Le Guide Complet du Kitefoil en Vent Léger

Le kitefoil représente une avancée majeure dans l'univers des sports de glisse, offrant des sensations uniques et ouvrant des horizons inédits pour les pratiquants. Un kitefoil est un ensemble composé d'un mât, d'un fuselage et d'ailes (avant et arrière) qui se fixe sous une planche pour naviguer au-dessus de l'eau, permettant de voler dès 8-10 nœuds de vent et offrant une glisse silencieuse et fluide. Cette discipline permet de naviguer par vent faible, de voler au-dessus du clapot et de remonter au vent comme jamais, transformant les sessions auparavant impossibles en de véritables moments de plaisir. Cependant, pour aborder cette pratique révolutionnaire, il est impératif de disposer d'un bon niveau de base en kite et de s'équiper d'un matériel adapté. Ce guide a pour objectif d'éclairer les aspects essentiels pour bien débuter en kitefoil, avec un accent particulier sur la navigation en vent léger, et de fournir des conseils éclairés pour le choix de l'équipement, notamment l'aile, qui est un élément crucial pour exploiter au mieux les conditions de vent minimal.

Le Kitefoil : Une Révolution de la Glisse

L’hydrofoil ne passe pas inaperçu et l’idée d’essayer a traversé l’esprit de nombreux passionnés simplement en regardant les riders voler sur leur « planche magique ». Le kitefoil se distingue fondamentalement du kitesurf traditionnel par sa capacité à littéralement "voler" au-dessus de la surface de l'eau grâce à son système d'ailes sous-marines. Dès 8 à 10 nœuds de vent, il est possible de décoller et de profiter de la glisse, ce qui étend considérablement la plage d'utilisation du kitesurf et permet des sessions plus fréquentes. Cette sensation de liberté et d’harmonie que l’on ressent une fois que l’on a appris la technique attire un public varié, des jeunes aux personnes plus expérimentées, y compris les retraités et les personnes de plus de quarante ans.

Pour commencer à évoluer en kitefoil, il faut un minimum de technique et de maîtrise. Le bon kite contrôle est une condition sine qua non, car le pilotage de l'aile en foil exige une finesse accrue. De même, savoir naviguer en surf ou en twintip fait partie des prérequis utiles, même si la position à adopter pour un twintip et un hydrofoil n’est pas exactement la même, cela aide considérablement à l'adaptation. En effet, la transition vers le kitefoil demande de presque réapprendre à faire du kitesurf, car l’équilibre est différent et le maniement de l’aile doit être impeccable. La plupart des gens, lors de leurs premières sorties, ne peuvent même pas faire un simple waterstart, ce qui peut engendrer une certaine frustration initiale. Néanmoins, il est important de ne pas s'inquiéter, car le kitefoil reste à la portée de tous avec la bonne approche et les bons conseils.

La Sécurité Avant Tout en Kitefoil

La sécurité est un aspect non négligeable en kitefoil. On ne rigole pas avec la sécurité en mer comme à la montagne. En foil, s'équiper d'un casque et d'un impact vest est obligatoire. Ces protections sont essentielles pour prévenir les blessures graves, notamment au niveau de la tête et du torse. Le port de chaussons et de gants est fortement conseillé pour débuter, car ils protègent les pieds et les mains des éléments potentiellement tranchants du foil.

Contrairement à une planche de surf ou un twintip, l’hydrofoil est constitué d’éléments souvent tranchants qui peuvent provoquer des coupures ou de graves contusions. Les principales préoccupations sont les entorses aux chevilles (si le pied reste coincé dans la strap), les coupures (sur les pieds lorsque vous frappez les ailes sous l’eau ou sur le corps/la tête lorsque vous tombez maladroitement) ou les coups dus au retour de la planche, car l’hydrofoil a une plus grande inertie qu’un twintip ou une planche de surf. Il faut donc faire attention, car on peut se blesser. Pour cette raison, un mat plus court et un support moins aiguisé sont recommandés au début.

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Pour éviter de se blesser, il est nécessaire de bien régler les straps afin de ne pas rester ancré avec les pieds en cas de chute. Il faut faire attention au mouvement de tes pieds lorsque tu es près de ton foil, car tout mouvement brusque peut te coûter cher si tu touches aux parties coupantes. Il est également conseillé de ne pas essayer de rétablir l’équilibre pendant la chute, mais de chercher à te propulser le plus loin possible grâce au mouvement de ton aile. Une approche pratique est de débuter derrière un bateau, car le wakeboard est un excellent moyen de perfectionner l’équilibre et les différentes allures, sans se soucier de la gestion de l’aile. Le but de cette méthode est de ressentir les premières sensations : le waterstart, la navigation à plat et de comprendre comment décoller la planche de l’eau. Pour cela, il faudrait soit faire pression sur la jambe arrière, soit augmenter la vitesse. Les deux exercices sont intéressants pour développer la coordination et le contrôle nécessaires.

Choisir son Équipement pour Débuter en Kitefoil

Le matériel est important pour accélérer l’apprentissage et limiter le risque de blessures. Le choix judicieux de chaque composant du kitefoil aura un impact significatif sur la courbe d'apprentissage et le plaisir ressenti.

Construction du Foil : Carbone ou Aluminium ?

Le choix du matériau de construction du foil est un facteur clé. Choisir un foil 100% carbone offre plusieurs avantages, car le foil sera plus léger et donc plus facile à transporter. Le carbone est également plus léger et rigide, ce qui peut se traduire par une meilleure performance et une réactivité accrue. Cependant, toutes les constructions aluminium ne se valent pas. Un fuselage en aluminium, par exemple en aluminium T6061 de qualité, est plus durable dans le temps et te préservera du problème d'arrachement d'inserts. L'anodisation joue également un rôle important dans la qualité du foil, en améliorant sa résistance à la corrosion en milieu marin. Pour débuter, l'aluminium est un bon choix car il est généralement plus économique et robuste, offrant un excellent rapport qualité-prix pour les premières années de pratique.

Le Mât : Taille et Influence

La longueur du mât est un élément à considérer avec attention. Rien ne sert d'avoir le plus grand mât du spot, surtout au début. Pour débuter, un mât de 75 cm est largement suffisant. Certains experts conseillent même un mât plus court, d’environ 60 cm, car un mat plus court est pratique pour démarrer à faible profondeur, surtout avec un vent on shore, et réduit le risque de te le prendre dans la tête en cas de chute. Un mât de 75 cm suffit pour débuter et permet de progresser plus vite en offrant un bon compromis entre la stabilité nécessaire à l'apprentissage et la capacité à prendre un peu de hauteur pour ressentir les sensations du vol.

Les Ailes du Foil : Portance et Tolérance

Les ailes du foil (avant et arrière) déterminent en grande partie la portance, la vitesse et la tolérance de l'ensemble. Pour faire bref : plus la surface est grande avec de l'épaisseur de profil, plus le foil est tolérant. Une grande surface (900+ cm²) est recommandée pour débuter et pour le lightwind, car elle est plus tolérante mais la vitesse est limitée. Il est plus judicieux de privilégier la portance à la vitesse en phase d'apprentissage. En général, il est essentiel de vérifier si le matériel est orienté vers une pratique « freeride » ou « race », le premier étant plus adapté aux débutants. Par exemple, le foil Moses 633 est réputé pour avoir beaucoup de lift, ce qui facilite la navigation même avec peu de vent, comme l'a noté un pratiquant : « Le foil 633 a tellement de lift que si ton kite décolle de l'eau, tu peux rider ».

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La Planche de Kitefoil : Stabilité et Flottabilité

La planche est le lien entre le rider et le foil. Pour débuter, une planche avec du volume apporte de la stabilité. Une planche suffisamment grande garantit une bonne flottabilité, ce qui facilite considérablement le waterstart ainsi que le contrôle à faible vitesse et les premières transitions. Il y a de nombreux aspects à prendre en compte pour la planche, mais l’un des plus importants au début est la flottabilité. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut débuter strapé pour une question de facilité, sinon le waterstart deviendra une véritable agonie. Cependant, pour des raisons de sécurité, il est préférable de se passer de straps pour ne pas risquer une entorse à la cheville. Mon conseil est d’enlever le strap arrière, et de ne laisser que les deux strap avant très larges de manière à pouvoir enlever facilement le pied si nécessaire. Avec des straps, le waterstart est plus facile et le contrôle du foil est meilleur, offrant également la possibilité de sauter. Néanmoins, cela nécessite un réglage du foil plus fin. Sans straps, la liberté dans l'ajustement du placement des pieds est plus grande, mais le waterstart est plus technique, le contrôle est moindre et il y a plus de risque de se manger le foil, sans possibilité de sauter.

Les Premiers Pas en Kitefoil : Apprentissage et Techniques Fondamentales

Lorsque tu démarres le kitefoil, tu es assailli par la frustration de devoir presque réapprendre à faire du kitesurf. C'est tout à fait normal, car de nombreux aspects diffèrent de la pratique classique.

Conditions Idéales pour Débuter

Le choix des conditions est primordial pour une progression sereine. Pour débuter en foil, choisis un plan d'eau le plus plat possible, entre 10 et 15 nœuds de vent. Un vent régulier et léger est plus prudent. Commencer avec un vent du nord à 10-30 nœuds peut te laisser de mauvais souvenirs. Un vent side-on shore ou side shore est idéal. Un vent de terre ou de mer n’est pas recommandé. Le premier te pousse au large tandis que le second t’oblige à t’éloigner du bord en nage tractée, ce qui est difficile par vent très faible, afin d’éviter de casser ton matériel en touchant le fond et de te blesser par une chute maladroite et inattendue. L'eau calme favorise la stabilité. Le fait de débuter avec des eaux agitées te rendra la tâche plus difficile, car tu auras besoin de plus de contrôle pour passer les vagues et faire les premiers virages. Bien qu’il soit d’usage d’utiliser une aile plus petite qu’avec un twintip, au début, il est conseillé de ne pas trop se sous-toiler. Le risque est de ne pas réussir un waterstart de la séance. Il faut disposer d’assez de puissance comme si tu voulais faire un waterstart en twintip, cela t’aidera à te lever et à faire les premiers bords à plat.

Maîtriser le Waterstart et l'Équilibre

Le waterstart en kitefoil est une étape cruciale. Idéalement, sous-toile-toi légèrement et utilise l'aile pour monter sur la planche, puis garde la planche à plat sur l'eau. Garde ton centre de gravité au-dessus de la planche et du foil pour éviter de générer des mouvements parasites. En accélérant et en prenant plus de vitesse horizontale, le foil se lèvera tout seul. Pense toujours à réappuyer sur la jambe avant. Il vaut mieux dans un premier temps faire toucher le foil tous les 15 mètres, ce qui permettra d'intégrer cette dimension verticale et de s'habituer aux réactions du foil sans prendre trop de risques.

Pourquoi le Kitefoil est Difficile au Début

L’hydrofoil est plus difficile et plus technique, notamment au début, qu’un twintip ou une planche de surf. Le kitefoil ajoute une difficulté supplémentaire résultant d’une plus grande instabilité de la planche, car elle n’est plus en contact avec l’eau. Les trois mouvements de rotation - le roulis, le tangage et le lacet - sont plus prononcés, et il n’est pas facile de trouver le bon équilibre. Pour y parvenir, il est suggéré de travailler son équilibre et sa proprioception. Cela inclut tout exercice qui implique la gestion d’un déséquilibre et une gestion prudente du poids que nous générons avec nos deux pieds, comme les lindoboard, swiss ball, ou skate carver. Ces exercices ne garantissent pas un succès immédiat, mais ils te permettront d’acquérir des compétences importantes pour contrôler le mouvement du foil.

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Les Fondamentaux du Pilotage d'Aile

La gestion de l’aile est primordiale. Il faut être capable de gérer la puissance et la stabilité dans toutes conditions, car chaque manœuvre brusque a un effet négatif sur l’équilibre. L’idéal est de savoir manier une aile dans des vents faibles, autour de 7-8 nœuds, parce que cela est synonyme d’excellente maniabilité, et parce que tu seras amené à naviguer dans ces conditions en progressant. Au début, n’essaye pas de voler, mais glisse tout simplement comme si l’hydrofoil n’existait pas. Une fois que tu t’y seras habitué, il suffira d’augmenter la vitesse et/ou d’exercer une pression sur la jambe arrière pour que la planche décolle progressivement.

La nage tractée est une compétence essentielle pour s’éloigner du rivage (en cas de vent on shore - side-on shore) et pour revenir au cas où le vent est trop faible pour le waterstart. Dans le premier cas, le mât risque de toucher le fond, et tu seras donc obligé d’aller plus loin pour faire ton waterstart. Dans le second cas, il sera utile de retourner à la plage si tu n'arrives plus à naviguer en raison du manque de vent. Il est fortement recommandé de bien maîtriser ton pilotage ainsi que le waterstart en twintip ou avec une planche de surf (derrière un bateau ou avec un kite). Même si la position à adopter pour un twintip et un hydrofoil n’est pas exactement la même, cela t’aidera. Enfin, savoir naviguer avec une planche directionnelle te facilitera la progression et l’apprentissage de nouvelles manœuvres, car le changement de pieds et de direction est basé sur les mêmes techniques.

Optimiser son Matériel pour le Vent Léger en Kitefoil

Naviguer par vent faible en kitesurf peut sembler un défi, mais c’est aussi une opportunité unique d’affiner sa technique et d’exploiter au mieux chaque rafale. Avec le bon matériel, une bonne maîtrise du pilotage et quelques astuces bien placées, il est tout à fait possible de rider même quand l’anémomètre frôle les limites.

Le Choix de l'Aile de Kitesurf Spécifique pour le Lightwind

Le matériel joue un rôle clé en vent faible. Cela inclut le poids de l’aile, la longueur des lignes ou la facilité avec laquelle vous pouvez redécoller votre aile. En kitefoil, une fois en vol, on a besoin de beaucoup moins de puissance qu’en TwinTip ou surfkite. Idéalement, on privilégie donc des ailes très légères qui volent bien. Pour le lightwind, une aile de grande surface est souvent envisagée, mais l'approche varie. Optez pour une aile de 15m² ou plus en twin-tip, ou une aile kitesurf lightwind (mono-latte ou caisson) pour maximiser la puissance. Pour la plage basse, une 10m² Soul devrait être suffisante pour une personne de 75kg, même si une 12m² permettrait de partir plus tôt, vers 8/9 nœuds.

Un pratiquant de 80kg avec un foil 633 utilise une Boxer 9m pour environ 8 à 20 nœuds, mais si le vent prévu est sous les 10 nœuds pour toute la session, il prend une Airush Ultra 12m, décollant peut-être à 7 nœuds. La différence est que le ride est beaucoup plus confortable, plus "park and ride", alors qu'avec la 9m, il faut travailler fort quand le vent baisse. L'été, avec peu de vent, il utilise souvent la 12m dans les thermiques en fin de journée et peut sortir quelques fois par semaine ; sans foil, il ne kiterait pas. La 9m sert plus le reste de l'année. Un autre rider de 95kg, avec un foil 633 depuis fin 2020, trouve que ses kites 9m et 6m ont été suffisants pour la plage 9-25 nœuds en strapless, bien qu'il ne saute pas. Il a commencé avec un kite 14m deux ou trois fois, mais l'a vite laissé de côté.

Kites à Caissons vs. Kites à Boudins pour le Vent Léger

La discussion entre les kites à caissons (foil kites) et les kites à boudins (LEI kites) est fréquente pour la navigation en vent léger. Les ailes à caissons sont réputées pour leurs performances en vent léger et leur capacité à voler avec un minimum d'air. Leurs points positifs incluent une performance et une rapidité/facilité de mise en œuvre imbattables, même en 19m². L'aile SONIC de Flysurfer, par exemple, grâce à sa construction en TX-Light triple-ripstop et en DLX+ ultra-résistant, combine légèreté et robustesse. Son architecture optimisée réduit la traînée et améliore la pénétration dans l’air, garantissant une glisse fluide et efficace, même par vent faible. Naviguer en lightwind impose une aile capable d’exploiter le moindre souffle. La SONIC excelle dans cet exercice avec une plage de vent étendue et un énorme depower. L’aile intègre un Performance Tuner, un système d’ajustement de la cambrure via une échelle de nœuds intégrée, ce qui permet de moduler la puissance et les sensations en barre en fonction des conditions de vent et de votre style de navigation. Pour plus de puissance à bas régime, ajustez la Z-Main Line pour renforcer la traction. Pour réduire la pression en barre et optimiser la maniabilité, l’outil de contrôle de bride simplifie l’entretien et la maintenance de l’aile. Même en vent faible, la SONIC assure un gonflage rapide et un redécollage sans effort, grâce à sa structure interne optimisée qui facilite le remplissage de l’air et son design aérodynamique qui garantit une stabilité impeccable.

Parmi les caissons recommandés pour le foil tranquille par vent faible, on retrouve la Soul. C'est d'une manière évidente le programme de la Soul pour un ratio modéré, un premier caisson et un redécollage facile. Cependant, la limite des 6 nœuds pour 85 kg semble difficile sans une surface suffisante. Une 12m permettra de partir plutôt vers 8/9 nœuds, ce qui est une estimation optimiste si l'on n'a pas une excellente technique et une bonne connaissance du pilotage des ailes à caissons. Naviguer dans 6 nœuds implique obligatoirement une voile de grande surface (18m² pour 85kg), et ce sont les conditions les plus compliquées pour évoluer en foil. Les meilleurs foilers ont tous des grandes voiles pour ces conditions, sauf s'ils pèsent 60kg. Un rider de 68kg navigue en 15 Sonic 3 dans 6 nœuds mini. D'autres caissons incluent Kitech FRS, Conceptair Pulsion, Ozone Hyperlink (v2 plus légère), Fone Halo, Peter Lynn Nova et Flymax Toon (ou Gin Spirit), qui est peu connue mais très bien en light.

Cependant, les ailes à caissons présentent aussi quelques inconvénients. Leur depower est en retrait par rapport aux boudins, et vu la très grande puissance, on en a besoin. Au final, on redoute de se faire surprendre par le vent qui passe durablement au-delà de 15 nœuds. Le feeling en barre peut également être un problème pour certains, avec une certaine inertie. Un point spécifique au foil est qu'une aile à caisson peut être trop puissante, même en 15m², ce qui pourrait obliger à poser très vite. Les "cravattes", c'est-à-dire le fait que l'aile se plie, peuvent survenir en cas de vent fort. De plus, il peut être très aléatoire de redécoller une aile à caisson en dessous de 7-8 nœuds, car l'aile prend l'eau progressivement, et si on n'a pas une rafale salvatrice, c'est mission impossible et le retour à la nage devient très pénible. Les voiles gonflables, en revanche, te ramènent très facilement en étant couchées sur le bord d'attaque, elles n'ont pas le problème des caissons qui boivent l'eau. Une fois arrivé au bord, tu redécolles immédiatement.

Les ailes à boudins (LEI), bien que traditionnellement moins performantes en ultra lightwind, sont appréciées pour leur rigidité. Un rider a essayé une 15m² (non spécifiée, peut-être une Silver Arrow 2) en foil par 12 nœuds et elle s'est pliée dans un jibe, d'où sa préférence pour les voiles à boudins qui peuvent être rattrapées sans qu'elles se plient. Cela permet des sauts en foil sans risquer que la voile se ferme ou fasse une oreille. La Bandit DOS 10m² est également citée comme très performante et bien adaptée au foil : elle n'a pas tendance à "surborder" même en passant dans des molles à 7 nœuds (pour un rider de 72kg), offre un bon appui au près et un cap redoutable. De plus, elle conserve un fond de puissance au largue et la vitesse est plus forte qu'avec des profils fins. Elle fonctionne aussi bien en 20 nœuds en sanglant. Pour le choix, le rider préfère les LEI l'été avec leur bridage plus simple, ayant utilisé des caissons l'hiver.

Conseils Pratiques pour le Choix de l'Aile en Fonction du Poids et du Foil

Le choix de la taille de l'aile pour le lightwind est très personnel et dépend du poids du rider, du foil utilisé et du niveau de compétence. Un rider de 160 lbs (environ 72 kg) avec un foil Moses 633, hésitant entre 9m et 11m, vise à avoir plus de sessions qu'en twintip, avec une voile légère à un strut de préférence LEI. Son objectif n'est pas d'avoir un "ultra ultra LW" ambitieux au départ.

Pour ce profil, des avis convergent :

  • Pour des conditions entre 8 et 12 nœuds, une Xlite 12m ou une voile légère à un strut est idéale en strapless.
  • Pour 11 à 15 nœuds, une Enduro 10m ou une voile 3 struts all-around est suggérée.
  • Pour 13 à 18 nœuds, une Enduro 8m ou une voile 3 struts all-around.
  • Les valeurs limites bougent en fonction des skills et de l'expérience. Une fois très compétent, une 9m strutless permet de couvrir 9-15 nœuds sans problème aussi, mais au début, c'est plus facile avec plus de puissance pour éviter de faire 4 loops pour réussir un waterstart.
  • Si le rider vise de foiler à 12 nœuds et plus, une 9m est correcte. Si les 10 nœuds sont visés, qui sont pas mal fréquents l'été, une 11-12m mais voile légère est conseillée. Cette voile servira ensuite à pousser plus loin le lightwind en fonction de l'avancement des aptitudes.
  • L'expression "Moutons blancs - 9m. Pas de moutons blancs (moins de 15n) - 11m" résume bien l'approche. Pour le kitefoil en vent léger, une 11m, et même une 12m si le vent est souvent autour de 10 nœuds et moins, est préférée. Un rider ayant un 633 avec un mât de 71 cm a trouvé une Ozone Edge 15m trop puissante à peine 10 nœuds, préférant une 11m Edge pour le light wind. Il a ensuite trouvé la Soul2 10m encore meilleure pour lui avec la 633, affirmant qu'une 633 est puissante et n'a pas besoin d'une plus grande aile qu'une Soul 10m selon son expérience.
  • Un rider de 75kg avec une Soul 10 et un foil de 1200cm² vole bien à partir de 11/12 nœuds sans grande technique pour l'instant et pense pouvoir y arriver à 9/10 nœuds.

Finalement, le rider de 160 lbs penche plus pour une 11m pour permettre plus de sessions, faciliter l’apprentissage et avoir encore plus de lowend à mesure qu’il développe un appétit pour le ultra lightwind. Il espère juste ne pas être "over" trop rapidement avec cette taille. L'expression "Tous disent ça… jusqu'à ce qu'ils foilent" reflète bien l'évolution des aspirations en lightwind, où l'on découvre souvent un intérêt pour des conditions de vent de plus en plus faibles.

L'Impact des Lignes sur la Plage de Vent

La longueur des lignes peut influencer la plage de vent basse. Un rider a navigué dans 5 à 7 nœuds avec 31m de lignes (25m de fils de sa Switchblade 14 prolongés de 6m de rallonges). Il pensait que ses potes plus lourds gagneraient 2 nœuds en fourchette basse en utilisant 40 ou 50m de lignes. Cependant, la limite semble être que la surface de portance de leur foil devrait être un peu plus importante pour compenser le poids.

Affiner sa Technique de Pilotage en Vent Faible

Dans le vent faible, il est crucial de donner de la puissance en faisant travailler l’aile avec de grands mouvements amples. Le but de cette technique est de créer du vent vitesse et donc d'apporter plus de portance à l’aile et donc plus de puissance. J'ai remarqué qu'en balançant l'aile en pleine fenêtre, bord d'attaque quasi parallèle à l'eau avant de la faire remonter, elle développe une puissance que je trouve décuplée par rapport au vent ambiant, et là franchement elle me sort de l'eau sans problème. D'ailleurs en nage tractée pour courir derrière le foil, je me suis fait arracher entièrement de l'eau alors qu'il ne devait pas y avoir beaucoup plus de vent. Ceux qui maîtrisent le downloop ou le kiteloop doivent encore gagner en efficacité dans ces conditions.

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