Léon Marchand, né le 17 mai 2002, est un nageur français originaire de Toulouse et licencié aux Dauphins du TOEC. Spécialiste des épreuves quatre nages, de brasse et de papillon, il est devenu une figure emblématique de la natation mondiale. Son parcours, marqué par des records et des titres prestigieux, témoigne d'un talent exceptionnel et d'une détermination sans faille.
Un prodige des bassins
Dès son plus jeune âge, Léon Marchand a été bercé par l'univers de la natation. Fils de deux anciens nageurs de haut niveau, Xavier Marchand, finaliste olympique, et Céline Bonnet, olympienne, il a fait ses premiers pas dans la piscine Nakache à l'âge de 7 ans. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'a pas été poussé vers la natation par ses parents, mais y a trouvé un plaisir naturel.
Son entraîneur à Toulouse, Nicolas Castel, souligne la sérénité, la volonté et la technicité de Léon Marchand, notamment ses coulées phénoménales. Il décrit une progression constante, chaque objectif atteint ouvrant la voie à de nouveaux défis, jusqu'aux Jeux Olympiques.
Révélation et consécration
Léon Marchand a rapidement gravi les échelons, se distinguant par ses qualités rares et son intelligence dans l'eau. Il a participé à ses premiers championnats du monde juniors en 2019, remportant sa première médaille d'or.
Les Championnats du monde de natation 2023 à Fukuoka, au Japon, ont marqué un tournant dans sa carrière. Entraîné par l'Américain Bob Bowman et le Français Nicolas Castel, il a continué à briller, remportant deux médailles d'or à Budapest (Hongrie) en 2022 en 200 m 4 nages et en 400 m 4 nages, puis une médaille d'argent en 200 m papillon.
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Aux Championnats NCAA (National Collegiate Athletic Association) aux États-Unis, il a battu plusieurs records du monde, notamment en 2022 à Atlanta, sur le 200 m 4 nages, puis en 2023 dans le Minnesota avec trois records du monde en 200 m brasse, 200 m 4 nages et 400 m 4 nages. Il a également pulvérisé les compteurs en 2024, à Indianapolis, avec quatre records du monde en 200 m brasse, 400 m 4 nages, 500 m nage libre et deux relais.
Champion du monde du 200m 4 nages : une domination incontestée
Léon Marchand survole le 200m 4 nages mondial depuis les Mondiaux de Budapest en 2022. À Singapour, il a confirmé son statut de leader en remportant son troisième titre mondial consécutif dans cette discipline.
Jeudi à Singapour, un jour après avoir explosé de plus d'une seconde le record du monde en demi-finales (1'52''69), Léon Marchand l'a emporté en 1'53''68 devant l'Américain Shaine Casas (1'54''30) et le Hongrois Hubert Kos (1'55''34). Il est ainsi devenu champion du monde du 200m 4 nages pour la troisième fois après ses titres à Budapest en 2022 et à Fukuoka en 2023.
En finale, il a viré en tête après le papillon, mais a été challengé en dos par Shaine Casas. Malgré une légère avance de l'Américain dans le dernier 50m (crawl), le Français a conservé sa position et a emporté la victoire avec 62 centièmes d'avance.
Ce temps, 1'53''68, lui aurait permis de s'emparer du record du monde s'il ne l'avait pas battu mercredi en demies. Il s'agit ainsi du deuxième chrono de sa carrière devant ses 1'54''06 en finale des JO de Paris et le deuxième chrono de tous les temps sur 200m 4 nages.
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Jeux Olympiques de Paris 2024 : un triomphe historique
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont été le théâtre d'un triomphe historique pour Léon Marchand. Il a remporté quatre médailles d'or, s'imposant comme l'une des figures marquantes de la compétition.
Il est en train d’écrire l’histoire française de la natation lors de ces JO de Paris. Léon Marchand, champion olympique sur 200 m papillon aux alentours de 20h40 ce mercredi 31 juillet, a récidivé moins de deux heures plus tard sur 200 m brasse, record olympique à la clé (voir la vidéo de sa fin de course plus bas). Jusque-là, jamais un nageur n’avait remporté deux titres olympiques dans la même soirée. Il apporte à la France sa 26e médaille sur ces Jeux (dont 8 en or), la propulsant à la deuxième position du tableau des médailles après la journée de mercredi, derrière la Chine.
Le Toulousain de 22 ans a désormais trois médailles d’or autour du cou lors de ces JO, après celle obtenue dimanche sur 400 m 4 nages.
Lors de sa deuxième finale ce mercredi soir, dans une salle en furie, accompagnant chaque coup de brasse, Léon Marchand a bouclé la distance en 2 min 05 sec 85, devant l’Australien Zac Stubblety-Cook (2 min 06 sec 79) et le Néerlandais Caspar Corbeau (2 min 07 sec 90). Son principal rival annoncé, le Chinois Qin Haiyang, avait été éliminé dès les demi-finales mardi soir, après avoir déjà paru en méforme sur 100 m brasse.
À l’inverse de sa finale du 200 m papillon, où il a repris le recordman du monde hongrois Kristof Milak dans la dernière longueur, Léon Marchand a pris la tête dès le début du 200 m brasse pour ne jamais la lâcher. Accentuant son avance à chaque coulée, il s’est imposé avec près d’une seconde d’avance (94 centièmes) sur l’Australien Zac Stubblety-Cook, champion olympique de la distance aux JO-2020.
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Testée en juin aux championnats de France, la passe de deux tentée par le Français est inédite chez les hommes, où même l’icône Michael Phelps n’a jamais enchaîné deux finales individuelles dans une même session.
Records et performances
Léon Marchand a battu plusieurs records français au cours de sa jeune carrière, dont celui du 200 mètres papillon. Il est le premier à être sacré champion de France à moins de 17 ans. Il est également champion du monde et recordman d’Europe du 400 m quatre nages, champion du monde du 200 m quatre nages et vice-champion du monde du 200 m papillon.
Il a obtenu le record du monde en 400 m 4 nages, détrônant Michael Phelps dans cette catégorie. Sur le 200 m quatre nages, il a battu le record d’Europe du Hongrois Laszlo Cseh en 1 min 54 s 82.
C'est aux derniers Mondiaux, à Fukuoka en 2023, que Léon Marchand bat pour la première fois un record du monde en grand bassin, de surcroît le plus vieux qui tenait encore : celui de Michael Phelps sur 400 m quatre nages, établi en 2008 à 4'03''84. Avec 4'02''50, Léon Marchand conserve au passage son titre de champion du monde, mais signe surtout sa première performance phénoménale, sous les yeux de Michael Phelps lui-même. Léon Marchand avait reçu l'accolade de Michael Phelps aux Mondiaux de Fukuoka après avoir fait tomber son record.
Aux Jeux de Paris 2024, Léon Marchand fait trembler un deuxième record, passant à six centièmes de la meilleure marque de tous les temps sur 200 m quatre nages. Son record olympique (1'54''06) annonce déjà la chute à venir du chrono de Ryan Lochte (1'54''00), établi treize ans plus tôt. Ce mercredi 30 juillet, Léon Marchand a donc retranché plus d'une seconde à ce temps, remportant en 1'52''69 son troisième titre mondial sur la distance à Singapour. Une distance dont il détenait déjà le record en petit bassin (1'48''88), établi à Singapour et pris à Lochte (déjà) en novembre 2024, ses quatre titres olympiques aux Jeux de Paris à peine digérés.
En mars 2022, il réussit le meilleur temps de l'histoire - on ne parle ici pas de record du monde - sur le 200 yards quatre nages (182 m) aux championnats universitaires américains (1'37''69). Moins d'un an plus tard, il fait de même sur le 400 yards quatre nages (365 m), abaissant la meilleure performance de plus d'une seconde, en 3'31''84, et devenant ainsi le premier à détenir ces deux meilleurs temps simultanément depuis Michael Phelps. Depuis, il a encore repoussé ses marques et détient quatre meilleures performances de l'histoire sur des distances en yards : 1'36''34 sur le 200 yards quatre nages, 3'28''82 sur le 400 yards quatre nages, 1'46''35 sur le 200 yards brasse et en nage libre, sur 500 yards (4'02''31).
Un avenir prometteur
Léon Marchand est une figure inspirante pour la natation française et mondiale. Son talent, sa détermination et son humilité en font un champion exceptionnel.
Qualifié en juin 2024 pour ses deuxièmes olympiades, il a remporté quatre médailles d’or aux Championnats de France de Natation à Chartes. Il poursuit sa préparation avec sérénité, sans objectif chiffré de médaille, mais avec la ferme intention de donner le meilleur de lui-même.
Le prochain défi chronométrique de Léon Marchand est certainement le 200 m brasse, où il a établi aux JO un record d'Europe à moins de quatre dixièmes de la meilleure marque de tous les temps (2'05''85 contre 2'05''48 pour Qin Haiyang à Fukuoka en 2023). Il a fait l'impasse sur cette course cette année aux Mondiaux pour s'assurer d'être en pleine possession de ses moyens sur le 200 m quatre nages, mais maintenant que ce record est tombé, il pourrait s'y essayer.
Logiquement, pour un éventuel quatrième record, il est tentant de regarder la course sur laquelle Léon Marchand a décroché sa quatrième médaille d'or : le 200 m papillon. Mais, même s'il a battu Kristof Milak aux JO 2024, le Français est encore loin de la meilleure marque du Hongrois, qui est aussi la meilleure de tous les temps : Milak avait signé un tonitruant 1'50''34 à domicile aux Mondiaux de Budapest en 2022, près d'une seconde de mieux que le record olympique de Léon Marchand en 1'51''21. A priori pas impossible, mais beaucoup moins accessible que la brasse. Léon Marchand avait devancé Kristof Milak de 54 centièmes en finale des JO de Paris 2024.
En attendant, peut-être, de s'essayer au crawl pour décrocher plus de quatre médailles individuelles à Los Angeles. Car Léon Marchand a bien battu des records du monde en nage libre : celui du 200 yards, qu'il a nagé le 28 mars 2024 en 1'28'97 aux championnats universitaires américains, avant que son temps ne soit effacé deux jours plus tard par Luke Hobson (1'28''81). En revanche, son chrono sur 500 yards nage libre (4'02''31) réalisé le même jour tient toujours.
Avec déjà six titres de champion du monde à son actif, il est bien parti pour continuer à marquer l'histoire de la natation. Il incarne la nouvelle génération de nageurs talentueux et ambitieux, prêts à repousser les limites et à inspirer les jeunes générations.