Voile de Foc ou Spi : Quelles sont les Différences ?

Les voiles sont l'un des moyens les plus anciens et les plus élégants de se déplacer sur l'eau. Depuis des siècles, des navigateurs du monde entier naviguent grâce à la puissance du vent. La voile nautique est un art qui a évolué au fil des siècles, avec des innovations dans le design, la conception et la technologie qui ont permis aux marins de naviguer plus efficacement et plus sûrement. La plupart des voiliers sont gréés en sloop, ce qui signifie qu’ils sont composés de deux voiles triangulaires, la grand-voile, à l'arrière du mât, et la voile d’avant.

J2, tourmentin, Spi, Gennaker… Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand les marins parlent de leurs voiles. Les skippers inscrits au Vendée Globe peuvent emporter jusqu’à 8 voiles sur leurs bateaux. Sans un bon jeu de voiles, votre bateau ne sera jamais qu’une caravane flottante. Il restera peut-être confortable au port et au moteur, mais en navigation, vous risquez de vite vous ennuyer ou de vivre des moments désagréables.

Dans cet article, nous explorerons les différences entre le foc et le spi, deux types de voiles d'avant essentiels pour la navigation à voile. Nous aborderons également d'autres voiles couramment utilisées sur les voiliers modernes.

Les Différents Types de Voiles

Un voilier utilise plusieurs types de voiles pour avancer, mais aussi pour être bien équilibré. Suivant votre programme, et le type de navigation, vous serez amené à porter de la toile de façon différente. Les voiles sont le moteur d’un voilier. Mais hisser ces dernières, et tenter de les régler correctement n’est pas suffisant pour optimiser votre navigation. De plus, si vous commencez à vous intéresser à la régate et/ou commencez à prendre la mer par n’importe quel temps, bien choisir ses voiles devient important.

La Grand-Voile

Présente sur la quasi-totalité des voiliers de plaisance, la grand-voile est facilement reconnaissable car elle est située à l’arrière du mât. C’est la voile principale d’un voilier à mât unique, elle mesure généralement 21 mètres carrés et a une forme triangulaire. La grand-voile est essentielle à la navigation et permet de diriger le bateau et de contrôler sa vitesse, en se gonflant ou en se réduisant. La grand-voile est accrochée à la tête du mât avec une drisse, un bout qui permet de modifier la forme de la grand-voile. Son utilisation est simple, sur certains bateaux, elle se hisse même à l’aide d’un rail ce qui facilite encore plus son maniement.

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En terme marin on parle de prendre des ris (les IMOCA ont 3 ris.). Les grand-voiles sont maintenues par des lattes rigides qui permettent d’ améliorer le profil de la voile et sa prise au vent.

Pour protéger la grande voile des UV du soleil et de la lune, on la range le soir dans une housse appelée taud. On plie la GV en accordéon sur la bôme, puis le taud la recouvre. Notez qu’il existe un autre système de rangement composé d’un sac qui reste en place sur la bôme (lazy bag) et de cordes (lazy jack) qui permettent de diriger la chute de la voile directement dans le lazy bag.

Les Voiles d'Avant

Quand on parle de voiles d’avant, on parle généralement de foc. Or, sans être qualifié pour donner un avis terminologique et historique, il serait plus juste de considérer le foc comme une voile à part. Le choix de la voile d’avant d’un bateau dépend de plusieurs facteurs : le type de voilier, le contexte d’utilisation de cette dernière (croisière, tour du monde, régate), le niveau de navigation de l’équipage et du skipper (facilité d’utilisation), les performances désirées (confort, rapidité), mais aussi du budget disponible. Il existe plus d’une dizaine de voiles d’avant, mais nous nous concentrerons sur les plus utilisées.

Le Génois

Le génois est la voile d’avant la plus grande, une voile trapézoïdale, souvent utilisée pour naviguer à des allures de croisière en voilier en haute mer. Il est constitué de Dacron, un textile synthétique qui permet une grande rigidité et une robustesse de la toile. C’est une voile de près, utilisée lorsque le bateau est situé à moins de 40 degrés du vent.

Le taux de recouvrement du génois est supérieur à 100%, cela signifie que sa hauteur atteint la tête du mât et que sa largeur occupe l’espace entre le mât et le nez du bateau. Les avantages du génois sont sa facilité à manœuvrer et sa souplesse. Néanmoins, son coût est élevé lors de l’achat et de l’entretien.

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Le génois est très utilisé. Il est souvent installé sur un enrouleur, autour de l’étai : cela permet de pouvoir le dérouler tout en restant à l’intérieur du cockpit sans avoir à aller hisser la voile à l’avant. Son recouvrement est de 100% (la voile va jusqu’au mât, mais ne le dépasse pas).

Le Foc

Le foc est une voile plus légère et plus petite que le génois. Sa particularité est qu’il ne remonte pas jusqu’en haut du mât, ce qui le rend facilement reconnaissable. Il est aisément maniable grâce à sa forme creuse qui lui permet d’éviter les transitions violentes quand le voilier se situe de travers. L’avantage d’avoir une voile creuse et non raide est qu’elle se dégrade beaucoup moins rapidement, néanmoins, le bateau sera beaucoup plus lent durant la navigation. Le foc est donc une voile idéale pour naviguer à un rythme de croisière, proche des côtes. Son prix est logiquement moins élevé que celui des autres voiles grâce à sa superficie. De plus, sa durée de vie est d’environ 5 ans, cependant elle peut s'abîmer rapidement face à des rafales de vents.

Le foc a l’avantage d’avoir une forme creuse, comme le génois, mais de taille plus petite. Il sera donc plus facile à manœuvrer lors des virements de bord. Certains croiseurs habitables récents sont équipés d’un foc auto-vireur qui facilite la manœuvre.

Le Solent

Le solent est une voile d’avant de taille intermédiaire entre le génois et le foc, son recouvrement monte jusqu’à la tête du mât mais n’est pas aussi large que le génois. Ce dernier est une voile raide, ce qui signifie que la voile ne se gonfle pas lorsqu'elle prend le vent, et donc qu’elle est bien plus performante. Il est souvent utilisé en régate grâce à la vitesse qu’il permet d’atteindre. Le solent est cependant difficile à manier et à hisser de par de son poids important émanant de sa taille et de sa composition en polyester bien plus dense que les autres voiles. Par ailleurs, cette voile se détériore rapidement car le vent détend les tissus et qu’elle se plie lorsqu’elle est enroulée.

Le solent est une voile intermédiaire. Cette voile d’avant est souvent utilisée en régate. Et pour cause, si un génois peut être enroulé, après 2 ou 3 tours, sa forme n’est plus optimale. Le solent sera donc hissé à la place du génois, notamment au près.

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La Trinquette

La trinquette est une voile de taille inférieure au foc. Cependant, contrairement au foc, cette voile ne s’installera pas sur l’étai principal. La trinquette doit être portée plus près du mât pour être efficace. Les voiliers les plus anciens étaient équipés d’un second étai.

Plus petite que la trinquette, cette voile de 65 m2 est prévue pour le gros temps.

Le Tourmentin

Le tourmentin est une petite voile, semblable à un foc, qui est constitué de tissu épais et conçu pour être très résistant. Malheureusement lorsqu’on le hisse, ce n’est pas bon signe. C’est en effet une voile de tempête que l’on dresse durant les vents puissants qui risquent de déchirer les autres voiles. Facile à transporter, on le retrouve souvent dans la cale des voiliers de navigateurs réguliers pour qui, sortir durant des vents de force 5 est une partie de plaisir. Il est d’ailleurs conseillé d’en avoir un dans tous les voiliers en cas de rafales imprévues.

Elle mesure environ 50 m2 et peut s’affaler. C’est un tout petit foc obligatoire dans le règlement.

Les Spinnakers

Les voiliers peuvent aussi comporter un spinnaker ou “spi”. Cette sorte de voile ressemble à un parachute, on la hisse lorsque l’on souhaite que le voilier navigue à des allures importantes, en recevant le vent à l’arrière. Contrairement aux autres voiles, le spi n’est pas forcément fixé sur l’étai.

Le spi reste la plus grande voile du bord (400 m2 ). Il est utilisé entre 7 et 15 noeuds de vent.

Il existe 2 types de spi, le spi symétrique et le spi asymétrique. Le textile utilisé pour le spinnaker est l’un des facteurs essentiels qui lui permet sa légèreté. Le spi symétrique est généralement fait en nylon, alors que le spi asymétrique lui, est fait de polyester.

Le Spinnaker Symétrique

Un spinnaker symétrique est idéal pour naviguer aux allures grand-largue et par vent d’arrière. Il offre une grande vitesse, ce qui est idéal pour les voiliers mais aussi les catamarans, néanmoins il nécessite des compétences de manœuvrabilité supérieure à celles du spi asymétrique. Le spinnaker symétrique peut être hissé avec son point de drisse en haut du mât et une poulie ou des bouts.

Le spi symétrique est le spi le plus commun, en croisière. C’est celui-ci qui peut effrayer les débutants par ses différentes manœuvres pour le gréer. Il se règle grâce à une balancine et le hale-bas de tangon ainsi qu’au bras et à l’écoute.

Le Spinnaker Asymétrique

Le spinnaker asymétrique est plus récent que le symétrique. Il fût conçu spécialement pour la course. Sa particularité est qu’il est beaucoup moins creux que le spi symétrique, ce qui lui permet d’être encore plus rapide. Par ailleurs, ce dernier ne navigue pas par vent d’arrière, mais uniquement par grand-largue ou vents de travers.

Le spi asymétrique est arrivé à bord de nos voiliers, il y a plusieurs années maintenant. Il est apprécié, en croisière, pour sa simplicité d’utilisation. Contrairement au spi symétrique, le point d’amure est pris sur un bout-dehors, fixe. Il n’y a plus besoin de tangon. Il est souvent installé dans une chaussette facilitant encore plus les manœuvres.

Le Gennaker

Le gennaker est un spi un peu différent des deux premiers. Cette voile se situe, dans sa coupe et son creux, entre le génois et le spi. Le gennaker est un spi asymétrique, moins creux.

Le Grand Gennaker mesure un peu moins de 300m2, c’est la plus grande des voiles pouvant être enroulée.

Différences Clés entre Foc et Spi

La principale différence entre le foc et le spi réside dans leur utilisation et leur conception. Le foc est une voile d'avant polyvalente, utilisée principalement pour la navigation au près (vent venant de l'avant) ou au bon plein (vent venant légèrement de côté). Le spi, en revanche, est une voile spécifiquement conçue pour la navigation au portant (vent venant de l'arrière).

Forme et Conception

  • Foc: De forme triangulaire, le foc est une voile relativement plate, conçue pour fendre le vent et générer de la portance. Il est généralement fabriqué dans des tissus résistants comme le Dacron ou le polyester.

  • Spi: De forme plus arrondie et ample, le spi ressemble à un parachute. Il est fabriqué dans des tissus légers comme le nylon, optimisés pour capturer le vent et maximiser la propulsion lorsque le vent vient de l'arrière.

Allures de Navigation

  • Foc: Utilisé principalement au près et au bon plein, le foc permet de remonter au vent et de maintenir une vitesse correcte dans des conditions de vent modérées à fortes. En courses les focs (voiles d’avant) se nomment J (J1 à J3). Initiatives-Cœur sous Solent. Le J1 est le plus grand foc (140 m2) Cette voile va jusqu’au mat mais ne le dépasse pas C’est la voile que l’on met quand le vent vient de devant (allure de près pour les experts). Le J2 fait 100m2. C’est la voile qui reste toujours en place, elle est enroulée sur l’étai qui tient le mât.

  • Spi: Utilisé au portant, le spi maximise la vitesse du bateau en capturant le vent et en le transformant en propulsion. Il est particulièrement efficace par vents faibles à modérés.

Manœuvres

  • Foc: Les manœuvres de foc sont relativement simples, impliquant généralement le réglage des écoutes (cordages contrôlant l'angle de la voile) et le déplacement du point de tire (point d'attache de l'écoute).

  • Spi: Les manœuvres de spi sont plus complexes et nécessitent une coordination précise de l'équipage. Elles impliquent l'utilisation d'un tangon (espar maintenant le spi ouvert), de bras et d'écoutes, ainsi que d'une balancine et d'un hale-bas de tangon pour contrôler la forme et l'angle de la voile. Aujourd’hui, il existe des systèmes qui permettent de faciliter les manœuvres. Je pense à la chaussette à spi, qui permet de faciliter, non seulement l’envoi du spi, mais aussi l’affalage.

Autres Voiles d'Avant

Outre le foc et le spi, d'autres voiles d'avant sont couramment utilisées sur les voiliers modernes :

  • Génois: Une voile plus grande que le foc, offrant une puissance supplémentaire dans des conditions de vent légères à modérées. Le génois peut être porté assez longtemps, en fonction de la force de vent.

  • Solent: Une voile intermédiaire entre le foc et le génois, offrant un bon compromis entre puissance et maniabilité.

  • Trinquette: Une petite voile d'avant, utilisée dans des conditions de vent fort pour stabiliser le bateau et améliorer sa capacité à remonter au vent.

  • Code 0: Une voile de petit temps qui va au bout du bout dehors et en tête de mât. Cette voile de 200 m2 est utilisée quand il y a de la brise (25 à 35 nœuds de vent).

Conseils pour le Choix et l'Entretien des Voiles

  • Choisir la bonne voile: Il est crucial de choisir la voile adaptée aux conditions de vent et à l'allure de navigation. Une voile mal adaptée peut réduire les performances du bateau, voire endommager la voile elle-même. La réponse dépend de vos observations bien sûr, mais elle est généralement liée au plan de voilure de votre bateau et à sa carène. Ces critères seront encore affinés selon votre programme de navigation et votre façon de naviguer. Néanmoins la polyvalence a ses limites: plus la plage d’utilisation d’une voile est étendue, moins elle sera performante.

  • Entretenir les voiles: Les voiles sont un investissement important, il est donc essentiel de les entretenir correctement pour prolonger leur durée de vie. Des voiles bien entretenues dureront plus longtemps, comme tout bien matériel. Elles ne réclament pas tant d’attention cependant. Il faut les préserver du soleil en les couvrant de tauds quand elles ne servent pas, y compris lors d’escales d’une nuit. Certains tissus n’aiment pas les pliures qui cassent les fibres à la longue, notamment ceux composés de mylar. Enfin au fil des années des coutures s’abiment, la chute et les goussets de lattes s’usent, c’est normal. Voilà un autre secret de la longévité des voiles.

Voici quelques conseils pour l'entretien des voiles :

  • Rincer les voiles à l'eau douce après chaque utilisation pour éliminer le sel et les impuretés.
  • Laisser sécher les voiles complètement avant de les plier et de les ranger.
  • Vérifier régulièrement les coutures, les œillets et les renforts, et faire réparer les dommages dès qu'ils sont détectés.
  • Stocker les voiles dans un endroit sec et aéré, à l'abri du soleil et de l'humidité.

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