L'Ère de la Glisse en Vol : Une Révolution dans les Sports Nautiques
Pour ceux qui sont en retard d’une guerre, le foil est le nom donné à un appendice qui remplace l’aileron. Ce dispositif, un morceau de carbone (ou d’aluminium ou encore de fibre de verre), avec des ailes, se suspend à l’arrière de votre planche de windsurf. Il permet de planer à environ un mètre au-dessus de l’eau, en particulier dans des conditions de vent léger. L’objectif principal du foil est de réduire la traînée et d’augmenter significativement les performances.
Les plus anciens d’entre nous ont probablement connu la véritable « Planche à voile » avec laquelle on naviguait en « déplacement ». Ce terme désigne les embarcations qui flottent parce que leur volume est plus important que leur poids. Lorsqu’elles avancent, ces embarcations déplacent un volume d’eau équivalent à leur poids, un mode de navigation qui est plutôt lent. Il y a une bonne vingtaine d’années, le funboard a été inventé, proposant un nouveau mode de navigation : le planning. Cette fois, la planche n’est plus portée par son volume mais par une portance générée grâce à la vitesse. Ce mode a démultiplié la vitesse et, surtout, les sensations, grâce à une résistance à l’avancement beaucoup plus faible, introduisant la notion de glisse.
Le windfoil, ou windsurf à foil, représente la nouvelle génération de glisse. Après la navigation en déplacement puis au planning, on passe désormais à une navigation en vol. Les sensations de glisse font encore un bond en avant, en particulier grâce à une diminution drastique de la traînée. Et qui dit moins de traînée, dit moins de puissance vélique nécessaire, plus de légèreté, et une nouvelle dimension dans la pratique.
La grande question du moment est de savoir si le windfoil est une nouvelle mode ou une évolution irrémédiable. En prenant un peu de recul, on a observé le même type de réaction lors de l’arrivée du funboard : beaucoup de compétiteurs en planche open dénigraient le funboard avant d’y passer ou d’abandonner. La transition a pris des années. Au final, il est fort à parier que l’évolution vers le windfoil sera irréversible, même si elle prendra du temps. Le foil ajoute un tout nouveau mode de navigation ; tout va plus vite, les sensations sont différentes. Il s’agit d’un véritable renouveau de la pratique, qui a même permis le retour de certains kiteurs au windsurf/windfoil, modernisant ainsi un sport en constante évolution.
Comprendre le Fonctionnement et l'Équipement du Windfoil
Les Principes Aérodynamiques du Vol sur l'Eau
Le fonctionnement du foil repose sur des principes aérodynamiques appliqués sous l'eau. L’ensemble du poids du pilote et de sa monture dépasse souvent les 100 kg. Cela signifie que l’aile du foil doit générer une portance de plus de 100 kg pour une envergure d'environ 70 cm et une corde de 12 cm.
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Tous ceux qui passent au windfoil se rendent très vite compte que l’engin est bien plus simple à maîtriser dans peu de vent et à vitesse faible et moyenne (entre 12 et 15 nœuds, avec des voiles de 5,2 à 6,5 m²). Si on analyse le fonctionnement du foil à petite vitesse, on a un équilibre stable : quand on appuie sur le pied arrière, cela occasionne une augmentation de la portance et fait monter le foil. Mais en même temps, cela occasionne une augmentation de la traînée, ce qui a pour effet de freiner et de faire baisser la portance. À plus haute vitesse, l’inertie supérieure de l'ensemble rend la baisse de vitesse beaucoup plus faible et le foil a vite tendance à sortir de l’eau si on ne corrige pas la balance de poids entre les deux pieds.
Le Flotteur : Support Essentiel pour le Vol
Pour débuter le windfoil, la plupart des windsurfeurs voudront se rassurer en limitant leur investissement et en leur permettant de revenir au windsurf classique. Il existe déjà pas mal de littérature à ce sujet sur les forums ou les sites des marques de foil.
Le choix du flotteur est primordial. La plupart des foils nécessitent un boîtier d’aileron de type Deep Tuttle. Si vous désirez utiliser une planche équipée d’un Powerbox, il faudra soit revendre votre flotteur, soit faire remplacer le boîtier. Cependant, si votre flotteur est déjà équipé d’un Deep Tuttle, il n'y a aucune urgence : naviguez comme cela, et si le boîtier avoue une faiblesse, il sera toujours temps de le remplacer. Dans le cas des foils possédant une platine sous la carène (type Zeeko), les contraintes sont moins importantes, ce qui peut éviter de devoir renforcer le boîtier. Sur les foils de série bien conçus, aucune casse n’a été notée. Il faut bien évidemment éviter de taper dans un rocher ou de racler le fond, mais c'est la même chose avec les ailerons de slalom. Lors de vos débuts, il est très fortement conseillé de mettre des protections sur le nez de la planche et/ou un déviateur pour éviter d'abîmer le nez.
La position des footstraps est très importante en windfoil, voire primordiale. La navigation en foil se fait plus ‘debout’ qu’en funboard. Il est nécessaire d’avoir les pieds bien à plat sur la planche, donc il faut éviter les straps très excentrés des planches de slalom. Certains flotteurs de freerace offrent des positions d’inserts plus centrées, ce qui est parfait pour le windfoil. Sinon, il est toujours possible de demander à un shaper de rajouter quelques inserts sur votre flotteur.
La position longitudinale est également un élément fondamental en windfoil. Il faut globalement que la poussée du foil se fasse entre les deux pieds pour permettre au pilote de contrôler le plus facilement possible l’incidence du foil. Comme le centre de poussée des différents foils du marché n’est jamais au même endroit, l’idéal est d’avoir de multiples possibilités de réglage pour trouver l’équilibre parfait. Le flotteur touche l’eau dans toutes les phases où l'on ne vole pas, y compris avant le décollage ou lors des touchettes. Si le shape ne joue que sur certaines phases de l’utilisation, les autres éléments géométriques du flotteur sont primordiaux car ils déterminent entièrement le comportement et l’équilibre en vol : largeur arrière, largeur au maître-bau, position des footstraps. Certaines planches, comme la Xfire 129 ou la Tiny, étaient réputées pour bien "popper" en foil, bien que la Tiny soit destinée à ceux habitués aux flotteurs très courts. Le flotteur qui "pop" bien en foil, même s'il n'est pas optimal et trop fragile du nez pour un débutant, est un atout pour le décollage. La planche est un élément critique : pour décoller tôt, il faut une planche conçue pour cela. Une planche qui doit aussi fonctionner en aileron aura des caractéristiques inverses des planches compactes de foil qui se "poppent" en trois coups de pumping.
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La Voile : Moins de Toile pour Plus de Sensation
Le windfoil est très peu exigeant côté voile car il nécessite très peu de poussée. Globalement, on navigue avec environ deux mètres carrés de moins qu’en funboard. Des voiles de vague ou de freeride à deux cambers légères sont idéales pour pratiquer avec plaisir. Les besoins étant nouveaux, c'est vraisemblablement un domaine où les choses vont beaucoup évoluer. En funboard, on avait tendance à naviguer sur-toilé, alors qu’avec le foil, on est souvent sous-toilé.
Vous pouvez voler avec n’importe quel type de voile. Elle fonctionnera tant que vous pourrez générer suffisamment d’énergie pour que le foil pousse votre planche vers le haut et hors de l’eau. De plus en plus de marques ont développé des voiles spécifiques pour le windfoiling. L’idée de ces voiles est de voler le plus rapidement possible, avec beaucoup de puissance générée par un pompage efficace, et de rendre la navigation confortable en améliorant la stabilité par temps rafaleux. Il est recommandé de commencer à voler avec une voile relativement petite de 5 à 6 m² et une vitesse constante de 12-15 nœuds. Elle vous semblera plus légère et plus maniable qu’une voile de 10 mètres carrés, ce qui vous aidera à apprendre plus rapidement.
L'Anatomie du Foil et le Marché
Pour comprendre les différences entre les marques, il est essentiel de connaître les différentes caractéristiques et pièces qui composent un foil de windsurf, comme tout autre foil d’ailleurs. De nombreux fabricants ont maintenant lancé des planches de wind avec des caractéristiques spécifiques pour augmenter les performances. Des marques comme RRD, Goya, Fanatic, Duotone, Neil Pryde sont parmi les plus présentes sur le marché du windfoiling, garantissant qualité et investissement en recherche et développement. On peut trouver des foils d’entrée de gamme en aluminium (à privilégier pour les débutants) et des foils haut de gamme en carbone.
Apprentissage et Progression : Démystifier l'Accès au Windfoil
Idée Reçue : C'est trop technique, je n'ai pas le niveau / Je suis trop vieux, je n'y arriverai jamais
Contrairement aux idées reçues, le windfoil est bien plus accessible que certains pourraient le penser. Le niveau requis est celui de la navigation confortable au harnais, pieds dans les footstraps. Bien sûr, les excellents funboarders apprendront souvent plus vite, mais contrairement au kitefoil qui est réellement technique, le windfoil est accessible à la plupart. Pour donner une idée, il faut deux demi-journées à un bon navigateur pour commencer à voler sur des bords entiers.
Avec des années d’expérience de journées découvertes et test, il a été constaté (à une exception près) que tous ceux qui s’en sont réellement donné les moyens ont réussi à voler. Certes, comme toujours quand on apprend, il y a une phase un peu plus physique car on est assez crispé au départ. Dès cette phase derrière nous, c'est une navigation avec beaucoup de douceur et beaucoup moins d'effort ; on arrive sans problème à naviguer des heures sans harnais. Au final, le windfoil est une activité beaucoup moins physique que le funboard. Les frottements étant très réduits, on utilise très peu de force propulsive, donc des voiles qui font environ deux mètres carrés de moins qu'en windsurf 'classique'. L'apprentissage est beaucoup plus facile que le kitefoil par exemple. En fonction de la dextérité des pratiquants, il faut entre deux et cinq heures pour faire des vols de plus de 50 mètres. La décontraction arrive au bout de quatre ou cinq sorties.
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Les Premiers Pas vers le Vol
L'erreur la plus fréquente est de commencer avec un vent trop faible, en pensant que le windfoiling est l’arme parfaite pour voler à cinq nœuds. Alors que cinq nœuds ne sont pas suffisants pour un débutant, il devient très technique de voler à moins de 10 nœuds, en particulier la partie de pompage pour générer assez de puissance pour démarrer. Les meilleures conditions météorologiques pour démarrer sont un vent régulier de 12 à 15 nœuds avec de l’eau plate. Le vent vous donnera assez de vitesse pour soulever la planche au-dessus de l’eau avec un minimum d’effort. Vous devrez seulement vous concentrer sur la position de votre corps et sur l’angle du gréement sur la planche pour contrôler la hauteur. En général, un windsurfeur moyen devrait être capable de « windfoiler » dans les deux premières heures. Après trois à quatre séances, vous devriez être capable d’effectuer des navigations aller-retour en toute détente et sous contrôle. Un plan d'eau facile aide grandement à la prise de vol. Il est aussi préférable de trouver une mise à l’eau proche du véhicule, ce qui peut devenir complexe en été.
Étapes de Progression et Réglages Fines
La progression en windfoil se fait par étapes. Certains retours d'expérience décrivent la progression comme suit :
- Voler sur quelques centaines de mètres.
- Savoir réguler les risées sans tomber mais en reposant le flotteur pour calmer le jeu.
- Faire un vol continu dans un vent irrégulier mais avec des touchettes.
- Faire un vol continu dans un vent irrégulier avec de très rares touchettes.
- Commencer à accélérer avec de petites abattées.L'étape suivante consiste à maîtriser pleinement les accélérations à l'abattée en légère contre-gîte. Il reste évidemment encore plein de choses à apprendre, comme les jibes en l’air, l'amélioration du départ en vol dans une toute petite risée, ou l'accentuation de la contre-gîte.
Pour les réglages, il est conseillé de ne pas hésiter à mettre les pieds dans les straps pour gagner en contrôle. Les bouts de harnais réglables courts et un pied de mât à cardan (plutôt qu'à tendon pour faciliter les manipulations en mer) sont bénéfiques. Si le foil ne porte pas, il faut reculer le pied de mât. Au vent arrière ou au largue, sortir le pied arrière du strap et voler bas peut être efficace. Bien regarder devant soi aide à se relâcher et à anticiper les risées et la houle. Un conseil important est d'avoir un pilotage de la hauteur du foil où l'on évite de jouer sur le gréement (avant/arrière, ouverture/fermeture), mais au contraire, on le garde « plutôt calé » et on joue sur les appuis jambe avant/jambe arrière. L'ajustement des réglages est clé : excentrer et reculer les straps pour retrouver un stance important, allonger les bouts de harnais pour basculer plus franchement en contre-gîte. Recaler le stabilisateur en négatif peut permettre une navigation plus « pied arrière », donc de rester dans les straps sur les allures abattues, dans une certaine limite.
Vitesse et Performance en Windfoil : Au-delà des Idées Reçues
La Quête de Vitesse : Plaisir de Glisse ou Chasse au Chrono ?
La vitesse en windfoil est un sujet qui commence à intéresser de plus en plus, y compris dans le wingfoil. Pour ceux qui viennent du windsurf/slalom ou du windfoil en Race, ce sujet peut faire sourire, mais replacé dans le contexte du wingfoil, il a toute sa place, surtout avec l'évolution du matériel. Certains préfèrent le plaisir de la glisse, la belle courbe et l'attitude plutôt que le simple chrono. Il en faut pour tous les goûts ; le plaisir principal peut être de jouer dans la houle et les petites vagues. Sur un spot plat où l'on est nombreux, on peut choisir de travailler les manœuvres ou de « se tirer la bourre » avec les potes. Le sport évolue, et comme pour le kite, les curseurs de performance sont poussés loin pour être ensuite recentrés. L'idée de parler de vitesse permet aussi de mieux comprendre son matériel et de voir ce qui glisse le mieux en échangeant avec les autres. Ce n'est pas un hasard si les formats de régates sont apparus en wingfoil, ce support étant « TOPissime » pour ce genre de pratique.
Les Vitesses Atteintes et les Facteurs d'Optimisation
Les vitesses atteintes en foil sont de l’ordre de 17-18 nœuds quand on débute, et sans grand niveau, on peut pousser jusqu’à 22-24 nœuds en se mettant dans le rouge. Les « extra-terrestres » du foil ont déjà dépassé les 30 nœuds. Le « tirage de bourre » en foil va arriver comme en slalom.
Pour la vitesse, le positionnement du foil dans le boîtier est crucial. Un réglage adapté jusqu'à 15-20 nœuds peut ne plus convenir au-delà. Des ailes comme l'Axis 700 (890 cm²) offrent une glisse jugée magique sur le plat, là où une aile de 1200/1400 cm² (même en high aspect) pourrait être ennuyeuse. Les foils Axis avec un petit stabilisateur type Kite et des ailes Takoon, combinés à des wings rigides et puissantes, favorisent la vitesse. Les réglages du foil/mât spécifiques sont primordiaux pour avoir le bon équilibre pied avant/pied arrière à plus de 20 nœuds. On se règle un peu différemment pour la vitesse que pour le cruising à 15 nœuds. Pour l'angle par rapport au vent, en windsurf, l'angle optimal est d'environ 135/140°. En wing, cette recherche est en cours, mais abattre et pousser l'accélérateur permet de progresser. Certaines wings, comme la Strike, peuvent saturer en vitesse.
Idée Reçue : Ça ne marche pas dans les vagues et dans le vent fort
Comme toute évolution, il faut du temps pour que les choses s’installent. En dehors du matériel qui va continuer à progresser, la technique va beaucoup évoluer. À ce jour, nous avons tous un niveau de débutant ou de débutant débrouillé. Quelques rares exceptions donnent une idée du potentiel du foil, que ce soit en termes de performance ou de maniabilité, le potentiel est énorme.
On débute idéalement dans des vents médiums (autour de 15 nœuds). En progressant, on appréhende de mieux en mieux les vents plus soutenus, et avec un peu d’habitude, naviguer dans 25 nœuds ne pose aucun problème ; il faut juste adapter les tailles de voile et ne pas hésiter à rapidement descendre en 4 m² voire moins. On prend même un plaisir certain à naviguer avec un mouchoir de poche dans les mains.
Naviguer dans les vagues est un sujet plus complexe et seuls quelques très bons foileurs profitent réellement de l’ultra maniabilité du foil dans ces conditions. Avec un peu de recul, combien faut-il à un débutant windsurfeur avant d’aller surfer dans les vagues ? Il s’agit souvent d’un argument donné par ceux qui ne pratiquent pas réellement et veulent s’auto-convaincre d'avoir raison.
Mesure Objective de la Performance : Le Facteur Vent et la VMG
Un indicateur objectif de progression (et du matériel) est de regarder la vitesse relative au vent. La division de la VMAX par la vitesse du vent peut donner une indication.
Le foil est très efficace pour remonter vite et très serré au près, surtout avec une voile avec une chute tendue, ce qui est appelé la VMG (Velocity Made Good). Cette dernière représente la meilleure vitesse de remontée au vent, avec le meilleur angle entre la route surface et le vent réel. C’est le « gain au vent ». Si on serre trop le vent, la vitesse diminue et la dérive augmente ; si on abat trop, la dérive diminue, la vitesse augmente, mais la route s’allonge.
Le foil a une sacrée capacité à vous garder en l’air dans les trous de vent et à continuer à voler quand une grosse planche en 8,6 m² arrête de planer. Au final, cela donne des navigations où l'on parcourt pas mal de kilomètres sans avoir des Vmax importantes, sans une Vmoyenne au-dessus de 12 nœuds importante, mais surtout sans perdre le vol.
Comparaisons : Windfoil vs Aileron vs Kitefoil vs Wingfoil
Le windfoil demande moins de surface de voile qu’en aileron, c'est clair et net. Des observations montrent que dans du 7-12 nœuds, les windfoileurs sont en ± 7.8 m² alors qu'un véliplanchiste en aileron est au planing avec une voile de 10.5 m². Les windfoileurs sont capables de continuer à voler au travers de molles à moins de 7 nœuds de vent quand le planchiste perd le planing. Dans du 10-15 nœuds, avec 8.6 m² en aileron, des windfoileurs en 6.6 m² ou 7.8 m² continuent de voler dans des molles à moins de 10 nœuds quand le véliplanchiste perd le planing. Ces observations concernent des foils performance/race de forme planeur fin à fort allongement (ailes 700-1100 cm²), et des pratiquants avec une excellente technique de pomping pour décoller en plage basse.
Concernant la vitesse sur un parcours upwind-jibe-portant-jibe-upwind, les windfoileurs sont un peu plus rapides en 7.8 m² en plage basse (7-9 nœuds) que les ailerons en 10.5 m². Le niveau de performance atteint avec les foils de race a clairement augmenté. En dessous de 7 nœuds de vent, cependant, aucun windfoileur présent sur l'eau ne vole. Dans du 3-6 nœuds, quelques kitefoils se risquent à voler de manière intermittente, puis plus linéaire à 4-7 nœuds, mais les windfoileurs restent « scotchés ».
Globalement, le kitefoil est intouchable dans 4-7 nœuds, mais si le vent tombe, le retour peut être long. Sous 12 nœuds, le windfoil est facilement devant l'aileron, faisant tout de suite 18-20 nœuds même à travers les molles quand l'aileron perd le planing plus vite. Le vol reste stable sous 12 nœuds GPS et la planche repose vers 5 nœuds si l'on pompe au bout de la pétole, là où la planche à aileron est déjà totalement « scotchée ». Vers 13-14 nœuds, les ailerons redeviennent compétitifs, les foils ordinaires étant déjà en approche des 24 nœuds. Les IQ foils ou équivalents en light sont clairement un cran au-dessus en vitesse, surtout sous 10 nœuds, mais demandent un physique et un niveau conséquents.
Le wingfoil vient bousculer cette hiérarchie. Un léger qui sait pomper voile et foil en rythme part dans presque rien. Cependant, les wingfoils sont souvent plus lents que les windfoils et les planches, surtout pour le décollage. La question des données de vent est aussi complexe, avec des différences entre prévisions et relevés en temps réel, ce qui rend les comparaisons subjectives.
La Réalité Économique et l'Évolution du Marché du Windfoil
Idée Reçue : Le windfoil c’est cher
Oui et non : comme tout, cela peut être cher quand on veut s’équiper avec le top de ce qui se fait. Quand on aborde ce sujet, la question n’est pas le tarif du foil en soi, mais le coût global relativement aux autres alternatives. Le windfoil nécessitant moins de gréements et étant bien moins exigeant de ce point de vue, ceci équilibre tout à fait le tarif de l’appendice. Pour ne pas « perdre d’argent », attendre ne sert donc à rien, mais choisir un modèle qui va bien se revendre est fondamental. Il faut donc simplement ne pas chercher des produits exotiques avec lesquels on va gagner 200 euros à l’achat pour se retrouver avec un produit invendable dans six mois.
Idée Reçue : Il y a trop de modèles et on s’y perd
Lorsqu’il n’y avait qu’un ou deux modèles, la plupart se plaignaient de ne pas avoir le choix. Aujourd'hui, la multiplicité des modèles peut sembler déroutante, mais elle témoigne de la maturation du marché et de l'adaptation aux différents styles de pratique et niveaux.
Idée Reçue : Ça va évoluer tellement vite qu'il vaut mieux attendre / Il va y avoir de la concurrence et les prix vont s'écrouler / Dès que ça va être fait en chine, il y aura des copies pas cher
Le windfoil en est effectivement à ses débuts, mais nous en sommes déjà grosso modo à la troisième génération de foil. Les tâtonnements et les évolutions les plus fondamentales sont derrière nous désormais. Les premières générations ont exploré des directions un peu extrêmes, mais les choses ont beaucoup convergé avec les deuxième et troisième générations. Les évolutions vont être désormais plus subtiles, mais bien sûr, elles ne vont pas s’arrêter là. D’autre part, qui dit nouvelle pratique dit aussi une demande beaucoup plus forte que l’offre sur le marché de l’occasion. On peut toujours attendre la version suivante mais c’est une course perdue d’avance.
L’évolution des prix n’a aucun lien avec le nombre de marques, mais avec le coût de revient des produits. Au final, les coûts s’équilibrent grossièrement, et on ne peut pas s’attendre à voir les prix chuter de façon significative sur des produits développés à qualité égale de matériaux et de technologie. De nouveaux acteurs vont profiter de l’engouement pour proposer des produits moins chers en rognant sur la qualité des matériaux, la qualité des processus de production, le développement (en copiant), le réseau de distribution (vente directe) et la pérennité des produits. Le volume va permettre d’accéder à des technologies différentes, comme l’exemple flagrant des foils en aluminium produits par extrusion, moulage et soudure Tig.
Comme d’habitude, l’Asie sait profiter très vite des opportunités commerciales, surtout lorsque les marchés ne sont pas structurés. Comme dans tous les domaines que nous avons connus (windsurf, SUP, kite, etc.), les arnaques font la compétition avec les faux bons plans. Il existe déjà des offres très alléchantes sur eBay (foil carbone à 250 € par lot de 50), mais la prudence est de mise face à ces propositions.
Idée Reçue : Il faut que je teste pour voir si ça me plaît
C’est une remarque très fréquente. Des cours de découverte windfoil sont d'ailleurs mis en place avec plusieurs clubs. Dans les faits, comme toute discipline dans laquelle on débute, les premiers instants sont plutôt ingrats même s'ils peuvent être amusants. Après les premières sensations de vol, très excitantes, le windfoil devient vraiment addictif lorsque l’on parvient à se décontracter en vol. Cela intervient après quelques sorties. À ce jour, rares sont les pratiquants qui, ayant fait l'effort de passer le cap, ont décidé de revenir au funboard classique. Souvent, ces cas sont liés à un gabarit hors norme ou à un mauvais choix de matériel.
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