La plongée sous-marine est une activité fascinante, offrant des paysages et des rencontres inoubliables. Pratiquée en club et dans de bonnes conditions, elle est un sport relativement sûr, avec un risque d’accident grave estimé à 1 pour 10 000 plongées. Néanmoins, elle se déroule dans un milieu aux contraintes particulières où la pression, la température et la composition des gaz imposent des règles strictes. L’un des dangers les plus redoutés est la remontée rapide, qui peut entraîner des conséquences physiologiques graves.
Les fondements physiques de la plongée et la gestion des gaz
Lorsqu’on s’immerge, la pression augmente de 1 bar tous les 10 mètres. Cette loi traite de la variation de volume d’une masse gazeuse en fonction de la pression qui s’exerce sur elle. Nous pouvons ainsi comprendre que si le plongeur a 4 litres d’air dans ses poumons à 10 mètres de fond, ceux-ci deviendront 8 litres à la surface. La remontée est donc le moment le plus critique d’une plongée, car la baisse de pression entraîne la dilatation des gaz contenus dans le corps.
L’air que nous respirons est composé de 79% d’azote et des traces de gaz rares, de 20,97% d’oxygène et de gaz carbonique pour 0,03%. Pendant la plongée, l’azote contenu dans l’air respiré se dissout progressivement dans le sang et les tissus sous l’effet de la pression. Si la remontée est trop rapide, cet azote forme des bulles qui vont se bloquer dans l’organisme, causant des accidents de désaturation.
Les accidents liés à la remontée : barotraumatismes et désaturation
Le barotraumatisme, qui représente 5 à 10% des accidents de plongée, est un accident très grave provoqué par une remontée rapide sur plusieurs mètres, sans expiration. Avec le changement de pression, le volume d’air augmente dans les poumons, provoquant alors un pneumothorax ou une embolie cérébrale. Le barotraumatisme est parfois mortel et laisse souvent des séquelles neurologiques.
L’accident de décompression (ADD) survient également lors d’une remontée trop rapide. Dans 60% des cas, les symptômes se manifestent dans les 15 minutes qui suivent la sortie de l’eau, et dans 80% des cas, ces signes surviennent dans l’heure. Les symptômes doivent faire évoquer un ADD, car les bulles sont encore présentes dans l’organisme. Le respect des paliers de décompression est indispensable pour éliminer l’azote accumulé dans les tissus. Une remontée trop rapide comporte ainsi le risque d’un relargage brutal du gaz dans la circulation sanguine.
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Facteurs aggravants et erreurs comportementales
L’accident de plongée est une urgence médicale vraie qui regroupe un nombre important de pathologies spécifiques et souvent méconnues. La panique est un facteur majeur de remontée rapide. La narcose à l’azote, appelée ivresse des profondeurs dès 30 mètres, peut entraîner une réaction inappropriée ou une attaque de panique, à l’origine d’une noyade ou d’une remontée rapide.
La panne d’air est un des principaux facteurs accidentogènes, responsable de rupture de palier, de remontée rapide et de problèmes en surface. Elle est souvent le résultat d’une mauvaise évaluation du stock d’air, d’une mauvaise gestion par rapport au profil de la plongée ou d’un essoufflement dû à un effort intense. L’effort intense à grande profondeur génère une production excessive de CO2 avec risque d’essoufflement et de noyade. L’intoxication au gaz carbonique, caractérisée par un essoufflement, est la cause principale de tous les accidents de plongée.
Stratégies de prévention et sécurité en plongée
La sécurité en plongée commence par un apprentissage encadré. Il est indispensable de respecter une vitesse de remontée sécuritaire, généralement fixée à 10 mètres par minute. Les modèles de désaturation tels que les tables MN90 et Bühlmann ne prennent pas en compte les remontées rapides, ce qui rend leur gestion impossible. En cas de remontée rapide, il est recommandé de se réimmerger à demi-profondeur pendant 5 minutes. Cela permet de réduire les risques de formation de bulles et d’accidents.
L’utilisation d’un ordinateur de plongée est fortement recommandée pour suivre en temps réel la profondeur et la vitesse de remontée. Une autre pratique consiste à utiliser la technique de la remontée en escalier, impliquant des pauses régulières à différentes profondeurs pour permettre au corps de s’adapter progressivement. La préparation d’une plongée en toute sécurité inclut la vérification de l’équipement et la planification de la profondeur et du temps de plongée. Il est de plus important de s’informer sur l’environnement, notamment les courants et la visibilité, car toute diminution de la visibilité entraîne de l’inconfort et des sentiments d’angoisse.
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