Maîtriser les Ris en Grand-Voile : Comprendre et Appliquer le Système à Trois Ris pour une Navigation Sécurisée

Naviguer en voilier est une expérience unique, mais pour profiter pleinement de cette aventure, il est essentiel de maîtriser certaines manœuvres, comme la prise de ris. Face à des conditions météorologiques changeantes, savoir ajuster les voiles du bateau, qu'il s'agisse de la grand-voile, du génois ou encore des voiles d’avant, est crucial pour garder le contrôle et assurer la sécurité à bord. Parmi les différents types de voiles, la grand-voile est souvent la plus sollicitée, mais chaque voile a son rôle et son importance dans la navigation. Prendre un ris permet de réduire la surface de la toile pour adapter le voilier au vent, une compétence indispensable pour tous ceux qui souhaitent naviguer en toute sérénité. Cette manœuvre est d'autant plus pertinente lorsque l'on considère l'intégration de plusieurs niveaux de réduction de voilure, notamment l'utilisation d'un troisième ris dans la grand-voile, une option qui offre une adaptabilité accrue face aux vents forts et aux mers formées.

Comprendre la Prise de Ris : Fondamentaux et Nécessité

Qu'est-ce que prendre un ris ?

Prendre un ris consiste à réduire la surface de la voile pour adapter le voilier aux conditions météorologiques. Cette manœuvre permet de diminuer la toile en abaissant le mât au niveau des œillets de ris pour réduire la puissance des voiles et garder le bateau stable. Le génois et la grand-voile sont alors ajustés pour assurer une navigation en toute sécurité. Lorsque le vent devient trop fort, la prise de ris est essentielle pour éviter une gîte excessive qui pourrait déstabiliser le voilier. Cette manœuvre permet de mieux contrôler la vitesse du bateau et d'assurer la sécurité de l'équipage en réduisant la tension sur le gréement et en maintenant un cap stable. En naviguant avec une surface de voile réduite, le bateau devient plus maniable et la navigation reste confortable, même par gros temps. Cette opération vous permet de continuer à réaliser toutes les manœuvres (empannage, virement de bord) même par vents forts. En somme, le but du jeu, en navigation, est de conserver un bateau équilibré, à la barre, et dont la gîte n'est pas excessive. Ceci permet de conserver une bonne vitesse, un confort de navigation et de garantir la sécurité de l'équipage et du bateau.

Quand faut-il prendre un ris ? Les signes d'un vent trop fort

La décision de réduire la surface de voiles doit avoir été envisagée, avant de partir en mer. Ceci permet d'anticiper les manœuvres. Il est toujours plus simple de prendre un ris avant de partir que pendant la navigation, par exemple. Plusieurs signes indiquent que le vent est trop fort et qu'une réduction de voilure est nécessaire. Une gîte excessive est un indicateur clair : si le bateau penche trop sur le côté, c’est un signe que le voilier est surtoilé et qu’il faut réduire la voilure. La gîte empêche le bateau de naviguer correctement et peut faire perdre du contrôle au barreur. De même, la difficulté à maintenir le cap est un signe à surveiller. Si le voilier dévie constamment du cap prévu, c’est qu’il est difficile de le manœuvrer à cause d’une trop grande surface de voile exposée au vent. Enfin, des voiles qui claquent sont un avertissement manifeste. Quand les voiles battent fortement et que l’écoute claque, cela signifie que la tension sur les voiles est trop grande et qu’une prise de ris est nécessaire pour stabiliser la navigation. En navigation, quand le vent commence à bien monter et que, malgré des voiles bien réglées, le bateau n’est plus équilibré, vient le moment de réduire la toile.

Anticiper la Prise de Ris : Conseils Pratiques

Pour naviguer en toute sécurité et avec performance, il est essentiel d'anticiper les changements de conditions météorologiques. Pour cela, il est conseillé de surveiller régulièrement l’évolution du vent et d'ajuster la surface de la voile dès que la vitesse du vent augmente. Il est préférable de prendre un ris trop tôt que trop tard pour éviter de se retrouver en difficulté. Naviguer avec une bonne allure permet de sentir si le bateau est surtoilé. Si le voilier devient difficile à contrôler, il est temps de réduire la toile. Enfin, une bonne préparation de l'équipage est primordiale : préparez l’équipage pour la manœuvre en leur assignant des tâches précises. Un bon réglage et une bonne coordination entre les équipiers facilitent la prise de ris.

Équipement et Préparation pour une Prise de Ris Efficace

Matériel nécessaire : Description des équipements essentiels

La prise de ris repose sur des équipements spécifiques. Le système de ris, composé de bosses de ris et de points de ris sur la grand-voile, permet de diminuer la toile en abaissant le guindant de la voile jusqu’au niveau souhaité. Les drisses, quant à elles, servent à hisser et à abaisser les voiles. Lors de la prise de ris, il faut larguer la drisse pour réduire la hauteur de la voile et ajuster la tension sur le mât. Les bosses de ris sont des cordages qui passent à travers les œillets de ris et se fixent à la bôme. Ils maintiennent la voile en place après la réduction de surface pour que le voilier reste équilibré.

Lire aussi: Parcours et Activités Canoë-Kayak Creuse

Vérification avant de prendre un ris : Assurer la sécurité

Avant de se lancer dans la manœuvre, une vérification minutieuse du matériel est indispensable. Assurez-vous que la voile est en bon état, sans déchirures ou signes d’usure qui pourraient compromettre la manœuvre. Il est également crucial de vérifier le bon fonctionnement des drisses et des bosses de ris, ainsi que le réglage des winches et des bloqueurs. Les manœuvres doivent être fluides pour éviter tout problème lors de la prise de ris. Enfin, assurez-vous que l'équipage est prêt et que chaque membre connaît son rôle dans la manœuvre pour un déroulement en toute sécurité.

Les Étapes Détaillées de la Prise de Ris en Grand-Voile

La prise de ris est une séquence d'actions qui, une fois maîtrisées, deviennent fluides et rapides.

Étape 1 : Préparer le bateau

Pour commencer, le bateau doit être placé sur une allure sécuritaire, idéalement face au vent ou légèrement au vent pour diminuer la pression sur la voile. Réduisez la vitesse pour éviter que le bateau ne soit trop agité. Être face au vent est une position instable et le barreur peut s’aider du moteur en mettant une légère marche avant pour rester dans cette position. Il faut définir s’il faut prendre un ou plusieurs ris (ne pas hisser la GV en entier pour réduire sa puissance juste après), ce qui se détermine en fonction de la puissance du vent. Sécurisez l’équipage en les plaçant à des endroits sûrs sur le pont. Chaque équipier doit être conscient de sa place et de son rôle pendant la manœuvre pour éviter les erreurs. La préparation de la manœuvre commence par étarquer la balancine. Ensuite, il faut passer la bosse de ris dans la grand voile, si ce n’est pas déjà fait avant de partir.

Étape 2 : Larguer la drisse et border la bosse de ris

Relâchez la drisse pour abaisser la voile jusqu'au niveau du premier point de ris. Veillez à ne pas choquer trop rapidement la drisse pour garder le contrôle sur la voile. Une fois la voile abaissée, border la bosse de ris pour sécuriser la voile à la bôme. Assurez-vous que le ris est bien pris et que l’amure est correctement ajustée. Lors de la prise de ris, si le système n'est pas automatique, il faut aller au pied de mât mettre l'œillet de la GV au crochet de bôme. Le piano doit préparer la drisse de GV en faisant 1 tour autour du winch. Le numéro 1 tire sur la drisse au pied de mât. Lorsque le numéro 1 n’arrive plus à tirer sur la drisse, le piano fait 2 tours supplémentaires au winch (soit 3 au total), bloque la drisse dans la mâchoire du winch et termine d’hisser la voile avec la manivelle, on dit qu’il étarque la voile. Le numéro 1 et le Piano surveillent le guindant de la voile.

Étape 3 : Ajuster la drisse et la bosse de ris pour stabiliser la voile

Tendez la drisse pour remonter la partie de la voile non utilisée et maintenir une tension correcte sur le gréement. Le voilier doit être bien toilé, avec les bords de la voile bien ajustés. Ajustez les bosses de ris et vérifiez que la voile reste stable. La balancine et l'écoute doivent être réglées pour assurer que la voile ne claque pas. Une fois la prise de ris effectuée, il ne reste plus qu’à bien régler la voile. Avant toute chose, si le temps le permet, rangez le surplus de toile, le long de la bôme, avec des garcettes. La voile réglée, vous pourrez choquer la balancine et reprendre votre navigation.

Lire aussi: Canards et mares : une symbiose

Conseils pour éviter les erreurs courantes

Prendre soin de bien coordonner la manœuvre avec l’équipage est essentiel. Des communications claires et une bonne organisation évitent les erreurs et les accidents. Ne laissez pas de mou sur les bouts et vérifiez toujours que chaque nœud est correctement fait pour éviter que la voile ne se libère en cours de navigation. La pratique régulière de la prise de ris permet à chaque équipier de maîtriser la manœuvre. La répétition aide à réagir efficacement en cas de vent fort. De plus, Farfa III a insisté sur un truc important : faire une marque sur les bosses de ris et la drisse pour les prises de ris. À faire à quai, sous tension maxi. Farfa III a regretté de ne pas avoir refait la marque (effacée avec le temps) lors d'une survente de plus de 45 nœuds, car cela prend des secondes supplémentaires qui sont pénibles quand ça bastonne (pluie, vent, orage). Et zou, c'est le départ au lofe.

Stratégies de Réduction de Voilure : Grand-Voile et Voiles d'Avant

Réduire la Grand-Voile : Au-delà du premier ris

La solution la plus répandue pour réduire la surface d’une grand voile est la prise de ris. La manœuvre consiste à réduire la toile par le bas. Des oeillets sont placés de l’avant à l’arrière de la grand voile, sur plusieurs niveaux. On appelle ces lignes d’oeillets, les bandes de ris. Pour faciliter la manœuvre, il est possible d’installer un système de prise de ris automatique. Jeanpaul a noté que sur son ancien bateau, il avait une deuxième grand voile dite suédoise, plus petite, très plate, faite pour la brise, de même pour la voile d'avant, et il ne trouvait pas idiot l'ancien système de changer de voile en fonction du vent. L'étai largable revient d'ailleurs à cette solution, avoir la voile qui va bien par sa surface, sa forme, son grammage avec les conditions météo. Loup 72, sur les conseils de son voilier, a eu son 1er ris monté un peu en hauteur et le 2ème ris placé comme un 3ème. De ce fait, il n'a que deux circuits en 8 mm pour la prise de ris.

Les Enrouleurs de Grand-Voile : Alternatives et Compromis

Les enrouleurs de grand voile sont de plus en plus présents sur les voiliers, surtout les plus grosses unités. Si ce système n’a pas convaincu tous les propriétaires de voiliers, il faut leur reconnaître une certaine fiabilité. L’enrouleur classique voit la grand voile enroulée le long du mât, par le guindant. Le point d’écoute circule, lui, sur un chariot, le long de la bôme. Si la manœuvre est facile, l’inconvénient de ce système est que la grand voile ne peut pas être lattée et que sa surface est réduite. L’enrouleur de bôme est une alternative qui semblait intéressante. La grand voile est enroulée dans un enrouleur situé dans la bôme, ou alors, c’est la bôme qui roule sur elle-même. L’avantage de ce système est la possibilité d’avoir une voile lattée et une surface plus importante. Cependant, ce système ne semble pas avoir trouvé son public. Pourtant, Facnor proposait un enrouleur, situé dans la bôme, qui avait semblé efficace il y a quelques années, pour l’avoir testé deux ans sur un bateau.

Comment réduire le génois et les voiles d’avant ?

Le choix de réduire la surface de la grand voile ou de la voile d’avant en premier lieu, dépend du voilier, de son équilibre. La première, et la plus commune, est d’enrouler le génois. La très grande majorité des voiliers est maintenant équipée d’un enrouleur de génois, en croisière notamment. Dans ce cas, la manœuvre est très simple et ne mérite pas d’explication. Il faut toutefois garder à l’esprit que quand vous avez roulé, en partie, le génois, il est important de changer les réglages des chariots avale tout de ce dernier. Si enrouler le génois est très simple, il faut avoir à l’esprit qu’au-delà de quelques tours (4-5 tours d’enrouleur), la voile d’avant ne sera pas réglée correctement et sa forme ne sera plus optimale.

Changer de voile d’avant ? Certains diront que « ça, c’était avant… » Et pourtant, parlez-en aux régatiers, ils vous diront tous que c’est la meilleure solution. Changer un génois pour un foc, un foc pour un autre numéro, voir, gréer un tourmentin, il n’y a rien de mieux. Changer de voile permet de conserver une voile qui pourra être bien réglée, qui conservera une forme adéquate. Des solutions existent pour optimiser cette manœuvre comme les étais double gorge. A CONTRARIO a exprimé être complètement d'accord avec Jean-Paul : le comportement du bateau sous trinquette sur étai largable n'a rien à voir par rapport à un génois partiellement roulé, sans parler du vieillissement prématuré de la voile quand elle est partiellement roulée. A CONTRARIO a fait tailler son génois comme un génois sur emmagasineur, donc interdiction de le rouler partiellement. Du coup, quand le vent monte, il roule complètement son génois et met sa trinquette sur étai largable. Si le vent monte encore, il a un ris qu'il n'a pris qu'une seule fois. Son génois a 10 ans et la bande anti-UV commençait à sérieusement fatiguer l'année dernière.

Lire aussi: Entretien optimal de votre piscine au sel

Les prises de ris sur des focs sont de plus en plus rares. Ce type de solution existait surtout sur les voiliers de voyage.

Le Troisième Ris en Grand-Voile : Une Manœuvre pour les Conditions Extrêmes

Pourquoi un troisième ris ?

La question du troisième ris est fréquemment abordée par les plaisanciers, notamment pour des voiliers comme les Oceanis 31, 34 ou 37 qui peuvent parfois être "juste" avec un deuxième ris au près. Le troisième ris permettrait de naviguer avec la voile du temps, offrant une meilleure raideur au près. La nécessité de ce troisième ris est d'autant plus évidente que, passé une certaine force de vent, votre voilier n’avancera pas plus vite en portant le maximum de toile. La force qui s’exerce dans les voiles et sur le gréement n’est pas proportionnelle à la vitesse du vent ; elle est proportionnelle au carré de sa vitesse. Autant vous dire que même si vous parvenez à maintenir la route, le matériel lui, risque de souffrir. Au près quand votre voilier se vautre, la dérive augmente tandis que la vitesse diminue. La pelle du gouvernail ramené au vent freine le bateau. Vous n’êtes pas près de rentrer au port. La gîte excessive, la brutalité des mouvements, les paquets de mer sur le pont auront raison de vos équipiers les moins aguerris. En traversée vous vous épuiserez et vous rendrez très difficile la vie à bord. L'expression "Si tu choques t’es un lâche?" illustre une idée reçue, alors qu'abattre et réduire la toile est une manœuvre de sécurité et de performance.

Mise en place et défis du troisième ris

Sur un OC31 ou comparable (34, voir 37), des plaisanciers ont l'expérience d'un troisième ris, certains OC en étant même équipés d'origine. Un devis de +/- 300 € pour l'ajout d'un troisième ris peut paraître OK. La question se pose de savoir s'il faut garder les 3 ris avec trois circuits, ce qui impliquerait des poulies et bloqueurs en plus. Une idée serait plutôt d'utiliser la bosse du 1er pour le 2ème et de prendre le 2ème circuit pour la 3ème bosse, sachant qu'un plaisancier ne prend jamais le 1er et est parfois juste avec le 2ème. La crainte principale concernant la longueur de la bosse au 3ème ris est un "sac de nœuds" à l'envoi ou l'affalage. Quant à la facilité de prendre ces ris, des bosses en 8 mm sont considérées comme un "super conseil", mais il a été lu que les poulies intégrées en bout de bôme seraient à changer. Une photo introuvable d'un système de poulie double au niveau du vis-de-mulet pourrait faciliter les choses, en améliorant le passage à la sortie de la bôme vers la pièce en métal qui oblige à faire un angle droit. Enfin, une question néophyte se pose sur les GV neuves : s'il n'y a pas de poulies pour les bosses sur la chute et qu'elles passent directement dans un anneau en métal, est-ce courant maintenant et l'anneau est-il sans friction ?

Améliorations des systèmes de ris existants et retours d'expérience

Les discussions entre plaisanciers révèlent diverses approches pour optimiser la prise de ris. Jeanpaul, grâce à ChrysM, a remplacé ses bosses de prise de ris automatique par du 8 mm en Dyneema, ce qui a "bien amélioré les choses". De plus, pour que cela glisse encore mieux, il met 2 fois par an un coup de bombe téflon sur toute la longueur de la bosse. Malgré cela, il reconnaît que cela reste un système qu'il n'aime pas. Dès que sa grand-voile sera usée, il mettra un système de prise de ris classique avec un petit winch sur sa bôme. La réalisation coûte un peu plus cher, donc Beneteau ne le propose pas.

Rosy34 suggère une alternative : on peut aussi garder l'étarquage automatique des points d'écoute des prises de ris et mettre des crochets pour capeler les ris sur la bôme au point de drisse tout en ramenant toujours celle-ci au cockpit. C'est plus simple et plus pratique. Jeanpaul confirme qu'il faudrait faire modifier sa GV par un voilier pour mettre les œillets de ris et que les endroits où sont les poulies pour les ris automatiques ne correspondraient pas avec des ris classiques, il faut vraiment changer la GV. Il est de l'avis de Farfa III de faire 2 rangs de ris mais en réduisant plus la GV. Rosy, ton idée est possible, mais si Jeanpaul change de système de ris, c'est justement pour ne plus avoir ces bosses. Le mixe des deux systèmes lui paraît pas bon puisque dans le classique il faut aller de toute façon au pied de mât pour mettre l'œillet dans le crochet de bôme. Rosy34 rétorque que cela fait quand même deux fois moins de monde dans la bôme et passer la bosse dans le crochet se fait vite, et ensuite on étarque le tout, drisse et point d'écoute, du cockpit. Il avait cela en 3 ris sur son First 260 et "ça allait bien". Jeanpaul visualise mieux et cela lui évite d'ajouter un winch sur la bôme. La prise de ris serait donc : choquer la drisse jusqu'à sa marque, aller au pied de mât mettre l'œil de GV au crochet de bôme, puis aller au cockpit étarquer sa drisse de GV puis sa bosse au point d'écoute. Effectivement, cela ne fait qu'une simple bosse.

Bertrand, propriétaire d'un Océanis 48, rapporte que son bateau était livré avec 3 ris. Les ris n°1 et 2 sont dits "automatiques", le troisième est constitué d'une simple sangle côté amure et d'une bosse côté écoute. Pour la prise du n°3, il faut ajouter un petit palan ou un mousqueton frappé sur le pontet prévu sur le mât, ou bien adapter un crochet pour recevoir la sangle. Il décrit l'ensemble comme un "nid à em…" avec des frottements partout et un vrai "sac de nouilles" lorsqu'on amène la GV. Pour l'instant, il amortit son bateau tout neuf de 18 mois avant de revoir complètement le dispositif. Jeanpaul compatit avec Bertrand et est d'accord : le système de ris dit automatiques est vraiment un mauvais système. Comme lui, il attend d'avoir usé la grand-voile fournie par Beneteau pour avoir un système classique. L'avantage pour Beneteau qui optimise tout, c'est que c'est un système pas cher, avec moins d'œillets pour les garcettes sur la GV et un petit winch de moins sur la bôme.

A CONTRARIO a fait mettre une poulie comme pour les 1er et 2ème ris pour le point d'amure. Une cadène repliable rivetée sur le mât, correctement placée. Un bout Dyneema avec œil épissé des 2 côtés, fixé avec une tête d'alouette sur la cadène, qui reste à poste, tournée sur le taquet en pied de mât côté bâbord. Pour prendre le 3ème ris, il passe le bout Dyneema dans la poulie de la voile et revient au taquet de pied de mât. Pour le point d'écoute, une bosse revient au cockpit. Il s'en est servi une fois et "ça marche bien". Le Pierro a demandé des photos de ce montage pour visualiser le schéma, ayant reçu ses nouvelles voiles avec une GV équipée d'un 3ème ris qui n'est pas doté de l'anneau de friction pour un usage en semi-auto comme les deux premiers (dont les bosses vont aussi passer en 8mm mais pas en Dyneema car trop cher). Jeanpaul a expliqué que le Dyneema, bien que plus cher, est un choix qu'il ne regrette pas, sur les conseils de ChrysM, car c'est une matière qui a tendance à glisser, un gros avantage pour cette utilisation. Il passe même, en plus, tous les ans, toute la longueur du cordage avec une bombe téflon, ce qui fait que ça glisse beaucoup. Il y a une petite tendance à glisser dans le bloqueur, mais il fait un nœud à la sortie du bloqueur pour éviter que ça se déraidisse. Il pense que le surinvestissement vaut le coup car ces bosses travaillant malgré tout assez peu, c'est pour la vie du bateau.

Farfa III a "sauté le pas", pour un devis de 314 €, et va avoir un 3ème ris automatique avec la bosse du 2ème. Il s'interroge si cela va marcher et si le "sac de nouille" est maîtrisable. Il l'a posé sur tribord pour utiliser la dernière poulie disponible et sa sortie en pied de mât. Il n'a plus que des anneaux sans friction avec un leash dynalite sur la sangle de la voile.

Naviguer "avec la voile du temps": Performance et Confort

Quand le vent monte et que le bateau commence à passer sur sa barre et part trop à la gîte, la navigation devient vite désagréable, surtout en croisière. Le premier réflexe est de réduire la toile, de prendre un ris dans la grand-voile ou de rouler la voile d’avant. Pourtant, avant d’en arriver là, certains réglages vont permettre de conserver toute la toile en rendant la navigation plus facile et en conservant toutes les capacités du bateau. Le près est, sans doute, l’allure la plus grisante sous voile. Que ce soit en régate ou en croisière, le près est une allure qui demande réglage et concentration. Mais quel plaisir de remonter au vent avec cette sensation de vitesse, quel plaisir de couper les vagues.

Optimisation des Réglages de Voiles : Au-delà de la Réduction

Réglages Préalables à la Prise de Ris

Le but est de réduire la puissance des voiles pour que le bateau garde un certain équilibre. Nous resterons ici sur les bases du réglage en imaginant une mer peu formée. En effet, si la mer est formée, nous serons dans l’obligation de conserver de la puissance pour passer les vagues. On jouera donc avec le creux de la grand voile, entre autre. Les premiers réglages à effectuer vont consister à aplatir les voiles pour réduire la puissance de celles-ci. Pour cela, la manœuvre consiste à reprendre les tensions des drisses de grand voile et de génois ainsi que la tension de la bordure de grand voile. Pour réduire encore la puissance, il restera encore d’autres possibilités. Cela sera possible en choquant le chariot de grand voile, voire les écoutes, tout en reprenant du hale bas. Un autre réglage consiste à larguer le hale bas de bôme.

Dynamique Vent-Voiles-Bateau : Équilibre et Performance

Généralement, on commencera à réduire le génois aux alentours de 15 nœuds de vent, du moins aux allures de près ou de travers. Au portant on s’autorise à porter un peu plus de toile. Aux allures de près, un recouvrement, même léger de la grand-voile par le génois favorise l’écoulement laminaire de l’air. Il peut donc être intéressant de ne pas trop réduire le génois pour conserver cet avantage aussi longtemps que la force du vent le permet. À partir du travers cette dynamique entre les deux voiles disparaît. Si vous naviguez au grand largue ou au vent arrière pour une longue durée, par vent fort vous pouvez même affaler la grand-voile. Vous limiterez ainsi le roulis et éliminerez les risques d’empannage. Situé plus en avant du centre de gravité du voilier, le génois tend à faire abattre le voilier. Pour la grand-voile c’est plutôt l’inverse. L’idéal étant d’aligner plus ou moins le centre de voilure avec le centre de carène. Quoiqu’il en soit vous pourrez constater cet effet à la barre. Pour information : si vous reprenez du pataras vous augmenterez également la tendance de votre bateau à lofer. Ce réglage est intéressant au près car il améliore le cap. Par contre il vaut mieux le relâcher au portant. Un plaisancier se souvient d'une expérience à bord d'un petit Oceanis 31, avec une brise thermique aidée du vent de Nord-est déboulant à plus de 25 nœuds. Ils avaient déjà décidé de prendre un 2e ris et quelques tours d’enrouleur, louvoyant vaillamment au près. Une rafale plus forte que les autres emporta une bonne partie de ces intrépides au lof.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *