L'appel du large, la satisfaction de naviguer sur sa propre création, et la recherche d'une liberté maritime renouvelée poussent de nombreux passionnés vers la construction navale amateur. Au cœur de cette quête, le petit trimaran en bois à construire soi-même représente un projet particulièrement gratifiant, alliant performance et accessibilité. Il ne s'agit pas seulement de posséder un bateau, mais de vivre une aventure unique, depuis les premières planches de bois jusqu'aux premières vagues. Naviguer avec un bateau léger est plaisant, mais le plus grisant est l’incroyable rigidité d’une construction contreplaqué époxy. Le bateau glisse à merveille et répond à la moindre sollicitation, offrant des sensations uniques et une connexion profonde avec l'élément marin.
L'Attrait Indomptable de la Construction Navale Amateur
Le désir de construire son propre bateau en bois est une aspiration partagée par de nombreux esprits créatifs et aventuriers. Pour certains, c’est le kayak Léo qui incarne un concept génial, tandis que d’autres se lancent dans des projets plus ambitieux. Les motivations sont multiples : le plaisir de la réalisation, la maîtrise de chaque détail, et la fierté de mettre à l’eau une embarcation unique. Gildas F. témoigne que le Léo-top, c’est deux plaisirs pour le prix d’un : le plaisir de le construire et le plaisir de naviguer. Charles P. a pris beaucoup de plaisir à construire son Julot cet hiver. Christian L.T. est super content de son Julot, qu'il a trouvé simple à construire avec une belle documentation, facile à embarquer et très stable une fois sur l’eau. Ces témoignages illustrent la joie profonde que procure la concrétisation d'un tel projet.
Au-delà du plaisir immédiat, la construction amateur répond à un besoin d'autonomie et d'indépendance. L’idée de construire son propre bateau trotte dans la tête de bien des personnes, mais il arrive que l’on ne dispose pas d’un chantier naval, ni de machine à bois ou d'un stock de contreplaqué chez soi. C’est pourquoi des structures comme Oh My Boat proposent des plans, des kits et des stages pour construire son bateau en bois, rendant cette aventure accessible à un plus grand nombre. Pour certains, cette démarche est aussi une manière d'échapper aux contraintes et aux coûts associés à la plaisance traditionnelle. En mai 2021, après deux confinements, un passionné a vendu son dernier voilier, jurant que ce serait le dernier, marre de payer une place au port pour quelques navigations annuelles. Désormais, il envisage de passer par la location pour naviguer, si possible dans d’autres pays et au soleil, mais aussi de se lancer dans la construction, le projet d'un petit trimaran en bois australien, transportable et habitable, s'inscrivant parfaitement dans cette nouvelle philosophie.
Le Trimaran en Bois : Un Choix Stratégique pour l'Aventure Côtière
Le trimaran, avec sa stabilité inhérente et sa capacité à offrir un espace de vie confortable pour sa taille, est un excellent choix pour la randonnée côtière. L'exemple emblématique est celui du petit trimaran transportable et habitable de 6,50 mètres, un Scarab 650, dont la construction a débuté en novembre 2022 pour un programme de rando côtière. Ce type de bateau est souvent choisi pour sa polyvalence, sa rapidité et sa capacité à naviguer en sécurité dans diverses conditions.
Les architectes soulignent que la conception d’un bateau conditionne la qualité de votre réalisation. Il est essentiel de bien définir votre programme de navigation, car c'est un point essentiel de votre projet. Si le catalogue ne propose pas le bateau de vos rêves, le sur-mesure reste une option, n’hésitez pas à prendre contact pour réaliser votre rêve. Le projet d'un dériveur personnel, par exemple, illustre cette quête de perfection : "Il s'agit d'un voilier tout simple, et certains diront que cela ressemble beaucoup à un Vaurien. Mais en fait, c'est bien plus subtil. Je veux un design "moderne", avec une étrave et des flancs droits. La simplicité sur un bateau, ce n'est pas évident, et ces plans ont l'air de répondre à mes attentes exigeantes… En réalité, cela sera comme un Wally. Enfin… le Wally du pauvre… ;) . Et bien sur, parmi les Wally, cela ne peut être qu'un Esense." Cette attention au design est tout aussi valable pour un trimaran, où l'esthétique et la fonctionnalité doivent s'harmoniser.
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L'objectif de transportabilité est également crucial pour un petit trimaran. Le fait qu'il soit transportable permet de s'affranchir des contraintes d'une place au port permanente et d'explorer différents plans d'eau. La capacité habitable, même modeste pour un 6,50 mètres, ouvre la porte à des navigations en autonomie d'une semaine ou plus, un avantage souligné par Marion L. à propos de son kayak Léo, qui, malgré sa taille, offre une bonne capacité de chargement et se révèle très manœuvrable et stable. Marie-pierre G. confirme la légèreté de ces constructions, avec un kayak qui ne pèse que 17kg.
Les Fondamentaux de la Construction en Contreplaqué Époxy
La technique du contreplaqué époxy est la pierre angulaire de la construction amateur moderne de bateaux en bois. Elle offre une rigidité remarquable, une grande durabilité et une relativement bonne accessibilité pour les bricoleurs. La construction se fait selon la technique du cp cousu collé, et recouverte d'un tissu de verre et d'époxy.
La Conception et les Plans Détaillés
Le point de départ de toute construction est un plan bien conçu. Vous avez commandé le plan de votre futur bateau auprès de son architecte, ce qui est une étape fondamentale. Des cabinets comme BOW architecte, par exemple, conçoivent des petits dériveurs solo en contreplaqué stratifié à assembler à la main, avec des plans et un manuel de montage illustré fournis. Même pour un trimaran plus complexe, les plans sont la feuille de route indispensable. Les modifications par rapport au plan original, comme celles apportées au cockpit du trimaran en construction, sont possibles mais nécessitent une bonne compréhension des principes architecturaux. Il est crucial de s’assurer que les cloisons doivent être bien verticales et au bon endroit lors de la réalisation du cloisonnement du flotteur.
Le Choix des Matériaux : Bois et Résine Époxy
Le choix des matériaux est primordial pour la qualité et la longévité de l'embarcation. Le contreplaqué marine est le matériau de base, et il est important de trouver un fournisseur fiable. Une fois le fournisseur de contreplaqué marine trouvé, la recherche d’un fournisseur de résine époxy s'impose. Évidemment, lorsqu’on recherche de la résine époxy sur le WEB, on tombe inévitablement sur les résines « WestSystem », qui sont sûrement excellentes mais trop chères pour certains budgets. Il existe d’autres options de qualité, parfois moins onéreuses. Pour certaines constructions, des innovations comme les tissus de lin et la résine biosourcée sont utilisées pour les liaisons collages en composite, suivant la technique du cousu-collé avec des fils de cuivre, assurant ainsi la reconnaissance et l’homologation selon les normes CE.
La Précision de la Découpe : L'Atout du Numérique
La précision des découpes est essentielle pour un assemblage parfait. Dans le cas du Scarab 650, il est mentionné que ce n'est pas un kit, mais il a été fait appel à un menuisier équipé en commande numérique pour la découpe des panneaux. Cette opération a fait gagner un temps considérable, évitant le traçage et la découpe à la scie sauteuse de 27 pièces en CP marine de 6mm, tout en augmentant la précision. Pour des kits, les pièces de contreplaqué en okoumé marine arrivent découpées à la forme, avec des tenons-mortaises et des entailles mi-bois pour un assemblage précis, simplifiant grandement la tâche de l'amateur. Les cloisons étant découpées en numérique, il faut tout d’abord les ajuster en place avant de les imprégner de résine époxy, puis de les mettre en place.
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Les Étapes Cruciales de la Construction du Trimaran
La construction d'un trimaran est un projet qui s'étale sur plusieurs mois, voire années, et chaque étape présente ses propres défis.
L'Assemblage de la Coque Centrale
Après la découpe, vient l'assemblage de la coque centrale. La première opération consiste à stratifier une bande de renfort transversale faite de 3 couches de tissus triaxial 750gr à l’intérieur de la coque à l’emplacement des poutres avant et arrière. Une petite astuce en passant : 3 couches de 750gr, c’est 3 mm d’épaisseur une fois stratifiées. Une fois cette étape passée, la coque est enduite, poncée et a reçu 3 couches de primer époxy pour les œuvres vives. Un moment fort de la construction est le retournement de la coque centrale. C'est un "grand jour" car enfin ça va ressembler à un bateau et non pas au toit d’une cabane. Après le retournement de la coque, en parallèle avec la stratification intérieure, on peut lancer un deuxième chantier : la réalisation des poutres avant et arrière. La stratification de l’intérieur de la coque n'est pas une mince affaire, car si à priori cela ressemble beaucoup à la stratification extérieure, l’accessibilité est bien plus réduite.
La Fabrication des Flotteurs et des Bras de Liaison
Les flotteurs et les bras de liaison sont des éléments distinctifs et complexes du trimaran. Le flotteur tribord est maintenant presque terminé, et il reste à fabriquer et à fixer la poutrelle longitudinale de liaison entre les bras du flotteur. Sur les plans de l’architecte, c’est une poutre en CP stratifié de 9mm de 150mmx100mm. Les flotteurs et deux bras de liaison terminés, on peut procéder à leur assemblage. La réalisation des bras de liaisons entre la coque et les flotteurs est souvent la plus compliquée de cette construction, nécessitant parfois l'utilisation d'un moule pour réaliser plusieurs pièces identiques, un moule qu’il faudra fabriquer. La fabrication de la coque du premier flotteur est une étape préparatoire essentielle. Le cloisonnement du flotteur est une autre tâche minutieuse : après avoir séparé le flotteur et le mannequin, on retourne le flotteur et on le cale de niveau sur un petit ber en bois, car il est important de bien caler le flotteur de niveau pour que les cloisons soient bien verticales et au bon endroit.
Les Finitions et Aménagements
Les finitions sont une étape longue et souvent jugée moins gratifiante, mais indispensable pour la durabilité et l'esthétique du bateau. Le ponçage de la coque centrale avant la mise en peinture est un travail désagréable et fastidieux, long et très poussiéreux. Le chantier de finition peut inclure l'enduit et le ponçage du roof, ainsi que la réalisation des coffres du cockpit.
L'aménagement intérieur et les équipements apportent le confort et la fonctionnalité. La construction du roof, qui contient souvent le plus de modifications par rapport au plan de l’architecte, est un défi passionnant. La pose des planchers et des dessus de coffres se fait en parallèle avec la stratification intérieure. Les coffres de la cabine offrent des espaces de rangement précieux. L’intégration d’un réservoir d’eau d'environ 35 litres à la coque sous le plancher du cockpit, avec une petite pompe électrique pour distribuer l’eau sous pression, améliore grandement l'autonomie. La réalisation du cockpit elle-même peut impliquer quelques modifications par rapport au plan original.
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La fabrication des pièces en aluminium et en inox pour l'accastillage et d'autres éléments techniques est une autre tâche qui peut occuper les semaines d'hiver. De même, la réalisation du profil NACA pour les dérives est une principale difficulté de fabrication : au rabot ou à la défonceuse, c’est très long et très fastidieux.
Les Contraintes Saisonières et Temporelles
Le calendrier de construction est souvent dicté par les saisons, en particulier pour les travaux d'époxy. Il n'est pas facile de faire de la stratification époxy en hiver car il fait généralement trop froid. Quand les températures s’adoucissent, la fenêtre de travail est de 3 ou 4 heures à peine. Cependant, il est possible de mettre à profit des journées particulièrement douces, même en hiver, lorsque l'on a la chance d’habiter une région clémente. Malgré ces contraintes, un chantier continue, avec des périodes de ralentissement dues à la météo, mais toujours avec une progression constante. Un constructeur se rend compte qu'il n’a rien publié depuis le 31 mars, et pourtant, il n’a pas chômé pendant ces 2 mois et demi, même s’il a pris une semaine de vacances.
Le Plaisir et les Performances Attendues
Une fois le trimaran achevé, la récompense est immense. La navigation sur une embarcation fabriquée de ses propres mains procure une joie incomparable. Michel B. est toujours très agréablement surpris par la maniabilité de son bateau et prend les mêmes trajectoires que des kayaks plus courts dits manœuvriers. Grégory L. apprécie l’Ultima qui a un très bon comportement marin tout en restant très joueur, pivotant aussi bien que l’Arktika sur la gîte, démontrant que le comportement marin est excellent sur ces constructions bois époxy. Nadine D. affirme avec fierté que son kayak LÉO est le plus beau du monde, car c’est elle qui l’a construit, un sentiment partagé par tout constructeur amateur.
Au-delà des trimarans, la philosophie de la construction amateur s'applique à une vaste gamme de bateaux. On pense par exemple à la Pram à voile, simple et élégante, destinée à la navigation plaisir. Elle séduit par sa simplicité, sans haubans ni étai, mais avec une grand-voile à corne puissante. Une fois le bateau fini, on obtient un joli dériveur de 3,35 mètres, inspiré de ceux que l’on trouvait sur les plans d’eau parisiens du XXe siècle, avec des lignes plus modernes et une belle étrave inversée. Équipé d’un mât autoporté et d’une grand-voile de 7,10 mètres carrés, on navigue en solo ou avec un enfant sur un bateau simple d’usage, proche du Laser dans l’équipement, à la différence que le cockpit offre une grande place pour les jambes quand on ne navigue pas sur les bancs de rappel. Par petit temps, en balade, on apprécie de pouvoir être assis au ras de l’eau avec un dériveur évolutif et facile à mener. Bien que son programme soit orienté vers du petit cabotage et de la randonnée nautique, il ne dispose que d’un petit compartiment à l’avant pour y glisser un sac étanche avec le pique-nique et la VHF. Sa dérive et son safran sabre permettent de venir se poser sur un bout de plage. La grand-voile s’affale facilement et la bôme se décroche pour ranger le tout au fond du bateau. Plus à l’aise sur des plans d’eau calmes et intérieurs, la Pram à voile supporte aussi d’aller en mer ouverte avec un peu de houle, mais il faudra alors changer de tenue pour une combinaison en Néoprène car le bateau, comme tout bon dériveur, mouille vite.