Descente du Rhône en Canoë et Kayak : Itinéraires, Conseils Pratiques et Immersion Naturelle

Le fleuve Rhône, loin de son image parfois perçue comme industrielle, offre des opportunités extraordinaires pour la navigation à pagaie. Que l'on soit kayakiste novice, débrouillé, ou confirmé avec plus de 10 ans d'expérience, et de tous âges - de 18 à 57 ans, comme en témoignent certaines expéditions - le Rhône révèle des facettes authentiques et souvent insoupçonnées. Ce dimanche, pour certains, il fut découvert sous un nouveau jour, loin du petit train-train quotidien des séances d’entraînement en centre-ville, en allant chercher le Rhône authentique, en amont de Lyon.

Le Rhône : Un Fleuve aux Multiples Visages et Trésors Cachés

Le Rhône prend sa source en Suisse, au glacier du Rhône qui trône au-dessus du village de Gletsch dans le Valais. Il parcourt 290 kilomètres dans le pays helvète avant d’aboutir en France à proximité de Genève, marquant ainsi le début de son long cheminement. Il finit par se jeter dans la mer Méditerranée dans le delta du Rhône en Camargue. En France, le Haut-Rhône correspond spécifiquement à la portion du fleuve de la sortie du lac Léman à la confluence avec la Saône, un parcours de plus de 200 km, traversant alors les massifs du Jura et des Préalpes avant de rejoindre la plaine de l’Ain jusqu’à Lyon et sa confluence avec la Saône.

Au fil de l’eau jusqu’à Lyon, le fleuve aborde successivement la Haute-Savoie, la Savoie, l’Isère, l’Ain et le Rhône, et peut même se situer à cheval sur trois départements, comme à la confluence du Guiers et du Rhône. Si de nombreux barrages hydroélectriques se dressent sur son cheminement, la voie fluviale garde son caractère sauvage au travers de superbes gorges difficilement accessibles jusqu’aux abords de Seyssel. La proximité grandissante de Lyon et les centrales nucléaires de Creys-Malville (en cours de démantèlement) et d’Ambérieu-en-Bugey (en cours d’activité) marquent cependant la fin progressive du cours d’eau sauvage dans certaines sections.

Les Lônes et les Brotteaux : Des Écosystèmes Riches

Le Rhône cache des trésors de biodiversité, notamment dans ses lônes et ses brotteaux. Une lône est un bras d’un fleuve qui reste en retrait du lit principal. Elle est alimentée en eau par infiltration depuis la nappe alluviale ou directement par le fleuve en période de crue. On parle de brotteaux pour désigner les îlots inondables et en constante évolution formés par les lônes. Nous n’imaginions pas en découvrir autant au sujet du Rhône, de ces zones humides si particulières. Un site très complet avec une carte interactive permet de visualiser les lônes du Rhône, tel que le Projet de restauration du Rhône, en choisissant la zone de Brégnier-Cordon, offrant un aperçu détaillé de ces habitats.

L’implantation de nombreux barrages sur les canaux de dérivation - qui encadrent le fleuve pour autoriser une production efficace d’hydroélectricité et protéger les bassins naturels du Vieux Rhône des inondations - a limité, de fait, leur propagation sur le cours d’eau naturel. Cela favorise ainsi sa découverte par la navigation de plaisance, en canoë-kayak, ou en stand up paddle, en offrant des sections plus préservées et accessibles.

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Préparation et Sécurité : Les Impératifs d'une Descente Réussie

Avant de s'aventurer sur le Rhône, une bonne préparation est essentielle. La sécurité est primordiale, tout comme la connaissance de la réglementation locale.

Réglementation de la Navigation à Pagaie

Il est important de noter qu'une note réglementaire, le RPP (Règlement Particulier de Police de navigation, par arrêté préfectoral de 2014), autorise la navigation à pagaie dans de nombreux secteurs (voir article 11.4). Il est toujours recommandé de consulter les autorités locales pour s'assurer des spécificités de chaque zone.

Équipement Indispensable

Pour une descente en autonomie ou avec des services de location, le matériel doit être choisi avec soin. Les kayaks gonflables, par exemple, offrent une grande facilité de transport, permettant de prendre le train avec les kayaks rangés dans leur sac. Pour la première fois, le choix s'est naturellement porté sur un kayak gonflable Itiwit, la facilité de transport aidant grandement l'aventure. Il est possible de louer des kayaks gonflables à l’Espace Montagne ou à Lyon Urban Kayak. L’Espace Montagne à Francheville loue des kayaks Gumotex Twist biplaces pour 45€/jour. On peut les réserver en ligne, les récupérer la veille du jour de la location, et les rendre le lendemain. Les pagaies, gilets, pompes sont inclus. Ces kayaks pèsent 13kg chacun et peuvent donc être transportés assez facilement avec le sac à dos dédié. De l’autre côté de Lyon, à Meyzieu, Lyon Urban Kayak loue aussi des kayaks gonflables, ainsi que des canoës biplaces - plus difficiles à manœuvrer mais plus solides et capacitaires pour de longues expéditions en bivouac - et des kayaks monoplaces ou grands canoës gonflables 4 places (plus difficiles à transporter, pesant 26kg).

Outre l'embarcation, la liste du matériel nécessaire inclut :

  • Un canoë kayak gonflable ITIWIT 3 avec 2 pagaies démontables en 2 parties et une pompe à main double action 2,6L.
  • Deux gilets d'aide à la flottabilité 50N+.
  • Deux sacs de randonnée Quechua, qu'il est prudent de protéger par des sacs à gravats pour pallier l'absence regrettable de véritables sacs étanches.
  • Des vêtements de pluie et un change.
  • Une tente Arpenaz 2 personnes, qui ne déçoit jamais en toutes circonstances, ainsi que deux sacs de couchage Forclaz 10° et un matelas gonflable Quechua 120.
  • Deux frontales, deux lampes d'appoint, une popote Quechua (très pratique) et quelques ustensiles de cuisine.
  • Un grand plaid pour le soir et un ravitaillement conséquent : boîtes, riz, pâtes, un gros stock de chocolat et de biscuits.
  • Une grande bâche de peintre pour protéger l'ensemble en cas de pluie.

Avant le départ, il est crucial de tester le matériel sur un plan d'eau calme, de peser l'ensemble et d'apprendre à équilibrer l'embarcation. Le matériel est globalement très positif, mais l'élément manquant souvent, comme l'a confirmé Claude qui a fait le Rhône en Stand up paddle, est le chariot de transport. Bien que conçu pour un kayak rigide, il devrait fonctionner sur un gonflable et éviter bien des galères lors des portages.

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Conseils de Sécurité et Précautions

Les règles de base de la sécurité en kayak sont claires : quand il y a du courant, on ne s’approche pas des arbres qui trempent dans l’eau, car les branches peuvent nous maintenir coincés sous l’eau. Pour cette raison, il est impératif de rester à l’intérieur des virages lorsque le Rhône présente des rapides. L’autre grand danger du kayak, ce sont les « rappels » qui se forment sur les petites chutes d’eau, mais il n’y en a pas sur certains des itinéraires évoqués.

Savoir nager 25 mètres reste une condition primordiale pour la location de canoës et kayaks. Pour le vent, il faut être vigilant : quand c'est du mistral, il crée des vagues qui poussent vers les berges souvent enrochées. L'expérience montre qu'avec 80 km/h de mistral dans le défilé de Donzère, des vagues d'un mètre peuvent faire partir un K2 mer au surf sans le provoquer. Par vent du sud, il n'y a pas de surf, mais il faut force et endurance pour avancer. Les péniches, quant à elles, sont toujours évitables en naviguant vers le bord.

Un conseil de Decathlon à prendre au sérieux : si vous laissez votre bateau au soleil, même une heure, vous risquez des dégâts. Il est recommandé de dégonfler légèrement le kayak tous les soirs. Enfin, il faut prendre l'habitude de vidanger le kayak à chaque fois que l'on prend une rampe, car ce n'est pas tant les rapides que l’accumulation goutte à goutte en ramant qui est inévitable.

La Navigation : Courant, Barrages et Portages

Le Rhône se distingue par un courant puissant, y compris en été, quand les autres rivières tournent au ralenti, car il est alimenté par la fonte des glaciers. Cependant, cette puissance s'accompagne de la nécessité de franchir de nombreux barrages hydroélectriques.

Les Défis des Barrages et Portages

La présence des barrages implique des portages, qui peuvent être une réelle "galère" sans l'équipement adéquat, comme un chariot léger pour le transport des canoës. Chaque portage, même s'il permettait de se délasser les jambes, était une épreuve. Les barrages peuvent être un vrai défi pour les pagayeurs. Par exemple, à l’écluse de Vaugris, la cale de débarquement peut être cachée derrière les pontons, nécessitant parfois de sortir un peu avant sur les pentes herbeuses. Pour la remise à l’eau, il a fallu traverser le barrage sur la piste cyclable et repartir de l’autre rive. En octobre, la sortie au barrage de Saint-Pierre de Boeuf était complètement abandonnée, et pour la remise à l’eau, il fallait se faire ouvrir la barrière du centre d'Eaux-vives.

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La signalisation des sites de remise à l'eau s'est avérée parfois très présente et parfois quasi inexistante, créant des doutes. Pour les barrages, nous avons souvent perdu du temps à reconnaître les sites de remise à l'eau. Parfois, certains passages sont indiqués à la perfection, précisant où, combien de kilomètres, et s'il faut traverser le fleuve. Puis, parfois, rien, ce qui peut faire tourner en rond. Il est crucial d'avoir repéré les lieux au préalable. La CNR refuse systématiquement le passage des écluses aux embarcations à pagaie, rendant les portages obligatoires.

Une expédition de Lyon à la mer a recensé 15 barrages, chacun demandant une logistique particulière. Pour le franchissement, il a été parfois opté pour des passages en deux étapes : d’abord le matériel, puis le canoë-kayak. Cela prend du temps mais fonctionne, évitant de dégonfler systématiquement le bateau, ce qui serait une mauvaise idée. La prochaine fois, le chariot de transport sera indispensable.

Itinéraires et Expériences Inoubliables sur le Rhône

Le choix demeure large pour passer une belle journée sur les différentes descentes du Rhône sauvage, ou s'engager dans de plus longues aventures.

Le Haut-Rhône Authentique, en Amont de Lyon

Pour découvrir le Rhône sous un nouveau jour, loin du petit train-train quotidien, il est possible d'aller chercher le Rhône authentique, en amont de Lyon. Une journée a débuté par un embarquement dans le contre-canal sous le barrage de Champagneux. C'était l'occasion de premiers cours techniques avec un moniteur, où les débutants ont appris à embarquer à flanc de berge, mouillant leurs petits petons. À l’issue du canal, l'entrée dans la première lône fut une immersion directe. Ensuite, l'exercice du coup de pagaie économe, avec la rotation du torse pour rester aligné sur la pagaie - technique dite du « laboureur » - a été pratiqué.

Ce jour-là, le niveau d'eau était faible, les barrages retenant l'eau, ce qui faisait racler un peu sous les bateaux. Les lônes étaient pas mal encombrées d’arbres déracinés, compliquant la navigation. Il fallait être attentif aux branches sur les côtés et aux souches au milieu, les branches étant basses par endroits. Des incidents, comme Hugo perdant son bonnet (mieux qu’un scalp) et Chantal dessalant dans un virage problématique, nécessitant l'intervention d'Alexei pour lui porter secours, témoignent de la vigilance requise.

Un petit arrêt le long de la berge a permis au moniteur de faire humer le délicieux fumet laissé par les castors : le castoréum, d’odeur de pneu brûlé, qu'ils utilisent pour marquer leur territoire. Une courte pause pour casser la croûte (à peine 30 minutes) fut faite au niveau du passage à gué du Chemin du Bouclard (Les Avenières) en face de l’Île de Noyés. La quiétude ne fut troublée que par quelques 4x4 qui firent demi-tour devant le chemin submergé par 5 cm d’eau. De notre côté, le seuil fut franchi sans peine, en passant bien à gauche. Quelques travaux pratiques de coup de pagaie circulaire plus loin, la navigation se poursuivit dans les lônes et le Vieux Rhône jusqu’à rejoindre le cours normal du Rhône. À Saint-Benoît, le courant fut mis à profit pour tirer un maximum et passer l’Île de la Sauge à bon rythme.

Itinérance en Kayak Gonflable de Pougny-Chancy à Bellegarde

L’itinérance en kayak gonflable sur le Rhône est un bonheur. Un itinéraire propose de descendre le fleuve sur 18 km, de Pougny-Chancy jusqu’à Bellegarde. Le courant est soutenu sur cette section. Une fois arrivé à Pougny-Chancy, il faut descendre 300m à pied jusqu’au pont sur le Rhône. Un rapide est visible, et s'il n'impressionne pas, il est possible de le franchir en embarquant rive gauche, en amont. Après 5 km, le Rhône quitte la plaine helvétique pour s’engouffrer dans la cluse entre le massif du Jura et le massif du Bugey. Le paysage est très impressionnant : les montagnes qui culminent à 1600m sont couvertes de forêts de part et d’autre. Aux deux tiers du chemin, sur la gauche, il ne faut pas manquer la tine de Parnant, un petit canyon qui se jette dans le Rhône. Après la passerelle, le courant emmène les pagayeurs en 45 minutes à Bellegarde. Si le cœur vous en dit, vous pouvez remonter le canyon de la Valserine jusqu’à l’ancienne usine motrice. Sinon, il est possible de débarquer, plier les kayaks et les ranger dans leurs sacs à dos (compter 15 minutes) puis remonter jusqu’à la gare pour prendre un train. En variante, on peut choisir de dormir à Bellegarde et faire le lendemain en kayak les 20 km qui séparent Bellegarde de Seyssel, un paysage réputé pour sa beauté, malgré les 2 barrages à franchir avec des portages de plus d’1 km.

Le Rhône Sauvage en Savoie : de Conjux à Yenne

Un itinéraire très intéressant est celui qui court de Conjux en Savoie jusqu’à Yenne. Il longe le lac du Bourget avec les montagnes des Alpes comme décor de fond, traverse le canal de Savières, pour déboucher à Chanaz et dans le Vieux Rhône. La faune et la flore sauvage se laissent apercevoir, et une superbe vue sur la Dent du Chat s’ouvre avant le terminus à Yenne. La base de loisirs de Yenne marque la fin de la randonnée en canoë.

Ce parcours de 20 kilomètres proposé par Kanoti requiert une journée de navigation entre Conjux sur les bords du lac du Bourget et Yenne au pied de la Dent du Chat. Il est accessible aux débutants, avec une difficulté de classe 1, et comprend deux franchissements de barrages sur l’embarcation et un à pied.

Le lac du Bourget regorge de kayakistes, de stand up paddles, de baigneurs, de barques, de pédalos et de bateaux à moteur et sans permis. Les plages de sable blanc de Châtillon s’approchent, mais l'entrée du canal de Savières se trouve dans les marais de la Chautagne. Ce canal sert d’émissaire au lac du Bourget, mais peut voir son courant s’inverser en cas de crue du Rhône, un phénomène rare en Europe. Pendant les 4,5 kilomètres qui séparent de Chanaz, il faut composer avec la proximité des bateaux et autres pratiquants dans ce canal large de cinq mètres. Surnommée la petite Venise savoyarde et Petite Cité de Caractère, le village de Chanaz draine un grand nombre de touristes venus flâner autour du port de plaisance, de la Maison forte de Chanaz et du moulin. Sa traversée sonne la délivrance des affres du tourisme fluvial.

Ensuite, on vogue vers le barrage de Savières, lequel demande un franchissement à pied, avant d’arpenter le Vieux Rhône. Là, le Rhône montre enfin l’ampleur de sa nature sauvage. Le courant, fort, autorise des moments de relâchement, pagaie sur le canot, sur cette eau limpide et claire d’une couleur turquoise. La route qui relie Yenne à Chanaz reste silencieuse alors que nous naviguons loin des berges. Elles réservent pourtant de la flore et de la faune sauvage. Sans jumelles, observer les hypothétiques ragondins, canards ou animaux coutumiers de ce genre d’environnement se veut plus difficile, mais des hérons cendrés et des libellules sont souvent aperçus. Les heures chaudes de la journée ne favorisent pas l’apparition des animaux sauvages qui préfèrent se cacher.

Près du Petit Tournier, un premier barrage se dresse : le seuil de Fournier. Le vacarme des turbines s’entend à plusieurs centaines de mètres, et l’horizon se fige. Le moniteur indique la bonne marche à suivre pour le passer sans encombre, car il se contourne également par un portage. Son franchissement par un saut à travers des petits rochers peut paraître impressionnant, mais en projetant droit le canoë et en levant la pagaie, tout se passe bien lors de ce petit plongeon. Les lônes se multiplient dès lors, mais il est conseillé de ne les suivre qu'avant l’arrivée à la base nautique, sinon le portage s’avère nécessaire. Le second barrage, plus discret, se situe à Lucey. Le pont avant le village sonne le rappel, la rive gauche sert de guide avant de franchir la passe avec un nouveau petit plongeon sans difficulté. Si l’on jette un coup d’œil sur la gauche, le château de Lucey se distingue. Plein sud, les vignes se présentent puis après deux méandres, c’est la Dent du Chat qui se dévoile. La vue d’un dernier pont marque l’arrivée au port après 5 heures de navigation d’une grande facilité. La difficulté de classe 1 du fleuve rend la navigation accessible à tous, même aux familles.

Itinéraires Longue Distance : de Lyon à la Mer

Certains aventuriers ont osé des descentes épiques. Le club de Viviers a organisé un relais jour et nuit de Lyon à Port Saint Louis en décembre 1997 pour le Téléthon, avec des K2 mer, tablant sur du 8 km/h, portages aux barrages compris. Christelle et Mathieu Morverand ont aussi navigué en autonomie de Paris à Vallon Pont d'Arc en empruntant, entre autres, la Saône et le Rhône. Il est à noter que le passage des écluses est fortement compromis, la CNR refusant systématiquement.

Une expédition de Lyon à Arles en octobre, sur trois jours, a rencontré 15 barrages. À chaque portage, le chariot léger fut remercié. La nuit apporta sa monotonie, la lutte contre le sommeil et le froid, car les vêtements prévus étaient très légers, et le vent du nord combiné à la fatigue rendait les nuits glaciales. Au Km 225, une tendinite au poignet gauche a même été signalée.

Une autre aventure, menée par Lika et Maxime en août, a consisté en une descente de plus de 340 kilomètres en autonomie totale pendant 16 jours et 16 nuits, à bord d'un kayak gonflable Itiwit. Le départ a eu lieu à Lyon au niveau du pont Pasteur, avec le passage du barrage vers Pierre Bénite. La signalisation s'est avérée perturbante le long du parcours, parfois très présente et parfois quasi inexistante, créant des doutes sur les remises à l'eau. Un arrêt à hauteur de Millery fut marqué par un gros orage pendant la nuit, où la bâche remplit très bien son office. La traversée de Vienne a révélé un paysage de plus en plus agréable. Le barrage d'Ampuis ne laissait plus d'endroits chouettes pour bivouaquer, mais un petit serpent amical fut rencontré en aval. Le bivouac avec un feu de camp fut un réconfort.

Au barrage vers Saint Pierre de Boeuf, les passages ont été effectués en deux étapes, prenant du temps mais fonctionnant. La traversée de la réserve de l'île de la Platière fut une découverte : un très bel endroit avec des oiseaux et des castors, ces derniers étant observés plusieurs fois. Au déversoir de Pret de Peyraud et du barrage à hauteur d'Arras, une surprise par un éventuel manque d’eau fut la dernière de ce type. Le ravitaillement en eau à Tournon fut bienvenu. Les rencontres furent positives, avec des policiers saluant et des gens bienveillants et curieux du périple.

Les barrages de La Roche sur Glun, La Grange, et Le Pouzin furent ensuite franchis. Le conseil de Decathlon de dégonfler légèrement le kayak tous les soirs fut bien respecté pour éviter les dommages dus au soleil. Le barrage de Rochemaure, à hauteur de Donzère, fut atteint, mais un marécage en amont fournit des moustiques toute la soirée, et le kayak fut envahi de fourmis au matin. L'habitude de vidanger le kayak après chaque rampe s'avéra nécessaire.

Le "rapide" avant Pont Saint Esprit fut un peu plus costaud que les autres, mais une belle plage juste après permit de vidanger le kayak. Après un jour de repos et de ravitaillement à Pont Saint Esprit, le fleuve fut repris. Le barrage de Laudun-l'Ardoise fut passé, suivi d'un bivouac à hauteur de Montfaucon, avec de nombreuses cabanes d’observation des oiseaux (hérons, cygnes, canards, cormorans, rapaces pêcheurs, et les préférés, les martins pêcheurs bleus métalliques).

Malgré un vent fort au réveil, la descente continua vers le barrage de Sorgues et Avignon pour un ravitaillement. La recherche d'une fontaine à eau fut difficile. Un aileron fut cassé en positionnant trop vite le kayak sur la rampe. Le bivouac après Avignon fut très sympa, entre le vieux Rhône et le canal, sous la pleine lune. Le barrage de Comps, un des plus difficiles ("Longs"), marqua une étape importante. L'arrivée de nuit à Beaucaire fut une satisfaction, marquant la fin des obstacles du fleuve. La traversée d’Arles, où le ravitaillement est presque impossible, précéda un bivouac dans la réserve "Marais du Vigneret". Là, des crottins de cheval furent observés, puis un grondement et une dizaine de chevaux surpris surgirent de derrière les arbres, confirmant l'entrée en Camargue. Enfin, la traversée de Port Saint Louis du Rhône, un endroit agréable avec des petites maisons estivales, des pêcheurs et des oiseaux, marqua la fin de l'aventure avant de rejoindre la mer.

Autres Idées de Parcours en Auvergne-Rhône-Alpes

Au-delà du Rhône, la région Auvergne-Rhône-Alpes offre d'autres opportunités de navigation à pagaie :

  • Le Guiers : Cette rivière qui prend sa source en Chartreuse peut être naviguée sur un raid de douze kilomètres entre Pont-de-Beauvoisin et Saint-Genix-sur-Guiers. Il est conseillé de venir tôt en saison, car l’eau, mal retenue par la roche calcaire, se tarit rapidement en été.
  • Les Lacs d’Aiguebelette et du Bourget : Ces lacs représentent également des opportunités de navigation en kayak de mer, au cœur d’un paysage de toute beauté. Les sensations diffèrent des rivières, mais permettent de partir et d’arriver au même point, sans se soucier du transfert en minibus.Cependant, il est important de noter que le Rhône perd son caractère sauvage avec une industrie dense sur ses berges en aval de Lyon.

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