Le windfoil représente une évolution majeure dans le monde de la glisse, offrant des sensations de vol uniques et transformant l'expérience du windsurf, en particulier dans des conditions de vent léger. Le foil ajoute un tout nouveau mode de navigation, et avec lui, tout va plus vite, les sensations sont différentes. Le windfoil permet d'être le plus rapide sur le plan d'eau dans les vents légers, ouvrant de nouvelles opportunités pour prolonger les sessions et découvrir des facettes insoupçonnées de la pratique. Vous n’avez peut-être pas rencontré de windfoileurs (ou foileurs tout simplement) sur l’eau, mais il existe depuis plus longtemps que vous ne le pensez. Au début des années 1980, on a expérimenté les foils, posant les jalons de ce qui allait devenir une véritable révolution. Cependant, depuis 2017, les grandes marques de planche à voile travaillent sérieusement sur le développement des wind foils qui sont maintenant en vente. Cette accélération du développement a tout à voir avec la tendance générale au foil (hydro) dans les sports nautiques, témoignant d'un engouement croissant pour cette technologie. Une fois l’apprentissage terminé, le foil est nettement plus facile à manier que le windsurf en lui-même. Véritable renouveau de la pratique, qui a même permis le retour de certains kiteurs au windsurf/windfoil, le foil vient moderniser la glisse et promet des heures de plaisir renouvelé sur l'eau.
Anatomie du Windfoil : Comprendre son Équipement
Pour appréhender pleinement le windfoil, il est essentiel de comprendre les différentes caractéristiques et pièces qui composent un foil de windsurf, comme tout autre foil d’ailleurs. Le foil vient se placer sous la planche de windsurf. C’est un morceau de carbone (ou d’aluminium ou encore de fibre de verre), avec des ailes, suspendu à l’arrière de votre planche. Ce foil vous permet de planer à 1 mètre au-dessus de l’eau en lightwind. L’objectif est bien sûr de réduire la traînée et d’augmenter les performances, permettant ainsi d'atteindre des vitesses impressionnantes même avec une brise légère.
Les matériaux de construction du foil jouent un rôle crucial dans ses performances et sa durabilité. Vous pourrez trouver des foils d’entrée de gamme en alu, à privilégier pour les débutants, et des foils haut-de-gamme en carbone. L'aluminium offre une robustesse appréciable pour les premiers contacts avec l'hydrofoil, tandis que le carbone, plus léger et rigide, est souvent réservé aux pratiquants plus expérimentés en quête de performance maximale. De nombreuses fabricants ont maintenant lancé des planches de wind avec des caractéristiques spécifiques pour augmenter les performances de vos manèges. Ces planches sont optimisées pour le vol, avec des volumes et des shapes adaptés à la portance du foil.
Concernant la voile, vous pouvez voler avec n’importe quel type de voile. Elle fonctionnera tant que vous pourrez générer suffisamment d’énergie pour que le foil pousse votre planche vers le haut et hors de l’eau. Cependant, de plus en plus de marques ont développé des voiles spécifiques pour le windfoiling. L’idée de ces voiles est de voler le plus rapidement possible, avec beaucoup de puissance générée par un pompage efficace, et de rendre la navigation confortable en améliorant la stabilité par temps rafaleux. En terme de surface, et à moins de peser 95kg, aucun intérêt de dépasser 8m2. Nul n'est besoin d'avoir 6 voiles pour faire du windfoil : 3 suffisent largement pour couvrir la plage de vent de 7 à 30 knt. Il faut aussi une choisir une surface suffisamment petite pour garder un pumping dynamique. Pour le light, privilégiez des voiles légères et dynamiques à de lourdes voiles de race. Encore plus qu'en windsurf, la légèreté et l'efficacité du mât sont des éléments très importants, bien plus que la performance pure de la voile, car ils influencent directement la maniabilité et la réactivité de l'ensemble. Pour donner une idée, un étagement de voile pour un gabarit de 78kg peut être de 7,8 - 6,7 - 5m, permettant une couverture étendue des conditions de vent.
Enfin, la question des straps se pose. Avec ou sans straps : les 2 fonctionnent. Les straps donnent plus de contrôle lorsqu'on progresse et prend de la vitesse, offrant un maintien sécurisant pour mieux transférer les appuis et gérer la planche en vol. Rester au-dessus de la planche, les pieds dans les straps (si on a des straps), est une position clé pour le contrôle.
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Les Premières Sessions : Fondations de l'Apprentissage
L'apprentissage du foil PREND DU TEMPS ! C'est un postulat qu'il faut intégrer dès le début sous peine de déception. Si vous avez appris le windsurf (et même si c'est loin), vous savez ce que c'est. Comme tout apprentissage, l'évolution se fait par marches, avec quelques fois des moments où vous aurez l'impression de stagner. Pour les premières sessions, l'idéal est de prendre un cours ou de louer du matériel école (mât de 65cm ; aile très porteuse). Ce matériel spécifique est conçu pour faciliter les premiers vols et minimiser la frustration. N’hésitez pas à prendre quelques cours avec des professionnels afin d’accélérer votre apprentissage. Ils vous donneront toutes les astuces pour progresser et profiter de la mer au maximum, et pourront corriger en direct les erreurs courantes.
La première erreur que font les gens est de commencer avec un vent trop faible, en pensant que le windfoiling est l’arme parfaite pour voler à 5 nœuds. Alors que 5 nœuds n’est pas assez pour un débutant, il devient très technique de voler à moins de 10 nœuds, en particulier la partie de pompage pour générer assez de puissance pour démarrer. Pour faire vos premiers vols le plus facilement possible, l'élément le plus important est le vent : privilégier un vent moyen régulier autour de 15 knt et une mer plate. Les meilleures conditions météorologiques pour démarrer sont un vent régulier de 12 à 15 nœuds avec de l’eau plate. Ce vent vous donnera assez de vitesse pour soulever la planche au-dessus de l’eau avec un minimum d’effort. Équipez-vous d'une voile de taille modérée, la plus légère possible, type Freeride 6m2. Nous vous recommandons de commencer à voler avec une voile relativement petite de 5 à 6 m et une vitesse constante de 12-15 nœuds. Elle vous semblera plus légère et plus maniable qu’une voile de 10 mètres ce qui vous aidera à apprendre plus rapidement.
Pour cette prise de contact avec le foil, votre première mission va être de ne pas décoller (si si, vous avez bien lu). Faites 2 ou 3 allers-retours en essayant de faire planer la planche sans faire décoller le foil. Dès que vous allez sentir que la planche veut s'élever, vous mettez votre poids sur le pied avant, et vous ouvrez un peu la voile. Le flotteur se repose, et vous pouvez recommander à border. Pendant les premières sessions, vous ne mettrez pas le pied dans le strap arrière, ce qui offre plus de liberté pour ajuster votre position.
Maîtriser le Vol : Assiette et Équilibre
Une fois cette phase d'apprivoisement passée, l'étape suivante va consister à laisser le flotteur s'élever très légèrement sur quelques mètres, puis à remettre le poids sur l'avant pour le reposer. Graduellement, vous allez répéter cette opération tout en allongeant petit à petit les vols. Durant toute cette phase, il va falloir surveiller 2 éléments : on reste parfaitement droit à l'aplomb de la planche, et on empêche la planche de s'élever à plus de 10-15cm de l'eau. À ce stade, exercez-vous à gérer l'appui pied avant / pied arrière en déplaçant votre bassin vers l'avant ou vers l'arrière (d'où l'intérêt de travailler sans harnais).
La gestion de l'assiette longitudinale se fait sans bouger les pieds : en transférant plus ou moins de poids dans le pied de mât, dans le pied avant et dans le pied arrière. Vous devrez seulement vous concentrer sur la position de votre corps et sur l’angle du gréement sur la planche pour contrôler la hauteur. Ce contrôle subtil du poids est la clé d'un vol stable et prolongé. On arrive très vite à voler, mais aller de quelques vols à une parfaite maîtrise de l'assiette du flotteur, et une dissociation entre les pieds (qui gèrent la planche et l'incidence du foil) et le haut du corps (qui gère le gréement et les allures) prend pas mal de temps. L'apprentissage foil met en œuvre beaucoup de proprioception ; les différents individus sont donc très inégaux devant cet apprentissage.
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Lorsque vous saurez déclencher à loisir le vol, et gérer des vols de plus de 200m, vous allez pouvoir descendre en taille de voile pour pouvoir être plus à l'aise dans les phases de vol. L'étape suivante sera de remettre votre harnais, et d'apprendre à gérer le vol malgré une position plus bloquée par le harnais. Cela représente un nouveau défi, nécessitant d'adapter les transferts de poids et la gestion de la voile. En général, un windsurfer moyen devrait être capable de « windfoiler » dans les deux premières heures. Après 3-4 séances, vous devriez être capable d’effectuer des navigations aller-retour en toute détente et sous contrôle.
L'Art du Pumping en Windfoil : Dynamiser sa Navigation
Maîtriser le pumping est tout un art ! Il faut s’entraîner et acquérir une technique qui vous permettra de donner une dynamique à vos départs et à votre navigation en général. Le but est d’accumuler de la puissance dans la voile sans toucher à l’assiette du flotteur. Le foil-windsurf est une discipline à part entière ; nous allons vous expliquer en quelques étapes comment pomper sur le foil.
Il est important que la carène soit bien à plat sur l’eau pendant la manœuvre. L’intensité et l’énergie ne doivent en aucun cas affecter l’écoulement de l’eau le long du shape. Démarrez bien droit sur vos appuis ; l’objectif est d’augmenter la puissance dans la voile. Le haut du corps doit être en mouvement tandis que le bas du corps appuie et équilibre le flotteur. Un conseil : dès que votre flotteur est lancé, il va falloir coupler le « pumping voile » au « pumping jambe », sur les ailes du foil. La manipulation à réaliser est la suivante : lorsque vos bras amènent la voile vers le corps, vos jambes devront appuyer de manière verticale sur la planche. Réitérez l’opération en prenant soin de bien se maintenir au-dessus du foil. La stabilité se ressentira au fur et à mesure que vous prendrez de la vitesse, signe que le pumping est efficace et que le foil commence à générer la portance nécessaire.
Le processus pour pomper en foil n’est pas très compliqué, mais il demande une certaine capacité à effectuer des mouvements en simultané. Il y a des automatismes à adopter pour pouvoir réussir cette manœuvre et à ce qu’elle soit efficace. En effet, vous pouvez rapidement arriver à pomper en foil, mais si cela n’est pas correctement exécuté, la performance sera limitée. Vous ne gagnerez pas en vitesse et ne parviendrez pas à dynamiser votre navigation. Si vous rencontrez des difficultés, persévérez et continuez vos entraînements. L’enchaînement des essais est la clé de la réussite ! Un pumping correctement exécuté est essentiel pour décoller dans des vents plus faibles et maintenir le vol.
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