Le Water-Polo en France : Une Histoire Riche et un Avenir Prometteur

Le water-polo, sport collectif souvent méconnu, possède pourtant une histoire riche en France, jalonnée de moments de gloire et de périodes plus sombres. Des balbutiements à la fin du XIXe siècle à l'espoir de médaille aux Jeux Olympiques de Paris 2024, en passant par le titre olympique de 1924, cet article explore l'épopée du water-polo français.

Les Origines du Water-Polo : Une Influence Britannique et Belge

Les prémices du water-polo moderne remontent à 1869. Les premières règles furent établies en 1870 par un comité de la Metropolitan Swimming Association afin de codifier le "Football in the water". C'est à Glasgow, en 1877, que le premier règlement est créé par William Wilson, président de l'Association Swimming Club of Scotland. Le 20 juillet 1890, le premier match international a lieu entre l'Angleterre et l'Ecosse, considérés comme les pères fondateurs de ce sport.

L'introduction du water-polo en France date de 1895, au Nouveau Cirque de Paris. C'est surtout dans le nord du pays que le sport s'implante fortement, sous l'influence de la Belgique, entre 1896 et 1897.

L'Âge d'Or : Le Titre Olympique de 1924 et les Années Suivantes

Le 20 juillet 1924, il y a cent ans, dans la piscine des Tourelles à Paris, l'équipe de France masculine de water-polo, emmenée par Paul Dujardin, remportait son premier titre olympique face à la Belgique (3-0). Sous les yeux du baron Pierre de Coubertin. Cet événement marque l'apogée du water-polo français.

Malgré une médaille de bronze décrochée lors des olympiades suivantes, à Amsterdam en 1928, ce titre ne donna aucune suite immédiate. La France resta au devant de la scène mondiale en se classant 4ème et 6ème respectivement aux JO de Berlin en 1936 et de Londres en 1948.

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Une Longue Traversée du Désert

Après ces succès initiaux, le water-polo français a connu une longue période de déclin. « Sans vouloir être vulgaire, nous avons connu une longue traversée du désert, notamment au début des années 2000 », explique un poloïste de 33 ans. Depuis les Jeux de Barcelone en 1992, la France n'a pris part qu'à une seule olympiade, à Rio en 2016, où elle a décroché une anonyme onzième place.

Les Jeux Olympiques de Paris 1924 : Un Titre Oublié, Mais Toujours Présent dans les Mémoires

Il y a cent ans, aux Jeux olympiques de Paris, les Bleus du water-polo s'imposaient face à la Belgique en finale du tournoi olympique (3-0). Alors qu'ils n'étaient pas franchement favoris, les Français sont devenus les premiers Tricolores à rapporter une breloque dorée pour un sport collectif. La finale France - Belgique, le 17 juillet 1924, à la Piscine des Tourelles à Paris (France).

Peu de gens misaient sur l'équipe de France à ces Jeux olympiques. Elle n'avait gagné que deux matchs depuis 1909, et les sept nageurs choisis par Paul Beulque n'avaient jamais joué ensemble en match officiel. "Un grand dirigeant de la Fédération française de natation et de sauvetage s'obstinait à prédire notre élimination. Les Américains non plus ne croyaient pas en cette équipe. Par excès de confiance, ils avaient décidé de se passer de leur superstar de l'époque, Johnny Weissmuller, le futur Tarzan, face aux Bleus. A la piscine Georges-Vallerey (appelée Piscine des Tourelles alors), les Français en ont profité pour s'imposer 3-1, en prolongation, à la surprise générale. Les Pays-Bas en quarts (6-3) et la Suède en demies (4-2) ont également fait les frais des hommes de Paul Beulque. Puis est venu le tour de la Belgique, que l'équipe de France n'avait alors jamais vaincue (un nul, 10 défaites jusque-là). Un doublé de Robert Desmettre, meilleur buteur du tournoi (neuf réalisations), et un but d'Henri Padou, ont permis à la France de l'emporter (3-0).

Tourcoing : Un Foyer du Water-Polo Français

Il faut se rendre du côté de Tourcoing, où la mémoire de cet exploit est encore vive. En 1923, Paul Beulque est choisi par le congrès de préparation olympique pour mener cette sélection française de water-polo. À l'époque, il est déjà reconnu pour ses méthodes d'entraînement efficaces. Le sélectionneur rêvait d'aligner sept Tourquennois, ils seront cinq à la fin : Paul Dujardin, Henri Padou, Albert Deborgies, Noël Delberghe, Robert Desmettre.

En 1900, alors que nous sommes aux balbutiements du water-polo, le tournoi olympique se déroule avec trois équipes françaises : les Tritons lillois ainsi que les deux équipes des Pupilles de Neptune de Lille. En quart de finale, les Tritons lillois sont éliminés par les Britanniques de l’Osborne Swimming Club 12-0 tandis que les Pupilles de Paris sont qualifiés d’office, que l’équipe 1 des Pupilles de Neptune de Lille est battue par Bruxelles 2-0 et que l’équipe 2 se qualifie aux dépends du Berliner Swimming Club 3-2. En demi-finale, l’Osborne Swimming Club dispose des Pupilles de Neptune qui a pourtant mixé ses deux équipes pour en faire une plus forte sur le score de 10-1 et Bruxelles exécute les Libellules de Paris 5-1.La finale est remportée haut la main par l’Osborne Swimming Club de Manchester 7-2 tandis que les Pupilles de Lille se contentent d’une médaille de bronze. Chez les Tritons lillois les équipiers seraient : Charles Devendeville, le premier champion olympique de la natation française, André Six, Jules Verbeke, Tisserand, Leclercq, Joseph Bertrand et Victor Cadet du Pas-de-Calais mais licencié dans le club lillois. L’engouement de ce début de siècle et le travail des clubs nordistes ne seront récompensés qu’après la première guerre mondiale grâce aux efforts réalisés par les Enfants de Neptune de Tourcoing sous la houlette de Gustave Dron, le maire et de Paul Beulque, éducateur hors-pair. L’action qi’ils mènent conjointement aboutirons à une domination sans partage du club sur le water-polo français pendant …quarante ans. En 1920, l’équipe de France est présente aux Jeux d’Anvers met prend une modeste 9ème place. Deux Nordistes sont présents Henri Padou Sr des Enfants de Neptune de Tourcoing et Paul Vasseur, né à Lille mais membre des Libellules de Paris. A Paris, en 1924, lors des Jeux olympiques, l’équipe de France composée de cinq tourquennois et dirigée par Paul Beulque s’adjuge le titre olympique en battant les Belges en finale 3-0. Quatre ans plus tard, en 1928, à Amsterdam, les Français sont toujours présents mais ils ne ramèneront cette fois-ci que le bronze malgré tous les efforts de Paul Beulque pour les avoir bien préparés. En demi-finale, ils seront battus par la Hongrie 5-3. L’équipe de France ne se déplace pas à Los Angeles en 1932 mais elle est bien présente en 1936, aux Jeux de Berlin où toujours sous la direction de Paul Beulque, elle prend la quatrième place battue en phase finale bat la Hongrie 5-0 par l’Allemagne 8-0 et par la Belgique 3-1. Après la deuxième guerre mondiale, elle retrouve le tournoi olympique en 1948, à Londres où les Tourquennois, au nombre de cinq, sont toujours bien présents mais les résultats ne suivent pas. Leurs noms : Roger Dewasch, Emile Bermyn, Marcel Spilliaert, Jacques Viaene et Maurice Lefévre. En 1988, à Séoul, un autre joueur des Enfants de Neptune de Tourcoing connaitra la sélection alors que le water-polo est au creux de la vague, il s’agit de Marc Brisfer qui aurait pu faire aussi les Jeux de Barcelone, en 1992, s’il n’avait pas était empêché professionnellement.

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Le Water-Polo : Un Sport Olympique Historique

Il existe une véritable histoire d’amour entre le water-polo, pourtant pas le plus médiatique ni le plus populaire des sports collectifs, et les Jeux Olympiques. En effet, avant le football, avant le handball, avant le basket ou le volley, c’est le water-polo qui a été le premier sport collectif à faire partie du programme officiel des Jeux Olympiques, lors des Jeux de Paris en 1900, en même temps que le rugby à XV. Les Jeux de 1924 à Paris marqueront le seul titre de l’équipe de France dans l’histoire de la compétition, l’équipe ayant battu la Belgique 3 à 0 en finale, à domicile qui plus est.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 : L'Espoir d'un Renouveau

En tant que pays organisateur, la France est d'office qualifiée pour ses Jeux. Les épreuves auront lieu du 27 juillet au 11 août, dans le Centre aquatique olympique et à la Paris La Défense Arena pour les phases finales.

Florian Bruzzo, entraîneur des Bleus depuis septembre 2021, se réjouit : « Nous aurons à cœur de bien faire, devant notre public. J'ai modifié beaucoup de choses par rapport à mon prédécesseur [le Monténégrin Nenad Vukanic] et un cap a été franchi sur la préparation physique, la préparation mentale et l'organisation. »

Considérée comme une équipe « à potentiel de médaille » par l'Agence nationale du sport, le water-polo bénéficie de nouvelles subventions en vue des Jeux 2024. « Nous avons aussi monté un fonds d'investissement qui nous a permis de réaliser des progrès significatifs. Le water-polo doit continuer de se professionnaliser », rappelle le sélectionneur. Pour la première fois de son histoire, l'équipe masculine s'est hissée dans le dernier carré des championnats du monde, disputés à Doha (Qatar) du 4 au 17 février.

Éliminée aux tirs au but, en demi-finales, face à la Croatie, l'équipe de France se prend désormais à rêver de médaille aux prochains Jeux. « Ce serait mentir que de ne pas viser l'or à Paris », précise Thomas Vernoux. Les Bleus, portés par une escouade de joueurs licenciés au Cercle des nageurs de Marseille, avaient réalisé un exploit retentissant en quarts de finale en battant la Hongrie, championne du monde en titre (11-10).

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« Bien sûr, nous sommes dépités d'être repartis les mains vides de ces Mondiaux. Mais nous avons montré au monde entier que la France existait sur la carte des sports collectifs », résume Ugo Crousillat. « Nous avons beaucoup de progrès à faire pour gérer la pression », confie Thomas Vernoux, révélation du Mondial. Le Marseillais de 21 ans (1,96 m, 106 kg), meilleur buteur de la compétition, incarne le futur du water-polo français.

En juillet prochain, la France retrouvera, au sein du groupe B, la Serbie, championne olympique en titre, mais aussi l'Espagne. « Les gens ne se rendent pas bien compte du niveau et de la densité en water-polo. Il n'y a que les meilleures équipes du monde, le continent africain n'étant pas qualifié », met en garde Florian Bruzzo.

À domicile, les Bleus feront partie des favoris, avec un objectif de médaille clairement affiché. Et, surtout, l'envie de rendre ses lettres de noblesse au water-polo, première discipline collective tricolore à s'offrir un sacre olympique. « Avec un bon résultat, nous avons espoir de donner plus de visibilité à notre sport, en incitant les jeunes à s'inscrire. Nous devons être les précurseurs d'un âge radieux », expose Ugo Crousillat.

Les Championnats du Monde à Doha : Un Avant-Goût des JO 2024

Après un Championnat d’Europe mitigé pour les bleus et une 9ème place, l’équipe est revenu dans le game et a secoué les médias lors des Championnats du monde à Doha. Leur performance lors des quarts de finale face à la Hongrie, champions du monde en titre de water-polo a à jamais marqué les esprits. Une victoire de 11-10 pour les bleus à la dernière seconde avec un but exceptionnel de Thomas VERNOUX qui les classe pour la demi-finale des championnats du monde à Doha. Un exploit qui classe pour la première fois de toute l’histoire de l’équipe de France dans le dernier carré.

En demi-finale, c’est à la suite d’un match très serré face à la Croatie que la France s’est inclinée lors de la session de tirs au but. Enfin, l’équipe a tenté de remporter la médaille de bronze mais n’a pas réussi à battre l’Espagne, avec un match de plus que ses adversaires dans les jambes.

L’Equipe de France de water-polo se classe donc dans le TOP 4 aux championnats du monde. Au-delà d’accompagner les joueurs dans l’ensemble des compétitions qui les animent cette année, TOPSEC souhaite transmettre les valeurs du sport de haut niveau auprès de ses collaborateurs, partenaires, établissements sportifs, aquatiques et collectivités mais aussi auprès des clients directement. Leur ambition sans relâche, leur abnégation et leur véritable travail d’équipe portent leurs fruits et l’équipe ne cesse d’inspirer.

Le Water-Polo Moderne : Un Sport Exigeant

À 7 contre 7 dans une piscine de 30x20m pour les hommes et 25x20 mètres pour les femmes, les poloïstes s’affrontent durant 4 périodes de 8 minutes. Les joueurs de champs n’ont le droit de toucher la balle qu’avec une main, et doivent tenter de marquer pendant des phases de possession de 30 secondes maximum, au water-polo, tous les coups sont permis sur le porteur du ballon. Cet été, 12 nations masculines sont engagées, et 10 féminines. Les tournois olympiques se disputent d’abord par une phase de deux poules composées de 6 équipes chez les hommes, et 5 chez les femmes.

Les postes :

  • L’ailier : au nombre de deux, ils occupent les côtés du terrain et sont missionnés de tâches offensives comme défensives.
  • L’arrière : Placés au milieu, ils ont tout comme les ailiers des responsabilités défensives, mais peuvent se retrouver dans des positions de «shoot» très ouvertes.
  • Le gardien de but : le gardien est comme son nom l’indique celui qui garde le but, mais au water-polo, il arrive qu’il se joigne aux phases offensives.
  • La pointe : Au bout du dispositif se trouve la pointe, chargée de marquer et qui se bagarre sans trop de visibilité pour essayer de trouver la faille.

Du 27 juillet au 11 août vont se disputer les épreuves masculines et féminines de water-polo, les femmes ouvriront le bal. Les deux tournois distincts s’alternent en décalé d’un jour pour permettre un jour de récupération aux équipes. Les premiers tours démarreront donc les 27 et 28 juillet, jusqu’au 4 et 5 août au Centre Aquatique Olympique situé à côté du Stade de France. Puis du 6 au 11 août, se disputera la phase finale toujours à Saint-Denis.

Saint-Nazaire : Une Histoire Locale du Water-Polo

Le 6 juin 1924 se tient dans le port la première compétition de water-polo de Saint-Nazaire. Elle est organisée à l’initiative de la toute jeune société de natation « les Goélands nazairiens ». Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les matchs se déroulent dans les bassins de Saint-Nazaire et de Penhoët, ainsi que dans le sas de l’entrée sud. Comme l’indique cette affiche, ils retrouvent le port à la fin de la guerre. En 1957, le championnat de France a lieu près du pont des Douanes, dans le pertuis de communication entre les deux bassins. Cela n’est pas sans contrainte : les matchs sont souvent interrompus par des mouvements de navire ! Pour les Goélands nazairiens, l’inauguration en 1968 de la première piscine de la ville, dans le complexe sportif Léo Lagrange est un événement marquant.

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