La diversification alimentaire, qui débute généralement aux environs des quatre ou six mois d'un bébé, marque le passage d'une alimentation exclusivement lactée à une alimentation solide. Parmi les interrogations fréquentes des parents figure la place des abats, et plus particulièrement du foie de volaille, dans les repas du nourrisson. Si nos grands-parents étaient de bons consommateurs d’abats ou tripes, la nouvelle génération en consomme de moins en moins, bien que ces aliments soient hautement nutritifs.
Les propriétés nutritionnelles des abats
Les abats sont des aliments hautement nutritifs. Ils sont notamment deux à trois fois plus riches en fer et apportent des minéraux comme le cuivre, le zinc, le sélenium et des vitamines du groupe B (B2, B3, B9 et B12). En comparaison avec la viande des muscles, la teneur en protéines des abats est sensiblement la même, et leur qualité est même supérieure puisque les protéines sont mieux absorbées dans l’intestin.
Qu’appelle-t-on les abats ? Il s'agit des organes des animaux contenus dans les cavités crânienne, thoracique et abdominale, mais aussi leurs glandes, leur tête, leurs pieds et leur queue. Ils proviennent du bœuf, du veau, du mouton, de l’agneau et du porc. On y trouve la cervelle, la moelle, la langue, le museau, les joues, le ris, le cœur, la hampe, l’onglet, le foie et les rognons. Les abats rouges sont les plus intéressants d’un point de vue nutritionnel, pour leur richesse en fer notamment.
Le foie de volaille : atouts et points de vigilance
Le foie de volaille est une source exceptionnelle de nutriments : il est riche en fer, riche en vitamine A, source de vitamines B, riche en protéines, contient de bonnes graisses cérébrales et constitue une source de zinc qui soutient l’immunité. Parce que les besoins en fer du bébé sont tellement grands et qu'il est souvent difficile d’ingérer suffisamment de fer à chaque jour, le foie de volaille permet à votre bébé d’avoir une grande quantité de fer et d’autres nutriments par bouchée.
Cependant, le foie est un aliment très riche en vitamine A (rétinol). Cette vitamine a plusieurs rôles importants pour l’enfant, notamment dans la vision, la croissance et le fonctionnement des hormones. La teneur en vitamine A dans le foie est différente selon l’animal. Avant 1 an, pour le foie de poulet, on compte environ 400 µg de rétinol pour 10g d’abats. Si on propose seulement 10g de foie à bébé, on approche de la limite maximale recommandée. Une vitamine qui peut être néfaste pour votre bébé si elle est proposée en trop grande quantité.
Lire aussi: Quand les canetons nagent-ils ?
De plus, les organes chargés de filtrer et détoxifier le corps de l’animal, tels que le foie et les reins, peuvent accumuler davantage de métaux lourds et de pesticides. Le foie de volaille peut lui aussi contenir des résidus chimiques si l’animal n’a pas été élevé dans des conditions strictes.
Méthodes de préparation et sécurité alimentaire
Les abats font partie des aliments auxquels il convient d’être très vigilant durant la diversification alimentaire. La cuisson est primordiale pour prévenir les infections alimentaires (toxoplasmose, listériose) et les risques de complication chez les enfants. Ne servez jamais de viande, volaille, fruits de mer ou œufs crus ou insuffisamment cuits à un nourrisson. Pensez à bien cuire à cœur les abats !
Pour un bébé de 6 mois et plus, une recette de pâté de foie maison peut être envisagée. Pour cette recette, j'ai utilisé du foie de volaille. J'ai fait fondre l'huile de noix de coco dans une casserole et ajouté les pommes et le piment de la Jamaïque. Par la suite, j'ai fait cuire l'ail et l'échalote. J'ai fait cuire le foie de volaille et le thym jusqu'à ce que le foie soit cuit. Ajouter tous les ingrédients dans le mélangeur et mélanger jusqu'à consistance lisse. Entreposer dans des petits pots. Votre bébé peut manger le pâté de foie tartiné sur un craquelin tendre ou bien directement sur une cuillère pré-remplie, ce qui est parfait pour encourager l’alimentation autonome du bébé (Diversification alimentaire Menée par l'Enfant, DME).
Recommandations par tranches d'âge
L’introduction des aliments doit être progressive. Vous pouvez proposer 10g d’abats bien cuits entre 6 et 12 mois ou 20g après 1 an. Il est suggéré de limiter la consommation de foie de volaille à un maximum de deux fois par semaine pour les bébés âgés de 6 à 12 mois pour éviter d’ingérer trop de vitamine A.
À partir de l’âge de 1 an, votre enfant peut manger progressivement tous les types d’abats. Il est important d’habituer votre enfant à goûter toutes les sortes d’aliments, y compris les abats, dès cet âge afin qu’ils ne soient pas refusés plus tard à l’âge de la néophobie (2 à 3 ans). Le plus classique est le foie de veau, que l’on peut faire griller dans une poêle à revêtement anti-adhésif afin de limiter l’utilisation des graisses cuites. D’autres abats peuvent être proposés : la langue bouillie, les rognons grillés, les gésiers et foies de volaille.
Lire aussi: Guide complet natation enfant
Précautions et contre-indications
Certains abats sont à éviter chez les enfants, en particulier entre 8 mois et 3 ans, en raison de risques microbiologiques ou de leur teneur élevée en toxines, en cholestérol et en purines. Les rognons, par exemple, sont des organes filtrant les déchets. Les abats industriels transformés (andouillette, pâté de foie, boudin noir) sont également à éviter car ils sont trop salés et trop gras.
Le foie gras, quant à lui, ne doit pas être introduit dans l’alimentation d’un bébé avant l’âge de 2 ans, principalement en raison des risques bactériens et de sa richesse en matières grasses et en sel.
Lire aussi: Exploration des Nageurs