Les merveilles de l'Inde se reflètent dans la diversité de ses traditions vestimentaires. Lors d'un voyage en Inde, on ne manque pas de remarquer les habits indiens, souvent très colorés, qui varient selon les régions et indiquent l'appartenance ethnique ou religieuse. Le foulard, présent dans différentes cultures à travers le monde, est intimement lié à l'histoire, aux traditions et au mode de vie des peuples. Cet article explore la signification du voile indien pour homme, en tenant compte de son contexte culturel, religieux et social.
Diversité des vêtements traditionnels en Inde
Les costumes traditionnels indiens sont variés et riches en symbolisme. Le sari, longue pièce de coton ou de soie de 5 à 10 mètres de long, est porté par les femmes hindoues et enroulé autour de la taille et de l'épaule gauche, avec un choli (boléro) et un jupon. Les hommes hindous orthodoxes ou les villageois portent la kurta, une chemise ample en coton blanc, et le dhoti. Chez les musulmans, les femmes portent une tunique ample sur un pantalon, tandis que les hommes portent la kurta-pyjama.
Les bijoux et les couleurs sont également importants dans la culture vestimentaire indienne. Les femmes portent le tika, une marque de couleur sur le front qui indique le statut matrimonial. Les couleurs ont une symbolique particulière : le blanc représente la paix et la pureté (et est porté lors des deuils), le bleu symbolise le courage et la vérité, le jaune renvoie à la méditation et à la connaissance, le noir est peu répandu, l'orange est associé à la spiritualité, le rouge est la couleur du bonheur et le vert symbolise la vie et l'espérance.
Le turban sikh : un symbole identitaire
Dans le sikhisme, fondé au XVe siècle, le turban est un élément essentiel de la tenue des fidèles, bien qu'aucune prescription n'en régisse le port. Au XVIIe siècle, le dixième gourou sikh, Gobind, instaure la règle du khalsa, qui impose de ne jamais se couper les cheveux ni la barbe. Le turban devient alors un objet traditionnel et identitaire, utilisé par tous les sikhs du khalsa (amritdhari) par souci pratique, car les chevelures atteignent des longueurs importantes. Au fil du XVIIIe siècle, il est de plus en plus perçu comme un symbole religieux.
Aujourd'hui, les sikhs d'Île-de-France insistent sur la nécessité pratique du turban, qui protège les cheveux de la pollution et de la saleté. Cependant, certains sikhs, appelés sahaj-dhari, ne suivent pas la règle du gourou Gobind et portent les cheveux courts ou se rasent. Malgré les arguments avancés par les sikhs, la loi sur la laïcité a posé des défis quant au port du turban dans les écoles publiques.
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Le turban rajasthani : fierté et tradition
Dans le Rajasthan, le turban, appelé "Safa", est un symbole de fierté et de courage. Les hommes rajasthani, avec leur turban coloré et leur moustache, sont une image emblématique de la région. Bien que le turban ne soit plus porté quotidiennement que par les hommes d'âge mûr, il reste indispensable lors des cérémonies et des fêtes.
Le turban classique est noué dans une bande de tissu de 9 mètres de long sur 1,1 mètre de large, mais certains styles nécessitent jusqu'à 22 mètres de longueur. La forme et la couleur du turban en disent long sur celui qui le porte. Le turban de mariage, par exemple, porte une finition particulière en forme d'éventail. Le tissu est suffisamment fin pour rendre le turban léger, et la transpiration crée une pellicule d'eau qui isole le cuir chevelu et limite la montée en température.
Le Gamucha : un symbole d'identité
Le Gamucha, ou Gamcha, est une fine pièce de coton utilisée par les hommes en Inde. Il se porte en pagne et atteint généralement la longueur du genou. Il est utilisé pour la baignade et, au Bengale, les gamucha ont des motifs à carreaux et rayés de rouge, orange ou vert. Les tireurs de rickshaw utilisent le gamcha pour protéger leur visage du soleil en enroulant le tissu autour de leur tête. Aujourd'hui, le Gamcha est très tendance en Inde et au Bangladesh, car des designers et des décorateurs l'ont repris pour réaliser des vêtements de caractère et des textiles pour la décoration de la maison. Le Gamucha est donc bien plus qu'un simple morceau de tissu : c'est le symbole d'une identité qui a traversé l'histoire.
Le voile non confessionnel : le ghunghat
Le ghunghat est une pratique du voile en Inde du Nord, observée par des femmes de différentes confessions (musulmanes, hindoues, jaïnes ou sikhes). Le terme ghunghat désigne l'action de baisser sur tout ou une partie de son visage le voile que les femmes portent généralement sur la tête. Ce voile exprime le respect et la respectabilité, et est porté en présence de certains membres de la famille du mari, notamment le beau-père. Le ghunghat est un langage social destiné à exprimer, à perpétuer et à consolider les relations qui unissent les individus et les familles unies par un mariage arrangé et une résidence patrilocale en famille étendue.
Bien que le ghunghat puisse être perçu comme un symbole de soumission, les outils de l'anthropologie permettent de mettre en évidence des interprétations plus profondes de cette pratique. Le voile est polysémique et ne fait sens que mis en abîme avec les autres éléments vestimentaires, le contexte et le régime visuel. Dans un contexte où les corps sont souvent dénudés, une femme qui se voile sur la sphère publique peut exprimer que son corps lui appartient et que sa sensualité appartient au domaine du privé.
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La dimension spirituelle du voile
La dimension spirituelle est souvent occultée des interprétations sur les pratiques de voile. Or, la Kaaba des musulmans est recouverte de son voile, la kiswa, et le Livre sacré des Druzes est enveloppé de linges de maison. En Inde du Nord, l'habillement et l'ornement des effigies représentant les divinités hindoues font partie du rituel. Dans ce sens, le voile, le tissu, matérialise la séparation entre sacré et profane.
Dans certains villages du Rajasthan ou du Gujarat, on reconnaît le statut des hommes à leurs turbans, la façon de le nouer, sa couleur, sa texture. Un sikh se reconnaît immédiatement à son turban. L'habit de tête est donc un indice des appartenances et l'expression d'une identité individuelle ou collective.
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