Le kitesurf séduit toujours plus d'adeptes. La simplicité d'utilisation, d'apprentissage et la possibilité de sortir dans pleins de conditions a permis à ce sport de se démocratiser massivement. 2 ou 3 semaines de stage et votre niveau sera déjà suffisant pour être autonome sur l'eau. Contrairement aux apparences, le kitesurf est un sport accessible qui s’apprend assez rapidement sans avoir besoin d’une condition physique exceptionnelle. Cependant, certaines choses sont à savoir avant de débuter cette discipline.
Un matériel de kitesurf se compose d’une planche, d’une voile appelée aile et de cordes, appelées lignes, qui sont fixées à une barre la reliant à l’aile. Le tissu est très fin, mais solide, à l’image d’un parachute. L’aile ne comprend aucun élément rigide, pour à la fois optimiser son poids, et garantir la sécurité de l’utilisateur. Il existe un grand choix d’ailes sur le marché. Les marques spécialisées ont une gamme d’environ cinq modèles différents. Même lorsqu’on pratique ce sport depuis longtemps, le choix d’une aile bien adaptée est toujours délicat.
Les spécificités des ailes en C et le profil de la Fuel 2008
On distingue deux grandes catégories d’ailes : les ailes spécifiques (en C, de vagues, mono-lattes) et les hybrides. Les ailes en C, ou C-Shape, présentent une forme de U très prononcée. Les ailes en C sont très recherchées par les adeptes du freestyle. La Slingshot Fuel 2008 s'inscrit directement dans cette lignée historique en tant que référence absolue du C-Shape.
Ce profil offre un maximum de puissance, de réactivité et de rapidité de mouvement afin de réaliser des figures spécifiques durant votre session de kitesurf. Le comportement de la Fuel 2008 se caractérise par une traction constante et une réponse directe en barre, idéale pour les sauts engagés et le passage de barre en l'air (handle pass).
Cependant, ce type d'aile présente peu de depower. Le depower est la capacité de l’aile à perdre sa puissance en “choquant”, c’est à dire laisser sa barre remonter, ce qui agit sur les lignes arrières et ouvre votre aile. La pression du vent est ainsi libérée, ce qui génère moins de puissance. Avoir un depower limité peut être un obstacle pour les débutants. La Fuel 2008 requiert une excellente technique de pilotage, car elle ne pardonne pas les erreurs de barre et demande de savoir gérer la puissance par des trajectoires précises et un crantage ferme sur la planche.
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Comparaison des shapes : C-Shape, Delta et Hybrides
Pour bien cerner le comportement de la Fuel 2008, il convient de le comparer aux autres designs disponibles sur le marché :
- Les ailes de type Delta : Ces ailes ont également moins de puissance brute, sont plus stables dans l'air et ont une plus grande portée au vent, ce qui en fait de bonnes options pour un aile de kitesurf de débutant. C’est généralement vers quoi les écoles et neo-kiteurs se tournent.
- Les ailes hybrides : Le débutant choisira une aile hybride, c’est-à-dire polyvalente. C’est d’ailleurs la plus utilisée en règle générale, car elle est plus facile à dompter et plus stable. Une bonne aile de débutant a une vitesse de déplacement modérée. Une aile trop rapide va provoquer des chutes à la moindre erreur de barre.
- Les ailes de vagues : Dédiées à la pratique du surf, elles possèdent un profil dessiné pour obtenir une grande vitesse de rotation et un maximum de drift.
- Les mono-lattes : Elles sont hyper légères et optimisées pour le vent faible ou le foil.
La capacité de redécollage est un élément crucial dans un kite pour débutants, car vous aurez encore quelques faciliter pour faire planter votre kite pendant que vous appreniez et essayez de nouvelles choses. Certains kites sont beaucoup plus faciles à relancer après une chute dans l’eau que d’autres. Les ailes de kitesurf de type hybride ou delta ont les meilleures capacités de redécollage par rapport aux ailes de kitesurf de type C Shape comme la Fuel 2008.
Le dilemme entre boudin et caisson
Au-delà des formes, la conception de la structure sépare le marché en deux mondes : les ailes à boudins (dont fait partie la Fuel 2008) et les ailes à caissons.
Au début du kitesurf les ailes de kite à caissons étaient les toutes premières disponibles sur le marché, avant même l’avènement des ailes à boudin gonflable. C’était le temps du powerkite et des sauts sur la plage avec des ailes sans « depower ». Quelques rares pratiquants commençaient à privilégier les ailes caissons pour diverses raisons telles que la polyvalence en usage maritime, montagne et mountain-board et char. D’autres appréciaient ces ailes pour leur performance dans les vents légers et en particuliers dans les très grandes tailles. En effet les ailes boudins étaient rapidement désavantagées du fait de leur poids au-delà de 12-13 m².
Avec l’avènement du kite foil comme nouveau support de pratique, le regain d’intérêt pour le caisson s'explique par plusieurs facteurs :
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- Le ratio poids / surface : Les ailes à caisson ne tombent pas avec leur propre poids lorsque le vent baisse. Elles sont construites en spi très léger et n'ont pas besoin de gros renforts structurels gonflables. Le bridage répartit le poids du rider de manière homogène sur toute la voilure.
- La surface projetée supérieure : Il est possible de construire des ailes au design beaucoup plus plat. Avec une aile de kite de 15m² à boudin, on obtient parfois la même surface projetée qu'une 12m² à caisson.
- Les trois actions de régulation de puissance :
- Le changement de l’angle d’attaque classique.
- La variation de la surface projetée par déformation de la canopy.
- La cambrure du profil (le bord de fuite s’incline en bordant).
Malgré les avantages des caissons en matière de hangtime monumental et de performances dans l'ultra-light wind, les ailes à boudins comme la Fuel restent la norme pour le freestyle et le freeride classique en raison de leur réactivité directe, de leur capacité à encaisser les chocs violents et de leur redécollage immédiat après une chute dans l'eau.
Choix de la taille selon le gabarit et la météo
L’investissement dans une aile est assez conséquent et il vaut mieux ne pas se tromper. Le plus important est que l’aile soit adaptée à son niveau et à son gabarit. La taille d’une aile de kitesurf se mesure en mètres carrés, bien entendu cette taille va agir directement sur l’aptitude de l’aile à prendre le vent. Suivant votre gabarit, une aile trop grande peut devenir difficile à contrôler et à l’inverse une aile trop petite n’aura pas assez de portance.
Un autre facteur déterminant est également le poids du pratiquant. Plus la personne est légère, plus petite sera l’aile. Par exemple, un surfeur de 60 kg choisira une aile en C de 10 m² ou une aile hybride de 9 m². Pour un surfeur ayant un poids moyen (75 kg), l’été, par vent faible, une aile de 12 m² sera préférable.
En général, pour couvrir une grande plage de vent allant de 10 / 12 nœuds à 38 / 40 nœuds, votre quiver devra se composer de trois ailes de différente taille : 7 / 9 / 12 m² pour un rider aux alentours de 75 / 80 kg. Si vous choisissez de rider uniquement lorsque le vent est soutenu de 20 nœuds à 35 nœuds, deux tailles seront suffisantes. Les débutants achètent généralement au moins 2 ailes de kites et s’assurent de pouvoir naviguer dans un maximum de conditions pour éviter la frustration.
Enfin, le choix de l’aile s’affinera avec la question des conditions météorologiques. La force et le type de vent (vent faible, constant, prévisible, rafales) sont à prendre en compte. Un vent de force 3 à 4, soufflant de façon régulière, dans la même direction, est idéal.
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Guide de l'occasion : expertiser une Fuel 2008 ou tout autre kite usagé
Il faut le reconnaître, le matériel de kitesurf coûte de plus en plus cher. Si l’on pouvait encore acheter une aile de kitesurf complète pour quelques centaines d’euros il y a 10 ans, le prix du neuf avoisine aujourd’hui le montant du salaire minimum mensuel français. Acheter une aile d’occasion comme la Fuel 2008 peut être une excellente option pour débuter sans se ruiner, mais requiert une inspection minutieuse.
Première impression et historique
Accordez de l'importance à la première impression concernant le vendeur et le matériel. Posez des questions sur l’histoire de l’aile ainsi que sur celle du pratiquant. Une aile de kitesurf est avant tout un outil dont la durabilité est conditionnée par son utilisation. Observez la sortie de l'aile du sac. Si vous remarquez que du sable est présent en trop grande quantité au fond du sac, soyez très attentif (le sable se comporte comme du papier de verre). Cela peut signifier que le vendeur n’a pas pris le temps de rincer ou de sécher l’équipement. Vérifiez également l’état du sac de transport.
Inspection de la structure gonflable
Demander TOUJOURS à gonfler l’aile. Cela doit être votre premier réflexe. Vous aurez ainsi le temps de contrôler si celle-ci garde bien la pression à l’intérieur de ses diverses chambres à air (appelées aussi “bladders”). Pour vous en assurer, tâtez le boudin central et assénez une pichenette sur celui-ci. S’il est bien gonflé, il sera dur au toucher et vous entendrez un petit bruit clair. Après avoir inspecté le reste, vérifiez à nouveau la pression. Elle ne doit pas avoir bougé.
Jetez un œil aux différentes valves présentes sur l’aile. Il y en a généralement une principale sur le bord d’attaque servant à gonfler et dégonfler la structure. Suivant les modèles, une seconde peut être présente au centre ou à l’extrémité du bord d’attaque pour faciliter le pliage. Vous trouverez également des valves et des tuyaux pour le One-Pump (si l'aile en est équipée) au niveau de chaque jonction de latte. Vérifiez leur bon fonctionnement et leur élasticité.
Analyse du spi et des coutures
Vérifiez ensuite l’état du Spi (le tissu qui forme la voilure). Cherchez la présence de trous ou de dégradations. Contrôlez les coutures, les diverses jonctions ainsi que la présence ou non de micros-trous dans la toile. Afin de détecter leur présence, placez l’aile face au soleil ou à toute autre source lumineuse et mettez-vous derrière. Ils apparaîtront ainsi plus facilement. Deux ou trois petites réparations ne sont pas gênantes sur une aile d’occasion, toutefois si le spi est criblé de micro-trous, passez votre chemin.
Portez votre attention sur le bord d’attaque (boudin de gonflage principal) et recherchez des traces de frottement ou de déchirures. Cette partie encaisse l’ensemble des chocs frontaux lors des impacts au sol. Si elle comporte des réparations structurelles majeures ou montre des signes de faiblesses apparentes (coutures distendues, hernies), n'insistez pas.
Bridages, poulies et lignes
Les lignes et le bridage d’une aile de kitesurf sont des éléments clés de votre matériel. En cas de rupture, vous pourriez vous mettre sérieusement en danger. Commencez par vérifier les bridages, contrôlez leurs différents points de fixation sur l’aile ainsi que leurs états respectifs. Les bridages de l’aile ne doivent pas présenter de traces d’usure et leurs ancrages doivent être solidement cousus. Si le système comporte des poulies, contrôlez que chacune d'elles tourne correctement dans son logement et ne soit pas bloquée par le sel.
Concernant les lignes, la première chose à faire est d’en vérifier la longueur. Elles doivent être identiques pour garantir un pilotage symétrique. Pour contrôler la longueur de vos lignes, procédez comme suit :
- Démêlez votre barre et donnez les extrémités au vendeur.
- Demandez-lui de les tenir fermement ensemble au même niveau.
- Prenez la barre, relâchez le système de Trim, puis tendez les lignes doucement jusqu’à la butée du chicken loop.
- Vérifiez que la barre est parfaitement parallèle à l’axe que forment vos épaules.
Passez les lignes dans vos mains sur toute leur longueur pour contrôler qu’elles ne présentent aucun nœud ou trace d’usure. Inspectez minutieusement les épissures (les boucles cousues au bout de chaque ligne). Leurs coutures doivent être irréprochables et la gaine de protection ne doit pas être détériorée.
Compatibilité et sécurité de la barre
Il faut savoir que les ailes de kitesurf peuvent se vendre nues. Pensez à toujours vérifier que la barre proposée avec l’aile est celle d’origine ou qu’elle s’adapte parfaitement à l’aile choisie. À noter qu’il vaut mieux acheter son aile et sa barre de la même marque pour s'assurer du bon ratio de border/choquer et de la longueur des lignes. Des barres incompatibles peuvent altérer le comportement de l'aile ou rendre inefficaces les systèmes de sécurité.
Vérifiez l’état général de la barre :
- Le grip doit être parfaitement collé et ne pas présenter de traces d’oxydation en dessous.
- Le bout du border/choquer (la corde sur laquelle coulisse la barre) ne doit pas être effiloché ni présenter de traces de brûlure dues au frottement s'il n'est pas gainé.
- Inspectez la ligne de sécurité, reliée à l'anneau du chicken loop. Elle doit être en parfait état, sans nœud, et coulisser librement dans ses guides. Privilégiez les barres proposant une sécurité sur un seul avant ou sur une 5ème ligne (fréquente sur les C-Shape comme la Fuel 2008). Les systèmes de largage sur les deux avants ont prouvé leur inefficacité dans les vents forts.
- Testez le mécanisme du chicken loop. Actionnez la sécurité pour simuler un largage. L’ouverture et la fermeture du système d’armement doivent se faire sans forcer. Le système ne doit pas s’ouvrir de manière intempestive en l'absence d'action volontaire.
Évaluation des réparations sur le matériel d'occasion
Toutes les réparations ne se valent pas et certaines n’influent en rien sur le comportement de l’aile :
- Les patchs : Ils servent principalement à boucher un micro-trou (épine, coquillage) avec un bout de spi autocollant. Ils ne portent pas préjudice au comportement de l'aile à condition qu'ils fassent moins de 3 centimètres et ne soient pas trop nombreux. Leurs bords doivent être arrondis pour ne pas se décoller.
- Les déchirures en "L" : Fréquentes après un impact, elles nécessitent l’intervention d’un réparateur spécialisé. Si leur taille est inférieure à 15 cm, elles n'auront pas d'impact notable sur le maniement de l'aile.
- Les éclatements : Généralement occasionnés par une surpression dans le bord d’attaque ou les lattes suite à un choc violent. La structure externe cède et la chambre à air forme une hernie. Ces réparations doivent être analysées avec une grande prudence.
- Lignes et border/choquer : Dans le cas d'une ligne ou d'un border/choquer cassé, aucune réparation de fortune n'est possible. Les lignes doivent être changées par paire pour conserver une parfaite symétrie.