Le lac Léman, véritable joyau niché entre les Alpes françaises et suisses, est devenu un épicentre mondial pour la pratique des sports de glisse modernes. Avec ses paysages alpins d'exception, où les majestueuses montagnes alpines entourent le pays créant un décor à couper le souffle, il offre aux pratiquants une expérience unique. Imaginez-vous glisser sur les eaux cristallines du lac Léman, avec les sommets enneigés en toile de fond. Cette destination n'est pas seulement un lieu de villégiature ; c'est un terrain de jeu technique où la topographie montagneuse joue un rôle essentiel dans la génération des vents. Les reliefs escarpés et les vallées encaissées créent des canaux de vent qui accélèrent et canalisent l'air, permettant aux riders d'exploiter ces courants pour naviguer avec aisance.
Dynamiques éoliennes et spots de navigation
La navigation sur le lac Léman et ses environs est rythmée par des régimes de vents spécifiques. Le vent Nord-Est, connu sous le nom de « bise », transforme le lac en un terrain de jeu pour les passionnés de Wing Foil. Ces vents orientés Nord-Est créent de magnifiques bumps, parfaits pour surfer la houle en wingfoil. À l'inverse, le vent Sud-Ouest, bien que parfois plus capricieux, permet également de naviguer efficacement. La Suisse, réputée pour sa sensibilité environnementale, voit ses autorités locales et ses communautés s'engager activement dans la préservation des lacs et des rives, garantissant ainsi la pérennité de ces spots.
Parmi les lieux prisés, on trouve des plages offrant des ambiances familiales et tranquilles, situées à seulement une quinzaine de minutes de Genève, à la frontière franco-suisse. Le gros avantage de la wing par rapport aux autres sports comme le kite par exemple, est qu'il n'y a nul besoin d'avoir beaucoup de place pour partir en wing foil. Plus loin, dans le canton du Valais, une étendue d'eau située juste à côté du restoroute du Grand-Saint-Bernard offre des conditions singulières, avec une passerelle divisant la zone en deux parties distinctes.
Pour ceux qui cherchent une référence absolue, Silvaplana représente le « Tarifa de la Suisse ». C'est un lac perché dans les montagnes avec des conditions de vents exceptionnelles où le thermique apparaît presque toutes les après-midis à la belle saison. C'est le spot de toutes les World Cups en windsurf, kitefoil et wing foil. Sur le lac de Neuchâtel, à l'opposé de Genève, la commune d'Yvonand propose une plage de sable et une base nautique, « Les Vikings », idéalement située à 15 minutes à pied de la gare CFF. Les conditions varient au fil des saisons sur ces lacs majestueux, offrant des sessions allant du light wind au gros downwind.
Le foil : Définition et principes hydrodynamiques
Un foil est un appendice immergé et fixé sous la coque d'un bateau. Lorsqu'un bateau atteint une certaine vitesse, les foils, grâce à leur profil semblable à une aile d’avion, créent une portance suffisante pour soulever la coque hors de l'eau, réduisant ainsi la surface de contact avec l’eau et la traînée, tout en augmentant la vitesse. Cette portance est générée par la différence de pression entre le dessus et le dessous du foil.
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Le fonctionnement des foils repose sur les principes de l'hydrodynamique. Lorsque le bateau accélère, l'eau s'écoule sur le profil incurvé du foil. Les systèmes de stabilisation active utilisent des capteurs et des contrôleurs pour modifier en temps réel l'angle des foils, garantissant une portance et une stabilité optimales dans diverses conditions de navigation, notamment dans les eaux agitées. Contrairement aux navires traditionnels qui dépendent de leur coque pour pousser à travers les vagues, les bateaux à foils utilisent des ailes sous-marines pour soulever la coque au-dessus de la surface, minimisant ainsi l'impact des vagues.
Une épopée technologique : de l'ingénierie au vol
L'idée d'utiliser des surfaces portantes sous l'eau pour soulever un bateau est développée par l'Anglais Thomas W. Moyet en 1861, puis en 1869, relayée par l'ingénieur mécanicien français Emmanuel D. Farcot. Ce dernier dépose des brevets où il ajoute à un bateau des plans porteurs latéraux dont on peut régler l'inclinaison. En 1906, l'ingénieur italien Enrico Forlanini fait les premiers essais de l'Idroplano, un catamaran doté de foils atteignant 27 nœuds.
Le système des foils va faire son apparition sur les voiliers avec, en 1938, le Catafoil, réalisé par les Anglais Robert Rowe Gilruth et Bill Carl. En 1969, le marin inventeur anglais James Grogono modifie un Tornado pour lui ajouter des foils. Cependant, les multicoques à foils vont réellement apparaître sous les feux de la rampe avec le marin français Eric Tabarly et son trimaran Paul Ricard qui, en 1980, bat le record de la traversée de l'Atlantique. Poursuivant ces travaux, Alain Thébault met au point l'Hydroptère, qui sera, en 2009, le premier multicoque à dépasser 50 nœuds. Dès les années 2000, les foils font leur apparition sur les voiliers de course, et en 2013, l'America’s Cup passe elle aussi aux catamarans avec les fameux AC72 à foils.
Configurations et géométries des plans porteurs
Les foils se déclinent dans de nombreuses formes, chacune ayant des performances spécifiques. Les foils en C offrent un effet de portance qui soulève le multicoque sans permettre le vol total, offrant un excellent compromis pour la croisière. Les foils en L, reconnaissables à leur forme, génèrent une portance verticale importante et améliorent la stabilité par rapport à des foils droits. Les foils en T sont utilisés depuis très longtemps, notamment sur les safrans et les planches de surf à foil, offrant une grande stabilité en vol et évitant le tangage. Le foil en V, très utilisé sur les multicoques de course, est pratiquement autorégulateur, permettant au bateau de retrouver son assiette et son équilibre de manière presque automatique. Enfin, le foil transversal, lame reliant les deux coques, allège le bateau et diminue la surface mouillée, ce qui est particulièrement efficace pour les powercats.
Pratique du wingfoil et conseils de riders
Pour mieux comprendre cette destination et ses particularités, Ludo Teulade, rider SIC Maui, souligne l'essor de la communauté en Suisse romande. « Il y a une belle communauté de rider foil en Suisse romande et ça se développe de plus en plus ! Les lacs sont très pratiques pour naviguer et c'est magnifique. » Pour la simplicité de l'orientation du vent et la régularité des conditions, il recommande le lac de Neuchâtel, long de 45 kilomètres. Il ajoute : « Au niveau du matériel je conseille une planche type mid-length, qui assure une bonne glisse pour du vent light et une belle maniabilité. »
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L'immense avantage en Suisse est le réseau ferroviaire : « Les lignes de trains sont très bien faites et longent les lacs en traversant les villages. On peut donc choisir son départ et revenir en train ! » La pratique du downwind est également facilitée : « Une bise puissante et régulière permettra d'assurer un bon downwind et d'éviter les gros flop. »
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