Le water-polo, sport aquatique discret mais passionnant, possède une histoire riche et une présence significative à Villefranche-sur-Saône. Cet article explore les aspects de ce sport dans la ville, en mettant en lumière les infrastructures, les clubs et l'impact sur la communauté locale.
Le Centre Nautique Saint-Éxupéry : Un Pôle Aquatique Moderne
Sur le boulevard Saint-Éxupéry, à proximité de l’école Notre-Dame-de-Mongré, se trouve un immense complexe sportif où la gymnastique, le football, le volley-ball, la musculation et les bassins aquatiques sont regroupés. La piscine ouvre dès 6 h les lundi et jeudi, explique Michel Battin, directeur adjoint au service des sports de la Ville de Villefranche. À 6 h, les nageurs du pôle Élite du Natation Villefranche Beaujolais (NVB) viennent s’entraîner. À partir de 8 h 20, on reçoit les primaires, les collèges et lycées jusqu’à 17 h 30. Puis les clubs de natation course, de natation artistique et de water-polo et ce jusqu’à 22 h. Le grand bassin comporte 8 lignes d'eau et fait 25 mètres de long.
Passé les plages du bord des bassins, une petite porte s’ouvre sur un escalier, qui s’enfonce au sous-sol. Arrivé en bas, on découvre la machinerie de la piscine Saint-Éxupéry, véritable réseau de cuves, tuyaux et bacs d’eau. Sébastien Kuhn, responsable technique du centre nautique Saint-Exupéry et expert des lieux, nous guide. Les bassins sont à débordement, on a donc des bacs tampons pour stocker l’eau et alimenter les bassins. L'eau passe par des pompes, puis par les cuves de filtrage, qui retient les impuretés présentes dans l’eau, et la purifie. Les déchloraminateurs enlèvent les chloramines (composé chimique produit naturellement par les nageurs), et une fois propre, l’eau retourne dans les tuyaux pour être réinjectés dans les bassins. C'est un cercle fermé, qui tourne en permanence.
Faire fonctionner normalement les deux bassins (250 m3 pour le petit bassin, 1 200 m3 pour le grand) relève effectivement d’un suivi continu, et Sébastien Kuhn à l’œil partout. On lave les filtres tous les matins, on analyse le pH (potentiel hydrogène) et le chlore deux fois par jour, on utilise des produits d’entretien indispensables, comme du floculant, un laboratoire privé vient faire des analyses bactériologiques tous les deux mois, explique le responsable technique. On dispose également de centrales de traitement de l’air et d’un grand réseau de ventilation, pour renouveler l’air en permanence et éviter la buée notamment. Un labyrinthe organisé, qui permet de faire tourner Saint-Exupéry à plein régime. En termes de capacité de fréquentation, on est à bloc, précise Fabrice Violet, responsable du site. Tout fonctionne comme il faut, et on peut compter sur des agents de qualité pour assurer le maintien des opérations.
Natation Villefranche Beaujolais (NVB) et le Water-Polo
Samedi 10 septembre, avait lieu la journée portes ouvertes du club Natation Villefranche Beaujolais. Les parents étaient également présents pour une réunion d’information pour la reprise des cours ainsi que les dernières démarches administratives. Un moment rare où les trois disciplines ont pu se retrouver (water-polo, course et natation synchronisée). Des démonstrations étaient au programme. Un nouvel entraîneur a pu être présenté à l’ensemble des nageurs et des parents pour la section course. Les bénévoles étaient au rendez-vous en ce samedi matin. Les inscriptions sont encore ouvertes pour l’école de natation adulte et enfant loisirs et aquagym.
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Une soixantaine de jeunes (âgés de 8 à 17 ans) est répartie par tranche d’âge et une trentaine d’adultes est divisée pour jouer en compétition ou pratiquer le water-polo en loisir. « Le groupe senior évolue en nationale 3 A (4e niveau de France, N.D.L.R.) et nous avons les U15 en championnat de France cette saison. De surcroît, des sélections ont eu lieu dans le département pour constituer l’équipe du Rhône en U9 et U11, six joueurs du club font partie de l’effectif de vingt nageurs de l’équipe », s’enthousiasme Lucille Lejczyk, la responsable de la pratique au sein du club. À noter également la belle performance des U13, champions en 2018, et des U15 qui peuvent encore terminer 1ers de la ligue Auvergne Rhône-Alpes (AURA) en cas de victoire lors du final four : « Dimanche 23 juin, dès 13 h 45, nous recevrons Rillieux-la-Pape, Aix-les-Bains et Givors pour les demi-finales et la finale du championnat, avec le titre à la clé », précise la coache.
La Calad’Cup : Un Tremplin pour la Jeunesse
Les bonnets bleus et blancs fusent dans les bassins de la piscine de Saint-Exupéry à Villefranche. Ballons en main, ils se préparent avant d'affronter les équipes venues des quatre coins de la France en vue de la Calad'Cup, samedi 12 et dimanche 13 avril. Organisée par le Natation Villefranche Beaujolais (NVB) depuis cinq ans, cette coupe figure parmi les challenges importants du club dans l'année. Ce tournoi est un évènement qui marque une étape de progression chez les jeunes. Il peut y avoir des déblocages chez certains, explique Tanguy Corboz, responsable de l'organisation de la coupe, réservée aux catégories U12 et U14.
Si les jeunes Caladois sont habitués à jouer contre des équipes de la région, la Calad'Cup leur permet d'affronter de nouvelles équipes, aux stratégies bien différentes. Cette année, ils seront les seuls avec le Club nautique de l'Ondaine dans la Loire (U14) et les sauveteurs de Givors dans le Rhône (U14) à représenter la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les Francs-nageurs de Douai (U12 et U14) et le Stade de Reims natation (U12 et U14) porteront les couleurs du Nord, tandis que l'Est verra les favoris de la compétition, la Team Strasbourg (U14), défendre son blason. Le club Centre Val de Loire (U14) et le Cercle des nageurs d'Aix-les-Bains Riviera (U12) tenteront eux aussi de s'affirmer durant la compétition. On accueille des équipes contre qui on a joué peut-être une ou deux fois. Mais pour certaines, comme Douai ou Reims, il n'y a jamais ou quasiment jamais eu de match, détaille le responsable. La raison : trop peu d'évènements regroupent des équipes issues de différentes régions.
À force de jouer contre les mêmes, les enfants se lassent rapidement. Il faut aussi savoir que la ligue Auvergne-Rhône-Alpes ne prétend pas non plus au haut niveau, contrairement à d'autres parties de la France comme le Nord ou la région Provence-Alpes-Côte-D'azur. Strasbourg a par exemple une équipe pro, puis ils s'entraînent quasiment deux fois plus que nous, commente Onder Yildirim, entraîneur des U14. Jouer contre ces effectifs expérimentés leur permettra donc de gagner en expérience, de diversifier leur jeu et d'atteindre progressivement un bon niveau pour rivaliser avec les meilleures équipes. Les coachs sont toujours hyper attentifs. Ils peuvent s'inspirer des autres styles de jeu. Ils peuvent aussi tester de nouvelles stratégies, car les joueurs vont bénéficier de beaucoup de temps de jeu, ajoute Tanguy Corboz.
Mais attention à ne pas être submergés. Si plusieurs matchs (en sept contre sept), attendent les nageurs caladois, le défi sera de gérer l'épuisement des poloïstes. En manque de joueurs, chez les U14, le NVB qui partait avec un effectif de dix, se voit réduire à neuf depuis l'annonce en début de semaine du forfait de Nathan Viana, sélectionné en équipe de France. Les rotations risquent donc d'être courantes. Mais, ça sera une première, car certains d'entre eux n'ont encore jamais fait de compétition, explique Tanguy Corboz, précisant l'intensité de la compétition. Inspirée d'Habawaba, un des plus grand tournoi jeune à l'international, la Calad'Cup a repris certaines règles favorisant les actions dynamiques et offensives, dans l'objectif de créer un maximum d'intensité de jeu et de spectacle pour les supporters. Avec tous ces paramètres, le défi sera donc de taille pour les bonnets bleus et blancs. Les U14 pourraient toutefois rêver du top 4 ou, pourquoi pas, d'un podium après avoir perdu en demi-finale l'année dernière contre le tenant du titre actuel, Strasbourg.
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Nathan Viana : L'Ascension d'un Espoir Caladois
Sous ses airs de gamin, dans le hall d'entrée de la Piscine Saint-Exupéry à Villefranche, il attend accompagné par sa mère, le début de l'entraînement. Sous son simple t-shirt, floqué NVB, et ses bouclettes brunes, se cache l'étoffe d'un potentiel champion de water-polo. Appelé en équipe de France depuis la création de la sélection en 2025, Nathan Viana fait aujourd'hui partie des espoirs français, après avoir tapé dans l’œil des sélectionneurs lors de la dernière coupe de France. Quand je voyais le niveau des joueurs, j'étais assez confiant sur ma sélection. Mais arrivé dans les 30 joueurs détectés, j'ai eu un petit coup de pression, assumait le Caladois.
Pourtant, même blessé au doigt lors de sa détection à Paris, son style de jeu, sa position en contre pointe (rôle défensif) et son agressivité ont satisfait les coachs qui l'alignent sur la feuille de match dès le premier tournoi. Sans plus attendre, Nathan saisit sa chance et démontre son potentiel. On jouait contre les américains. J'étais au poste que je connais le moins, sur mon mauvais côté. Il nous restait à peu près 10 secondes et on perdait 6-7 ou 7-8, se rappelle-t-il. Dans un angle fermé, sans beaucoup de possibilités, il arme pourtant son tir et tente sa chance avec succès. J'ai vu toute l'équipe se lever en criant. C'est l'un de mes meilleurs souvenirs.
C'est un joueur calme, qui fait peu d'erreur et qui aime apporter cette passe, couvrir le jeu et défendre, précise son coach Onder Yildirim. L'équipe se sent en sécurité quand un joueur comme lui est derrière. Solide défensivement et physiquement, Nathan Viana use aussi de stratagèmes pour bousculer ses adversaires. Parfois agressif, il vante son jeu musclé, un peu comme Claude Makélélé au football, image son coach. Certains arrivent dans l'eau et te font des prises qui te mettent KO. Ça se rapproche du rugby. L'objectif, quand l'arbitre ne regarde pas, c'est de faire sortir de son match l'adversaire, sourit-il avec plein de malice. Dès la première attaque, je fais peur à mon adversaire. On me disait : si ton adversaire revient normalement dans ton camp, c'est que tu as mal fait ton job, que tu as mal défendu.
Avec quatre entraînements par semaine surclassé chez les U16, Nathan Viana perfectionne sa technique via les matchs le week-end dans la catégorie U14, mais intervient aussi chez les séniors du NVB. En ce qui concerne l'équipe de France, fraîchement créée, on nous a prévenu que des stages et des rassemblements auront lieu pour créer une cohésion d'équipe, pour jouer au plus haut niveau, comme l'Eurocup, l'objectif à court terme. Plus intense, les entraînements plongent Nathan et ses compères dans une dure réalité. Levés à 7 h du matin, ils passent quasiment huit heures dans l'eau, avant de terminer le soir. Ça se joue au mental, lâche l'espoir caladois ; une notion à travailler dans les années à venir selon son coach au NVB. Il a tout le reste, il sait jouer au polo, il a le physique, c'est quelqu’un qui adore s'entraîner. Mais, en match, il n'aime pas qu'on le cherche. S'il y a un déséquilibre, on va le sentir. Un petit contact, bien placé sous l'eau, qu'il n'apprécie pas, peut le faire sortir de son match.
Bien parti dans sa jeune carrière, le poloïste a devant lui un beau chemin qui se dessine. S'il est pour l'instant forfait pour la Calad'Cup pour cause de blessure [NDLR : soupçon de fracture du métacarpe], son visage ne trahit pas l'envie de retourner dans l'eau avec un rêve en tête : disputer, un jour, les Jeux olympiques sous les couleurs bleue, blanche et rouge.
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