Après avoir envisagé des programmes de navigation variés, du monocoque dériveur classique au catamaran de sport, nombreux sont les passionnés qui se tournent vers le trimaran pour une expérience de navigation alliant la vivacité d'un voilier léger et le confort d'un espace habitable. Pour des navigations principalement à la journée, agrémentées de pique-niques sur la plage, mais avec la possibilité d'escapades de 48 heures incluant une nuit de bivouac léger, surtout dans des mers chaudes comme l'océan ou un lagon, le trimaran de balade se révèle être une option particulièrement pertinente. Il répond à un désir de "retour vers la voile légère" tout en offrant une polyvalence souvent recherchée.
Les Fondements du Trimaran de Plaisance : Stabilité et Performance
L'acquisition d'un bateau est un projet qui mérite une mûre réflexion en tenant compte de certains critères essentiels. Si vous envisagez d’acheter un trimaran, vous devez choisir en évaluant la stabilité, la légèreté et la rapidité des modèles qui vous plaisent. Le trimaran est un multicoque qui assure une meilleure stabilité et un confort de navigation en mer. Comme son nom l’indique, le trimaran est un voilier constitué de trois coques bien distinctes, avec une coque centrale plus grande et deux flotteurs connectés à la coque centrale par des bras de liaison. Ces éléments lui garantissent une stabilité exceptionnelle, rendant la navigation agréable même pour les passagers et les équipiers qui peuvent souffrir du mal de mer en monocoque. Ils se sentiront en effet mieux sur un trimaran de croisière.
L'histoire du trimaran moderne est riche et commence véritablement en 1945, lorsqu'un immigrant ukrainien a construit les premiers trimarans en contreplaqué aux États-Unis. Ce modèle de bateau a commencé à séduire dans les années 1960 et 1970, marquant le début d'une ère nouvelle pour la plaisance. Grâce à de nombreuses améliorations au fil des années, le trimaran de croisière est aujourd'hui reconnu pour sa grande vitesse, sa stabilité, son confort de navigation et la sécurité qu’il confère. Il est, de fait, beaucoup plus rapide que les bateaux monocoques de même taille, permettant de naviguer vite et à plat, offrant des sensations uniques. Le trimaran à voile moderne est ainsi un bateau cohérent et mature, décliné en une large gamme de modèles pour répondre aux exigences variées des marins.
Conception et Innovations : L'Exemple du "Black Marlin"
L'ingéniosité des constructeurs de trimarans se manifeste à travers des réalisations telles que le "Black Marlin", une œuvre de Jan Andersen. Ce dernier, un modeste Danois de Funen, ne voulait pas renoncer à un pont en teck, même une fine couche, dans le cockpit, comme une référence à un bateau de croisière classique. Mais en dessous, le carbone prédomine, comme partout sur le "Black Marlin", incarnant le yacht multicoque le plus léger et le plus rapide qui peut encore être remorqué et qui est entièrement adapté à la navigation. Jan Andersen a déclaré : "J'ai simplement construit le voilier que je voulais avoir", une philosophie partagée par de nombreux créateurs. Son chantier naval, bien que souvent décrit comme à peine plus qu'une tente, a été le théâtre de la création d'un champion.
Malgré le gain de poids, ce trimaran permet de partir en croisière estivale avec femme et enfants, sac et bagages, comme en témoigne Jan Andersen qui a navigué en Angleterre, en Norvège ou en Croatie. Le "Black Marlin", qui pèse habituellement moins d'une tonne et demie, peut embarquer quelques centaines de kilos de plus pour la croisière, sans compromettre sa performance. En 2022, Jan Andersen et sa famille étaient en route pour l'Écosse, un voyage de 433 milles nautiques qu'ils ont prévu de parcourir en deux jours et onze heures, à une vitesse moyenne de plus de sept nœuds, avec 16,4 nœuds en pointe.
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La performance du "Black Marlin" est remarquable. Jan Andersen est devenu en un an et demi un champion de la série Silverrudder. En 2021, il a battu son propre record de vitesse lors de la régate, parcourant les 134 milles nautiques autour de son île en moins de 15 heures. En 2022, il est arrivé deuxième après un duel passionnant dans la tempête, le courant et le calme plat, souvent vu par ses concurrents juste après le départ avant de disparaître à l'horizon.
Le "Black Marlin" est loin d'être une "sombre caverne de carbone d'un racer high-tech". Le salon lumineux, peint en blanc, offre des banquettes généreuses autour de la table en fibre de carbone, avec une hauteur sous barrots de près de deux mètres. Dans le coin GPS, mais aussi dans la cuisine spacieuse, l'élégant bois de cèdre crée une atmosphère extrêmement chaleureuse et confortable. Bien que les Andersen aient renoncé à une douche à bord - ils sont plutôt campeurs - il y aurait eu de la place pour cela dans la coque principale de 9,60 mètres de long. La porte de la couchette avant habituelle a été supprimée, un rideau suffisant. En revanche, des chambres d'enfants sont aménagées dans les deux coques extérieures, et Jan Andersen explique qu'ils ont déjà navigué à huit sur ce trimaran de 33 pieds pour un long voyage.
La construction du "Black Marlin" représente une transition du bois au carbone pour Jan Andersen. Il a toujours travaillé avec le bois, construisant un pirate à 14 ans en 1982 avec son père. Plus tard, il est devenu constructeur de bateaux, apprenant son métier chez Ring Andersen à Svendborg, l'un des plus anciens et célèbres chantiers navals danois en bois. Aujourd'hui, il dirige sa propre entreprise, Visionboat, sur l'île de Funen, se décrivant plus comme un artiste que comme un homme d'affaires, et souhaitant avoir beaucoup de temps pour simplement faire de la voile. Son premier trimaran, le "Barracuda", construit en 2004 en bois de cèdre, mesurait 9,20 mètres, pesait 1 380 kilogrammes et était doté d'une grande voile de 41 mètres carrés, déjà remorquable. En 2012, il a remporté le premier Silverrudder avec le "Barracuda", une course qu'il qualifiera plus tard de "régate culte". Il a ensuite travaillé pendant 18 mois en 2014/15 sur le "Black Marlin", un travail à plein temps, ayant vendu son "Barracuda" pour un bateau plus grand, adapté aux longues distances et à la navigation en haute mer. Il a également fabriqué lui-même le mât à aile tournante en fibre de carbone, conçu pour que le bateau entier puisse être expédié dans le monde entier dans un conteneur de 40 pieds. Le "Black Marlin" n'est pas une pièce d'exposition, mais un "objet d'usage courant", avec quelques rayures et des surfaces de pont moins soyeuses, témoignant de son utilisation intensive. Sa philosophie "Keep it simple" se traduit par la légèreté du bateau, une autonomie énergétique grâce aux panneaux solaires et peu de consommateurs d'énergie. Il n'a que 40 centimètres de tirant d'eau avec la dérive remontée, et son hale-bas, comme celui des safrans, est équipé de bloqueurs de sécurité qui libèrent la ligne dès que le bateau touche le fond. De plus, grâce à un fond renforcé en Kevlar, le trimaran peut facilement tomber à sec, une caractéristique précieuse pour l'exploration côtière.
Variété des Modèles : Du Day-Boat au Trimaran de Croisière Habitable
Le marché offre une diversité de trimarans modernes, chacun adapté à des programmes de navigation spécifiques, du day-boat performant au trimaran de croisière habitable. Quorning Boats, par exemple, a développé des modèles de voiliers de plus en plus modernes, résistants et performants au fil de ses 50 ans d’existence. Le Dragonfly 40 Ultimate est comme l’aboutissement de tout un travail qui repose sur la longue expérience du groupe. L’équipe, toujours à la recherche de l’excellence, a su développer des modèles de trimarans plus confortables, plus rapides et sécurisants, avec des équipements électroniques qui rendent la navigation plus simple.
Pour les amateurs de performances avec une construction soignée, le Rapido 40, réalisé par Triac Composite au Vietnam et dessiné par Morrelli et Melvin, se distingue par une construction réservée aux modèles dédiés aux courses, mais avec des éléments renforçant le confort et la sécurité des passagers de ce multicoque. Le Corsair Pulse 600, un voilier de raid dessiné par François Pérus et Romain Scolari, est un trimaran compact apprécié pour sa légèreté et sa facilité de prise en main. Sa grande performance est garantie par sa légèreté et son équilibre, notamment grâce à sa proue inversée, plus légère et plongeant moins profondément dans les vagues.
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Les options pour la croisière sont également nombreuses. Le Waarship TR36 Performance propose un intérieur confortable avec une salle de bain et une cuisine. Le trimaran Neel 43 séduit par ses équipements modernes et la convivialité de son intérieur, idéal pour une croisière en famille, avec un espace de vie ensoleillé et agréable, abritant une cuisine équipée d'un réfrigérateur et d'un conservateur. Pour une stabilité exceptionnelle, même sur les mers les plus agitées, le Bluecast 160 de CATAMARIS, un trimaran allemand, s'adapte aux besoins de chacun. Les grands trimarans à voile habitables signés Custom, comme le Hanstaiger X1 en édition limitée, offrent des équipements d'accueil garantissant un confort optimal, avec de grandes surfaces vitrées pour un intérieur très lumineux et un grand flybridge central de 50 m² pouvant accueillir 10 personnes. Avec un réservoir de carburants de 1 600 litres, ce type de voilier peut naviguer sur 600 milles au moteur, offrant une autonomie considérable.
L'innovation continue avec des modèles pratiques tels que la nouveauté 2025 d'Astusboats, un trimaran repliable et transportable, répondant aux attentes des utilisateurs recherchant la facilité de mise à l'eau et de stockage. Le Tricat 30, conçu et construit en Bretagne, est réalisé à partir de matériaux et d’équipements de première qualité. Facile à manœuvrer, il convient pour un voyage en solitaire ou en famille et garantit une sécurité totale en mer. Enfin, pour ceux qui recherchent un trimaran confortable, spacieux et performant, le modèle Leen 72 peut accueillir jusqu’à 10 passagers. Il se distingue par sa plage avant avec une grande avancée imitant le style d’une delphinière. Le cockpit, judicieusement protégé par la casquette de roof, est directement relié au carré par une baie vitrée coulissante qui permet de fermer ou d’ouvrir cet espace, optimisant l'habitabilité et la convivialité.
Petits Multicoques de Balade : Comparaison et Retours d'Expérience
L'idée de rassembler des petits multicoques pour une virée hivernale et musclée illustre parfaitement l'engouement pour ces bateaux polyvalents, promettant "sable et embruns, chevauchées fantastiques et mouillages secrets". Des modèles comme le Virus V8, le Twist (catamaran), le Tricat 23.5, l'Astus et le Bicok (catamaran) se prêtent idéalement à ce type de programme, offrant des expériences variées en termes de confort et de performance.
La maison Virus, dont les Magnum 21 et 18 ont essaimé sur tous les plans d’eau, a réussi à imposer le trimaran comme day-boat familial. Le Virus V8, par exemple, se singularise avec ses 80 cm de tirant d’eau, ce qui le maintient un peu en retrait de la plage. Il est équipé de deux ailerons imposants sous les coques, servant à la fois de plans anti-dérive et de longues surfaces de repos à l’échouage. Pour la nuit, des couchettes en toile tendue sont confortables, bien qu'il soit parfois difficile d'y entrer et que l'espace aux jambes soit un peu juste. Le dormeur occupant la couchette avant peut se retrouver avec les boulons de liaison au-dessus de sa tête.
Le devis de poids est sans doute plus draconien pour le Tricat 23.5. Sur ce joli trimaran, les flotteurs sont équipés de dérives pour bien marcher à toutes les allures. L'amorce de rouf du premier Tricat n'abritait qu'un grand coffre, mais désormais, la coque centrale a pris du volume et de la longueur. Un nouveau système de démontage rapide permet de remorquer le bateau derrière une voiture ou de le stocker à terre : les flotteurs se rangent le long de la coque centrale, puis l'on retire les bras. Cependant, sa petite cabine est pénalisée par l'absence de hublot, d'aération et un accès exigu dans un programme de camping côtier, n'offrant que 1,45 m de hauteur sous barrots et une seule couchette double. Les rangements brillent par leur absence.
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À la différence du Tricat, l’Astus joue la carte du confort avant celle des performances. C'est tellement douillet que l'on peut se demander si l'on ne s'éloigne pas de la définition du raid. L'Astus 22.1 est considéré comme le roi de la flotte pour les emménagements intérieurs, avec un volume et une luminosité hors catégorie, récoltant tous les suffrages en termes de confort. Il se mène à deux, le barreur, tout à l'arrière, s'occupant de la grand-voile.
Parmi les catamarans présents lors de cette rencontre, le Twist, bien qu'incroyablement jeune malgré son état civil et né il y a plus de vingt ans, a un concept qui n’a pas pris une ride. Son équipage a l'embarras du choix pour s'asseoir : sur les flotteurs ou sur le trampoline rigide qui facilite les déplacements. Le barreur, lui, est installé sur un fauteuil, très confortable, mais qui peut gêner l’accès au chariot de grand-voile. La grande tente qui recouvre la plateforme du Twist est très appréciée la nuit, permettant d'y dormir mieux que dans les coques.
Face au Bicok, un catamaran tout neuf, le match promettait d'être intéressant. Le Bicok est plus large et plus haut sur l’eau, mais pas plus long. Depuis un essai précédent, le Bicok a vu sa capote centrale remplacée par un modèle sensiblement plus grand qui forme une véritable tente sur toute la largeur de la plateforme. Cette tente peut rester en place en navigation et permet de profiter du paysage, de se protéger des embruns et même de dormir au mouillage, offrant un abri franchement sympathique. Pour le Bicok, le choix est donné entre le stick et la poignée située à l'extrémité de la barre, idéale pour le reaching, souvent ardent. Le foc autovireur et la grand-voile sans bôme facilitent et sécurisent les manœuvres.
Lors de ces navigations, le constat des différences de potentiel est rapide. Le Bicok est plus apte à serrer le vent, un constat logique car il est équipé de dérives, tandis que le Twist est un bateau à ailerons. Le V8, plus long à se mettre en route, est aussi plus régulier. L'Astus est un peu plus paresseux et finira dans le sillage du Bicok. Beacher sur une plage devient un jeu d'enfants avec ces petits multicoques, un atout majeur pour les pique-niques.
L'Art de la Manœuvre : Plaisir et Agilité en Trimaran
Naviguer sur un trimaran tel que le "Black Marlin" est décrit comme "tout simplement amusant". Ce jour-là, même avec un vent de quatre Beaufort, la vitesse de navigation était de huit à dix nœuds. Les quatre miles nautiques dans le chenal super étroit de Terschelling furent parcourus en une demi-heure, incluant chacun des 20 virements de bord. Le "Black Marlin" est aussi agile qu'un dériveur et se dirige comme tel, contrastant avec les monocoques alentour qui devaient utiliser leur moteur. Croiser, qui peut être fastidieux, devient un plaisir sur ce trimaran.
Cela est également dû au fait qu'il n'est pas nécessaire de serrer péniblement le foc après chaque virement de bord, car le "Black Marlin" navigue avec un foc auto-vireur très pratique. Il est conçu comme un bateau à une seule main, où la voile d'avant, le chariot et la bôme passent facilement de bâbord à tribord et inversement, sans que personne n'ait besoin de s'abriter sous la grand-voile. Jan Andersen enchaîne les virements de bord jusqu'à former une croix idéale, sans ordres à bord, démontrant sa maîtrise de la navigation en solitaire. Un essai de trois quarts d'heure peut permettre de parcourir facilement 13 miles nautiques, et ce, en toute décontraction.
Sur ces petits bateaux, mener l’un d’eux n’a rien de particulièrement difficile. Le Tricat 23.5 se mène facilement en solo, les réglages et les écoutes étant à portée de main du barreur. Les équipiers peuvent rester dans le cockpit ou s’installer sur le flotteur au vent où une sangle de rappel permet de bien se caler les pieds. Sur le Virus V8, assis sur les échelles, on manœuvre facilement grâce au palan de grand-voile à dix brins et au winch de foc placé aux pieds de l'équipage. Il faut toutefois faire attention à l'espace entre le flotteur et le filet, où les écoutes peuvent filer.
La navigation rapide n'est pas une lutte ou un stress sur un trimaran bien conçu. Le trimaran est exempt de nervosité, et les rafales peuvent être gérées de manière détendue par le Traveller, qui sert à la fois d'accélérateur et de frein. Même avec un vent de seulement quatre nœuds, le bateau peut déjà atteindre six ou sept nœuds de vitesse sur l'eau. Une accélération du vent de 8 à 11 nœuds peut faire passer la vitesse du bateau de 9 à 11 nœuds, illustrant la réactivité de ces embarcations. L'utilisation d'une tablette pour la navigation, sans aides électriques complexes dans le cockpit, et la seule nécessité d'une boussole, soulignent la philosophie "Keep it simple", essentielle pour maintenir un bateau léger.