Guide complet du dériveur Ponant : Caractéristiques, performances et opportunités d'achat

Le Ponant est un dériveur dessiné par Pierre Deschamps, lancé en 1950. Navire emblématique du patrimoine nautique français, il occupe une place singulière dans le cœur des passionnés de voile légère. Conçu à l'origine à Saint-Raphaël pour la mer, ce bateau massif et robuste traverse les décennies sans perdre de sa superbe. On le définit souvent de manière imagée : c'est le fils d'un cinquo-cinq et d'une caravelle ! Cette filiation prestigieuse explique son tempérament unique, mêlant la puissance du 505 à la solidité de la Caravelle. C'est un gros dériveur de balade qui, malgré son âge, continue de séduire par ses qualités marines exceptionnelles et sa capacité à affronter des conditions variées.

L'architecture navale et la conception du Ponant

La structure même du Ponant témoigne d'une recherche d'équilibre entre stabilité et performance. La coque est à bouchains vifs, ce qui permet de planer assez facilement légèrement gité, mais qui a l'avantage aussi d'une meilleure stabilité. Ce choix architectural n'est pas anodin ; il confère au bateau une assise rassurante, particulièrement appréciable pour ne pas être parfois surpris immédiatement par les coups tordus du vent en eaux intérieures.

C'est un bateau massif, lourd (160kg), qui peut être sage pour des balades dans les temps légers mais également très physique dans des conditions plus fortes. Cette masse de 160 kgs tout habillé est un élément central de son identité. Si certains y voient une contrainte, les initiés y trouvent une source de puissance et d'inertie. Au fil des années, il y a eu plusieurs sortes d'aménagements intérieurs. L'original de chez Deschamps montre un aspect profond, avec des plats bords "plats". Cependant, des variantes existent, comme le modèle "Cormoran" qui présente un intérieur plus spacieux comme un Cinquo, offrant ainsi une ergonomie différente pour l'équipage.

Dynamique de navigation et comportement sous voiles

Pour ce qui est du bateau sur l'eau, pour moi, comme pour mes copains, heureux propriétaires de Ponants, c'est un véritable régal. Le Ponant est avant tout une alternative un peu plus sportive à la Caravelle. Sa robustesse en fait un bateau agréable à naviguer dans la brise. On n'a pas l'impression que la coque va se désolidariser quand l'étrave retombe dans le gros clapot, ce qui témoigne de la qualité de construction héritée des années 1950.

Au niveau de la vitesse, même par petit temps, j'entends souvent cette réflexion : -"mais où as-tu planqué ton moteur électrique ?", tant le bateau se lance bien dans les petits airs. Cette capacité à avancer quand d'autres stagnent provient de son poids. Bien que ce soit un défaut dans certains cas, quand par exemple il y a un petit air pendant quelques secondes - où là, immédiatement, tu te fais doubler par les Laser - la donne change si le vent persiste. Si le petit air persiste, le bateau finit par se lancer et continue ainsi par inertie alors que les autres plus légers se retrouvent alors handicapés.

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Par gros temps, le Ponant révèle son véritable caractère. L'expression "comme une grosse berline allemande stable et rapide" lui convient très bien. Il demande toutefois une certaine maîtrise et une puissance d'équipage adéquate. Excepté le fait qu'il faut au moins un équipage de 160 kgs cumulés avec un trapéziste (les anciens mâts en fibre de verre étaient équipés de deux trapèzes sur chaque côté), le bateau se tient bien. Sa stabilité de forme et son poids lui permettent de franchir la vague avec autorité, là où des dériveurs plus légers pourraient buter ou perdre leur équilibre.

Logistique, manutention et vie à terre

Il faut en revanche bien anticiper la manutention à terre car ce dériveur est costaud dans tous les sens du terme. Avec ses 160 kg, le Ponant n'est pas un bateau que l'on manipule à la légère. L'histoire du poids ne pose pas vraiment de problème tant que l'on dispose du matériel adéquat. L'utilisation d'une double remorque bien adaptée (mise à l'eau qui coulisse sur la remorque avec un treuil) est vivement recommandée. Avec cet équipement, il est tout à fait possible de faire la plupart du temps ses mises à l'eau et remontées tout seul en quelques minutes, remorque principale accrochée à la voiture.

L'expérience sur différents terrains varie. Si la mise à l'eau est aisée sur des cales en dur, il doit y avoir certainement un peu plus de difficultés sur sable mou. Pour ceux qui préfèrent éviter les manipulations quotidiennes, certains s'essaient à laisser le bateau au mouillage. Il suffit alors de placer du lest contre les deux flancs de puits de dérive pour stabiliser l'ensemble. On peut d'ailleurs croiser des Ponants qui restent au mouillage une bonne partie de l'année, notamment du côté de Peyriac de Mer, près de Port la Nouvelle.

État du marché de l'occasion et opportunités d'achat

Le marché de l'occasion pour le Ponant reste actif et permet d'accéder à la voile pour un budget maîtrisé. Le prix moyen d'occasion pour un Ponant (construction antérieure à 1975) quasi prêt à naviguer et avec sa remorque est d'environ 1500€. Ce qui reste encore abordable pour un bateau de cette envergure et de cette solidité.

Actuellement, plusieurs opportunités sont disponibles pour les futurs acquéreurs. On peut trouver par exemple :

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  • Un Ponant à vendre à Cavalaire-sur-Mer pour 900 €.
  • Un Ponant d'une autre marque à vendre à Dijon pour 1 100 €.
  • Des pièces détachées spécifiques, comme un mât accastillé en fibre Ponant pour 350 €.
  • Des équipements de transport, telle qu'une remorque de route Ponant proposée à 500 €.

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Clarification entre le dériveur et la compagnie de croisière Ponant

Il est important de dissiper une confusion fréquente dans l'actualité maritime entre le dériveur léger et la célèbre compagnie de croisière du même nom. La compagnie Ponant, basée à Marseille et co-fondée par Jean-Emmanuel Sauvée en 1988, gère une flotte de treize navires de luxe. Parmi eux, on compte l’emblématique voilier Ponant, tout juste rénové, ou encore le Paul Gauguin, sur lequel la compagnie a mis la main en 2019 en rachetant Paul Gauguin Cruises.

Selon le site d’information spécialisé Mer et Marine, Ponant pourrait se séparer de ses plus anciens navires, ceux de la classe Boréal, livrés entre 2010 et 2015. Une information que la compagnie dément fermement. Selon Mer et Marine, « des sources bien informées indiquent que des brokers ont, récemment, proposé très discrètement à certains opérateurs le rachat des quatre unités du type Boréal ». Parallèlement à ces rumeurs de vente de navires de croisière, la compagnie travaille également au développement d’un « concept de navire de croisière éco-conçu et sans impact sur l’environnement en navigation ». Bien que partageant le même nom prestigieux, l'univers du petit dériveur de Pierre Deschamps et celui des paquebots d'expédition de la classe Boréal restent deux mondes distincts, bien que tous deux tournés vers l'excellence maritime.

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