La construction d'un canoë ou d'un kayak en bois est une entreprise gratifiante qui allie l'artisanat traditionnel à la satisfaction de créer une embarcation unique et performante. Le choix des matériaux, et en particulier du bois, est une étape fondamentale qui influencera non seulement la durabilité et l'esthétique du bateau, mais aussi son poids et ses qualités nautiques. Ce guide explore les essences de bois privilégiées, les techniques de préparation et de construction, ainsi que les ressources essentielles pour mener à bien un tel projet, qu'il s'agisse d'un novice découvrant le travail du bois ou d'un artisan expérimenté cherchant à optimiser ses créations.
Le Choix du Bois : Le Cœur de la Construction Navale Artisanale
La sélection du bois est sans doute la décision la plus critique dans le processus de construction d'un canoë ou d'un kayak en lattes. Chaque essence possède des caractéristiques uniques qui la rendent plus ou moins adaptée à certaines parties de l'embarcation ou à des objectifs spécifiques, comme la légèreté ou la résistance. L'objectif est de trouver un équilibre entre poids, solidité, facilité de travail et coût.
Le Cèdre Rouge (Red Cedar) : La Référence Incontournable
Le red cedar est largement reconnu comme LE bon bois pour fabriquer canoës et kayaks, et ce n'est pas sans raison. Il est très facile à travailler, ce qui le rend accessible même aux débutants. Sa légèreté est un atout majeur pour un kayak ou un canoë, permettant des embarcations d'un poids final remarquablement bas. Pour information, un kayak de 5,10m en red cedar peut peser seulement 16 kg, une performance qui, pour l'équivalent en kayak du commerce, obligerait à taper dans les kayaks en résine et carbone, dont le coût avoisine les 4000€. Cette légèreté est cruciale, car elle facilite grandement la manutention et le transport, notamment pour les portages. Au-delà de sa facilité d'usinage et de sa légèreté, le red cedar est également solide et imputrescible, garantissant une excellente longévité à l'embarcation. Plusieurs constructeurs expérimentés confirment que pour un canoë léger, ils ne choisiraient que le cèdre dans une liste de bois potentiels. Les lattes de la coque sont généralement fabriquées en red cedar, exploitant pleinement ses propriétés.
Le Paulownia : Une Alternative Émergente
Il existe aussi un bois très léger qui vient d'Australie et qui s'appelle le Paulownia. Moins cher, plus léger et aussi solide que le red cedar, il représente une alternative intéressante à considérer. Bien que moins répandu dans la construction de canoës artisanaux en France, son potentiel ne devrait pas être ignoré. L'exploration de nouvelles essences, comme le Paulownia, peut offrir des avantages économiques et de performance significatifs, justifiant un examen attentif.
Autres Essences et Leurs Usages Spécifiques
Au-delà du red cedar et du Paulownia, d'autres bois trouvent leur place dans la construction de canoës, souvent pour des éléments structurels ou des parties spécifiques. Pour les embarcations plus traditionnelles ou les pirogues, on peut rechercher des genres d'arbres qui poussent dans la forêt du coin. Les pirogues sont souvent faites de cèdre, de pin, de sapin, d'épicéa, de saule, de peuplier ou de séquoia. Le choix dépendra de la disponibilité locale et de la méthode de construction envisagée.
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Dans la construction en lattes, le frêne est fréquemment utilisé pour les étraves, les pontets, les plats-bords (la ceinture du haut) et les sièges. Le frêne est reconnu pour sa souplesse et sa résistance aux chocs. Cependant, pour réduire le poids total de l'embarcation, certains envisagent de remplacer le frêne par des matériaux plus légers, bien que cela puisse ne pas suffire à compenser un surpoids dû à une utilisation excessive de résine, par exemple. Le sipo est également mentionné pour certaines parties, éventuellement pour les rehausses, ajoutant ainsi une touche d'esthétique ou une résistance supplémentaire là où c'est nécessaire. Enfin, pour les lattes, le pin Douglas est une option plus fréquente en France et plus accessible, comme en témoigne un constructeur qui a trouvé le sien chez Leroy Merlin pour un coût modique. Bien que le pin Douglas soit plus lourd que le red cedar, il peut constituer un bon choix pour un premier projet, permettant de se faire la main sans un investissement initial trop important.
Préparation du Bois : Du Débitage Précis à la Latte Idéale
Une fois l'essence de bois choisie, la préparation des lattes est une étape cruciale qui demande précision et méthode. La qualité des lattes influencera directement la facilité de construction et le rendu final de l'embarcation.
Le Débitage des Lattes : Précision et Économie
Pour la construction d'un canoë ou d'un kayak en lattes, le débitage est essentiel. Il s'agit de couper de fines bandes de bois, appelées lattes, qui formeront la coque. Les lattes mesurent typiquement 18 mm de large et 5 mm d'épaisseur sur 3,6 m. Cependant, ces dimensions peuvent varier, par exemple, des lattes de 15x9mmx4500mm sont également utilisées. Il faut compter combien il en faut au maître beau, puis ajouter les 3mm perdus par trait de scie au ruban pour obtenir le débit nécessaire et du rab pour la construction. Ce calcul permet d'optimiser l'achat de bois et de réduire les pertes.
Une bonne scie circulaire sous table est l'outil idéal pour couper ces lattes avec précision. Il est même possible de tailler dans du bardage de 20 mm d'épaisseur pour obtenir les lattes. Concernant l'épaisseur, on peut se débrouiller plus facilement selon la façon de débiter. L'avantage d'utiliser des lattes fines est qu'elles peuvent être cintrées plus facilement. Il n'est pas nécessaire de raboter les lattes, car le ponçage ultérieur suffira à obtenir une surface lisse. Cela permet de faire à minima et de gagner du temps.
Gestion des Longueurs : Le Scarffing
Les canoës et kayaks, comme un kayak mesurant 5,10m, sont souvent plus longs que les lattes disponibles sur le marché (par exemple, 3,6m). Il est alors nécessaire de scarffer, c'est-à-dire de joindre deux lattes par un assemblage en biseau pour obtenir la longueur désirée. Le bois étant tendre, c'est facile de scarffer deux ou trois fois sur la longueur, et cela ne se voit pas une fois la résine passée. Cette technique permet d'utiliser des longueurs de bois plus courtes et plus faciles à manipuler, sans compromettre la solidité ou l'esthétique du bateau final.
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Les Techniques de Construction : Façonner la Coque
La construction d'un canoë en bois peut prendre plusieurs formes, des méthodes ancestrales de la pirogue monoxyle à des techniques modernes comme le strip planking. Chacune a ses spécificités et son attrait.
La Construction en Lattes (Strip Planking) : Modernité et Esthétique
La technique du strip planking est populaire pour sa capacité à produire des embarcations légères, robustes et esthétiquement remarquables. Elle implique l'assemblage de fines lattes de bois sur un moule pour former la coque.
1. Préparation du Poste de Travail et du Moule :Le projet débute souvent par l'acquisition d'un kit qui contient le bois pour le canoë, le plan et les instructions, de la quincaillerie et de la fibre de verre. Cela permettra d'être pleinement préparé. La première étape consiste à créer une poutre et le moule. Il faut poser une longue table ou une planche sur des tréteaux ou des blocs. C'est là-dessus que l'on va construire le canoë. Le kit devrait contenir des modèles ou des lignes directrices pour les formes. Ces formes seront attachées au plan de travail et serviront à soutenir et à placer les lattes de bois étendues. Les formes devraient ressembler à un grand champignon lorsque vous les empilez. Certains kits incluent parfois des formes prédécoupées. Il est crucial de ne pas attacher les formes aux blocs fixes. Il faut vérifier que la partie la plus large des formes soit en contact avec un bloc fixe. Attachez les blocs et les formes à environ 12 cm les uns des autres et assurez-vous que tout est bien centré. Des vis à cloison sont utilisées pour attacher les extrémités au plan de travail, en s'assurant qu'elles soient parfaitement centrées. Il est recommandé de couvrir le sommet des formes avec du scotch pour que la colle des lattes de bois ne s'y attache pas.
2. La Pose des Lattes : Un Travail Minutieux :Les lattes du canoë sont couvertes de colle, car c'est cela qui devrait leur permettre de donner forme au canoë par la suite. On commence par placer les lattes de bois les plus fines directement sur les extrémités et sur les formes. Les premières lattes placées forment la partie la plus haute du canoë (elles seront donc les plus proches du plan de travail). Il est important de poser les lattes alternativement d'un côté puis de l'autre, en s'assurant qu'elles soient placées tout juste les unes à côté des autres de manière très serrée. On continue à agrafer et à engluer les lattes des deux côtés. Chaque jour sa latte ! Le kayak prend forme progressivement. La patience est de mise, car c'est une école de patience et de précision.
3. Façonnage et Premières Finitions :Une fois toutes les lattes attachées et la colle sèche, on retire délicatement les agrafes des formes et des extrémités. Il y aura sans doute un petit peu de bois qui dépasse aux extrémités. On utilise une plane pour éliminer ce qui dépasse. Ensuite, on passe à l'étape du ponçage et de la mise en place des étraves externes. La ponceuse excentrique et l'aspirateur deviennent les meilleurs amis du constructeur. C'est un vrai plaisir de poser et de mettre en forme les étraves externes, sans visses en métal qui dépassent. C'est une étape où l'on adore passer des heures, tellement c'est agréable de voir le bois prendre forme.
La Pirogue Monoxyle : L'Art du Rondin
La construction d'une pirogue à partir d'un seul rondin est une technique ancienne et exigeante, mais qui aboutit à une embarcation d'une robustesse unique.
1. Le Choix de l'Arbre et l'Abattage :Il faut se promener dans une forêt proche et trouver un arbre assez large et assez grand pour faire une pirogue. Si l'arbre est toujours debout, quelqu'un aidera pour la première taille. Ensuite, on fait deux coupures propres aux extrémités du rondin. Il est essentiel qu'aucune branche ne pousse nulle part sur le rondin. Le rondin devra être aussi long que ce que l'on souhaite pour le canoë. Si l'on n'est pas encore décidé précisément sur la longueur, il vaut mieux couper un rondin un petit peu plus grand. Vue la taille énorme du rondin, il est souvent préférable de travailler dans la forêt elle-même, dans une clairière par exemple.
2. Préparation du Rondin et Marquage :Après l'abattage, il faut utiliser l'outil qui convient le mieux pour retirer l'écorce. Une pelle est sans doute le plus efficace pour retirer les grands morceaux d'écorce rapidement. Les morceaux d'écorces sont pratiques pour allumer le feu. Avec un crayon, on dessine le long des côtés du rondin ce qui sera la limite de la pirogue. Au sommet du rondin, on dessine les extrémités coniques. Au centre, on fait une marque pour localiser le centre du bateau. La délimitation de l'embarcation devra ressembler un petit peu à un ovale.
3. Le Creusage et le Façonnage :On fait des coupures perpendiculaires à travers la largeur du rondin. On aura besoin d'aide et de corde pour déposer délicatement la partie plate sur le sol. À nouveau, on fait des coupures perpendiculaires dans la largeur de la bûche et on sépare les sections entre les coupures. On peut soit utiliser une tronçonneuse pour retirer grossièrement de larges morceaux de bois, soit utiliser une erminette ou une hache pour retirer autant de bois que l'on veut. Habituellement, les extrémités sont coniques. Il faut regarder les limites tracées et laisser au moins 2 à 2,5 cm de chaque côté pour se préserver de trous accidentels. Même si l'on a l'impression de retirer trop de bois, cette étape est nécessaire, car il faut réduire le poids de la pirogue. Pour plus de précision, on peut utiliser une petite erminette de charpentier. Jusqu'ici, le canoë est encore un petit peu cubique. Même si l'essentiel du bois a été retiré du centre, il faut encore donner un petit coup de canif, de hache ou d'erminette pour les finitions.
4. Finition de la Pirogue :Pour la touche finale, on passe du papier de ponçage abrasif sur toute la surface de la pirogue, en travaillant le papier de ponçage contre les grains du bois. Ensuite, on applique des couches successives de vernis croisé, en utilisant un papier légèrement abrasif entre chaque couche pour assurer une bonne adhérence et un fini lisse.
Autres Approches : Tradition et Innovation
D'autres méthodes existent, comme la technique indienne en écorce de bouleau, reconnue comme l'idéal en poids, permettant de transporter l'embarcation avec une étonnante facilité. Cependant, elle est souvent perçue comme fragile en eaux vives. Le "skin on frame" (SOF), avec une armature en frêne recouverte d'une "peau" (tissu), est une autre piste pour obtenir un canoë plus léger, particulièrement pour les kayaks de mer.
Finition et Étanchéité : Protection et Esthétique Durables
La phase de finition est essentielle pour protéger le bois, assurer l'étanchéité du canoë et lui conférer son aspect final. C'est aussi une étape où la vigilance est de mise pour éviter les erreurs coûteuses.
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Stratification : Fibre de Verre et Résine Époxy
La plupart des canoës à lattes utilisent une combinaison de fibre de verre, d'époxy et de vernis pour imperméabiliser et renforcer les lattes de bois. Après achat de la résine chez Sicomin et de la toile de verre sur un autre site, on procède à la stratification. Il est vital de suivre les instructions spécifiques indiquées et d'être prudent. Un conseil important est de préparer des petites quantités de résine, sinon par exothermie, la résine commence à gélifier dans le pot et on ne peut pas l'étaler et elle ne mouille pas le tissu comme il faut. Le choix du tissu de verre est également important, son grammage et le type de tissage.
Les débutants ont tendance à charger trop en résine, ce qui ajoute un poids inutile à l'embarcation. Un canoë prévu pour 24 kg peut facilement atteindre 30 kg si l'on met trop de résine. Un canoé bois très léger observé avait un aspect granuleux de la toile de verre, signe d'un minimum de résine. En cas de trou, la réparation est toujours possible.
La résine Resoltech est une option reconnue qui résiste bien aux coquilles d'huîtres et où les rayures restent très superficielles. Certains utilisent même ce type de conditionnement pour réaliser plusieurs kayaks, avec 4 ou 5 couches par kayak.
Le Ponçage et le Vernissage : La Beauté Révélée
Après la stratification, le ponçage est une étape répétée. Il faut savoir poncer… encore et toujours. Pour la finition, il est conseillé de lustrer l'ensemble à la peau de mouton, mais surtout pas de peinture qui masquerait toute la beauté du bois et des lattes. La peinture sur un kayak en bois est une très mauvaise idée. Il est possible de choisir une finition directe sur le bois ou une stratification avant la finition. L'utilisation de vernis croisé et l'application de couches successives, avec un ponçage léger entre chaque couche, assure une protection optimale et un rendu esthétique remarquable.
Matériel et Outils pour la Finition
Pour doser finement l'époxy au gramme près, des seringues de 60 ml sont super-pratiques et peuvent être trouvées à moindre coût en pharmacie. Lors de l'application de résine, des soudures peuvent apparaître pour enlever les deux moules d'étraves qui restaient collés à la coque. Le ponçage peut être intense, à tel point qu'une ponceuse peut décéder lors de cette opération. Il faut alors s'équiper d'une nouvelle ponceuse avec tous les plateaux mousse et disques de ponçage, ce qui représente une note salée mais un investissement qui ne sera pas regretté.
Les Composants Annexes et l'Outillage Essentiel
Au-delà de la coque, un canoë est composé de diverses pièces structurelles et fonctionnelles qui nécessitent également un choix de matériaux judicieux et un travail soigné.
Les Éléments Structurels : Étrav es, Plats-Bords, Sièges
Les étraves, banquettes, listons et plats-bords sont des éléments clés du canoë. Comme mentionné précédemment, le frêne est un choix courant pour ces pièces en raison de sa résistance et de sa flexibilité. Pour les plats-bords, un petit gabarit est utile pour faire les 'encoches'. Le travail du rabot à main pour dégraisser un côté, puis l'autre après avoir plaqué le plat-bord avec de grands renforts de serres-joints, procure un plaisir particulier : pas de bruit, un rendu superbe, pas de poussières. C'est un autre débat, mais le rabot à main est un outil apprécié pour sa précision et le silence qu'il offre.
Les pontets viennent ensuite, sans grande difficulté. Quant aux listons, l'expression "merci les serres-joints!" résume bien l'importance de cet outillage dans leur pose. Une belle structure terminée est le résultat de ce travail patient.
Les Sièges : Confort et Esthétique
Les sièges peuvent être cannés à l'ancienne, une technique qui, bien que chronophage, offre un résultat très satisfaisant. Pour cela, on commande de la canne de rotin en 2,5 mm et 5 mm. Après avoir fait plein de trous tout autour des sièges et consulté des livres et vidéos, on se lance. Le résultat, bien que très long à obtenir, est gratifiant. Le Rotin du Gâtinais est un fournisseur spécialisé dans la canne de rotin pour les sièges.
Outillage Général : Les Indispensables de l'Atelier
La construction navale artisanale requiert un éventail d'outils. Au-delà des scies et ponceuses déjà évoquées, des serres-joints en grande quantité sont indispensables. Pour le façonnage, des erminettes, des haches, et des couteaux de sculpteur peuvent être nécessaires, notamment pour les pirogues. Pour le travail du bois en général, des rabots à main sont fortement appréciés pour leur précision et le plaisir qu'ils procurent. Des fournisseurs comme Tartaix métaux et A l'abordage proposent tout le laiton, outillage spécialisé, clous et rivets cuivre, ainsi que l'accastillage nécessaire.
Ressources et Accompagnement pour les Constructeurs Amateurs et Confirmés
L'aventure de la construction d'un canoë en bois n'a pas besoin d'être solitaire. De nombreuses ressources, allant des plans aux forums spécialisés, sont disponibles pour accompagner les constructeurs à chaque étape.
Plans et Kits de Construction
Plusieurs sources proposent des plans et des kits pour la construction de canoës et kayaks. Thomassondesign.com est vivement conseillé, étant le site du suédois qui a fait les plans d'un kayak mentionné. La Canoterie est une référence en la matière, vendant ses propres plans de bateaux et proposant des livrets très bien faits. Kit Canoës, Arwen Marine et Cousu-Collé offrent également des kits (plans et bois) pour construire soi-même. Pour ceux qui cherchent des plans gratuits, cnckayaks.com propose des modèles comme le Vember, en forme de petites lattes (strip planking). Il est bon de noter que La Canoterie annonçait un poids de 24 kg pour un de leurs modèles, ce qui peut servir de référence pour éviter un surpoids.
Forums, Communautés et Ateliers
Le forum Canoë Bois est spécialisé sur le sujet, notamment la restauration et l'histoire. Des communautés en ligne comme Expemag et des groupes d'amateurs partagent leurs expériences et leurs conseils. Participer à ces échanges permet de poser des questions, d'obtenir des retours et d'apprendre des expériences d'autres constructeurs. Parfois, un constructeur débutant n'avait jamais fait le reste après avoir fait les lattes, ce qui montre l'importance de s'inspirer des manuels et des conseils partagés. Des ateliers et stages de construction, comme ceux proposés par Kerlo pour les kayaks bois-entoilés, peuvent également offrir un apprentissage pratique précieux.
Fournisseurs de Matériaux et Matériel Spécialisé
Outre les fournisseurs de bois, d'autres acteurs sont essentiels :
- Tartaix métaux : pour tout le laiton et l'outillage spécialisé (Paris et site internet).
- Rotin du Gâtinais : la canne de rotin pour les sièges (Loiret, 45 ou site internet).
- A l'abordage : magasin d'accastillage laiton, clous et rivets cuivre, outillage spécialisé (La Rochelle, 17 ou site internet).
- Sicomin et Resoltech : pour les résines époxy.
Documents et Vidéos pour l'Inspiration et l'Apprentissage
De nombreuses ressources visuelles et écrites sont disponibles. Pour les méthodes authentiques, des vidéos comme "César et son canot d'écorce", "Innu aitun" et les épisodes de Ray Mears sur la construction traditionnelle amérindienne d'un canoë en écorce sont extrêmement instructives. Ces vidéos, d'une durée d'environ une heure, montrent la technique transmise de génération en génération. Des plans "historiques" comme le Chestnut Prospector ou le Seyler Hirondelle sont aussi une source d'inspiration pour améliorer l'esthétique, les qualités nautiques et la facilité de construction.
L'Expérience de la Construction et la Joie de la Navigation
La construction d'un canoë en bois est plus qu'un simple projet technique ; c'est une aventure qui marque le constructeur et qui culmine dans le plaisir de naviguer sur sa propre œuvre.
Les Défis et la Persévérance
Le processus de construction demande du temps, en moyenne 150 heures, et peut rencontrer des imprévus. Un constructeur raconte avoir débuté en février, et le projet pourrait se terminer l'année prochaine à cause des températures froides qui empêchent de travailler la résine. Il a même failli mettre le feu à la maison en construisant les étraves ! Des catastrophes peuvent survenir, comme une toile de verre qui ne disparaît pas dans la résine, poussant à l'envie de prendre une tronçonneuse. Mais avec l'aide d'un technicien (très sympathique au passage) et de la persévérance, on arrache tout, ponce à nouveau, et on recommence. Ces épreuves, bien que coûteuses en temps et en matériel, font partie de l'apprentissage et renforcent la satisfaction finale.
Le Plaisir de l'Artisanat
Malgré les difficultés, la construction est une source de grand plaisir. C'est la meilleure partie de la construction de voir le kayak prendre forme. Chaque jour sa latte est un petit pas vers l'achèvement. Passer des heures avec sa ponceuse excentrique et son aspirateur est un "kiffe total". Le rabot à main apporte un plaisir inattendu, sans bruit, avec un rendu superbe et sans poussières. La construction est une découverte du travail du bois ou des matériaux composites, ou les deux. L'artiste en soi peut s'exprimer, même si l'on ne se considère pas comme ajusteur.
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