaz. Barton propose une autre alternative, généralement au même prix. Il s’agit d’un système plus simple, constitué de deux tiges en fibres de verre flexibles, avec une résistance suffisante pour soutenir la bôme. Le "Boomstrut" s’arc-boute sous la tension d’un hale-bas classique. Son relâchement permet, à l’inverse, aux tiges de se tendre et de relever la bôme.
Le hale-bas rigide apporte trois avantages majeurs sur les hale-bas à palans. Premièrement, il permet de relever la bôme pour améliorer le profil de la grand-voile. C’est, en fait, le principal rôle du hale-bas rigide. Deuxièmement, il permet de supprimer des manœuvres. En effet, celui-ci permet de garder la bôme horizontale, rendant la balancine inutile. Cet avantage est certain lors des manœuvres d’affalage de la grand-voile. Troisièmement, le hale-bas de bôme rigide facilite aussi la prise de ris. En effet, la bôme ayant tendance à être poussée vers le haut, la prise de ris ne nécessite pas de reprendre de la balancine pour descendre la voile.
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