Voiles Arrière Bateau Fonctionnement : Guide Complet

La voile est un art ancestral qui a permis aux navigateurs du monde entier de se déplacer sur l'eau en utilisant la puissance du vent. Comprendre le fonctionnement des voiles, en particulier des voiles d'arrière, est essentiel pour optimiser la performance d'un bateau et profiter pleinement de la navigation. Cet article explore en détail les différents types de voiles, leur fonctionnement et leur réglage en fonction des allures.

Introduction aux Voiles et Allures

Avant de plonger dans le détail des voiles d'arrière, il est important de comprendre les bases du fonctionnement d'une voile et les différentes allures d'un voilier. Une voile fonctionne en créant une différence de pression entre ses deux faces, ce qui génère une force propulsive. Le réglage des voiles est crucial pour optimiser cette force et adapter le bateau à l'allure souhaitée.

L'allure correspond à la direction que prend le bateau par rapport à la direction du vent. Les allures les plus courantes sont :

  • Vent debout : Direction impossible à prendre directement face au vent. Les voiles faseyent.
  • Près : Allure pour remonter le vent. La voile est presque dans l'axe du bateau. Si on se rapproche du vent debout, cette allure est appelée près serré.
  • Bon plein : Allure intermédiaire entre le près et le travers.
  • Travers : Le vent arrive sur le côté du bateau.
  • Largue : Allure portante où le vent arrive de trois quarts arrière.
  • Vent arrière : Le vent vient directement de l'arrière du voilier. La grand-voile est complètement ouverte.

Les Voiles d'Avant : Génois, Foc, Solent et Tourmentin

Les voiles d'avant jouent un rôle crucial dans la performance d'un voilier. Le choix de la voile d’avant dépend de plusieurs facteurs, tels que le type de voilier, le contexte d’utilisation (croisière, régate), le niveau de l’équipage, les performances désirées et le budget. Parmi les voiles d'avant les plus courantes, on trouve :

  • Le génois : C'est la voile d’avant la plus grande, de forme trapézoïdale. Il est généralement utilisé pour la croisière en haute mer. Il est constitué de Dacron, un textile synthétique assurant rigidité et robustesse. Le génois est une voile de près, utilisée lorsque le bateau est à moins de 40 degrés du vent. Son recouvrement est supérieur à 100%, atteignant la tête du mât et occupant l’espace entre le mât et le nez du bateau. Il est facile à manœuvrer et souple, mais son coût est élevé.
  • Le foc : Plus léger et plus petit que le génois, le foc ne remonte pas jusqu’en haut du mât. Il est facilement maniable grâce à sa forme creuse, évitant les transitions violentes. Son avantage est une dégradation moins rapide, mais le bateau sera plus lent. Idéal pour la croisière côtière, son prix est moins élevé, et sa durée de vie est d’environ 5 ans, bien qu'il puisse s'abîmer rapidement face à des rafales de vents.
  • Le solent : Voile d’avant de taille intermédiaire entre le génois et le foc, son recouvrement monte jusqu’à la tête du mât mais n’est pas aussi large que le génois. C'est une voile raide, donc plus performante, souvent utilisée en régate. Cependant, il est difficile à manier et à hisser en raison de son poids important et se détériore rapidement.
  • Le tourmentin : Petite voile en tissu épais, conçue pour résister aux tempêtes. Voile de tempête, elle est utilisée durant les vents puissants qui risquent de déchirer les autres voiles. Facile à transporter, elle est souvent présente sur les voiliers de navigateurs réguliers.

On peut aussi parler de la trinquette qui est une petite voile qui s'installe sur un étai plus proche du mât à fin d'être le plus efficace. L'étai est souvent démontable, ce que l'on appelle un étai largable.

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Les Spinnakers : Spi Asymétrique et Symétrique

Les spinnakers, souvent appelés "spi", sont des voiles indispensables pour les allures portantes (vents arrière ou de côté). Ils ressemblent à des parachutes et sont hissés pour maximiser la vitesse du voilier lorsque le vent vient de l'arrière. Il existe deux principaux types de spinnakers :

  • Spinnaker symétrique : Idéal pour naviguer aux allures grand-largue et par vent d’arrière. Il offre une grande vitesse, ce qui est idéal pour les voiliers mais aussi les catamarans, néanmoins il nécessite des compétences de manœuvrabilité supérieure à celles du spi asymétrique. Le spinnaker symétrique peut être hissé avec son point de drisse en haut du mât et une poulie ou des bouts. Il est le plus commun, mais aussi le plus difficile à mettre en place et à manœuvrer. Il est hissé avec un tangon pour le maintenir écarté, et les réglages se font grâce à un hale-bas et un hale-haut de tangon, ainsi qu'une écoute et un bras pour le maintenir gonflé.
  • Spinnaker asymétrique : Plus récent, il a été conçu spécialement pour la course. Sa particularité est qu’il est beaucoup moins creux que le spi symétrique, ce qui lui permet d’être encore plus rapide. Par ailleurs, ce dernier ne navigue pas par vent d’arrière, mais uniquement par grand-largue ou vents de travers. Il est de plus en plus utilisé car très facile à mettre en œuvre. Le gennaker est un spi asymétrique moins creusé, proche de la coupe d'un génois.

Aujourd'hui, il existe plusieurs autres types de voiles d'avant comme le code 0, plus petit et plus léger qu'un gennaker. Pour faciliter leur mise en place et leur affalement, ils sont souvent montés sur des emmagasineurs ou dans des chaussettes.

Réglage des Voiles en Fonction des Allures

Le réglage des voiles est un élément clé pour optimiser la performance du bateau en fonction de l'allure. Voici quelques principes de base :

  • Près : Aux allures de près, le but est de border les voiles à la limite du faseyement, lorsqu’elles sont juste gonflées. Le génois très bordé dévie les filets d’air sur la grand-voile. Les penons (petits rubans ou brins de laine) doivent être horizontaux pour une puissance maximale. La voile d’avant est réglée en premier, car elle dévie les filets d’air sur la grand-voile.
  • Portant : Au portant, les écoulements de l’air sur le génois et la grand-voile deviennent turbulents. Les voiles sont alors plainement choquées, et la voile d'avant est du côté opposé à la grand voile, c'est à dire en ciseau.

Si une voile n’est pas totalement gonflée, elle n’est pas totalement propulsive. À l’inverse, une voile trop bordée perd aussi de sa puissance.

Vocabulaire Essentiel

Pour bien comprendre le fonctionnement des voiles, il est important de connaître le vocabulaire de base :

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  • Chute : Bord libre de la voile.
  • Bordure : Bord inférieur de la voile.
  • Guindant : Bord avant de la voile, fixé au mât ou à l'étai.
  • Oeillet de ris : Anneaux permettant de réduire la taille de la grand-voile pour diminuer sa surface exposée au vent.
  • Penon : Petit bout de laine ou ruban de tissu indiquant si les réglages de voile sont corrects.
  • Latte : Insérée dans la grand-voile pour améliorer son profil.
  • Garcettes : Petits bouts de cordes pour enrouler la voile lors de la prise de ris.
  • Oeil de Cunningham : Point de fixation pour régler la tension du guindant de la grand-voile.
  • Croc de ris : Crochet pour fixer le point d'amure lors de la prise de ris.
  • Taud : Housse pour protéger la grand-voile des UV.
  • Lazy bag : Sac restant en place sur la bôme pour faciliter le rangement de la grand-voile.
  • Lazy jack : Cordes dirigeant la chute de la voile directement dans le lazy bag.

Manœuvres Importantes

  • Virement de bord : Action de faire passer l'avant du bateau face au vent pour changer d'amure.
  • Empannage : Manœuvre similaire au virement de bord, mais réalisée vent arrière.
  • Prendre un ris : Réduire la surface de la grand-voile en utilisant les oeillets de ris et les garcettes.

Autres Types de Voiliers et Gréements

Outre le sloop, qui est le gréement le plus courant, il existe d'autres types de voiliers et de gréements :

  • Cutter : Gréement avec un mât et une grand-voile, mais le mât est légèrement plus avancé pour permettre l’utilisation de deux voiles d’avant sur deux étais différents.
  • Ketch et Yawl : Voiliers avec deux mâts, un mât principal et un mât d’artimon. Dans le cas du Ketch, le mât d’artimon est plus petit et se trouve derrière le mât principal. Le mât d’artimon de la yole est lui situé derrière le safran.
  • Voile aurique : Voile à quatre côtés avec une forme trapézoïdale, attachée à un espar supplémentaire au sommet appelé vergue.
  • Gréement carré : Gréement dont les principales voiles sont carrées.

Quilles et Safrans

La quille et le safran sont des éléments essentiels pour la stabilité et la direction du voilier :

  • Quille : Épine dorsale de la structure du bateau, elle maintient le navire à l’endroit et réduit la dérive. Il existe différents types de quilles, comme la quille aileron (la plus commune), la quille longue avec bulbe (pour les voiliers de course) et les biquilles (pour la stabilité à marée basse).
  • Safran : Permet de diriger le voilier. Il peut être contrôlé par une barre à roue ou une barre franche. On trouve des safrans fixés à la quille, des safrans suspendus et des safrans doubles (sur les catamarans).

Multicoques

Les multicoques (catamarans et trimarans) sont des bateaux avec plusieurs coques, connus pour leur stabilité et leur capacité à naviguer à des vitesses élevées. Ils ont généralement deux safrans reliés entre eux pour un meilleur contrôle.

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