Informations sur le vol à voile en Belgique et à l'étranger

Le vol à voile, activité de loisir et de compétition, offre la possibilité de vivre des sensations uniques en exploitant les courants aériens ascendants à bord d'un planeur. Cet article explore les aspects réglementaires et pratiques du vol à voile en Belgique, ainsi que les informations essentielles pour les vols à l'étranger, notamment en France, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Suisse et au Royaume-Uni.

Le vol à voile en Belgique

Législation et réglementation

Le sport aérien a été légalisé en Belgique par un arrêté royal (AR du 10/06/2014). Pour les ULM (Ultra Léger Motorisé) immatriculés dans un pays autre que la Belgique, une autorisation de survol du territoire belge est obligatoire, que ce soit pour une simple étape ou un transit. Cette autorisation doit être demandée à la DGTA (Direction Générale Transport Aérien). Les ULM agréés peuvent obtenir une « autorisation permanente », tandis que les ULM non agréés peuvent obtenir une « autorisation temporaire ». Il est crucial pour les pilotes de se conformer scrupuleusement aux formalités décrites dans la note d'information de la DGTA et de communiquer tous les documents requis. Il est important de noter que les paramoteurs ne sont pas considérés comme des ULM.

Centre National de Vol à Voile

Au cœur de la Grande Forêt de Saint-Hubert, le Centre National de Vol à Voile offre aux amateurs de sensations nouvelles la possibilité de s’initier au vol en planeur. Après l’inscription et le check-in (carte d’identité obligatoire), un instructeur passionné vous guide à travers les consignes de sécurité et vous équipe d’un parachute. L'équipe effectue une analyse météorologique chaque matin pour garantir la sécurité des vols.

Déroulement d'un vol

Le décollage se fait généralement par remorquage avec un avion. Une fois à la bonne hauteur, le pilote du planeur déclenche le crochet de largage et l’avion remorqueur redescend. Le planeur, avançant en moyenne à 120 km/h, exploite les courants ascendants pour maintenir son vol. Les planeurs sont souvent équipés d’une double commande, permettant au passager de s’essayer au pilotage. L’atterrissage se déroule en douceur, et des formations sont proposées pour ceux qui souhaitent se professionnaliser, comprenant un stage théorique de deux semaines suivi de 15 heures de vols pour obtenir une licence de pilote de planeur.

Aspects techniques du vol à voile

Le vol à voile consiste à exploiter les courants aériens ascendants, ou "ascendances", pour parcourir de grandes distances. Il existe plusieurs types d'ascendances :

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  • Thermiques : Colonnes d'air chaud résultant de l'échauffement du sol par le soleil.
  • Dynamiques (vol de pente) : Masses d'air ascendantes dues à l'action du vent sur le relief.
  • Ondes : Ressauts d'air sous le vent du relief, permettant de monter à de très hautes altitudes.

Techniques de lancement

Plusieurs méthodes de lancement sont utilisées :

  • Remorquage par avion : Méthode la plus courante.
  • Treuil : Le planeur accélère rapidement et décolle selon une forte pente.
  • Catapulte : Technique ancienne et dangereuse, presque plus utilisée.
  • Décollage tracté par voiture : Rare, utilisé au bord d'une falaise.
  • Moteur embarqué : Certains planeurs modernes peuvent décoller de manière autonome.

Types de vols

  • Vol local : Le planeur ne s'éloigne pas trop de l'aérodrome.
  • Vol de distance : Le pilote s'éloigne du terrain pour réaliser des vols plus longs, en exploitant les conditions météorologiques favorables.

Compétitions

Les compétitions de vol à voile peuvent être de deux types :

  • Compétitions sur circuits : Le but est de compléter un parcours autour de points de virage le plus rapidement possible.
  • Compétitions de voltige : Les pilotes effectuent des figures acrobatiques, et sont notés sur la qualité de leur exécution.

Formation

La formation pratique comprend des vols en planeur biplace avec un instructeur. Des perfectionnements permettent d'obtenir des insignes de performance, comme l'insigne d'argent, qui requiert un vol de 50 km minimum sans aide à la navigation.

Atterrissage en campagne ("Vache")

Si les conditions aérologiques se détériorent ou si le pilote a mal calculé son plan de vol, il peut être contraint d'atterrir dans un champ, une situation appelée "vache". Dans ce cas, le pilote contacte son club pour organiser la récupération du planeur.

Vol à voile à l'étranger

Règles générales

Il est impératif de demander et d’obtenir l’autorisation de voler auprès de l’aviation civile des pays concernés. Il est également conseillé de conserver sur soi une attestation d’assurance, de préférence en anglais, fournie par votre assureur. Pour obtenir des informations détaillées, il est recommandé de consulter les informations aéronautiques officielles publiées par chaque pays.

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France

  1. Réglementation : Pour les ULM européens, il suffit de déposer un plan de vol avant de franchir la frontière. Le contact radio est obligatoire lors du passage de la frontière. De plus en plus de zones réglementées occupent l’espace aérien français, nécessitant des cartes à jour ou une base de données GPS complète. La radio est exigée sur la plupart des aérodromes autorisés aux ULM. Il est obligatoire de voler avec une carte à jour de la zone survolée.
  2. Aérodromes : La France compte environ 600 plateformes ULM et aérodromes privés, ainsi que 424 aérodromes à codes OACI, dont certains ne sont pas autorisés aux ULM. Il est important de vérifier ces informations lors de la planification de votre vol.
  3. Licences : Si le pilote possède une licence OACI délivrée par un État membre de la Communauté Européenne, un État de l’Espace Économique Européen ou la Confédération Suisse, il doit passer un test théorique et un test en vol avec un instructeur français pour obtenir une licence française par équivalence. Sinon, il doit suivre la formation complète et passer l’examen théorique français.
  4. Sources d'information : Le SIA (Service de l’information Aéronautique) est le fournisseur officiel d’informations aéronautiques.

Espagne

  1. Réglementation : Les ULM immatriculés dans un pays autre que l’Espagne doivent remplir une déclaration de vol. La France et l’Espagne exigent le dépôt d’un plan de vol pour passer la frontière, à déposer et clôturer par téléphone auprès des ARO de Barcelone (+34 93 298 37 98) ou Madrid (+34 913 936 560) si le décollage et l’atterrissage se font depuis des plateformes ULM. Il est possible de voler librement en Espagne si l'altitude ne dépasse pas 10 000 pieds/sol et en évitant les aéroports et zones contrôlées.
  2. Vols hors espace Schengen : Pour les vols hors espace Schengen (par exemple, vers le Maroc), il est nécessaire de contacter le ministère de l’Intérieur à l’avance pour obtenir une autorisation exceptionnelle.
  3. Aérodromes : L’Espagne compte de nombreuses plateformes ULM et terrains privés, ainsi que des aérodromes à codes OACI dont la plupart ne sont pas autorisés aux ULM.
  4. Équipement : Il est nécessaire d’avoir des cartes à jour, une base de données GPS complète et une radio.
  5. Altitude Maximum: Altitude maximum de vol : 3000 mètres (10 000 pieds) au-dessus du sol ou de l’eau.

Italie

  1. Réglementation : Un plan de vol est obligatoire. Le vol est conforme à l’OACI, mais limité en altitude à 1000 pieds, et le vol en espace aérien contrôlé est interdit, sauf pour les ULM « AVANZATO » (équipés de radio 8.33, transpondeur, parachute et balise de détresse). Lors des communications radio, les pilotes doivent annoncer le terme « ULTRALIGHT » après leur indicatif.

Portugal

  1. Réglementation : Un plan de vol et un contact radio sont obligatoires pour entrer au Portugal. Le vol est conforme à l’OACI, et les ULM sont autorisés en dessous du FL095.

Suisse

  1. Réglementation : Une autorisation préalable payante est requise pour voler en Suisse avec un ULM identifié en France, limitée à deux mois par an. Les pilotes avec un brevet ULM ne peuvent voler que dans les espaces E et G. Les pilotes titulaires d’une licence JAR ou OACI peuvent voler dans les mêmes conditions que les pilotes des appareils certifiés. Les vols dans les zones de contrôle (CTR) nécessitent une autorisation préalable (PPR) de l’organe local du contrôle de la circulation aérienne. Un plan de vol et le passage sur un terrain douanier sont obligatoires.
  2. Espace aérien : La Suisse est composée d’une FIR unique, divisée en deux zones de compétences territoriales, Zurich et Genève.

Royaume-Uni

  1. Réglementation : Une autorisation de voyage électronique (ETA) payante et obligatoire est nécessaire (coût de 19 € à compter du 9 avril 2025, validité de deux ans). Le départ doit se faire d’un aérodrome douanier en France (Calais, Le Touquet, etc.).
  2. Services aériens : Le service rendu par "London Information" est un "Basic Service", fournissant des informations sur le trafic, les activités connues sur les aérodromes, l'activation des zones D, R, et les éléments météo.
  3. Aérodromes : La majorité des aérodromes sans CTR sont entourés d'une ATZ (zone de classe G où le contact radio avec l'agent ATS est obligatoire). Il est conseillé de consulter le site web de chaque aérodrome.
  4. Espace aérien : L’espace aérien est classé D jusqu’au FL080, et A au-dessus.

Sources d'informations et cartes aéronautiques

Pour la France, le fournisseur officiel est le SIA (Service de l’information Aéronautique). Des cartes aéronautiques de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal, de la Suisse et du Royaume-Uni sont disponibles à La Boutique Aéro, située à Blagnac, France.

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