Le Vendée Globe, surnommé "l’Everest des mers", est une course en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance. Les voiles, véritables moteurs des bateaux, doivent fournir la puissance nécessaire à toutes les allures et résister à l’usure d’un tour du monde par les trois caps.
La Jauge et le Choix Crucial des Voiles
La jauge est claire : les marins du Vendée Globe ne peuvent emporter avec eux plus de 8 voiles, tourmentin compris. Cette sélection fait l’objet d’une réflexion approfondie. Les skippers doivent donc faire des choix stratégiques quant aux voiles à emporter, en fonction des conditions météorologiques attendues et de leurs préférences de navigation.
Les Voiles Classiques
La Grand-Voile
D’une superficie d’environ 180 m², la grand-voile est entièrement lattée, et les coureurs emportent plusieurs lattes de rechange au cas où. Elle propose trois ou quatre bandes de ris selon le choix du skipper, permettant de réduire sa surface en cas de vent fort. Son prix de fabrication tourne autour de 50 000 euros pour un poids compris entre 74 et 100 kilos. Très sollicitée et primordiale pour la vitesse, la grand-voile est fabriquée dans une membrane très résistante. La grand-voile est la voile principale, située sur le mât central. C’est LA VOILE PRINCIPALE. Installée à l’arrière du mât sur la bôme, elle mesure environ 160 m2. On peut régler sa superficie en baissant la voile selon la force du vent . En terme marin on parle de prendre des ris (les IMOCA ont 3 ris.). Les grand-voiles sont maintenues par des lattes rigides qui permettent d’ améliorer le profil de la voile et sa prise au vent. Elle est utilisée dans toutes les conditions.
Le J1 et le J2
Le J1, une voile d’avant de moins utilisée et carrément absente des IMOCA les plus récents, mesure environ 150 m² et est amurée à l’étrave. Elle est utilisée au près dans les petits airs et peut rendre bien des services dans les zones de transition type Pot au noir ou de molle. Sur les foilers, c’est le J2 qui a pris sa place à l’avant aux allures proche du vent. Réalisé en membrane et structurelle, c’est à dire que l’étai sur lequel elle est engagée participe à la tenue du mât, elle fait environ 110 m2. Le J2 est le foc sur l’étai principal, utilisé dans les vents modérés à forts, souvent entre 12 et 25 nœuds.
Le J3 et le Tourmentin (J4)
Dès que le vent forcit, le skipper utilise le J3, un J2 plus petit (environ 55 m2) qu’il est possible d’affaler. Plus petite que la trinquette, cette voile de 65 m2 est prévue pour le gros temps. Le J4, aussi appelé tourmentin, il est obligatoire. C’est une voile de gros temps, utilisée dans les vents très forts. Elle mesure environ 50 m2 et peut s’affaler. C’est un tout petit foc obligatoire dans le règlement.
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Les Voiles de Portant et de Reaching
Le J0 et le Quad
Les JO, FR0, Quad et les asymétriques sont les voiles de portant et de reaching par excellence. Le J0 ou gennaker mesure 180 m² (il est en tête et amuré sur le bout dehors) et se borde sur l’outrigger. Précisons qu’il peut aussi être utilisé au près par petit temps. Plus creux et plus grand, le Quad est très bien adapté à la VMG descente. En tête, bordé dans l’outrigger et repris sur le bout dehors, sa superficie tourne autour de 235 m2. Certains préfèrent gommer une faiblesse de leur bateau tandis que d’autres veulent améliorer leurs points forts.
Le FR0 et le JTop
Toujours bordé sur l’outrigger, le Fr0 pour code zéro fractionné (il fait 155 m2) est au capelage et amuré, lui aussi, sur le bout dehors. Autre voile « évolutive », le JTop. De 120 m2 et au capelage, il remplace avantageusement le J2 au portant dans la brise car plus creux. Les skippers en attendent beaucoup dans les mers du Sud lorsque le vent dépassera les 30 nœuds.
Le Mast Head 0 (MH0) et le A7
La voile idéale pour le portant dans le Grand Sud ? Le Mast Head 0, le grand gennaker adapté au petit temps et au medium (moins de 12/13 nœuds), qui fait entre 280 et 290 m2, est capelé en tête et amuré sur le bout dehors. Son point d’écoute revient très arrière de l’IMOCA, au niveau des Jockey pool. Conçu en membrane, il est préféré au A2 (voir plus bas) par les foilers car son range d’utilisation au portant est plus grand. C’est le plus grand gennaker, utilisé principalement au portant, dans des conditions de vent faible à modéré. Quant au A7, sorte de Fr0 plus creux et plus volumineux (sa superficie atteint 190 m2), il est au capelage et amuré sur le bout dehors. Il s’avère très efficace en VMG descente par vent fort. C’est un petit Gennaker, utilisé dans les vents plus forts au portant.
Les Spis Asymétriques (A2)
Enfin, de moins en moins présents à bord, les spis asymétriques - les foilers atteignent des vitesses telles que l’angle de vent apparent est désormais toujours pointu même au portant - n’en demeurent pas moins d’excellentes voiles de descente. Le A2, en tête et amuré sur le bout dehors, est la plus grosse voile existante puisque sa superficie est comprise entre 360 et 410 m2. Elle est très utile pour forcer la descente au portant dans le petit temps ou le médium (15 nœuds max). Son point d’écoute revient, lui aussi, au niveau des Jockey pool. Le spi reste la plus grande voile du bord (400 m2 ). Il est utilisé entre 7 et 15 noeuds de vent.
Le Vocabulaire Spécifique du Vendée Globe
Pour bien comprendre les communications des skippers, il est essentiel de connaître quelques termes spécifiques :
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- Affaler: baisser rapidement une voile.
- Amure: cordage servant à fixer le point d'une voile du côté du vent.
- Avarie: dommages causés à un navire.
- Balise: appareil émettant des signaux pour transmettre la position du skipper.
- Alizés: vents réguliers soufflant dans la zone intertropicale.
- Foil: appendices fixés sous la coque qui permettent de soulever le bateau hors de l’eau.
- Bout: terme utilisé pour désigner un cordage.
- Ballast: réservoir rempli d’eau de mer pour garantir une meilleure stabilité du bateau.
- Démâtage: rupture du mât du bateau.
- Boute-dehors: partie du bateau située à l’extrémité avant pour porter les voiles de grandes tailles vers l’avant.
- Poupe: partie arrière d'un bateau.
- Proue: partie avant d'un bateau.
- Lofer: ramener le navire face au vent.
- Abattre: s’éloigner du vent en modifiant l’angle du bateau.
- Route orthodromique: le chemin le plus direct entre deux points sur la sphère terrestre.
- Empannage: effectuer un changement de direction du bateau avec le vent dans le dos.
- Virement de bord: passer d’un bord à l’autre avec le vent de face.
- Tribord: côté droit d'un navire lorsqu'on est embarqué.
- Bâbord: côté gauche d'un navire lorsqu'on est embarqué.
- Cap Horn: un cap situé à l’extrémité sud de l'île Horn, redouté pour ses tempêtes.
- Les Quarantièmes rugissants et les Cinquantièmes hurlants: zones de vent fort entre 40° et 50° de latitude sud et au sud de 50° de latitude.
- Anticyclone: zone de haute pression atmosphérique où le temps est ensoleillé et les vents généralement faibles.
- Dépression: zone où la pression atmosphérique est basse et les vents forts.
- ZEA: "zone d’exclusion de l’antarctique", où les skippers ont interdiction de naviguer afin d’éviter les icebergs.
- Pot-au-noir: une zone de convergence intertropicale qui s’accompagne de grains et d’un temps instable.
- Grain: un évènement météorologique au cours duquel le vent se renforce subitement.
- Pétole: une zone où le vent est totalement absent.
- Molle: zone ou le vent est faible et oblige les marins à adapter constamment leurs voiles pour maintenir un minimum de vitesse.
- Sas étanche: passage entre l’intérieur du bateau et le pont, pour protéger contre les vagues.
- Quart: période où le skipper est éveillé pour surveiller la navigation.
- Dessalinisateur: appareil convertissant l’eau salée en eau potable.
L'Importance des Technologies et des Matériaux
Les matériaux ont aussi beaucoup évolués : avant les voiles étaient en tissu, plusieurs panneaux cousus ensemble. Maintenant, elles sont en matériau composite et thermoformées sur des grands moules. Elles n’ont plus de couture ! Pour cette 10e édition, certains skippers partent en mer avec des voiles en fibre naturelle. Par exemple, la grand-voile de Damien Seguin est fabriquée avec 50 % de fibres de lin. Ces dernières années, les voiles sont aussi devenues plus légères passant de 120 à 80 kg pour la grand voile. Eh oui, toutes ces voiles pèsent lourd à bord et il faut les matosser (les bouger d’un bord à l’autre pour équilibrer le bateau selon la gîte) pour maximiser le poids du bateau et ainsi aller plus vite. Grâce à des technologies innovantes comme TRILam et un savoir-faire sur mesure, All Purpose équipe les IMOCA avec des voiles parfaitement adaptées aux conditions extrêmes du Vendée Globe. Chaque voile que nous concevons est le fruit d’un long travail de recherche et d’adaptation, et nous sommes fiers de voir les skippers que nous équipons performer au plus haut niveau. Selon la jauge IMOCA, chaque bateau est limité à huit voiles, dont deux obligatoires : la Grand-voile et le J4. Ensuite, chaque skipper choisit ses autres voiles en fonction de la stratégie de navigation et des conditions qu’il s’attend à rencontrer.
L'Équipement Essentiel du Voilier IMOCA
Chaque voilier IMOCA du Vendée Globe possède un mât, une coque, des safrans, etc. mais quelles sont leur fontion ?
Le Cockpit
Le cockpit est un espace, en creux, extérieur à la cellule de vie. C’est là que le skipper surveille et fait les manœuvres. Aujourd’hui, les cockpits des IMOCAs sont très souvent protégés grâce à une casquette en dur (en carbone) ou plus souple (sorte de bâche).
- Le premier est un gain de confort. Les skippers à l’abri de l’humidité, n’ont plus besoin de s’équiper de ciré et de bottes.
- Le deuxième est au niveau de la sécurité à bord : quand ils sont dans les mers du sud, les vagues qui déferlent sur le pont sont comme des murs d’eau. Protégés par la casquette, ils sont à l’abri des assauts des vagues. L’inconvénient est la chaleur qu’il peut y faire lorsqu’ils sont au niveau de l’équateur.
Lors de cette édition, un skipper s’est démarqué des autres avec la création d’un cockpit en carton. Sébastien Destremau sur son bateau Merci a une démarche éco-responsable très forte. Il cherche à réduire la consommation en carbone (polluante) et montrer que le monde de la voile bouge pour trouver des solutions bio-sourcées. Il savait que cette solution ne tiendrait pas longtemps (son cockpit s’est désagrégé au large du Cap Vert).
Les Outriggers
Les outriggers (anglicisme) sont des tubes en carbone placés de chaque côté du mât. Les outriggers sont reliés au mât par des câbles : les haubans. Les IMOCAs équipés de ces outriggers ont choisi d’avoir un mât aile. Ce type de bateau a besoin de ces tubes en carbone, implantés à bâbord (gauche) et à tribord (droite) du mât pour le renforcer. En effet, les voiles gonflées par le vent poussent très fort sur le mât et seul, il ne pourrait supporter toute cette tension ! Sur les autres bateaux munis d’un mât traditionnel, il n’y a pas d’outriggers. Pendant cette 10e édition du Vendée Globe, Damien Seguin a dû effectuer des réparations sur une des pièces qui tient l’outrigger. Cette étape a été plus périlleuse que prévu. Les outriggers sont plus récents que les barres de flèche, ils sont plus appréciés car ils sont plus bas et permettent alors de libérer plus de place pour mettre les voiles et de moins faire pencher le bateau.
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Le Moteur et l'Hydrogénérateur
Sur un Vendée Globe, tous les IMOCAS sont équipés d’un moteur. Ce dernier n’est pas là pour faire avancer le bateau, mais pour fournir de l’électricité. Il sert essentiellement à charger les batteries qui alimentent tous les appareils nécessaires à la navigation. L’hydrogénérateur permet de produire de l’énergie comme l’électricité. Ils sont généralement deux et sont situés à l’arrière du bateau entre les deux safrans. Pour produire cette énergie, l’hydrogénérateur est plongé dans l’eau. Une fois immergée, l’hélice (en bas de l’hydrogénérateur) se met à tourner grâce à la vitesse du bateau. Plus efficace que l’éolien et le photovoltaïque, l’hydrogénérateur permet une bonne autonomie d’énergie au bateau. L’organisation du Vendée Globe a annoncé qu’en 2028, pour la 11e édition, les skippers n’auront pas le droit d’utiliser un moteur fonctionnant avec une énergie fossile pour produire de l’électricité à bord. Les marins devront privilégier les énergies renouvelables.
Le Pilote Automatique
Pendant le Vendée Globe, le skipper barre très peu manuellement son bateau. Tous les IMOCA sont équipés de pilotes automatiques, fidèles équipiers des marins en solitaire. Équipement indispensable pour la course au large en solitaire, le pilote automatique agit sur la barre pour maintenir le cap du bateau. Les voiliers de course sont équipés de nombreux capteurs électroniques (semblables à ceux de nos smartphones) reliés à l'ordinateur, au pilote automatique. Ces informations, combinées à celles sur le vent (réel, apparent), sont analysées par le logiciel du pilote automatique, qui se charge d’ajuster la trajectoire du bateau pour aller chercher toujours plus de performance. Néanmoins, cette technologie a ses limites et reste très fragile. Le moindre choc peut entraîner le dysfonctionnement du pilote automatique. Lors de la première édition en 1989, Titouan Lamazou en avait embarqué pas moins de 12 ! Et lors du Vendée Globe 2020, Louis Burton et Damien Seguin ont tous les deux subi une avarie sur leur pilote automatique, ils ont mis presque 24 h à trouver une solution.
Foils et Dérives
Chaque voilier du Vendée Globe est équipé soit de foils, soit de dérives. Foil ou dérive, il faut donc choisir ! Pour cette 10e édition, 15 bateaux sont équipés de dérives, on les appelle les « dériveurs ». Une dérive est une pièce immergée sous le voilier qui aide à limiter les mouvements latéraux et à maintenir la stabilité directionnelle. Elles sont comme des ailes sous-marines qui permettent d’éviter les dérapages latéraux dûs aux effets du vent. Sur les bateaux du Vendée Globe, il y a deux dérives : une dérive à tribord (droite) et une dérive à bâbord (gauche) au niveau de la quille. Elles sont rétractables c'est à dire qu'elles sont remontées ou immergées en fonction de la gite (l'inclinaison du bateau), afin que le skipper garde le cap souhaité. À quai, les dérives sont relevées et donc visibles sur le pont. Les foils sont comme de grandes moustaches ou bien des ailes qui sortent de chaque côté de la coque. Leur rôle est d’empêcher le bateau de dériver mais pas seulement ! Quand le bateau atteint une certaine vitesse, le foil dévie l’eau vers le bas. Cette « aile » pousse vers le haut et fait monter le bateau au-dessus de l’eau. Cela permet à la fois de corriger l’inclinaison du bateau mais aussi de réduire le contact de l’eau avec la coque. Ça donne l’impression que le bateau vole au-dessus des vagues ! En résumé, tu peux comparer le foil à ta main, si tu la plonges sous l’eau en la bougeant vite, tu sentirais qu’elle est poussée vers le haut. Les foils possèdent quand même un point faible : ils sont fragiles. Durant la 9e édition en 2020, suite à un problème structurel sur son foil bâbord (gauche), Thomas Ruyant a été contraint de le scier pour pouvoir reprendre la course. Sébastien Simon a lui aussi subi une avarie de foil après avoir heurté un OFNI, il a été contraint d’abandonner. Récemment, pendant la 10e édition, Clarisse Crémer a eu un problème de vérin qui l’empêchait de bouger son foil correctement.
Les Safrans
Les bateaux du Vendée Globe possèdent tous 2 safrans. Les safrans sont situés de chaque côté de la coque à l’arrière du bateau et ont une forme plate qui est souvent immergée dans l’eau. Le safran est important pour diriger le bateau, surtout quand il y a du vent, des vagues ou des obstacles. En effet, les deux safrans sont reliés au gouvernail. Quand on tourne ce gouvernail, le safran pivote dans l'eau. Cela change la direction dans laquelle le bateau avance. Quand le safran est droit, le bateau continue tout droit. Si on incline le safran d'un côté, l'eau qui passe autour du safran pousse le bateau dans la direction opposée. Si le safran est tourné à droite, le bateau tourne vers la gauche. Si le safran est tourné à gauche, le bateau tourne vers la droite. Les conditions extrêmes du Vendée Globe, notamment les tempêtes et les risques de collision, mettent à rude épreuve les safrans qui sont souvent endommagés. Lors du Vendée Globe 2008-2009, Jean Le Cam a subi un chavirage spectaculaire au large du cap Horn. Son bateau, VM Matériaux, s'est retourné, mât sous l'eau, quille et safrans orange fluo en l'air. La couleur des safrans a été très utile pour repérer le marin en détresse qui était resté bloqué sous la coque du bateau renversé.
La Quille
La classe IMOCA impose des caractéristiques techniques aux voiliers de course au large. Récemment modifiée, elle impose notamment une quille standardisée : elle ne doit pas dépasser les 4,50 mètres sous la surface de l'eau. La quille se situe en-dessous de la coque et permet de garder le bateau en équilibre sur l’eau. Pour cela elle est lestée d’un bulbe de plomb de trois tonnes. Grâce à son poids le bateau reste enfoncé dans l’eau et empêche ainsi le voilier de chavirer. La quille d’un bateau représente un poids important. Pour que le bateau puisse continuer de « voler » sur l’eau, la quille est pendulaire, c’est-à-dire qu’elle s’oriente de bâbord (gauche) à tribord (droite). Cela permet aux marins de garder la voile la plus grande et donc de garder de la vitesse. Depuis l’édition 2012-2013, durant laquelle il y a eu beaucoup d’incidents mettant en cause la quille, elle est soumise à une certaine réglementation. Elle doit notamment être fabriquée en acier inoxydable (qui ne rouille pas) et elle doit être peinte dans une couleur repérable.
Le Mât
La jauge IMOCA impose des caractéristiques techniques aux voiliers participant à la course du Vendée Globe. Le mât des bateaux du Vendée Globe mesure 29 mètres de haut maximum, cela représente 5 girafes les unes au-dessus des autres ou un immeuble de 9 étages ! Ce grand mât permet de soutenir les voiles qui serviront à faire avancer le bateau. Le mât fait partie des éléments les plus lourds du bateau. Pour le soutenir et lui permettre d’être facilement manœuvrable, certains bateaux sont équipés d’outriggers, deux énormes tubes que l’on trouve à la base du mât ou bien de barres de flèche qui écartent les haubans, cables situés de part et d’autre sur le voilier. En haut du mât, se trouve l’anémomètre. C’est un instrument de surveillance météorologique utilisé pour mesurer la vitesse du vent et donner la direction du vent. L’anémomètre est directement relié au pilote automatique. Le sommet du mât peut aussi accueillir un radar qui permet de repérer d’éventuels OFNI (objet flottant non identifié) de jour comme de nuit.
La Coque
La coque est la partie qui permet au bateau de flotter. Sur le Vendée Globe, les bateaux n’en ont qu’une : ce sont des monocoques. Pour garantir l’équité entre tous les skippers, la taille de cette unique coque est réglementée. Pour la longueur elle ne doit pas dépasser 60 pieds soit 18,28 mètres et pour la largeur elle ne doit pas faire plus de 5.85 mètres. À l’extérieur, nous allons parler de la carène, la forme de la coque et de l’étrave, le « nez » du bateau : ces deux éléments ont beaucoup évolué ces dernières années. Le Vendée Globe, c’est avant tout une course, alors pour aller vite, il faut être léger. Les architectes des bateaux utilisent des matières légères mais solides, comme le carbone, pour fabriquer les coques. Mais il faut aussi limiter la trainée, c’est à dire le frottement de la coque sur l’eau. Quand la coque touche l’eau, ça tape fort ! Avant les étraves étaient très fines pour "percer" les vagues. Même si tous les bateaux au départ du Vendée Globe sont des prototypes, ils n'en sont pas moins régis par une jauge. C'est-à-dire qu'ils possèdent des caractéristiques communes, définies par la classe IMOCA (International Monohull Open Class Association), fondée en 1991 et reconnue par la Fédération Internationale de Voile (World Sailing). Une refonte de la jauge menée en 2021 a imposé pour les nouveaux bateaux certains équipements : quille standardisée, choix entre deux mâts, classique ou mât-aile, nombre d'appendices et ballasts limités.
La Classe IMOCA et la Jauge
Un IMOCA 60 pieds est un voilier de classe 60. C’est un monocoque parmi les plus rapides. Il est construit en matériaux composites pour être à la fois léger et résistant aux pires conditions du grand large. La classe IMOCA est une jauge qui définit les règles qui régissent la course et qui garantissent l’équité sportive. Cette classe a été fondée en 1991 par la Fédération Internationale de Voile. La jauge IMOCA impose des caractéristiques techniques aux voiliers participant à la course et particulièrement au Vendée Globe. Avant le départ, les voiliers sont soumis à différents tests. Le voilier doit être capable de se remettre à l’endroit sans assistance extérieure, le cloisonnement intérieur doit être garanti en cas de retournement, la flottabilité doit être importante en cas de chavirage ou de voie d’eau. Pour adapter la conduite du voilier aux conditions de vent et de mer rencontrées, chaque skipper emmène jusqu’à neuf voiles.
Le Choix Stratégique des Voiles et l'Adaptation aux Conditions Météorologiques
Les IMOCAs font partie des bateaux de course les plus toilés (beaucoup de surface de voiles). Pour un voilier, on dit que les voiles sont le moteur et le vent, l’essence ! Ils ont donc un super moteur… mais à plusieurs vitesses. Le règlement du Vendée Globe impose aux skippers d’embarquer seulement 8 voiles. Le skipper met en place les voiles en fonction de la météo, des allures et des conditions de vent. Le choix des voiles est stratégique et participe à la bonne performance. Comme ils sont tous seuls à manœuvrer, ils utilisent des voiles très polyvalentes, de très grands gennakers. Une fois qu’elles sont en place, elles sont capables de faire face à différentes forces de vent, un peu comme un véhicule tout terrain (4X4).
Les Focs (Voiles d'Avant)
En courses les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3). Initiatives-Cœur sous Solent. Le J1 est le plus grand foc (140 m2) Cette voile va jusqu’au mat mais ne le dépasse pas C’est la voile que l’on met quand le vent vient de devant (allure de près pour les experts). Le J2 fait 100m2. C’est la voile qui reste toujours en place, elle est enroulée sur l’étai qui tient le mât. Le Code 0 est une voile de petit temps qui va au bout du bout dehors et en tête de mât. Cette voile de 200 m2 est utilisée quand il y a de la brise (25 à 35 nœuds de vent). Le Grand Gennaker mesure un peu moins de 300m2, c’est la plus grande des voiles pouvant être enroulée.