Pour tout projet de grand voyage en mer, la question du moyen de communication à privilégier se pose inévitablement, et la radio BLU (Bande Latérale Unique) représente une option sérieuse et souvent plébiscitée par les navigateurs au long cours. Cette technologie, également connue sous le nom d'ondes courtes (SW), offre des capacités de communication uniques, dépassant de loin la portée limitée des systèmes traditionnels comme la VHF, dont la portée est limitée à environ 25 milles. La BLU permet la transmission et la réception des signaux radio pratiquement partout dans le monde, une caractéristique indispensable lors de traversées difficiles ou lointaines. Un appareil BLU est ainsi un moyen de communication radio-maritime utile, en particulier pour la navigation au long cours.
BLU et Téléphonie Satellite : Un Choix Stratégique pour les Grands Voyages
Lorsqu'il s'agit de choisir un système de communication pour un voilier engagé dans de longs voyages, une comparaison entre la BLU et les téléphones satellites comme l'Iridium est inévitable. Si votre bateau n'est pas déjà équipé d'une BLU, l'investissement initial sera plutôt lourd, représentant environ cinq à six fois celui d'un Iridium. Cela signifie qu'il vous faudra environ six ou sept ans d'économies de frais de fonctionnement de la BLU comparée à l'Iridium pour justifier cet investissement initial. Cependant, l'utilité des deux systèmes n'est pas la même et leurs fonctionnalités divergent significativement.
En termes de fonctionnalité, l'Iridium fonctionne comme un téléphone portable des années 80, mais avec une fiabilité correcte. Vous aurez cependant un numéro à appeler et un correspondant vissé au téléphone à terre, ce qui peut limiter la spontanéité des échanges. En revanche, vous n'aurez pas la convivialité offerte par la BLU, qui permet des interactions plus ouvertes et communautaires. La fiabilité de la transmission et sa qualité seront probablement meilleures par Iridium dans certaines situations, bien que l'émission en décamétrique en voilier représente pour beaucoup un rêve d'une vie, malgré le fait qu'il y ait beaucoup de fading (évanouissement du signal).
En ce qui concerne la sécurité, l'Iridium ne constitue pas un matériel inclus dans la chaîne de sauvetage GMDSS (Global Maritime Distress and Safety System), mais il est néanmoins utilisé. Si vous avez renseigné votre numéro de téléphone satellite en même temps que la balise (ou complété le cas échéant), le Cross Griz Nez, qui supervise toutes les opérations de sauvetage au large, essaiera de vous joindre. Il est aussi possible de les appeler directement au 0033321872187, et ils répondent immédiatement et traitent les appels très professionnellement. Un exemple concret de l'efficacité de cette communication a été observé en 2010, lorsqu'un appel par Iridium depuis les côtes brésiliennes vers le Cross La Garde a conduit à être immédiatement appelé par les gardes-côtes brésiliens et ceux de Guyane, ce qui semble prouver que la communication fonctionne correctement entre les différents services, même en dehors de leur zone habituelle. Mon but n'est pas de mettre en concurrence les deux systèmes, car chacun a ses propres avantages et inconvénients selon les besoins du navigateur.
Les Mini-M, Standard C et autres Iridium sont des solutions efficaces, mais selon certains calculs, ils pourraient coûter autour de 1000 euros par an en frais d'abonnement. La technologie de la BLU, même avec un poste non marinisé, est fiable et offre un autre monde, une autre « philosophie » et un monde « low tech ».
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La Bande Latérale Unique (BLU) : Technologie et Principe de Fonctionnement
La BLU, ou Single Side Band (SSB) en anglais, est une technologie de communication radio qui utilise les ondes courtes, également appelées ondes décamétriques (HF pour High Frequencies), c'est-à-dire les fréquences entre 3 et 30 MHz. Contrairement à la VHF dont la portée est limitée, la HF va nous permettre de communiquer sur des très longues distances. En théorie, seules la propagation et la fréquence choisie peuvent limiter les liaisons. La portée des ondes VHF est limitée à environ 25 milles, alors que les ondes courtes sont réfléchies par l'atmosphère (ionosphère), permettant ainsi de couvrir des distances bien plus importantes. La bande des ondes courtes est utilisée pour les communications maritimes, aéronautiques, militaires et par les radioamateurs, et elle est inaltérable. Pendant la transmission, les ondes courtes sont utilisées.
Il existe deux types de transmission BLU : USB (Upper Side Band) ou LSB (Lower Side Band), ce qui signifie Bande Latérale Supérieure ou Bande Latérale Inférieure. En règle générale, selon les conventions internationales, on trafique en LSB pour les fréquences inférieures à 8 MHz et en USB pour les fréquences supérieures. Sur les fréquences dites « marines », l'USB est normalement le mode utilisé, y compris sur les fréquences basses de 2 à 8 MHz. Avec certains matériels, comme ICOM pour le matériel marine, le bon mode de modulation se programme automatiquement en affichant la fréquence, simplifiant ainsi l'utilisation pour le navigateur.
Une avancée significative dans la technologie BLU est l'intégration de l'Appel Sélectif Numérique (ASN), qui signifie Digital Selective Calling (DSC) en anglais. L'ASN est un système d'appel radio qui utilise des signaux acoustiques et optiques pour identifier les appels entrants. Cela implique qu'il n'est plus nécessaire de veiller en permanence le trafic radio pour identifier les appels pertinents. Les radios BLU les plus chères sont souvent équipées de la fonction ASN, et elles peuvent donc être consultées à tout moment. Une antenne séparée est nécessaire pour la fonction ASN, et un MMSI (Maritime Mobile Service Identity) est également utilisé avec ce système.
Les fréquences utilisées par les radios BLU varient selon qu'il s'agit d'un équipement radioamateur ou marine. Les radioamateurs sont relativement libres de choisir une fréquence dans les bandes 1.8 / 3,5 / 7 / 10 / 14 / 18 / 21 / 24 / 28 MHz en accord avec le plan d'utilisation des fréquences. Les opérateurs radio marine, quant à eux, ont des fréquences définies dans les bandes 2 / 4 / 6 / 8 / 12 / 16 / 18 / 22 / 25 MHz. Les équipements BLU radioamateur et les récepteurs marine BLU fonctionnent sur les fréquences entre 3 et 30 MHz.
L'Utilité Indispensable de la BLU en Mer
La radio BLU s'avère indispensable à bord, car elle peut être utilisée pour les très longues distances, notamment lors de traversées avec des conditions difficiles ou en pleine mer. Sa couverture mondiale permet aux navigateurs de communiquer entre eux et de partager des conseils techniques en cas de pannes, de réparations, ou même d'obtenir une assistance médicale.
En cas de problème grave, la BLU permet d'envoyer un message de détresse sur 2182 kHz, la fréquence de détresse internationale. Pour le skipper en difficulté, ce peut être le seul moyen d'alerter les secours, ou un moyen complémentaire si son téléphone satellite est hors service.
La capacité de pouvoir dialoguer à intervalles réguliers avec d'autres bateaux et des stations à terre est particulièrement appréciée en grand voyage. De plus, il existe dans quasiment toutes les zones des réseaux qui se sont créés au fil du temps, souvent appelés « radio cocotiers ». Les bateaux se retrouvent à heures fixes sur une fréquence donnée pour échanger des informations ou simplement prendre des nouvelles d'amis, ce qui peut apporter un réconfort en cas de problème. Les navigateurs peuvent communiquer via BLU sur la fréquence ondes courtes « pre ARC Radio Net 8.297 » et Med Net au printemps, en été et en automne du Lundi au Samedi sur 6516 Khz en Méditerranée. L'outil « Where & When Propagation Tool » est aussi disponible pour recevoir et passer des appels en clair d'un bout du monde à l'autre, via une radio BLU.
La BLU est également cruciale pour la réception des bulletins météorologiques. La division 240 oblige d’ailleurs les plaisanciers qui pratiquent la navigation hauturière à embarquer un « Dispositif de réception des bulletins météorologiques », ce qui peut être un simple récepteur BLU. Relié à une bonne antenne, ce petit poste est capable de transmettre à un ordinateur portable les Navtex et les facsimilés météo émis par les stations météo du monde entier. Les fichiers météo Grib sont également à la disposition des navigateurs via radio BLU, modem Pactor ou téléphone Iridium. Chris Parker est très connu aux États-Unis; il établit des bulletins météo, fournit des conseils de routage et parle directement avec les navigateurs sur ondes courtes. Le Service Météo Allemand (DWD) possède aussi une fréquence ondes courtes qui peut être utilisée pour transmettre des bulletins météo audio et les recevoir via BLU. De nombreux navigateurs allemands sont aussi abonnés à l'organisation américaine SSCA, qui gère sa propre station de radio côtière, possédant l'indicatif KPK, SSCA étant l'équivalent de Trans-Ocean en Allemagne.
Le routage est un autre avantage majeur de la BLU. Certaines associations proposent du routage, comme le « Réseau du Capitaine » sur 14.118 Mhz, qui est réservé aux radio-amateurs. Vous donnez votre position et votre destination et on vous donne les conditions météorologiques que vous allez rencontrer.
Pour les rallyes comme le World ARC, l'Oyster World ou la course Sydney Hobart, un équipement ondes courtes est obligatoire. Les ondes courtes sont aussi utilisées pour les communications radio pendant les régates.
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Réglementation et Certifications : Naviguer en Toute Légalité avec la BLU
L'utilisation d'une BLU à bord d'un voilier est soumise à une réglementation stricte et nécessite l'obtention de certificats spécifiques, surtout en France. Il est important de bien comprendre ces exigences pour naviguer en toute légalité et sécurité.
Concernant l'utilisation d'un émetteur-récepteur BLU, son utilisation est autorisée par le détenteur d'un CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste) si et seulement si le CRR est antérieur au 1er octobre 2004 et que l'appareil est non ASN, c'est-à-dire qu'il ne participe pas au système de secours GMDSS. Les CRR maritimes passés après juin 2005 ne donnent pas cette compétence. Les "anciens" CRR (obtenus avant le 1er octobre 2004) permettent d'utiliser une BLU non ASN, avec des canaux pré-programmés. Si la BLU n'est utilisée qu'en réception, pour la météo par exemple, il n'est pas obligatoire de posséder le Certificat de Radio Opérateur complet. C'est le cas des Mini de la Mini-Transat ou de la Trans-Gascogne qui utilisent un poste ondes courtes pour charger la météo.
Pour se servir d'une BLU, il faut détenir un certificat d'opérateur (CSO ou CGO) qui dépend du type de matériel utilisé (ASN ou non) et de la zone de navigation. Tout ceci est exact et un Certificat de Radio Opérateur Restreint (CRR), celui de la VHF, n'est surement pas suffisant. Le Certificat Général d'Opérateur (CGO) est le certificat de radio marine requis pour l'utilisation d'une BLU.
Le Certificat d’Opérateur des Services d’Amateur (HAREC) est nécessaire pour l'utilisation des systèmes BLU pour radioamateurs. Ces certificats pour radioamateurs sont généralement plus difficiles à obtenir qu'un certificat de radio marine (CGO).
Si vous venez d’acheter un bateau avec du matériel radio HF ou si vous voulez l’équiper, vous devez déclarer l’installation auprès de l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences). Le matériel déclaré est ajouté à votre « Licence de station de navire » par l’ANFR. Les informations concernant le navire et les matériels radioélectriques sont à communiquer en remplissant un formulaire accompagné des pièces justificatives requises. Concernant la question de retrouver cette information sur l'autorisation d'utilisation des anciennes CRR pour les BLU non ASN, l'ANFR est la source officielle.
Les émetteurs-récepteurs installés à bord des voiliers doivent être des postes dits « Marine » homologués CE. L'Icom 801E, par exemple, est autorisée en France, alors que son homologue 802 « non E », qui est quasi identique, ne l'est pas dans nos eaux territoriales. Outre quelques différences "minimes", le PRIX fait la différence, et personne, jamais personne, n'ira "chercher des poux dans la tête" d'un navigateur Canadien ou Américain utilisant la version NON-CE. Certains plaisanciers font « débrider » leur matériel pour éviter cette contrainte, mais il est important de rappeler que cette pratique, bien que fort répandue, est illégale.
Le certificat de Radio Téléphonie est compliqué et cher en France. Il vaut mieux le passer en 3 jours en Angleterre, car c'est un certificat international et la pratique de l'anglais d'urgence est extrêmement utile. Une excellente formation est fournie par YachtCom, et Bob, le formateur, est réellement très bon. Des remises à niveau étaient obligatoires tous les cinq ans pour cette formation, mais ces remises à niveau ne sont dispensées qu’aux professionnels.
Installation d'une BLU : Composants et Meilleures Pratiques
L'installation d'une radio BLU à bord d'un voilier est une étape cruciale pour garantir son bon fonctionnement et maximiser ses performances. La meilleure des radios BLU n'aura que peu d'utilité si elle n'est pas installée correctement. Pour une installation réussie, plusieurs composants doivent être pris en compte, notamment l'antenne, le syntoniseur, la mise à la terre et le câblage.
La radio elle-même peut être un poste HF (BLU) comme une radio Yaesu FT857D, très compacte et capable d’émettre sur la HF (max 100 watts), la VHF et l’UHF.
En ce qui concerne les antennes, une antenne ondes courtes doit idéalement avoir une forme symétrique et deux conducteurs. Cependant, comme la plupart des bateaux n'ont qu'un seul mât, le deuxième conducteur d'une antenne asymétrique peut être compensé par le syntoniseur et la mise à la terre. Une section du pataras doit être isolée pour les ondes courtes, ou vous pouvez utiliser l'antenne bâton pour BLU de Glomex. On peut aussi utiliser un long fil et un dipôle sur 14 MHz. Per (LA7FAA), le norvégien rencontré à João Pessoa, expliquait comment il faisait ses antennes HF avec des cannes à pêche en fibre de verre pour moins de 60 euros, démontrant l'ingéniosité possible. En règle générale, tous types d'antennes doivent être maintenus aussi loin que possible des objets métalliques pour de meilleurs résultats.
Tous les systèmes de radio BLU disposent d'un syntoniseur d'antenne, également appelé boîte d'accord. Le syntoniseur permet d'adapter l'impédance de l'antenne à celle de l'émetteur-récepteur. Il est utilisé pour accorder une antenne (pataras isolé ou antenne fouet) quelle que soit leur longueur, et la ramène en résonance à la fréquence d'émission possible de l'antenne. Une large bande de 2 à 30 MHz est utilisée par les syntoniseurs. La boîte d’accord s’installe au plus près de l’antenne. Une boîte d’accord manuelle, comme la MFJ 971, est instructive mais parfois fastidieuse. Il existe des boîtes d'accord automatiques étanches. Une boîte d'accord n'est pas bien compliquée : une self sur laquelle on se connecte plus ou moins haut. La partie électronique de gauche permet de savoir si l'antenne émet bien toute la puissance.
La mise à la terre est un aspect fondamental de l'installation BLU, en particulier pour la transmission de votre radio BLU, car une mauvaise mise à la terre peut entraîner un risque de court-circuit et de corrosion. Une bonne mise à la terre est nécessaire pour éviter les interférences électriques. Les plaques de masse mesurent généralement 300 x 80 x 13 mm et doivent être installées sous la ligne de flottaison sur environ 3 m² de surface peinte, qui représente la moitié du condensateur, l'eau de mer étant l'autre moitié. Ces surfaces sont séparées par la coque. Ne jamais peindre les plaques de masse, car cela limite leurs performances; elles doivent être nettoyées avec une brosse métallique ou remplacées régulièrement. Pour les coques en métal, une attention particulière doit être apportée afin qu’aucun courant DC ne passe dans la coque par le syntoniseur. Même si un antifouling a été appliqué, il y a toujours un contact avec l'eau de mer par couplage capacitif. Le KISS-SSB est une solution qui offre de nouvelles possibilités pour une mise à la terre correcte et qui empêche toutes interférences électriques. Le KISS-SSB est connecté à la borne de terre de la radio et placé de façon libre. Il est important de ne pas le placer près de câbles actifs. Le syntoniseur peut être relié à la surface peinte au moyen d'une large bande de cuivre et d'un tube.
Le câblage est également essentiel. Le câble coaxial reliant la radio au syntoniseur doit être un câble de faible atténuation, et les connecteurs PL ne doivent permettre aucun contact entre le conducteur et le blindage. La surface de contact du conducteur doit être suffisante. Il faut noter que le câble entre le syntoniseur d'antenne et le pataras isolé irradie des ondes. Un câble haute tension résistant aux UV doit être installé entre le syntoniseur et l'antenne, en protégeant le blindage du câble coaxial. Le pataras est raccordé au moyen d'un isolateur.
L'alimentation électrique pour une boite d'accord automatique étanche doit être sérieuse et la mise à la masse également. Avec des fortes puissances, il suffit d'un peu d'humidité pour faire un arc, comme ce fut le cas avec un commutateur cramé.
Optimisation de la BLU : Les Modems Pactor et la Transmission de Données
Pour optimiser l'utilisation de la radio BLU et la transformer en un véritable centre de communication de données à bord, l'intégration d'un modem Pactor est essentielle. Ce modem est connecté au récepteur via un PC ou un ordinateur portable par USB ou Bluetooth. Le modem Pactor convertit ensuite les données de l'ordinateur, les rendant ainsi transmissibles par ondes courtes. La station à terre émet ensuite les données ondes courtes sur Internet. Nous souhaitions avoir le courrier électronique et les GRIB en mer, et nous en sommes de gros consommateurs, car il nous paraissait stupide de se rationner de météo ou de relations affectives. Nous souhaitions aussi un positionnement du bateau.
Les modems Pactor sont fabriqués par la société allemande SCS. Dans la gamme proposée, on trouve le modèle DR-7400, utilisant déjà la nouvelle technologie Pactor 4 (aussi appelée P4 Dragon), qui améliore significativement la vitesse de transmission. Le modem DR-7400 de Pactor n'est surpassé que par le DR-7800, qui possède aussi un afficheur intégré, le rendant par conséquent beaucoup plus cher. Un modem Pactor III USB peut aussi être une option. Un modem plus ancien est beaucoup plus lent que le DR-7400 et n'est plus proposé en standard.
Un modem Pactor offre encore plus d'avantages : avec un modem Pactor et un système de radio BLU, vous pouvez recevoir les messages météo Navtex, rendant un récepteur Navtex indépendant inutile. De plus, il permet de recevoir des courriels par la BLU. Ces stations peuvent être gérées par des professionnels ou être le fait de radioamateurs. Pour les radioamateurs, il faut renseigner votre indicatif et votre mot de passe dans le logiciel approprié. Pour les stations maritimes professionnelles, une inscription en ligne est nécessaire pour l'utiliser.
La Communauté Radioamateur : Un Atout pour les Navigateurs
Le monde de la radioamateur représente une dimension enrichissante pour les navigateurs, offrant une communauté solidaire et des avantages économiques significatifs, en particulier pour ceux qui s'engagent dans de longs voyages. Comparée aux prix de plus en plus attractifs du téléphone satellite (plus ou moins 500 euros), l’installation nécessaire pour avoir le courrier électronique et les GRIB par BLU coûte plus cher, mais les systèmes BLU pour radioamateurs sont généralement moins chers à l'acquisition que les radios marine BLU. Sur un bateau, il est possible de tirer les prix au maximum, même en achetant du matériel neuf : une radio Yaesu FT857D très compacte capable d’émettre sur la HF (max 100 watts), la VHF et l’UHF (environ 800 €), un Pactor III USB (859 €) et une boîte d’accord manuelle MFJ 971 (moins de 200 €), plus du câble coaxial, des isolateurs pour les antennes (par exemple, un long fil et un dipôle sur 14 MHz), des connecteurs, un balun et divers petits matériels, le tout pouvant coûter moins de 2500 euros et prendre trois jours pour tout installer et fabriquer les antennes. Vu l’investissement, c’est une technologie qui intéresse d’abord ceux qui partent pour plus d’un an de voyage.
L'intérêt de devenir radioamateur c’est aussi de comprendre l’outil que l’on utilise. La radio, c'est un autre monde, une autre « philosophie ». Un monde « low tech ». L'économie est une qualité dans ce domaine, et c'est pour cette raison que la télégraphie continue d'exister : avec peu de watts, elle porte plus loin. Les radioamateurs sont une communauté internationale solidaire. Au sud, l'Indien et le Pacifique sont bien couverts par cette communauté. À l’heure où beaucoup d’entre nous s’inquiètent de l’appropriation des communications par quelques grandes entreprises, la technologie de radio continue à appartenir à tout le monde. Et si les fréquences sont rigoureusement régies par les États, nombre de fréquences sont réservées aux amateurs.
Pour devenir radioamateur, il faut passer la licence. Le processus d'examen peut sembler intimidant, surtout pour quelqu'un qui n'a pas un profil scientifique, mais il est tout à fait réalisable. Beaucoup de clubs de radioamateurs dispensent des cours, et le programme est facilement trouvable en ligne, avec un logiciel très utile permettant de s’entraîner pour les QCM de l’examen. Il existe trois examens : le premier sur la réglementation, le second sur la technique, et le troisième sur la télégraphie (la CW dans le langage des OM). L’étude de la réglementation peut prendre environ deux mois (une demi-heure par jour) de bachotage par cœur sur des questions pas toujours très utiles dans la pratique, telles que « Qui délivre les licences de radio amateur aux Comores ? ». Pour la technique, cela peut prendre six mois à raison d’une heure par semaine et une bonne révision le dernier mois, ce qui permet d'apprendre des choses véritablement utiles pour les bateaux qui sont de plus en plus bourrés d’électronique et d’antennes. L’opérateur radioamateur masculin se désigne comme OM « Old Man », tandis que son équivalent féminin, malheureusement trop rare, se désigne par le joli YL « Young Lady ». Les abréviations viennent de la télégraphie, et l’univers de la radio adore les acronymes et les codes, par souci d’économie, mais aussi pour le plaisir de jargonner, créant un volapük qui fait passer cette activité pour plus complexe qu’elle n’est et qui ne devrait pas effrayer les utilisateurs de SMS.
Les navires dotés d’une VHF ont un indicatif constitué de deux lettres et de quatre chiffres. Les navires dotés d’une BLU et forcément d’une VHF ont un indicatif constitué de quatre lettres, commençant par « F » comme « France », à l'image des avions.