Voile de parapente en montagne: informations essentielles

Le parapente en montagne est une discipline qui combine la randonnée et le vol libre, permettant aux pilotes de s'élancer depuis les sommets et de profiter de vues imprenables. Cet article explore l'histoire, la technologie, les différents types de voiles, les critères de sécurité et les équipements spécifiques à cette pratique.

Histoire et évolution du parapente

L’histoire de la première voile de parapente à caissons remonte en fait en 1971 lorsque Steve Snyder lance sur le marché la Paraplane, une voile de parachutisme constituée de caissons qui se remplissent avec l’air relatif pour devenir pilotable. D’abord utilisée depuis un avion, cette technologie de voile sera ensuite exploitée en 1978 depuis le sommet d’une montagne par les membres du club de parachutisme d’Annemasse et l’année suivante sera créé le tout premier club de parapente au monde : Les Choucas. Si la voile de parapente est historiquement issue des parachutes à caissons, sa technologie est désormais bien différente.

Principes techniques des voiles de parapente

Les voiles des parapentes modernes utilisent un peu le même principe que celui de l’aile d’avion : une forme d’aile courbe avec un extrados et un intrados. Les différences de vitesse des filets d’air entre l’extrados (dessus de l’aile) et l’intrados (dessous de l’aile) créent une dépression et provoquent un effet de sustentation. Bien évidemment cet effet de portance est assez limité du fait de la taille de l’aile et de la vitesse d’avance de l’aéronef dépourvu de tout moteur. Pour qu’une voile de parapente vole, il faut déjà qu’elle prenne sa forme d’aile volante et qu’elle la conserve durant tout le vol. Ceci est rendu possible grâce aux caissons cousus entre l’intrados et l’extrados.

À la sortie du sac, l’aile de parapente n’est qu’un amas de tissu, mais grâce à ce profil unique, l’air s’engouffre dans les caissons par l’avant (bord d’attaque) et se retrouve bloqué à l’arrière (bord de fuite). Le caisson est alors mis en pression, ce qui rigidifie le profil. Soit il n’y a pas de vent : il faut alors le créer virtuellement. Pour créer un tel vent relatif, il suffit alors de courir avec la voile dans le dos un peu comme avec un cerf volant sans vent. Le fait de courir en mettant en traction l’aile va créer un vent relatif égal à la vitesse de course. La différence entre les deux méthodes joue beaucoup sur la longueur de la course d’envol.

Poids total volant (PTV) et charge alaire

Comme son nom le laisse entendre, le poids total volant (PTV) correspond au poids total qui vole. Il faut donc comprendre par là : le poids du pilote habillé et de tout le matériel de parapente, sellette, aile, parachute de secours, bouteille d’eau. Cette notion de PTV est importante car c’est elle qui va permettre de choisir la bonne surface d’aile. Chaque aile de parapente est déclinée en différentes tailles pour pouvoir conserver à peu près le même comportement d’un pilote à un autre. Un pilote léger devra donc choisir une aile avec une surface plus petite qu’un pilote lourd. Plus la surface de la voile est grande pour un PTV donné plus la charge alaire est petite. Sans rentrer davantage dans les détails de la RFA (Résultantes des Forces Aérodynamiques) la charge alaire est un indicateur important car elle influe fortement sur le comportement du parapente.

Lire aussi: Maraîchage Sans Pesticides

Suspentage

Le suspentage d’une voile de parapente correspond à l’ensemble des suspentes qui relient l’aile à la sellette via les élévateurs. Chaque constructeur et chaque voile dispose d’un suspentage particulier. A l’origine le suspentage était réalisé en 4 lignes distinctes avec 4 élévateurs. Puis sont apparues les 3 lignes et après les 2 lignes pour les voiles les plus performantes. Plus le nombre de ligne est faible plus la performance de la voile est élevée mais son pilotage délicat. Les suspentes peuvent êtres fabriquées en Aramide ou en Dyneema : deux matériaux ultra résistants qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.

Normes de sécurité et homologation

Afin d’améliorer la sécurité du vol libre, toutes les voiles de parapente mises sur le marché sont désormais testées par des organismes certifiés par rapport à une norme EN-926-1 et EN-926-2. La norme EN-926-2 certifie le comportement en vol de la voile pour différents types d’incident sans action du pilote. Au total ce sont pas moins de 24 critères qui sont testés en vol de façon précise. Pour chaque critère est défini une réponse attendue de l’aile réparti en 4 catégories A, B, C, D. A l’issu des tests la voile prendra la catégorie du critère ayant la lettre la plus élevée. Il suffit donc qu’une voile possède un seul critère en B pour être homologuée EN-B. De la même façon une voile qui aurait tous les critères en B serait aussi homologuée EN-B.

Catégories de voiles

  • EN-A: Parapente avec sécurité passive maximale et caractéristiques de vol extrêmement tolérantes. Forte résistance aux sorties du domaine de vol normal. Pour tous pilotes y compris en phase d’apprentissage.
  • EN-B: Parapente avec bonne sécurité passive et caractéristiques de vol tolérantes. Résistance moyenne aux sorties du domaine de vol normal Pour tous pilotes y compris en phase d’apprentissage.
  • EN-C: Parapente avec sécurité passive modérée et réactions potentiellement vives à la turbulence et aux erreurs de pilotage. Le retour au vol normal peut nécessiter un pilotage précis. Pour pilotes entraînés aux techniques de sortie du domaine de vol, au pilotage actif, qui volent de manière régulière, et comprennent toutes les implications d’un parapente ayant une sécurité passive réduite.
  • EN-D: Parapente aux caractéristiques de vol exigeantes, avec réactions potentiellement violentes à la turbulence et aux erreurs de pilotage.

Voiles spécifiques

  • EN-CCC: Cette homologation EN-CCC est délivrée aux ailes les plus performantes du marché et réservées aux meilleurs pilotes mondiaux.
  • Voiles prototypes: Avant d’être homologuées les voiles de parapente passent par l’étape prototype.
  • Voiles tandem biplace: Ces voiles sont conçues pour faire du parapente en tandem biplace, aussi bien dans le cadre de baptême de l’air, que de compétition ou de vol loisir.
  • Mini voiles: Les amateurs de sensations fortes ont développé la mini voile pour faire du vol de proximité.
  • Voiles monosurface : Pour réussir ce tour de force les constructeurs ont tout simplement supprimé l’intrados de l’aile c’est à dire le tissu sur le dessous.

Importance de la vérification annuelle

La vérification annuelle de sa voile est un facteur de sécurité très important. Le matériel travaille en effet à chaque vol. Le tissu travaille mais ce sont surtout les suspentes qui travaillent le plus. Ces dernières peuvent se raccourcir ou s’allonger de façon différente suivant les matériaux utilisés et sa façon d’enrouler les thermiques par exemple. Il est ainsi possible de se retrouver au bout d’un an avec une voile décalée qui ne correspondra plus à l’homologation initiale du constructeur. Il peut aussi être intéressant de tester le vieillissement des suspentes en faisant un test de rupture. La vérification et le recalage périodique de son aile sont donc impératifs.

Voiles de montagne: spécificités et modèles

Une voile “montagne”, cette appellation fait rêver et nous transporte directement vers les hauteurs. La première aile montagne a été créée en 1996 par Nervures, la Kenya, avec les premiers tissus légers. Petit à petit et d’année en année, les fabricants se sont tour à tour intéressés aux matériaux légers et au développement d’ailes légères, destinées au vol montagne, au marche et vol.

Caractéristiques principales

  1. Légèreté: Les voiles de montagne sont conçues avec des matériaux légers pour faciliter le transport lors de la randonnée.
  2. Compacité: Elles sont compactes pour minimiser l'encombrement dans le sac à dos.
  3. Facilité de gonflage: Elles doivent permettre un gonflage aisé, même dans des conditions de vent faible ou irrégulier.
  4. Sécurité: Accessibles, les voiles montagnes sont le plus souvent homologuées en enA ou enB afin de jouer dans une aérologie variable en toute sécurité.

Exemples de modèles

  • EIKO 2 de Supair: L’EIKO 2 est la voile légère tout-terrain lègère et compacte.
  • Ultralite 5 d'Ozone: Ozone a fait très fort et l’Ultralite 5 est imbattable au niveau du poids.
  • Nova Double Skin: La Nova Double Skin fait partie des ailes les plus légères et les plus compactables.
  • Susi d'AirDesign: La Susi fait largement le job.
  • Run and Fly 2 de Dudek: C’est une aile clairement destinée à descendre de la montagne.

Équipements spécifiques pour le vol en montagne

Sellettes

Pour le vol-rando, on accorde beaucoup d’intérêt au poids et à la compacité, sans négliger pour autant le confort. On se tourne donc tout naturellement vers des harnais ultra-light. Il existe des sellettes réversibles comme la nouvelle CREST de Woody Valley qui sont très légère et très compact. Les + : le 2 en 1, on économise le poids du sac. Ce type de sellette est vraiment bien pour les pilotes qui n’ont pas envie d’avoir trop de matériel et qui veulent aller en montagne régulièrement.

Lire aussi: Supports proposés pour les stages de voile

  • String: C’est la version la plus extrême en légèreté et en poids. La plus légère fait 102 g (F*lite 2 Ozone) mais il existe aussi des modèles sympas comme le SLIP de AirDesign.

Parachutes de secours

Aujourd’hui, il existe des parachutes de moins de 1 kg. Ils sont certes très chers mais ça permet de partir en montagne un peu plus serein. Le choix de la prise d’un secours dépend de votre état d’esprit mais surtout de la pratique que vous avez.

Casques

Normalement, c’est mieux d’avoir un casque homologué parapente. Après vous pouvez également adopter la légèreté en prenant un casque d’escalade ou un casque polyvalent. Ça c’est un choix personnel.

Conseils pour le vol en montagne

  1. Définir ses priorités: Il faut savoir ce qu’on veut faire comme pratique et adapter son choix à ses envies.
  2. Choisir le bon équipement: La conception du matériel fait qu’aujourd’hui, on a plus besoin d’avoir 3 ou 4 packs selon la discipline que l’on fait.
  3. Être attentif aux conditions météorologiques: Si vous allez en montagne décoller à des heures où la masse d’air est bien vivante, là il ne faut pas économiser sur le poids du secours et il faut le prendre absolument.
  4. Prendre soin de son matériel: Aujourd’hui une conception light ne veut pas dire vieillissement prématuré, cela veut dire qu’elle nécessite plus de soin pour éviter de l’abimer.

Lire aussi: Entreprise Radiée : La Voile Bleue

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *