Les 8 conditions du voile malikite

L'article suivant traite spécifiquement des conditions du voile selon l'école malikite et non de l'ensemble des règles relatives à la tenue vestimentaire de la femme musulmane en public ou devant des hommes étrangers.

Les preuves de l'obligation du port du voile pour la femme musulmane

Plusieurs versets coraniques et hadiths soutiennent l'obligation du port du voile pour la femme musulmane.

Verset 31 de la sourate An-Nour (24)

Allah dit dans la sourate An-Nour (24), verset 31 : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de préserver leurs sexes, et de ne montrer de leurs atouts que ce qui est apparent. Et qu'elles couvrent leurs jouyoub avec leurs khoumour… »

L'imam Ibn Kathir (mort en 774 de l'hégire) a expliqué que le terme "khoumour" est le pluriel de "khimar", désignant ce qui sert à cacher une autre chose. Ce verset ordonne aux femmes de porter un voile qui couvre leur tête, cachant ainsi leurs cheveux, et qui descend pour couvrir leurs poitrines.

Explication du Jilbab dans le Coran

Allah a indiqué dans le Coran l’obligation pour la femme de se couvrir la tête et, par la même occasion, a indiqué que se couvrir le visage est un acte faisant partie intégrante de l’Islam. Allah a enjoint aux musulmanes à baisser leur jilbab car les arabes polythéistes avaient l’habitude, après avoir porté cet habit qui couvrait leur visage, de le remonter de sorte à montrer leurs atours physiques.

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Le mot jilbab, dans la langue arabe, a comme sens un habit qui couvre le corps de la femme en entier, le visage et les mains compris. Le sens de ce mot ne relève pas d’une compréhension subjective mais vient exclusivement de la langue arabe telle que la comprenaient les arabes de cette époque. Le jilbab est donc un habit qui couvre totalement la tête et cette injonction est une preuve incontestable sur l’obligation pour les femmes de se voiler la tête.

Interprétations linguistiques du terme Jilbab

Pour établir le sens des mots inhabituels du Coran, la poésie des arabes de la Jahiliyyah est la source la plus probante. En effet, ces poètes étant à la base des polythéistes, il est impossible de les accuser d’un quelconque parti pris pour interpréter les termes de la langue arabe dans un sens ou dans un autre. Le mot jilbab a une seule occurrence dans le coran et y désigne un habit. Mais dans la langue arabe, l’origine de ce mot désigne plutôt le fait de couvrir quelque chose en entier.

Ibn al A’rabiy a dit : le jilbab est un izar. Al Azhariy dit : « Le sens de la parole de Ibn al A’rabiy « le jilbab est un izar » ne vise pas à dire qu’il s’agit d’un izar dont on se ceint. Plutôt, il visait un izar qui drape entièrement et qui recouvre l’ensemble du corps. Cela s’apparente à l’expression « le izar de la nuit ».

Al Baghawiy a dit : « le jilbab est un habit complet qui couvre la femme complètement et qu’elle porte au-dessus de son voile ou de son khimar ». Hamzah al Karmaniy a dit : « Khalil a dit : « Le jilbab est tout ce dont on se sert pour couvrir ses habits, ses cheveux et son manteau. En réalité, il est possible d’accepter tous ces sens ici. En effet, si on comprend qu’il s’agisse d’un qamis, le rabaisser revient à le rendre ample jusqu’à couvrir les mains et les pieds. S’il s’agit de ce qui couvre la tête, le rabaisser reviendra à juste couvrir le visage et le cou. Et si ce qui est visé est ce qui couvre les habits, le rabaisser reviendra à l’allonger et à le rendre ample jusqu’à ce qu’il couvre l’ensemble du corps et des habits.

Divergences sur la manière de rabaisser le jilbab

Les gens ont divergé sur la manière de rabaisser le jilbab. Ibn ‘Abbas a dit, ainsi que ‘Ubaydah al sulamaniy : « La manière est que la femme le fasse glisser jusqu’à ce que n’apparaisse d’elle qu’un seul œil avec lequel elle voit. » Ibn ‘Abbas a dit de même, ainsi que Qatadah : « La manière est qu’elle le fasse glisser sur son front et qu’elle l’attache. Ensuite, elle le rabattra sur son nez, même si ses deux yeux apparaissent.

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Raisons de l'obligation du jilbab

Allah a ordonné aux femmes libres de porter un jilbab. Sa Parole : « Cela est plus à même qu’elles soient reconnues et ne soient pas importunées ». Il a été dit que cela signifiait qu’elles soient reconnues comme femmes libres et qu’on n’essaye pas de leur proposer un prix pour la fornication. Il se peut que ce qui est visé soit le fait qu’on sache qu’elle ne forniquent pas car celle qui se voile le visage, en sachant qu’il ne s’agit pas d’une ‘awrah, on ne peut escompter qu’elle découvre sa ‘awrah.

Consensus sur l'existence du voile du visage dans l'Islam

Il est clair que l’existence du fait de se voiler le visage dans l’Islam ne fait pas l’objet d’une divergence parmi les savants musulmans. Cette injonction est ainsi appliquée dans les quatre écoles de fiqh qui ont reconnu l’obligation pour la femme de couvrir son visage.

Distinction entre 'awrah et obligation de couvrir le visage

Il convient ici d’éclaircir une erreur qui est faite souvent sur cette question. En effet, certaines personnes qui s’expriment sur le sujet partent du postulat que le visage de la femme n’est pas une ‘awrah. Ce raisonnement est bien sûr faux. Il est vrai que le visage de la femme n’est pas une ‘awrah, selon l’avis de la quasi-unanimité des savants. Si donc la plupart des savants sunnite considère que le visage n’est pas une ‘awrah, le fait de le couvrir ne relève pas de l’obligation de se couvrir la ‘awrah mais plutôt d’une obligation relevant d’une cause indépendante.

La cause extérieure pour les malikites

Cette obligation pour la femme de se couvrir le visage a comme cause extérieure, pour les malikites, le fait que la femme soit jeune et attirante de sorte que la découverte de son visage puisse susciter un trouble dans la société. Ce trouble doit être compris tout d’abord par l’excitation du désir des hommes. De même, cet imam mujtahid considère que le fait de se voiler le visage est recommandé pour celles qui ne sont pas concernées par son obligation.

Avis des savants malikites sur le dévoilement du visage

Cependant, si un trouble est craint par ce biais, Ibn Marzuq a dit que le mashhur du madhhab est qu’elle devra les couvrir. ‘Iyad a dit cependant qu’il n’est pas obligatoire pour elle de les couvrir et que l’homme devra baisser le regard. Zarruq a dit qu’il était obligatoire de les couvrir pour la femme d’une certaine beauté et que cela était recommandé pour les autres. Devant l’homme étranger non-musulman, tout le corps de la femme est ‘awrah, y compris le visage et les mains.

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Interdiction de découvrir le visage devant des hommes étrangers

Dans Fath al Qadir, Ibn Humam al Hanafiy a dit : « La question évoquée indique clairement qu’il n’est pas permis à la femme de découvrir son visage devant des hommes étrangers sans nécessité absolue. Ibn ‘Abidin al Shamiy rajoute : « Sa parole [on interdira à la femme…] c’est-à-dire, sans que cela soit une ‘awrah [mais par peur du trouble] c’est-à-dire par peur de la dépravation. Le sens visé est qu’il est lui est interdit de dévoiler son visage de peur que les hommes le voient et que cela provoque le trouble.

Consensus et divergence des savants

La première catégorie est constituée des prescriptions au sujet desquelles les savants ayant atteint le degré d’ijtihad « mujtahidoun » parmi les gens du savoir ont divergé et qui ne font pas l’objet de consensus. Cette catégorie présente une multitude de possibilités et la divergence qu’elle suscite est une miséricorde.

Or, il est établi juridiquement de l’avis consensuel des premiers et des derniers parmi les savants de la communauté musulmane, parmi ses « moujtahids », ses imams, ses jurisconsultes « fouqaha » et ses traditionnistes, que le « hijab » est une obligation pour toute femme pubère. Elle doit donc couvrir tout son corps à l’exception du visage et des mains. Certains savants estiment qui lui est permis de découvrir les pieds. D’autres rajoutent ce qui est découvert par besoin comme le poignet et une partie des avant-bras lors des différents rapports sociaux. Quant à l’obligation de couvrir le reste, aucun musulman, à travers les siècles, du temps des pieux-prédécesseurs et des suivants, n’a jamais dit le contraire puisqu’il s’agit d’une prescription expressément et explicitement mentionnée dans les deux formes de révélations : Le Coran et la Sunna, en plus de faire l’objet du consensus de la communauté.

Dieu dit : « Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles ; elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux.

Hadiths sur le voile

Abou Daoud rapporte dans ses « sounan », ainsi qu’at-Tabarani dans « mousnad ash-shamiyyin », Ibn ‘Adi dans « al-kamil » et al-Bayhaqi dans « as-sounan al-koubra », « al-aadaab » et « shou’ab al-iman » que ‘Aïsha, que Dieu l’agrée dit : « Asma fille d’Abou Bakr entra un jour chez le Messager de Dieu (saws) alors qu’elle portait des vêtements fins.

Abou Daoud et at-Tirmidhi rapportent d’après Nabhan l’affranchi d’Um Salama qu’Um Salama, que Dieu l’agrée, lui a dit : « J’étais avec le Messager de Dieu (saws) en compagnie de Maymûna. Ibn Umm Maktûm entra et ce après que le hijâb nous fut ordonné. Le Prophète (saws) dit : « Portez le voile devant lui. » Nous dîmes : « Ô Messager de Dieu ! N’est-il pas un aveugle qui ne peut ni nous voir, ni nous reconnaître ? Le Prophète (saws) dit alors : « Et vous deux, êtes-vous aveugles ? Ce hadith indique clairement que la femme doit obligatoirement se voiler devant tout homme étranger tant qu’il ne s’agit pas de son esclave.

Importance du voile dans la prière

Le voile « hijab » de la femme musulmane est si important que la législation musulmane l’a fortement lié à la Prière. En effet, la Prière de la femme sans porter le voile est invalide. Abou Daoud rapporte dans ses « sounan » ainsi qu’al-Hakim dans « al-moustadrak » que Um Salam, que Dieu l’agrée, dit avoir posé au Prophète (saws) la question suivante : « La femme peut-elle prier en portant une tunique et un voile « khimar » ? » Il dit : « Oui, si la tunique est ample et couvre le dessus des pieds »

Consensus de la communauté musulmane

La communauté musulmane, parmi les pieux prédécesseurs et les suivants, s’accordent unanimement sur le caractère obligatoire du hijab. Il s’agit là d’un élément reconnu impératif et essentiel à la religion « ma’loum minad-dini bid-daroura ».

Le hafidh malikite Abou ‘Amr ibn ‘Abd al-Barr dit dans « at-tamhid » (15/108) : « Ils s’accordent d’un avis consensuel que son état de sacralisation se réalise par le dévoilement de son visage mais pas de la tête et qu’elle doit porter un voile sur la tête et couvrir ses cheveux en état de sacralisation »

Il faut insister sur le fait que ceci n'est pas un avis parmi d'autres ou une interprétation parmi d'autres. Il s'agit de la parole de toute la communauté musulmane depuis quatorze siècles qui se base sur le Coran et les hadiths authentiques du Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui).

Définition de la 'awrah

« La awrah d’une femme devant des hommes non-mahram est tout son corps sauf son visage, ses mains et ses pieds. Il faut remarquer ici qu’il y a une différence entre laawrah et le niqab ou le hijab. Pour avoir manqué de faire la distinction entre les deux, de nombreuses personnes deviennent victimes de mauvaises interprétations de la loi islamique d’une façon ou d’une autre.

La crainte de la tentation (fitnah)

Le visage selon les savants [hanafites] ne fait pas partie de la `awrah, cependant, comme nous l’avons vu dans le texte de l’Imam at-Tumurtashi, il sera obligatoire de le couvrir à cause de la crainte de la tentation et de l’excitation. Cependant, il lui sera défendu de montrer son visage en présence d’hommes à cause de la crainte de tentation (fitnah)”.

Les 8 conditions du voile islamique

Le voile doit couvrir tout le corps

Les savants sont unanimes sur cette question, c’est clair et net. Allah dit dans le coran, sourate 33 Al-Ahzab, verset 59 : « O Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Quand la femme est pubère seuls son visage et ses mains doivent apparaître. Les autres parties de son corps seront considérées comme une 3awra, c’est-à dire une partie à cacher. Néanmoins, on peut totalement s’habiller avec des vêtements en respectant les règles.

Le voile ne doit pas être transparent

Le voile ne doit pas être étroit

En effet, l’interdiction de l’habit étroit a été citée dans le hadith rapporté par Ouşâma Ibn Zayd رضي الله عنهما qui a dit : «Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم m’a accordé un habit copte opaque que Dihyah Al-Kalbi lui a accordé, et je l’ai donné à ma femme. Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم m’a dit : “Pourquoi ne portes-tu pas l’habit copte ?” J’ai dit : “Ô Prophète d’Allâh, je l’ai accordé à ma femme”.

Le voile ne doit pas ressembler aux vêtements des hommes

Le voile ne doit pas être un vêtement de vantardise

Le voile ne doit pas être parfumé

Le voile ne doit pas ressembler aux vêtements des mécréants

Le voile doit être ample

Les matières et les couleurs du voile

Il faut tout d’abord bien choisir les matières, et ça ira très bien. Au Sahara, quand il fait 40 degrés, les personnes sont habillées avec des vêtements amples qui vont les protéger du soleil.

Ensuite, le hijab en mousseline de crêpe par sa légèreté, sera votre allié en été. Enfin, la soie de Médine apporte élégance et raffinement à toutes vos tenues.

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