La fin de l'été approche, et avec elle, la nécessité de préparer votre bateau pour les longs mois d'inactivité. Parmi les tâches essentielles qui s'imposent à tout plaisancier, l'hivernage du moteur inboard de votre voilier tient une place prépondérante. Cette opération cruciale consiste à protéger le moteur durant la période hivernale contre des risques majeurs tels que le gel du circuit de refroidissement, la corrosion interne et la dégradation du carburant. Un moteur diesel bien entretenu pourra allègrement passer la barre des 10.000 heures, certains bateaux fluviaux de location affichant même plus de 13.000 heures. Que votre moteur soit diesel ou essence, l'objectif demeure le même : le retrouver au printemps dans le même état qu'à l'automne, sans mauvaise surprise au démarrage.
La préparation se fait généralement au moment de la sortie d'eau, avant la mise à terre, ou juste après. C'est un processus qui garantit non seulement la durabilité de votre investissement, mais aussi une remise en service fluide et sans accroc au retour des beaux jours. Le manque d'attention pendant ces mois d'inactivité peut entraîner des dommages coûteux et des désagréments. Il est donc primordial de s'y atteler avec méthode et rigueur, en suivant des étapes précises et en utilisant les produits adaptés.
Comprendre l'Importance Fondamentale de l'Hivernage pour la Santé du Moteur
L'hivernage d'un moteur inboard est bien plus qu'une simple formalité ; c'est une mesure de protection indispensable pour en assurer la pérennité et le bon fonctionnement. Les risques liés à une mauvaise préparation sont nombreux et peuvent être dévastateurs. L'un des dangers les plus critiques est le gel du circuit de refroidissement. Lorsqu’un moteur n’est pas correctement hiverné, il peut rester de l’eau à l’intérieur de certaines composantes. Lorsque le mercure descend sous le point de congélation, cette eau peut geler, ce qui fait augmenter son volume. Cela met une pression énorme sur les pièces du moteur, qui peuvent se briser sous cette force, entraînant des réparations onéreuses, voire le remplacement de blocs entiers.
Au-delà du gel, la corrosion interne représente une menace constante. Le sel s’infiltre partout et peut corroder n’importe quel élément en un rien de temps, particulièrement dans un environnement marin où l'air est humide et salin. L'eau de mer circulant dans le système de refroidissement peut laisser des dépôts de sel qui, non seulement colmatent les conduits et les turbines de pompe, mais favorisent également la rouille sur les parties métalliques. Une huile usagée, souvent contaminée par des résidus de combustion et d'eau, risque de subir des dommages internes pendant la période de repos si elle n'est pas remplacée. Cette huile contient des résidus acides qui attaquent les pièces internes durant l'immobilisation.
Enfin, la dégradation du carburant est un problème majeur. Le gasoil, par exemple, est sensible au développement microbien et à l'eau de condensation dans le réservoir, pouvant entraîner le colmatage des filtres. Les moteurs à essence, quant à eux, sont davantage exposés à l'oxydation et à l'évaporation des fractions légères du carburant. Un moteur bien hiverné est donc un moteur protégé contre ces agressions, prêt à redémarrer sans encombre au printemps.
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Préparations Initiales et Sécurité de l'Environnement Moteur
Avant d'entamer toute opération d'hivernage, une phase de préparation est nécessaire pour assurer l'efficacité des manipulations et la sécurité. Pour extraire le maximum de fluides sales d’un bloc et d’une transmission, ceux-ci doivent être les plus liquides possibles. Il faut donc les réchauffer, en faisant tourner le moteur une vingtaine de minutes à 1500 tours, transmission enclenchée. Cette montée en température permet à l'huile et aux autres fluides de devenir moins visqueux, facilitant ainsi leur vidange complète.
Avant de commencer les vidanges, assurez-vous de protéger votre cale moteur en la tapissant de papier absorbant. Cela préviendra toute contamination de l'environnement du bateau par les fluides usagés et facilitera le nettoyage après les opérations. La propreté de la cale est également un indicateur de la bonne santé du moteur et permet de repérer rapidement d'ééventuelles fuites durant l'année. Un nettoyage en profondeur permet d'éviter que la saleté ne s'incruste et ne cause des problèmes au cours de la longue période de stockage. C'est l’occasion d’inspecter de près le moteur et de vérifier qu’il n’y a pas déjà des départs de rouille. Nettoyez la saleté présente sur le moteur à l’aide d’une éponge et d’un détergent : les résidus de carburant, d’huile et tout autre contaminant.
Le Circuit d'Huile Moteur et Transmission : Clé de la Longévité
Le circuit d'huile est le cœur lubrifiant de votre moteur, et son hivernage correct est fondamental. Il est généralement recommandé de changer l'huile et le filtre avant l'hiver, moteur encore tiède. Une huile usagée contient des résidus acides qui peuvent attaquer les pièces internes pendant l'immobilisation. Le changement printanier seul laisse ces résidus agir tout l'hiver, ce qui est une erreur fréquente pouvant coûter cher.
Commencez par la vidange de l'huile moteur. Amorcez la vidange avec votre pompe à huile manuelle (les moteurs de certains motoristes sont équipés d’une pompe de vidange, comme Nanni) et pompez l’huile sale dans le bidon adéquat. L'utilisation d'une pompe à vide permet d'effectuer une vidange propre et efficace, tout en protégeant la cale de votre bateau contre les déversements. Une fois le carter vide, démontez et changez le filtre à huile. Le remplacement de l'ancien filtre à huile par un nouveau en même temps que l'huile est le meilleur moyen d'éviter la circulation des contaminants de la saison précédente. Vérifiez bien la position du joint caoutchouc lors du montage du nouveau filtre. Contrôlez ensuite le niveau avec la jauge à huile et complétez au besoin avec de l'huile fraîche, en respectant le type d'huile recommandé dans le manuel d'utilisation du moteur. L'utilisation d'une huile fraîche spécifiée par le fabricant permet de lubrifier et de protéger correctement les composants internes du moteur pendant le stockage.
Après le moteur, passez à la transmission. À l'aide de votre pompe à huile, vidangez l'inverseur. Remplissez-le ensuite de fluide ou d'huile propre. Le liquide de transmission frais protège les engrenages et les composants internes de l'usure et de la corrosion pendant l'intersaison. L'huile d'engrenage fraîche lubrifie et protège les engrenages, tandis que les joints neufs empêchent les fuites et l'intrusion de l'eau. Pour assurer une bonne durabilité de votre moteur, il est essentiel de préparer consciencieusement la période hivernale en effectuant ces vidanges et changements de filtres qui sont des opérations clés.
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La Gestion du Carburant : Diesel vs. Essence et Prévention des Problèmes
La gestion du carburant est une étape cruciale de l'hivernage, avec des spécificités distinctes pour les moteurs diesel et essence. Côté carburant, un moteur diesel marin est sensible au développement microbien et à l'eau de condensation dans le réservoir. Pour cette raison, on privilégie souvent un réservoir plein avec un additif biocide ou stabilisateur adapté, afin de limiter la condensation et la prolifération. Ce carburant chaud, car passé dans le moteur, peut provoquer de la condensation dans le réservoir. Bardahl a également mis au point un Traitement Biocide Diesel Marine pour se prémunir de manière préventive ou curative des micro-organismes qui se nourrissent du gasoil et colmatent les filtres. Il est également important de ne pas purger le carburant et de stocker à sec pour empêcher le givre et l’assèchement des joints. Conçu pour protéger de la rouille et de la corrosion, il empêche l’eau de stagner dans le fond du réservoir en y éliminant la condensation. Le traitement ou la vidange du carburant fait partie des opérations clés de l'hivernage.
Un moteur essence est davantage exposé à l'oxydation et à l'évaporation des fractions légères du carburant. Un stabilisateur essence et une circulation du produit dans le circuit sont courants pour éviter ces problèmes. Le traitement biocide ou stabilisateur doit être ajouté et circulé dans le système. L'élimination du carburant usagé, potentiellement dégradé, et son remplacement par du carburant frais permettent d'éviter les problèmes de circuit de carburant et d'assurer la stabilité du véhicule.
Pour le diesel, purgez le décanteur (pré-filtre), le cas échéant, qui contient l’eau et les contaminants ayant pénétré dans le réservoir de carburant. Munissez-vous d’un petit récipient maniable pour récupérer le gasoil lors du démontage des filtres. Pour changer le filtre à gasoil, ouvrez le filtre, videz, puis nettoyez le porte-filtre à l’essence. Changez l’élément filtrant et posez un joint neuf. Pour changer le filtre décanteur, le plus souvent à cartouche, on ouvre la vis de purge sur le porte-filtre puis la vis de maintien du filtre lui-même. Un nouveau filtre séparateur d'eau du carburant permet d'éliminer efficacement l'eau du carburant, protégeant ainsi le moteur contre les dommages. Cette étape permet d'éviter que le carburant ne se dégrade et n'obstrue ces composants essentiels pendant le stockage.
Le Circuit de Refroidissement : Éviter les Dégâts du Gel et de la Corrosion
Le circuit de refroidissement est l'un des points les plus vulnérables du moteur face au gel. Votre moteur de bateau est refroidi par l’eau de mer, qui circule grâce à la pompe à eau de mer. Il faut savoir que le sel corrode les parties métalliques et a tendance à se déposer, ce qui peut colmater la turbine de pompe à eau. C’est la raison pour laquelle il faut remplacer l’eau de mer par du liquide de refroidissement anti-gel pour la période d’hivernage.
La manœuvre consiste à faire tourner le système de refroidissement indirect (secondaire) du moteur sur du liquide de refroidissement plutôt que sur de l'eau de mer, puis de conserver l'échangeur, le bloc, le filtre, le pot et les durits pleins de liquide de refroidissement durant la durée de l'hivernage. Cette procédure autorise l’hivernage au sec en période de gel.
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Commencez par un dessalage du circuit de refroidissement en faisant tourner le moteur plus de 30 minutes à l’eau douce avec des « oreilles » de rinçage ou par l’intermédiaire du raccord constructeur prévu à cet effet. Reliez ce tuyau à un seau rempli d’eau douce et alimenté en continu, par exemple avec un tuyau d’arrosage. Pour une efficacité maximale, le mieux est d’ajouter le produit de rinçage Stopsel, il éliminera le sel encore plus efficacement. Le must ? Placez un automélangeur Stopsel au niveau de l’admission d’eau douce. Cette opération est essentielle pour éliminer l'eau salée, les sédiments ou les contaminants du système de refroidissement, afin d'éviter la corrosion et l'accumulation. Cela permet de rincer complètement les passages de refroidissement du moteur et de s'assurer que toute l'eau est éliminée avant d'introduire l'antigel.
Ensuite, pour introduire l'antigel, repérez la vis de purge et ouvrez-la. Ouvrez également le bouchon de remplissage sur l’échangeur, ainsi que le bouchon du vase d’expansion. Refermez la vis de purge et réapprovisionnez en liquide de refroidissement. L'introduction de l'antigel empêche l'eau dans les conduits de refroidissement du moteur de geler et de causer des dommages coûteux lorsque les températures chutent. La logique est identique pour les moteurs diesel et essence : remplacer l'eau de mer par un antigel marin adapté pour éviter le gel et la corrosion. Les moteurs diesel ont parfois des circuits plus volumineux et des échangeurs qu'il faut purger correctement. Évitez de mélanger différents types de liquides de refroidissement, car cela réduit la qualité de protection. Un échangeur mal purgé peut geler et se fissurer, c'est une erreur fréquente à éviter. Le type de produit et la quantité dépendent du moteur et de son circuit.
Protection des Composants Électriques et Mécaniques
Après les fluides, l'attention se porte sur la protection des autres composants essentiels du moteur. La condensation fait très mauvais ménage avec les moteurs. Un nettoyage approfondi du moteur est un bon début. Nettoyez la saleté présente sur le moteur à l’aide d’une éponge et d’un détergent. C’est l’occasion d’inspecter de près le moteur et de vérifier qu’il n’y a pas déjà des départs de rouille.
Pour les composants électriques, pulvérisez les composants du système électrique avec un produit hydrofuge. En effet, l’air marin, humide et salin, est hostile pour le système électrique. Vérifiez que les câbles électriques ne soient pas endommagés ou qu’ils aient trempé dans l’eau de cale. Cela risque de provoquer des courts-circuits dans le moteur, l’embase ou dans l’eau de fond de cale. Cela protège les pièces sensibles du moteur et le caoutchouc de l'humidité et de la détérioration pendant les mois d'hiver.
Concernant les éléments mécaniques, lubrifiez les bouchons de graissage et les parties mécaniques. Sur les moteurs équipés d’une tirette d’arrêt mécanique, il est impératif de la graisser. C’est en effet la cause régulière d’un mauvais fonctionnement du moteur. Rincez-la abondamment à l’eau douce puis vérifiez son état. Il faudra la changer si elle montre le moindre signe d’usure ou de fatigue.
Vérifiez l'état des courroies et leurs tensions. Une courroie effilochée ou endommagée doit être changée. Si vous pouvez faire jouer la courroie de 10 mm en la poussant avec le doigt en son milieu, c'est qu'elle manque de tension. Il faudra la retendre avant la remise en route après hivernage. Vérifiez également le soufflet/collier pour détecter d'éventuels dommages ou porosités. Une mauvaise étanchéité de soufflet peut laisser l'eau pénétrer et créer des dommages importants.
Le graissage de l'arbre d'hélice prévient la corrosion et facilite le démontage de l'hélice au printemps. Cette opération est nécessaire pour nettoyer et mesurer l'hélice en vue de son remplacement ou pour des raisons de sécurité.
Enfin, pour une protection interne optimale, selon le moteur et le manuel constructeur, appliquez un produit de conservation dans les cylindres, souvent appelé huile de remisage ou "fogging oil". L'ajout d'une petite quantité d'huile dans les cylindres lubrifie les parois des cylindres et prévient la formation de rouille pendant l'entreposage.
La Batterie : Une Source d'Énergie à Préserver
La quasi-totalité des moteurs actuels est incapable de démarrer sans impulsion électrique. Il est donc crucial de prêter une attention particulière à la batterie durant l'hivernage. On prête trop souvent à une batterie déchargée un défaut de qualité alors que l’on n’y a tout simplement porté aucune attention pendant les longs mois d’hiver !
Pour éviter toute déconvenue au printemps, déconnectez la batterie pour éviter qu'elle ne se vide. Il est fortement recommandé de la mettre en charge régulièrement, au moins deux fois pendant l'hiver. Cela permet de la maintenir en bon état pour la saison suivante, assurant ainsi un démarrage facile du moteur. Les bougies de préchauffage, dont le bon fonctionnement est crucial pour un démarrage facile, dépendront aussi de l'alimentation électrique. Si possible, stockez la batterie dans un endroit sec et tempéré.
Au-delà du Moteur : L'Hivernage Général du Bateau
L'hivernage du moteur ne saurait être dissocié de la préparation globale du bateau. Une fois le bateau arrivé sur son lieu de stockage, sortez les équipements de sécurité, de navigation et de confort afin de les nettoyer. Pensez à ranger les produits les plus sensibles bien au sec chez vous. Vous pouvez également en profiter pour en vérifier l’état, en contrôler les dates de validité et, le cas échéant, lister le matériel à remplacer pour la saison prochaine.
Il est important de bien nettoyer le bateau, le cockpit, les espaces de rangement, la coque et la carène, avec les produits adaptés aux différents matériaux. Le sel s’infiltre partout et peut corroder n’importe quel élément en un rien de temps. Pour aller au bout du bout de ce grand nettoyage hivernal, vous pouvez polisher la coque. Elle retrouvera toute sa brillance et son éclat. Pensez à bien laisser sécher afin d’éviter les moisissures et les odeurs désagréables dans les espaces confinés. Le mieux est de bien veiller à ce qu’il y ait une ventilation correcte des espaces de rangement durant les mois d’hiver. Une pratique qui se démocratise est l’utilisation d’un déshumidificateur ou d'un absorbeur d'humidité installé dans la cabine. Il en existe différents modèles, ils ont l’avantage d’absorber toute condensation et de prévenir ainsi l’apparition de moisissures.
Si possible, le bateau doit être stocké à l’abri des intempéries (et des goélands). Si vous n’avez d’autre choix que de le stocker en extérieur, protégez votre embarcation avec une housse surélevée en son milieu pour bien assurer l’écoulement des eaux de pluie. Des options variées existent, comme Uship qui propose deux types de housse pour les bateaux de 2,40 à 7,80 m, l’une plus économique et l’autre en tissu épais avec un intérieur anti-humidité.
Un Calage Adéquat du Bateau : Soutien Indispensable à Terre
L'hivernage du moteur ne se conçoit pas séparément de la mise à terre du bateau. Une fois sorti de l'eau, le bateau doit reposer de façon stable pendant toute la saison, ce qui suppose un calage correct. La coque repose sur des cales de quille qui portent l'essentiel du poids le long de la quille, et sur des bers ou chandelles qui maintiennent le bateau vertical et reprennent les efforts latéraux. Le nombre et la disposition des appuis dépendent du type de bateau, de son poids réel et de la surface de stockage. Un calage insuffisant ou mal réparti peut entraîner des contraintes sur la coque pendant l'hiver, au moment même où l'on cherche à protéger le bateau.
Des fabricants spécialisés, comme KIPAC, proposent des bers, cales de quille et berceaux en acier S355 galvanisé, certifiés CE, dimensionnés selon le bateau. La configuration d'appui se confirme lors du devis, en fonction du poids, de la forme de coque et de la surface. Préparer le moteur mais poser le bateau sur un calage improvisé annule une partie du soin apporté. Un bateau hiverné se repose sur des bers, chandelles et cales de quille dimensionnés et en bon état pour éviter tout dommage structurel.