Le monde de la voile est vaste, offrant une multitude de supports et de disciplines. Parmi les dériveurs solitaires les plus populaires, le Laser occupe une place de choix. Cet article se propose d'explorer en détail le Laser Standard, sa définition, ses caractéristiques, et ce qui en fait un bateau si prisé par les navigateurs du monde entier.
Introduction au Dériveur et au Laser
Lorsqu'on débute la voile, le dériveur est souvent le premier bateau d'apprentissage. Cependant, le dériveur n'est pas réservé qu'aux enfants ; il existe des compétitions pour les séniors, et certains dériveurs sont même conçus pour les navigateurs expérimentés. Pour bien maîtriser un dériveur, il est essentiel de le connaître intimement et de passer du temps avec lui sur l'eau.
Le Laser et le Sunfish sont deux des dériveurs solitaires les plus populaires au monde. Le Laser est le dériveur solitaire le plus populaire au monde. Il est utilisé par des millions de navigateurs dans plus de 140 pays. Le Sunfish combine un gréement facile et une grande maniabilité pour une expérience de navigation confortable et sans tracas : c'est le voilier aimé de tous. Conçu en 1952 comme l'ultime engin de plage, le bateau à voile Sunfish est toujours un favori pour tous les âges. Ce bateau sans entretien conserve sa valeur de revente grâce à sa construction robuste, soulignée par des bouchains durs et un dessous de coque plat. Le Laser et le Sunfish sont deux excellents dériveurs solitaires. Si vous êtes un débutant ou un navigateur intermédiaire, le Sunfish est un excellent choix. Si vous êtes un navigateur expérimenté et que vous recherchez un bateau performant, le Laser est un excellent choix.
La Genèse du Laser
Tout a commencé par une conversation téléphonique entre deux Canadiens : Ian Bruce, un industriel et régatier, et Bruce Kirby, régatier, journaliste pour des revues nautiques et architecte naval. Ian Bruce souhaitait étudier la possibilité de créer un dériveur facile à transporter sur le toit d'une voiture, afin de l'intégrer à sa gamme d'équipements de camping. Bruce Kirby imagina ce dériveur, qui ne fut pas immédiatement mis en production, et il en conserva les plans jusqu'en 1970, lorsque la revue "One Design and Offshore Yachtsman" annonça l'organisation d'une course nommée "Americas Teacup" pour bateaux de régate coûtant moins de 1000 dollars.
Le Laser Standard : Un Dériveur Monotype
Le Laser est un dériveur monotype très populaire, conçu pour être barré par une seule personne. Avec plus de 180 000 unités construites en 2005, il est devenu l'un des dériveurs les plus répandus dans le monde.
Lire aussi: Maraîchage Sans Pesticides
Construction et Conception
Le bateau fut construit en fibre de verre, avec un pont en fibre de verre et un sandwich de mousse recouvrant toute la coque, se creusant juste pour laisser la place à un petit cockpit. Le choix de l'emplacement du mât fit l'objet de nombreux essais : le pied de mât moulé avec le pont étant fixe, il n'était pas possible de le régler par la suite. Hans Fogh fut sollicité pour concevoir la voile et skipper le bateau lors de la régate.
Le bateau, présenté sous le nom de WeekEnder, gagna facilement dans sa catégorie. Le logo qui l'identifiait dans la voile était constitué des lettres TGIF (Thank God It's Friday - Dieu merci nous sommes vendredi).
Championnats et Développement
Le premier championnat du Monde a été organisé aux Bermudes en 1974, avec 108 participants venus de 24 pays. Il fut remporté par Peter Commette. Le développement du Laser a été tel que plusieurs usines à travers le monde fabriquent le Laser sous licence.
Déclinaisons du Laser
La société constructrice, Performance Sailcraft, a tenté de diversifier ses produits sous la marque Laser dans divers domaines, tels que la planche à voile et les skiffs (Laser 4000, 5000, EPS). Elle a obtenu ses plus grands succès en proposant de nouvelles déclinaisons du gréement du Laser : le 'Laser Radial' (voile de 5,7 mètres carrés) au milieu des années 1980 et le 'Laser 4.7' (voile de 4,7 mètres carrés) à la fin des années 1990. Le Laser avec son gréement d'origine est ainsi souvent appelé 'Laser Standard'.
Anatomie d'un Dériveur : Le Cas du Laser
Pour comprendre pleinement les performances et les réglages du Laser Standard, il est utile de connaître la structure classique d'un dériveur.
Lire aussi: Supports proposés pour les stages de voile
Coque et Flottaison
La partie principale du bateau est la coque, le plus souvent en polyester et fibre de verre. Pour assurer la flottaison, la coque n'est pas pleine ; c'est l'air à l'intérieur qui assure la flottaison. Un ou des bouchons de nable sont présents sur le tableau arrière. Sur les côtés de la coque, on trouve du caoutchouc pour protéger la coque des chocs latéraux. Une longue bande protectrice est installée le long des deux côtés.
Pont et Cockpit
Sur l'avant de la coque, il y a une partie à hauteur de la coque ou un peu bombée : c'est le pont. Plus vers l'avant du pont, se trouve un taquet d'amarrage. Sur l'arrière de la coque, il y a une partie creuse où l'on s'installe pendant la navigation : c'est le cockpit. Les dériveurs autovideurs possèdent des trappes d'évacuation d'eau.
Dérive et Mât
Sous la coque se trouve une nageoire qui permet au bateau de s'appuyer sur l'eau : c'est la dérive. Elle peut être de type sabre : dans ce cas, elle est relevable vers le haut et peut être sortie de son puits. La voile est supportée principalement par une pièce longue et fine verticale : le mât. Sur certains dériveurs, la voile s'enroule autour du mât pour réduire la puissance des voiles par vent fort.
Bôme et Voile
La bôme se prolonge vers l'arrière au-dessus du cockpit et peut causer des blessures si elle passe rapidement d'un côté à l'autre du bateau. Pour installer la voile, soit il faut la hisser au mât avec un cordage (drisse), soit elle s'enfile comme une chaussette autour du mât.
Comme en voiture, il existe un angle mort sur le bateau : on ne voit pas ce qu'il se passe derrière la Grand-Voile. Certaines grand-voiles disposent d'une fenêtre pour éviter les collisions.
Lire aussi: Entreprise Radiée : La Voile Bleue
Palan d'Écoute et Réglages de la Voile
Un système de cordage et de poulie relie la bôme au cockpit : c'est le palan d'écoute. Le palan est le nom du système composé de plusieurs poulies qui démultiplie les forces. L'écoute est le bout qui permet de régler l'angle d'une voile par rapport au vent.
Le hale-bas permet de tendre la chute de la voile vers le bas. C'est un palan, composé d'au moins deux poulies et d'un bout. Le cunningham permet de tendre le guindant de la voile vers le bas. C'est aussi un palan. La bosse d'empointure permet de tendre la bordure de la voile vers l'arrière.
Gouvernail et Safran
Le gouvernail sert à diriger le bateau. Le safran est une nageoire du bateau, qui se trouve à l'arrière de la coque. La tête de safran fonctionne comme les gonds d'une porte, avec des aiguillots (partie mâle) fixés au safran et pivotant dans les fémelots (partie femelle). La tête de safran possède aussi un axe horizontal qui permet de relever le safran.
Barre et Stick
La barre est un tube directement relié au safran. Le stick, ou allonge de barre, prolonge la barre et permet de gouverner le dériveur en étant plus vers l'avant du bateau, ou en étant au rappel.
Rappel et Girouette
Les sangles de rappel du cockpit permettent de mettre les pieds sous les sangles, jambes tendues à l'horizontale, pour faire contrepoids au vent. La girouette, située en tête de mât ou à l'avant du bas du mât, indique la direction du vent.
Chariot de Mise à l'Eau
Pour déplacer le dériveur hors de l'eau, on utilise un chariot de mise à l'eau. Le dériveur se fixe au chariot grâce à un bout fixé au taquet d'amarrage, placé à l'avant du dériveur.
Performance et Réglages du Laser Standard
Le Laser est un bateau très vif, presque affolant lorsqu'il surfe dans des conditions venteuses, mais exigeant en termes de maîtrise, notamment pour tenir une fausse panne face aux vagues.
Polaires de Vitesses
Les polaires de vitesses du Laser (vitesses théoriques) montrent qu'il peut atteindre entre 20 et 21 nœuds à 110° d'une brise soutenue (30 nœuds) et près de 60 % de la vitesse du vent réel au portant.
Réglages en Fonction du Vent
- Vent Médium: Dans des conditions de vent médium, il est important de régler la voile "de base" (cunningham relâché, hale-bas minimum) et de sortir au rappel si nécessaire. Le hale-bas doit être fermement souqué.
- Vent Fort: En fin de médium, le hale-bas doit être pris au maximum.
- Clapot: La rencontre des vagues gêne la progression du bateau. Il faut aplatir un peu la voile pour compenser.
- Vent Variable: Face aux variations d'intensité du vent, il est crucial de coordonner les actions de choquer-abattre et border-lofer.
Maîtrise et Entraînement
La maîtrise de ces réglages nécessite un temps d'apprentissage et des heures d'entraînement. Il est essentiel de bien connaître son bateau pour optimiser ses performances dans différentes conditions.
Le Rating : Équilibrer la Compétition
Le rating est un système utilisé pour équilibrer les courses entre différents bateaux. Chaque bateau a ses propres caractéristiques et n'avance pas à la même vitesse ni ne fait le même cap. La FFVoile (Fédération Française de Voile) propose un système de rating propre à chaque bateau, représentant sa performance moyenne potentielle.
Fonctionnement du Rating
Le rating se présente sous forme de points ; plus un bateau a de points, plus il sera favorisé par le système de temps réel compensé par le rating. Un point de rating correspond à 3 secondes sur une heure de course. La FFVoile propose un coefficient multiplicateur à chaque rating pour simplifier le calcul du temps compensé.
Critiques du Système
Le système de rating a reçu des critiques, car il n'est pas toujours pertinent sur les petites régates. Pour qu'il ait un réel sens, il faudrait réaliser une grande quantité de manches et dans différentes conditions météorologiques. Cependant, il est déjà plus équitable que s'il n'existait pas.