Voile de mauvais temps : Définition et utilisation

La voile de mauvais temps, également appelée voile de cape, est une voile réduite utilisée par un navire pour naviguer dans des conditions météorologiques défavorables. Son objectif principal est de permettre au bateau de maintenir sa stabilité et sa manœuvrabilité face aux éléments déchaînés.

Les différentes voiles d'avant

Avant d'aborder plus spécifiquement la voile de mauvais temps, il est utile de rappeler les différentes voiles d'avant que l'on peut trouver sur un voilier :

  • Foc: C'est la voile d'avant triangulaire endraillée, c'est-à-dire fixée au moyen de crochets (mousquetons) sur un étai. Un grand foc est souvent appelé génois.
  • Génois: Un grand foc recouvrant une partie du mât. Il est très utilisé et souvent installé sur un enrouleur, ce qui permet de le dérouler facilement depuis le cockpit.
  • Tourmentin: C'est le plus petit foc, spécialement conçu pour le mauvais temps.
  • Spinnaker: Voile légère et très creuse utilisée par vent arrière pour augmenter la surface de voilure. Il n'est pas endraillé. On utilise parfois le terme de spi, diminutif de spinnaker. Un espar appelé tangon est utilisé du côté au vent pour tenir écarté le spi.
  • Trinquette: Voile endraillée sur le bas-étai, donc située derrière le foc.

Dans la marine traditionnelle, les focs étaient des voiles d'étai triangulaires établies entre le mât de beaupré (ou le bout-dehors) et le mât vertical qui le suit. On distinguait alors, de l'avant vers l'arrière du navire, le clinfoc, le grand foc, le petit foc, le faux foc et, sur certains navires, la trinquette.

Le tourmentin : la voile de mauvais temps par excellence

Le tourmentin est donc la voile de mauvais temps par excellence. De petite taille et de construction robuste, il est conçu pour résister aux vents forts et aux vagues importantes. Sa petite surface permet de réduire la pression du vent sur le bateau et de faciliter la manœuvre.

Cape et mise à la cape

L'expression "voile de cape" est également liée à la manœuvre de "mise à la cape". Mettre à la cape est une technique utilisée par les navigateurs pour affronter le mauvais temps. Elle consiste à positionner le bateau de manière à ce qu'il offre le moins de résistance possible au vent et aux vagues, tout en conservant une certaine manœuvrabilité.

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CAPE2, subst. fém.MAR. Position en travers du vent, combinée avec une voilure ou une vitesse réduite, et prise par un navire par très mauvais temps pour éviter les coups de mer. Être, mettre à la cape, prendre la cape. Nous essayerons de tenir la cape avec la grand'voile au bas ris (Sue, Atar Gull,1831, p. 3).

Il existe différentes manières de mettre à la cape, mais l'une des plus courantes consiste à choquer (relâcher) une voile d'avant (souvent le foc ou le tourmentin) et à border (tendre) la grand-voile au maximum. Cette configuration permet au bateau de se maintenir quasiment immobile, face au vent, en limitant sa dérive.

On parle de "cape sèche" lorsque le bateau est à sec de toile, c'est-à-dire sans aucune voile déployée.

Utilisation de la voile de cape

La voile de cape est utilisée dans les situations suivantes :

  • Vent fort: Lorsque le vent devient trop fort pour naviguer avec les voiles habituelles, la voile de cape permet de réduire la surface de voilure et de maintenir le contrôle du bateau.
  • Mer agitée: Dans une mer formée, la voile de cape contribue à stabiliser le bateau et à réduire les mouvements brusques.
  • Attente: La voile de cape peut être utilisée pour attendre l'amélioration des conditions météorologiques ou pour se reposer.

Autres considérations

Il est important de noter que la navigation par mauvais temps est une affaire sérieuse qui requiert de l'expérience et une bonne préparation. Avant de s'aventurer dans des conditions difficiles, il est essentiel de :

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  • Vérifier la météo: Consulter les prévisions météorologiques et être attentif aux alertes.
  • Préparer le bateau: S'assurer que le bateau est en bon état et que l'équipement de sécurité est complet et fonctionnel. Il est crucial de disposer d’un capot de descente suffisamment solide pour ne pas être enfoncé par une vague plus haute que les autres.
  • Adapter la voilure: Réduire la voilure progressivement en fonction de la force du vent.
  • Connaître les techniques de navigation par mauvais temps: S'entraîner à la mise à la cape et à d'autres manœuvres d'urgence. "Barrer à la vague" c’est barrer en fonction des vagues qui arrivent. Quand le bateau monte sur la vague, au portant, il part naturellement “au lof” (il tend à vouloir se rapprocher de l’axe du vent).

Lexique maritime

Pour mieux comprendre les termes utilisés dans cet article, voici quelques définitions supplémentaires :

  • Bordure: Le bord inférieur d'une voile.
  • Bôme: Pièce de bois ou de métal fixée au mât et servant à maintenir le bas de la grand-voile.
  • Chute: Le bord arrière d'une voile.
  • Cunningham (Oeil de): sert à regler la tension sur le guindant de la grand voile
  • étai: Câble métallique reliant le haut du mât à l'avant du bateau.
  • Guindant: Le bord avant d'une voile.
  • Oeillet de ris: Anneaux qui permettent de réduire la taille de la grand-voile pour recevoir moins de vent (on dit prendre un ris).
  • Penon: C’est un bout de laine ou un ruban de tissu qui permet de voir si vos réglages de voile sont justes.
  • Latte: On place des lattes rigides sur le tissu de la GV pour améliorer son profil.
  • Garcettes: Il s’agit de petits bouts de cordes qui permettront d’enrouler la voile à mi-hauteur lorsqu’on prendra un ris.
  • Croc de ris: Sert à fixer le point d'amure lors de la prise de ris.
  • Hisser: Action de monter une voile, une charge. l’expression hisser le foc vient de l’arabe « ézz al fog » qui veut dire tirer vers le haut.
  • Lof (aller au lof): Tourner le bateau de façon à ce que le vent vienne sur l’avant.
  • Taude: Pour protéger la grande voile des UV du soleil et de la lune, on la range le soir dans une housse appelée taud. On plie la GV en accordéon sur la bôme, puis le taud la recouvre. Notez qu’il existe un autre système de rangement composé d’un sac qui reste en place sur la bôme (lazy bag) et de cordes (lazy jack) qui permettent de diriger la chute de la voile directement dans le lazy bag.
  • Trainard: Un trainard est différent d’une ancre flottante. Ce système est constitué de dizaines de petits “cônes” synthétiques agissant comme des écopes dans le sens opposé à la marche du bateau. Ces systèmes ressemblent à des ancres flottantes qui seraient constituées de bandes de sangles et non de toile.
  • Godille: aviron qui se manipule depuis l’arrière du bateau, en faisant un mouvement en huit. La godille permet à un marin seul de déplacer une embarcation, même assez lourde.
  • Embardée: Chavirage du bateau par l’avant, la proue s’enfonçant profondément dans l’eau au-delà du point d’équilibre si bien que la coque se retourne complètement.

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