Naviguer en Jet-Ski® et Accoster dans les Chenaux de Plage : Réglementation et Conseils Essentiels

La pratique du Jet-Ski®, ou Véhicule Nautique à Moteur (VNM), est une activité de loisir nautique consistant à piloter un engin propulsé par le jet d’eau d’un moteur à turbine. La conduite de l’engin se fait généralement en mer, sur lac ou rivière, offrant des sensations fortes et une liberté appréciée par les amateurs d’évasion, de vitesse et d’adrénaline. Les scooters des mers sont des engins très polyvalents, permettant des sauts dans les vagues, des virages serrés, des excursions, des balades entre amis, du ski nautique, du wakeboard, de la bouée tractée et même, du parachute ascensionnel. Cependant, cette polyvalence et la puissance de ces engins imposent des règles strictes pour garantir la sécurité de tous les usagers de la mer et le respect de l'environnement.

La réglementation encadre de manière précise où et comment ces engins peuvent évoluer, notamment à l'approche des plages. La question de l'accostage ou du mouillage à proximité d'une plage, même déserte et non balisée, soulève des interrogations légitimes, comme en témoigne l'expérience d'un plaisancier devant une plage du Finistère, où un maître-nageur lui a rappelé la règle des 300 mètres, précisant que la marée basse réduirait encore la distance. Comprendre ces règles est essentiel pour une pratique sereine et conforme.

Les Permis de Conduire Obligatoires pour les Véhicules Nautiques à Moteur

Pour pouvoir piloter un jet ski, il faut obligatoirement être titulaire d’un permis bateau. Deux options principales sont disponibles en fonction de la distance d'éloignement d'un abri souhaitée :

  • Le permis plaisance « option côtière » qui autorise les navigations jusqu’à 6 milles (soit environ 11 kilomètres) d’un abri. C’est le permis idéal pour piloter un jet à selle, permettant la navigation de jour à 2 milles d’un abri. Pour un jet à bras, la navigation est autorisée jusqu'à un mille d’un abri, sans limitation de puissance.
  • Le permis plaisance « extension hauturière » qui permet de naviguer au-delà de 6 milles d’un abri.

Au-delà de ces permis maritimes, le permis fluvial est obligatoire pour conduire un jet en eaux intérieures. Ce permis permet à son possesseur de piloter un jet sur plan d’eau fermé comme un étang ou un lac.

Il existe néanmoins des exceptions où la conduite sans permis est possible. Si le moteur de la motomarine ne dépasse pas 6 CV, le permis n'est pas requis. De même, si le pilote navigue en groupe lors d’une sortie encadrée par un moniteur agréé, il peut pratiquer sans permis. Un autre cas de figure concerne les jet-skis se trouvant à bord d’un bateau de plus de 24 mètres, s'ils sont uniquement destinés à la clientèle. Cependant, dans tous les cas, il faut avoir au moins 16 ans avant de grimper sur l’un de ces engins. Il est souvent rappelé que les scooters des mers sont équipés de moteurs puissants et nécessitent a minima une initiation pour une manipulation sûre. Si votre jet ski est autorisé à naviguer en mer, il l’est aussi pour une pratique sur un plan d’eau intérieur, sur lac ou en rivière.

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Équipements de Sécurité Obligatoires et Conseils pour une Pratique Sereine

La réglementation a récemment été renforcée, notamment avec deux nouvelles obligations en date du 13 décembre 2023, visant à améliorer la sécurité des pratiquants de Jet-Ski®.

Équipements individuels obligatoires :* Combinaison isothermique néoprène : Il est désormais obligatoire de porter une combinaison isothermique néoprène. Que la tenue soit composée d’un short, d’un shorty ou d’une combinaison intégrale, l’épaisseur du néoprène doit être au minimum de 2 mm. Cela vous protégera non seulement du froid, mais aussi des blessures éventuelles causées par un jet de turbine ou par un choc possible à la surface de l’eau en cas de chute.

  • Coupe-circuit : Pour les scooters des mers possédant un coupe-circuit, celui-ci doit être obligatoirement porté. Il doit être relié au poignet ou à la jambe dès le démarrage. En cas de chute à l’eau, cela immobilisera le Jet-Ski® et évitera de blesser une personne.
  • Équipement individuel de flottabilité (EIF) : Le port de l’aide à la flottabilité, c’est-à-dire un gilet de sauvetage, est obligatoire en ski nautique et véhicules nautiques à moteur.
  • Casque : Vous devez également porter un casque afin de protéger la tête en cas de chute.

Équipements à bord selon la zone de navigation :

Pour une navigation jusqu’à 2 milles nautiques (environ 3,7 km) d'un abri :

  • Chaque passager doit posséder un moyen de repérage lumineux individuel étanche avec une autonomie d’au moins 6 heures, de type lampe flash, lampe torche ou encore cyalume.
  • Un anneau et un cordage permettant le remorquage, d'une longueur de 3 fois la longueur du véhicule, sont requis.
  • Un moyen de connaître les horaires des marées et leurs coefficients (comme un almanach) pour la zone parcourue en Jet-Ski® est indispensable.

Pour une navigation jusqu’à 6 milles nautiques (environ 11 km) d'un abri, en plus de ce qui vient d’être listé, vous devez avoir à bord :

  • Un compartiment étanche contenant trois feux rouges à main conformes aux dispositions de la division 311 du règlement.
  • Un compas magnétique étanche, conforme aux normes ISO pertinentes ou un système de positionnement satellitaire étanche pouvant s’utiliser comme compas.
  • Les cartes marines actualisées des zones de navigation fréquentées, en version papier ou électronique.
  • Le règlement international pour être préparé en cas d’abordages en mer (RIPAM), ou un résumé textuel et graphique, éventuellement sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique.
  • Un document décrivant le système de balisage de la zone fréquentée, éventuellement sous forme de plaquettes autocollantes ou sur support électronique.

Recommandations et vérifications importantes de la SNSM :La Société Nationale des Sauveteurs en Mer (SNSM) prodigue des conseils pour pratiquer ce sport nautique en toute sécurité. Premièrement, assurez-vous que votre état de santé vous permet de pratiquer ce sport, car cette activité nautique est assez physique et il vaut mieux être en très bonne forme pour s’y adonner. Tous les muscles du corps sont sollicités, particulièrement les avant-bras, les épaules et les cuisses. Si vous avez des problèmes de dos, il est déconseillé de pratiquer cette activité sportive. Ensuite, pour votre sécurité, partez toujours accompagné. Un binôme est crucial pour vous apporter un soutien en cas d’incident.

Vérifiez toujours en amont que vous avez bien tout l’équipement et le matériel de sécurité obligatoires. Contrôlez l’état et le fonctionnement de tous les éléments avant votre sortie. Avant de commencer votre session de scooter des mers, vérifiez les prévisions météorologiques, les horaires de marées, la direction et la force du vent pour la journée. Si vous emmenez un passager, celui-ci doit avoir une force physique suffisante pour se tenir sur l’embarcation. Vérifiez bien au préalable qu’il est assez grand et que ses pieds sont bien à plat dans les baquets. Il est conseillé de ne jamais transporter un enfant de moins de 8 ans.

Enfin, avant votre départ, pensez à prévenir l’un de vos proches de votre sortie en Jet-Ski®, afin qu’il puisse prévenir le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) au moindre doute si vous ne donnez plus de nouvelles. N’oubliez pas de prendre une radio VHF ou un téléphone dans une pochette étanche afin de contacter les secours si besoin (canal 16 de la VHF ou le 196 par téléphone). En cas de panne, ne quittez jamais votre VNM. Lorsque vous êtes à l’eau, ne vous placez jamais derrière votre Jet-Ski®. Mettez-vous à distance du Jet-Ski® ou entre les vagues et le Jet-Ski®, jamais derrière le Jet-Ski® et les vagues. En cas de retournement du Jet-Ski®, assurez-vous que votre passager aille bien, si vous en avez un. Ensuite, si vous tentez de retourner votre Jet-Ski®, regardez s’il n’y a pas de danger immédiat (grosses vagues ou proximité de rochers), puis vérifiez le sens de retournement sans passer derrière le Jet-Ski®. Sachez que le sens de redressement d’un Jet-Ski® n’est pas normalisé, il varie selon le modèle et la marque. Il peut s’effectuer de bâbord à tribord ou bien de tribord à bâbord. Vous risquez de noyer le moteur si vous le redressez dans le mauvais sens.

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Pensez également à prendre des lunettes de soleil et à porter des chaussures fermées pour protéger les pieds contre les obstacles sous-marins. Et avant de partir, vérifiez que le VNM a des hélices entièrement carénées et des turbines équipées d’une grille de protection afin d’éviter de blesser des personnes dans l’eau. Le niveau sonore ne doit pas dépasser 80 décibels à 7,5 mètres.

Réglementation de la Navigation : la Bande des 300 Mètres et les Chenaux Balisés

La navigation des scooters des mers est strictement réglementée à l'approche des côtes pour assurer la sécurité des baigneurs et des autres usagers de la mer. En mer, il est interdit d’évoluer dans la bande des 300 mètres du bord de plage vers le large. Cette zone littorale est en principe réservée à la baignade et aux engins de plage non motorisés. L’évolution des VNM se situe en général entre 300 mètres et un mille (jet à bras) ou deux milles (jet à selle) nautiques du rivage.

La navigation dans la bande des 300 mètres est autorisée aux scooters des mers seulement s’il existe un chenal traversier balisé par des bouées jaunes qui mène au rivage. Ces chenaux de navigation sont spécifiquement créés par certaines municipalités pour faciliter l’accès à la mer. Il est obligatoire de les emprunter pour sortir et rentrer en respectant la vitesse réglementaire affichée, qui est souvent limitée à 5 nœuds, soit environ 9 km/h, ou parfois 3 nœuds, sauf dispositions différentes prévues par l’arrêté préfectoral créant le chenal. Dans ces chenaux, les véhicules nautiques à moteur (VNM) doivent évoluer selon des trajectoires parallèles à l’axe du chenal, et toute autre évolution est interdite. Réduisez toujours votre vitesse lorsque vous entrez dans la zone des 300 mètres ou que vous entrez dans un port.

Lorsqu’il n’y a pas de plan de balisage ou lorsqu’il n’est pas matérialisé par des bouées jaunes, les jet-skis et autres bateaux ne sont pas autorisés à évoluer dans la bande des 300 mètres. Ceci répond directement à la question concernant le mouillage devant une plage non balisée : l'interdiction de la zone des 300 mètres s'applique pleinement. L'observation d'un maître-nageur rappelant cette règle et l'influence de la marée sur la distance confirme que même en l'absence de balises physiques, la réglementation est en vigueur. Il est également interdit de naviguer la nuit avec un Jet-Ski®.

Il est impératif de respecter les zones réservées aux autres activités nautiques et à la baignade. La vitesse doit être maîtrisée et adaptée à la situation en toutes circonstances. Certaines zones peuvent faire l'objet de restrictions locales spécifiques, comme ce fut le cas sur le bassin d’Arcachon où le maire d’Arcachon avait pris un arrêté d’interdiction de mise à l’eau des véhicules nautiques à moteur (VNM) du 15 juin au 15 septembre, imité par la ville de Lège-Cap-Ferret, en raison de problèmes de sécurité et de nuisances. Bien que cet arrêté ait fait l'objet de contestations, il a été confirmé en juillet par le tribunal administratif de Bordeaux. Il est important de noter que tous les jet-skis n'étaient pas concernés, les professionnels ayant des contrats avec le Port d’Arcachon pouvant continuer à opérer. Les particuliers, s'ils ne pouvaient plus utiliser la cale du port d'Arcachon, pouvaient recourir à d'autres cales sur le bassin, même si celles-ci tendent également à limiter les mises à l'eau pour les VNM.

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Concernant les engins de plage non motorisés, la question de leur accès aux plages par la mer, même à la rame, se pose. Un kayak est considéré comme un engin de plage s'il correspond à certains critères. De même, un stand up paddle est un engin de plage. La réglementation de la bande des 300 mètres est principalement axée sur les VNM et la sécurité des baigneurs. Pour les engins de plage, la liberté de circuler est plus grande, mais la prudence reste de mise, et il est conseillé d'éviter de nager au-delà de 300 mètres du rivage. La pêche à la ligne dans les zones de baignade surveillée est également une question fréquente qui nécessite de consulter les arrêtés locaux.

Immatriculation, Documents et Responsabilités

Tout scooter des mers doit être approuvé par les Affaires Maritimes et immatriculé. Ce numéro doit être visible à 30 mètres, garantissant l'identification de l'engin en cas de besoin.

Documents obligatoires à présenter en cas de contrôle :* Un permis bateau valide (permis côtier ou permis hauturier).

  • Une attestation d’assurance.
  • Le Jet-Ski® doit également être immatriculé, avec le numéro visible.

Dans le cas d’une location de Jet-Ski® ou d’un prêt, vous devez pouvoir présenter un contrat de location ou une attestation de prêt. Les loueurs, clubs et entreprises sont astreints à renseigner et viser annuellement le registre de vérification spéciale. Ce registre doit être rempli et visé annuellement par le propriétaire ou la personne responsable, au sein de la structure ou l’entreprise, de l’entretien du navire. Ce document permet à l’utilisateur du navire de vérifier que l’entretien du navire et le suivi de son matériel de sécurité sont réalisés régulièrement. La vérification engage la responsabilité de l’exploitant du navire (personne physique ou morale). Les matériels présents à bord doivent être régulièrement vérifiés, qu’ils soient obligatoires ou pas. Le chef de bord doit avoir pris connaissance de ce document avant de prendre la mer.

Les propriétaires, même s'ils ne sont pas le chef de bord, doivent vérifier régulièrement l'état de leur navire et de ses équipements. Si vous louez votre navire à un particulier, vous devez renseigner le registre de vérification spéciale et vous assurer des dates de péremption de l'ensemble du matériel à bord. Les locataires de navires de plaisance sont en droit de demander à leur loueur le registre obligatoire de contrôle technique du navire.

Sécurité Générale en Mer et Conduite Responsable

La sécurité en mer repose sur une combinaison de connaissance des règles, de préparation adéquate et de vigilance constante. Avant chaque sortie, une veille météo est cruciale. Tenez-vous constamment informé des évolutions météorologiques. Le canal 16 de la VHF doit être suivi, car il annonce l'émission imminente par le CROSS d'un bulletin météo sur les canaux 79 et 80. La radio VHF marine fixe ou portable reste le moyen incontournable pour assurer sa sécurité à bord, permettant de prendre connaissance d’une demande d’assistance d’un autre navigateur, qui peut être très proche, et de communiquer avec les autres bateaux, ainsi que de recevoir les bulletins météo à intervalle régulier, en particulier les bulletins météo spéciaux élaborés par Météo France en cas d’aggravation de la situation. Depuis le 1er janvier 2017, une radio VHF fixe est obligatoire pour les navigations de plaisance semi-hauturière, c’est-à-dire à partir de 6 milles d’un abri. Les radios VHF portables sont quant à elles totalement libres d’utilisation.

Définir un abri est également fondamental : c'est tout endroit de la côte que l’engin et le pratiquant peuvent aborder, sur lequel ils peuvent trouver refuge et d’où ils peuvent repartir sans assistance.

Pour les urgences en mer, le numéro national d’urgence est le 196, appel gratuit depuis un téléphone fixe ou portable, qui permet d’alerter le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en mer (CROSS) le plus proche de l’appel. Ce numéro concerne uniquement les urgences en mer et non celles à terre. Le Canal 16 sur la VHF est également le moyen d’appeler les secours au large (CROSS).

Avant l'appareillage, définissez les règles quant au port de l'équipement individuel de flottabilité (EIF). En bateau, partez toujours avec le plein de carburant et un gilet de sauvetage pour chacun. Assurez-vous que votre équipage est en mesure de faire un appel simple par la radio VHF. Sur les zones de navigation de votre lieu de vacances, informez-vous sur les courants, marées, chenaux, rochers, berges dangereuses, réserves naturelles, zones de cultures marines. Consultez les documents nautiques avant de naviguer, assurez-vous qu’ils soient à jour. En cas de difficulté : ne quittez jamais votre embarcation et ne tentez pas de rejoindre le rivage à la nage. Un bon état de santé est indispensable, en particulier pour des activités comme la plongée, qui s'exerce dans des conditions physiologiques très particulières. Il est conseillé de passer une visite médicale avant les vacances et d'apprendre à plonger dans un club avec des moniteurs diplômés. Les baïnes en Atlantique ou les bâches en Manche sont des dangers à surveiller, car ces eaux d’apparence calme cachent de forts courants qui entraînent vers le large.

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